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Bernard MONTAGNES, op

Les Dominicains
face la loi sur les associations

Les Dominicains face  la Loi sur les associations

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État de l'Ordre en France dans les années 1901-1903

'Ordre est constitué des trois provinces de Paris, Lyon et Toulouse, de la congrégation enseignante et des monastères de sœurs moniales (les sœurs apostoliques constituées en congrégations à supérieure générale étant tout à fait indépendantes, leur cas n'entre pas dans le propos exposé ici).

L'état des lieux et des effectifs ressort des documents produits par les Dominicains en vue d'obtenir l'approbation légale.

En France, d'après les documents susdits, la province de Paris possède 9 couvents : Nancy, Flavigny (collège des études), Paris (rue de la Chaise), Dijon, Amiens (noviciat), Lille, le Havre, Paris (faubourg Saint-Honoré), Corbara (en Corse). Celle de Lyon, 4 couvents : Lyon (avec une annexe quai Tilsitt), Poitiers (noviciat), Angers (études), Carpentras ; et 2 vicariats : Saint-Malo, Tours. Celle de Toulouse, 5 couvents : Toulouse (études), Bordeaux (avec une annexe à Arcachon), Marseille, Saint-Maximin, Biarritz ; et 3 vicariats : Prouilhe, Sainte-Baume, Mazères (dans l'Ariège).

Quant aux effectifs en France (les novices n'étant pas inclus dans ce décompte puisqu'ils ne font pas encore partie de l'Ordre), ils sont de 186 religieux pour Paris, 133 pour Lyon, 117 pour Toulouse, soit au total 436 religieux

Au total, pour la France entière 18 couvents avec 2 annexes et 5 vicariats, soit 25 établissements, abritent ces 436 religieux. L'effectif total des Dominicains français est supérieur, car ne figurent pas dans ce nombre ceux employés hors de France, notamment dans les missions lointaines.

Les enseignants possèdent 5 collèges en France : École Saint-Thomas-d'Aquin à Oullins, École Albert-le-Grand à Arcueil, École Lacordaire et externat Saint-Dominique à Paris (rue Saint-Didier), École de Sorèze, École Saint-Elme à Arcachon ; 2 maisons de noviciat : noviciat Saint-Dominique à Coublevie, villa Saint-Raymond à Oullins ; 1 collège en Argentine (Buenos-Ayres). Les effectifs, tout compte fait (y compris les dispersés et les malades), sont de 57 en France et de 12 en Argentine, soit 69 religieux.

Les responsables appelés à gérer la situation créée par la loi de 1901, c'est-à-dire à solliciter ou à refuser le processus pour obtenir l'autorisation légale exigée des congrégations se situent à deux échelons, en France et à Rome.

L'échelon français est celui des prieurs provinciaux (et du vicaire général des enseignants). Or, du fait de la durée constitutionnelle de leur mandat, chaque province va changer de supérieur au milieu du gué. Pour Paris : Réginald Monpeurt (1897-1901), Thomas Bourgeois (1901-1905). Pour Lyon : Ambroise Laboré (1898-1902), André Viron (1902-1906). Pour Toulouse : Constant Giniès (1898-1902), Étienne Gallais (1902-1906). Les provinciaux vont se concerter pour faire face à la conjoncture d'une seule voix, mais, dans une affaire si grave, dont l'enjeu est l'existence même de l'Ordre en France, ils ne peuvent décider de leur propre chef sans recourir aux directives du maître général (comme on appelait alors le maître de l'Ordre).

À l'échelon romain, l'Ordre est dirigé par l'autrichien André Frühwirth (en charge de 1891 à 1904), d'autant mieux au courant des affaires de France qu'il est assisté de trois Français : Hyacinthe-Marie Cormier, procureur général (de 1896 à 1904), second personnage de l'Ordre à ce titre, Réginald Beaudouin, Henri Desqueyrous (assistant français depuis le 29 octobre 1900).

Cet échelon romain constitue une instance 1. de consultation du Saint-Siège (de la congrégation des évêques et réguliers que dirige le cardinal Gotti, de la secrétairerie d'État que dirige le cardinal Rampolla, éventuellement du Saint-Père lui-même), 2. de concertation avec les autres congrégations affrontées aux mêmes difficultés, au moins avec les Franciscains et les Capucins, avec qui les Dominicains font cause commune, 3. de décisions traduites en instructions aussi fermes que claires.


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