Le Monde condamné pour mon licenciement : enfin le texte du jugement !

mardi 5 juillet 2005.
 

Chose promise, chose dûe. Voici le texte du jugement rendu le 13 mai dernier par le conseil de prud’hommes de Paris dans le procès pour licenciement abusif que j’ai intenté au Monde.

Accablant pour la direction du Monde, comme on pouvait s’y attendre au vu de la condamnation, ce jugement n’appelle pas de ma part de commentaire particulier. Dans l’exposé des motifs, on verra que le conseil n’a pas souscrit à un seul des arguments du Monde. On verra surtout que les dirigeants du journal, dans leur précipitation, ont retenu contre moi une phrase -"le journal ne pratique pas à l’égard de ses propres comptes le traitement qu’il exige des autres"- qui... ne figure pas dans le livre. Elle était certes dans le jeu d’épreuves que j’avais fait parvenir à Jean-Marie Colombani. Mais au dernier moment, l’estimant outrancière et impossible à prouver, je l’avais rayée. Peu importe. Ni les dirigeants ni les avocats du journal n’ont pris la peine de lire le livre lui-même avant de décider de me licencier. C’est qu’il fallait faire vite, pour se débarasser du dangereux perturbateur ! Colombani, qui après moi a tenté sans succès de licencier son ami Plenel, sait bien que la rapidité est la clé du succès des purges. Avec une direction d’une telle exigence professionnelle, il n’est pas étonnant que le journal en soit où il en est aujourd’hui.

Ce jugement est un grand succès pour un journalisme libre, qui doit aussi s’exercer sur (et parfois contre) les patrons de presse. Tous ceux qui, en France, sont attachés à la liberté d’expression, sont invités à en faire le meilleur usage.


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