Clément Ader 1841 / 1925 : Inventeur, concepteur , pilote

 

 

 

Le 9 octobre 1890 , dans le parc du château de Pereire à Armainvilliers , un homme

de quarante-neuf ans quittait le sol à bord d'un aéroplane motorisé nommé l'Éole.

Étrange machine en forme de chauve-souris , mue par un moteur à vapeur.

 
 

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Clément Ader ( a gauche )

 

 
 

Clément Ader et ses Avions

 

 

 

Le N°3 première version double hélice , il ne vola jamais.

 

 

Sept ans après, Clément Ader renouvelait son exploit sur un appareil semblable, mais bimoteur, étonnant de légèreté et d'ingéniosité.

son nom, imaginé par son créateur, ne s'impose qu'avec la première guerre mondiale : l'avion.

La passion de cet homme pour l'aviation ne s'est concrétisée qu'au bout de longues années de travail.

Il prétend être le premier homme à s'être soulevé du sol à bord d'un plus lourd que l'air.

 

 

Du costume d'oiseaux aux premiers brevets

Clément Ader est né le 2 avril 1841 à Muret , à deux pas de Toulouse.

 

Doué d'une grande habileté manuelle , le jeune Ader fait également preuve de réelles dispositions pour le calcul et le dessin.

il aime observer dans le ciel le vol des insectes et des oiseaux.

À 14 ans, c'est avec une grande veste dont le fonds est attaché à sa ceinture et quelques mètres de lustrine qu'il fabrique un véritable costume d'oiseaux.

Son diplôme d'ingénieur est en poche en 1861 ,  il devient conducteur de travaux d'abord aux ponts et chaussées puis à partir de 1862 , à la compagnie des chemins de fer du Midi.

Cette année-là, travaillant à la construction de la voie ferrée Toulouse-Bayonne, Ader se rend compte des difficultés présentées par la pose des voies et le relevage des rails.

Le 15 avril 1966, il dépose un brevet, le premier d'une longue série ,  pour une machine permettant en une seule opération de régler l'écartement des voies, de relever les rails dans les virages ,  et de soulever ensemble d'une voie sur une longueur de rails pour entretenir le ballast.

Au cours de l'exposition universelle de 1867 , Clément Ader remarque les vélocipèdes des Michaux.

Il ne lui paraît pas bien difficile de remplacer le cerclage en fer des roues, inconfortable et bruyants ,  par un bandage en caoutchouc ,  souple et silencieux.

C'est chose fait par le brevet du 24 novembre 1868.

Les véloces-caoutchouc profitent d'une nouveauté qui allait devenir synonyme des productions Ader : la légèreté.

Ils sont construits en fer creux  ,  le cadre est tubulaire à section carrée.

 

 

Un véritable patriote

 

En 1870 ,  la guerre Franco prussienne vient bouleverser un bon départ , mais Clément Ader est exempté de la mobilisation.

Dès le 20 août 1870 ,  il écrit au ministre de la guerre pour lui offrir ses services.

Son idée est de réaliser un appareil capable de soulever un observateur au-dessus du champ de bataille.

Négligeant l'emploi des ballons captifs , Ader imagine un cerf-volant à voile triangulaire au profil creux comme la courbure des ailes des oiseaux.

Les événements se précipitent et , malgré le sursaut patriotique du pays , les armées ennemies ne peuvent être repoussées.

Clément Ader , comme la plupart de ses compatriotes , ne songent plus qu'à une revanche qui permettrait de recouvrer les deux provinces perdues : l'Alsace et la Lorraine.

 

 

Le planeur à plumes.

 

En 1873 , à Castelnaudary , il commence par construire un planeur expérimental de 9 m d'envergure , de profil  courbe comme celui des ailes des oiseaux , en bois creux est recouverte de plume d'oies.

L'appareil ne pèse que 24 kilos.

Ader l'essaie en captif pour tenter de dégager les lois du vol mécanique.

Le planeur est retenu en son centre de gravité par quatre cordes disposées en croix  de saint André.

lorsque le vent se met à souffler, il enlève l'inventeur à 1 m 50 du sol.

Ce dernier peut ainsi mesurer la finesse de son appareil est calculé la portance est la traînée.

Ader reçoit l'appui du célèbre photographe Nadar qui accepte avec le jour d'exposer le planeur à plumes dans son atelier de la rue d'Anjou à Paris.

Pour continuer dans la voie qu'il s'était tracé , Clément Ader doit trouver des moyens financiers.

En 1875 ,  il expérimente un  rail sans fin , c'est-à-dire un train à chenilles.

Destiné aux véhicules terrestres ,  aux chars d'assaut , cet engin n'intéresse pas les industriels et ne trouve aucun écho auprès de l'état-major.

