Atlas du Parc National du Mercantour

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Parc national montre une grande diversité, organisée autour d'un noyau central ancien, le massif cristallin de l'Argentera - Mercantour. Ce socle est entouré par des terrains sédimentaires d'âge secondaire à tertiaire, intensément plissés : c'est la zone subalpine. À l'ouest, le massif du Pelat et les crêtes de l'Ubaye sont constituées par des nappes de charriage intra-alpines.
 

6. Géologie

Le socle cristallin de l'Argentera-Mercantour et son tégument sédimentaire

Bloc compact de roches métamorphiques ayant cristallisé dans les tréfonds de la chaîne hercynienne, il y a environ 350 millions d'années, il a été soulevé lors de la formation des Alpes, à l'ère tertiaire. Micaschistes, gneiss et amphibolites y sont disposés en bandes verticales parallèles, orientées selon l'allongement du massif. Entre la Cime du Malinvern et la Cime de Frémamorte, près d'Isola 2000, apparaît du granite. À sa périphérie sud-est affleure la formation détritique du Permien, composée de cailloutis fluviatiles cimentés en conglomérats, et surtout de fines poussières éoliennes déposées dans des lacs temporaires et transformées par compaction en grès ultrafins (pélites) verts ou violacés (Mont Bégo, vallée des Merveilles). On retrouve les pélites permiennes au sud-ouest dans le Dôme de Barrot entaillé par les gorges de Daluis et du Cians.

La zone subalpine

Alors que le Permien, associé aux quartzites de la base du Trias, joue le rôle de «tégument» collé au socle, les terrains sédimentaires sus-jacents de la zone subalpine ont été vigoureusement plissés. Cette déformation a été favorisée par des roches tendres situées à la base de la pile sédimentaire et permettant le glissement des couches les unes sur les autres : les argilites et les gypses du Trias. Les gypses ont généralement été éjectés le long de failles à travers des terrains plus récents et apparaissent en intrusions complexes ou «diapirs» (Roquebillière, Sospel, Breil-sur-Roya). Leurs niveaux d'origine sont jalonnés par des «cargneules», roches ocres caverneuses ou terreuses, très perméables. Du Dôme de Barrot à la vallée de la Roya, les reliefs subalpins sont ordonnés autour des calcaires massifs du Jurassique supérieur. Les rivières s'y incrustent dans des gorges et des canyons spectaculaires (gorges de la Roya et de la basse Vésubie). À l'ouest, ces calcaires ne forment plus qu'une modeste corniche au-dessus d'un talus de marnes noires épaisses (Mont Mounier). Ces «Terres Noires» ravinées affleurent largement dans le bassin de Barcelonnette ainsi que dans le vallon de Salso Moréno, aux confins nord-ouest du Parc. D'autres marnes noires du Crétacé sont responsables des paysages de «roubines» des environs d'Allos et du col des Champs. La plupart des sommets de la zone subalpine sont édifiés par les calcaires clairs lités du Crétacé supérieur surmontés par l'épaisse formation éocène des grès d'Annot, dont les entablements horizontaux forment les surprenants châteaux forts naturels du massif de Gialorgues et les tours du lac d'Allos. À l'est de la Roya, cette formation devient très argileuse et ne participe plus aux reliefs de la frontière franco-italienne.

Les nappes de charriage intra-alpines

Lors de la collision entre l'Europe et l'Afrique qui créa la chaîne alpine, des ensembles de terrains qui devraient normalement se trouver sous la plaine du Pô ont été éjectés en nappes de charriages et sont venus recouvrir la zone subalpine. Le territoire du Parc est concerné par un diverticule de ces nappes étalé à plat dans les montagnes de l'Ubaye, aux alentours de Barcelonnette. Le massif du Pelat est ainsi constitué d'un ensemble de calcaires, de grès et de schistes, d'âge jurassique à éocène, avec des plis couchés sur plus de 2 kilomètres de hauteur. Les crêtes des alentours du col de Restefond et du Lauzanier sont sculptées dans une alternance grésocalcaire très plissée, appelée «flysch». Ce terrain du crétacé supérieur a été charrié sur plusieurs centaines de kilomètres depuis sa patrie transalpine lors de la formation des Alpes.

La diversité lithologique et tectonique du Parc national du Mercantour est remarquablement révélée par le relief accentué, conséquence de l'érosion s'opposant, en vain, au soulèvement qui affecte cette région depuis plus de 10 millions d'années. Ces mouvements se poursuivent actuellement au rythme de quelques décimètres par siècle de manière insensible. Une cassure (une faille) peut se produire au sein des roches et causer un séisme, comme ce fut le cas dans l'arrière pays niçois au cours de temps historiques.


Liens ...

         BRGM Cartographie
         Bureau des Recherches Géologiques et Minières

© 2002 MATE, Parc National du Mercantour, GIP ATEN, Morgan Multimedia, EDATER

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