 

 

Le promoteur du téléphone en France

 

le perfectionnement qu'il apporte à l'invention du téléphone lui assura la fortune.

Les représentants de Bell , concurrent d'Edison , s'associent avec la société générale des téléphones dont il est l'un des administrateurs et l'un des ingénieurs.

En 1880 , on lui doit l'installation du premier réseau téléphonique parisien.

Il acquiert une véritable célébrité lors de l'exposition internationale d'électricité de Paris , en 1881, grâce à son théâtrophone, un procédé de transmission téléphonique des spectacles lyriques en relief auditif , en stéréophonie.

Ce procédé restera en usage pendant plus de 50 ans.

 

 

L'Éole et l'avion N°2.

 

À partir de 1882 , ses assistances financières assurées , Clément Ader retourne à son unique passion : l'aviation.

L'années 1890 est  marquée par deux événements fondamentaux : la prise du brevet d'invention pour un appareil ailé destinés à la navigation aérienne dit "avions" et le premier décollage au monde par un plus lourd que l'air, celui de l'Éole, le 9 octobre.

il crée le mot avion à partir du mot latin avis qui signifie oiseau.

l'appareil  réalisé comporte une voilure calquée sur l'aile d'une chauve-souris.

Il est équipé d'un moteur à vapeur de 10 à 12 chevaux pesants 66 kg.

Mme Isaac Péreire accueille Clément Ader dans sa propriété d'Arminvilliers en Seine-et-Marne où l'inventeur souhaite réalisé ces expériences en secret.

Une piste de 200 m de long est construite .

Le 9 octobre 1890 est le jour de l'essai décisif.

L'Éole réalise pour la première fois au monde une envolée à 15 cm du sol sur une distance de 50 m.

En août 1890 , le champ de manoeuvre de Satory lui est ouvert par le ministère de la guerre.

Une piste longue de 800 m est construite.

Malheureusement , au cours des essais , l'Éole dérive sur la gauche et vient percuter le matériel qui a servi à préparer la piste.

les roues sont brisés et  hélice est endommagée. 

Selon Ader , le vol s'est effectué sur 100 m de long.

L'appareil est présenté au public dans le pavillon de la Ville de Paris, en octobre 1891.

le 3 février 1892 , un contrat est signé avec le ministre de la guerre.

 

 

 

 

 

Avionnerie d'état créée par Clément Ader rue Jasmin

 

Les clauses financières sont avantageuses ,  mais les espoirs très ambitieux : l'appareil à construire devait pouvoir accueillir outre son conducteur , une deuxième personne et s'élever à plusieurs centaines de mètres.

Tout ceci volant au moins six heures.

L'inventeur souhait alors réalisé un avion N°2 , monomoteur de 30 chevaux.

La fabrication a lancé en mars 1892.

 

 

 

L'avion n°3

 

 

 

 

 

Transformé après les expériences de 1897

Pour les besoins de la prise de vue, des feuilles de papier blanc

ont été disposées derrière les ailes

 

 

Fin 1893, Clément Ader décide d'abandonner l'avion numéro deux pour construire un avion numéro3 ,  bimoteurs.

En juillet 1894, un deuxième contrat est signé.

Ader adopte une gouverne de direction commandée par des pédales.

L'avion N°3  est terminé en juillet 1897.

Pour l'essayer ,  une piste circulaire est construite à Satory , d'un diamètre de 450 m et d'une largeur de 40 m.

Craignant l'arrivée en bout de piste de son avion , Ader préfère une sorte de manèges, comme en équitation.

le 14 octobre 1897, le général Mensier ,  président de la commission de l'armée, est présent.

Le temps est mauvais et le vent est important.

Malgré l'avis de son mécanicien , Clément Ader tente l'expérience.

L'appareil se soulève sur 200 m, mais sort de la piste sur 100 m et vient s'écraser sur des poteaux et des barrières.

Les roues et les hélices sont endommagées.

Mal placés, les membres de la commission ne se rendent pas bien contents de son envol.

Clément Ader ne perd pas courage.

il répare l'avion N°3 ,  puis le modifie en installant des roues orientables et en créant une manoeuvre différentielle des hélices.

Il imagine un avion N°4 , mais il perd l'appui des politiques et des militaires.

En 1902, il se rend à l'évidence et renonce à l'aviation.

Le conservatoire des arts et métiers accepte l'avion numéro trois et le moteur du numéro deux.

Ne pouvant lui confier le reste , Ader détruit l'Éole , son planeur à plumes et ses différents matériels.

 

 

 

 

 

Le N° 3 avec les ailes repliées

 


 

 

Les automobiles Ader.

 

En 1898 , il s'intéresse au domaine naissant de l'automobile et persuade la compagnie industrielle des téléphones de créer une branche automobile.

En 1900 , la première automobile Ader sort des ateliers.

C'est une quatre places à châssis tubulaires suspendu.

Le moteur à essence à deux cylindres en V tournant à 1200 tours minute.

Si Clément Ader aborde le moteur à explosion , c'est dans l'intention de l'utiliser prochainement pour propulser l'un de ses avions.

Au cours de l'année 1903 , il engage 7  voitures dans la course Paris Madrid.

220 voitures  prennent le départ ; 22 finissent la course , dont les sept Ader.

La diversité des modèles entraîne des prix élevés et la société Ader doit faire appel à des capitaux britanniques.

Finalement , elle disparaît au cours de l'année 1907.

Entre-temps , l'inventeur a conçu un bateau glisseur sur coussin d'air , ancêtre de notre hydroglisseur.

L'idée reste dans ses cartons.

En 1905,  Clément Ader se retire à Muret.

 

 

Le visionnaire.

 

C'est là que l'actualité vint le surprendre à l'automne 1906.

Il apprend que le Franco brésilien Alberto Santos-Dumont a réussi un premier soulèvement sur environ 7 m à bord de son 14 bis.

Le 23 octobre, l'aviateur parcourt 60 m et le 12 novembre 220 m.

Santos-Dumont a su s'entourer des médias.

Son envol du 12 novembre est contrôlé officiellement par les représentants de l'aéroclub de France.

Des photographes et même des cinéastes sont présents.

Clément Ader, dépité, se décide à prendre la plume pour raconter ses propres essais.

Il publie un ouvrage début 1907, la première étape de l'aviation militaire, où il exhorte l'état-major à prendre conscience de cette réalité : "qui sera maître de l'air, sera maître du monde!!

il se transforme en prophète de l'aviation militaire.

Son influence est incontestable.

L'avion N°3  est exposé lors du salon de l'automobile et de l'aéronautique en 1908.

Le général Roques, inspecteur permanent de l'aéronautique, décide en 1911 d'appeler "avion" les aéroplanes militaires.

En 1924, des grandes fêtes sont célébrées en l'honneur du précurseur dans sa ville natale.

Mais Clément Ader s'est dépensé sans compter depuis trop longtemps et il est épuisé.

La disparition de sa femme, le 21 avril 1925, l'ébranle  profondément.

Il décède peu après ,  le 3 mai, à l'âge de 84 ans.

 

 

 

 

Appréciations  personnelles

 

L'erreur fondamentale de Clément Ader fut de s'inspirer de l'anatomie de la chauve sourie  pour créer ses avions sans quoi il aurait très certainement pu prétendre à être le premier à avoir volé avec un planeur motorisé mais...

Les ailes de chauve sourie étant destinées uniquement au vol battu et non au vol plané , il nous apparaît évident qu'une machine de cette conception ne pouvait que péniblement profiter de l'effet de sol pour pouvoir s'élever à quelques centimètres du sol.

Certes les premiers  planeurs de Lilienthal présentaient une géométrie presque identique mais ceux-ci ont été principalement destinés au vol plané et non motorisé et leurs succès sont principalement liés a leur légèreté , et leur simplicité.

D'autre part Lilienthal a su prendre le risque de décoller à partir d'une certaine altitude dans le but de rejoindre un point placé en dessous du point de décollage et non l'inverse.

Certes , avec les connaissances du vol en général que nous possédons aujourd'hui ,  il nous est facile  de comprendre  pourquoi certains ont réussi et pourquoi d'autres non pas réussi a faire voler ces machines d'un autre siècle mais ,  à cette époque le vol  plané ou motorisé était un vrai mystère et la connaissance à été principalement obtenue par  causes et effets.

Certains effets ont été fatals  pour certains et bénéfique pour d'autres.

Clément Ader , un homme qui à donné un grand souffle à l'aviation mais qui a mon avis n'à fait que profiter de l'effet de sol pour décoller , d'ailleurs ,  je suppose qu'il était conscient du phénomène puisque cela là amené a construire un hydroglisseur.  

 Si lui même , et  même l'histoire considère Clément Ader  comme le premier à avoir fait décoller un planeur motorisé et bien oui cela semble probable. Mais il faut bien faire la distinction entre décoller sur quelques mètres  et voler sur quelques mètre ?

Le fruit de ses travaux on largement inspiré Gabriel  Voisin  qui lui même à inspiré d'autres pilotes et c'est ainsi que l'aviation pu vraiment devenir ce qu'elle est aujourd'hui.

Malgré son échec dans le domaine de l'aviation Clément Ader reste un des piliers du vol motorisé