Camp d'Attila


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Vetus Catalaunum

L'enceinte protohistorique de La Cheppe appelé Camp d'Attila est une place fortifiée gauloise, un oppidum, édifié dans le courant du 1er siècle avant J.C.
        En 850 de notre ère, et c'est la plus ancienne dénomination qu'elle porte, l'enceinte se nomme Vetus Catalaunum, le Vieux Châlons. Il s'agit certainement de la place forte principale de la tribu gauloise des CATALAUNES.
        Cet oppidum de plaine, l'un des mieux conservés du Nord-Est de la Gaule, est établi le long de la rive droite de la Noblette, affluente de la Vesle.
        Le Gros Châtelet, énorme butte de 60 m de diamètre, situé à proximité de l'entrée, côté RD394, est une motte féodale du Moyen Age qui portait un donjon en bois.

- extrait d'une brochure des Monuments Historiques

 

EN QUELQUES CHIFFRES :

Emprise totale : 30 ha
Superficie intérieure : 22 ha
Grand axe transversal : 554 m
Petit axe transversal : 460 m

Hauteur du rempart : de 4,2 à 5m
Profondeur du fossé : 8 à 10,5m
Pourtour au sommet du rempart : 1785m

enceinte verte ciel bleu.jpg (200694 octets)

Attenant au village de la Cheppe, vestige de temps immémoriaux, se cache le Camp d'Attila au bout de la Petite Rue et à droite de la rivière. Ce lieu était autrefois appelé par les gens de La Cheppe, "Le Vieux Châlons".

Une route naturelle de traverse dessert aujourd'hui Châlons nommé Rue du Camp d'Attila, elle est l'accès direct et le plus naturel de l'entrée dans le chef-lieu par le Sud du Camp.

Nous nous retiendrons que le territoire de La Cheppe formait de ce côté la limite des territoires des Rémi et des Catalauni et terminons en indiquant l'existence du Camp de Nantivet, ainsi que d'autres s'étalent entre Saint-Rémy-sur-Bussy (Somme-Bussy) et Somme-Vesle.

De forme irrégulière le Camp ressemble à un cercle aplati d'environ 600m de diamètre formé de 2 fossés situés vers l'extérieur du Camp - une seconde enceinte demi-circulaire celle-ci et attenant au nord et parallèle à celle qui entoure le camp - Au dire des experts militaires du Second Empire ce vaste camp aurait pu contenir une garnison de 8 à 10 000 hommes ; le pourtour de son enceinte est de 1765 mètres, mesuré sur la crête des épaulements - son plus grand axe est d'environ 554 mètres de longueur, son plus petit axe est de 460 mètres.

En 1864, le nivellement du fossé du camp d'Attila, à partir du repère du bief du moulin jusqu'à la porte du nord, sur une longueur de 651 mètres ; a donné une pente de 45 centimètres près de cette porte.

Au Camp se trouve quatre ouvertures aux quatre points cardinaux ; désignés sous le nom de portes

- l'une est à l'Est, pour maintenir la communication avec La Cheppe ;

- l'autre à l'Ouest pour faciliter les sorties et assurer la défense des inondations ;

- la 3ème au nord,

- la 4ème au midi, sur la rivière, qui formait une avancée ou presqu'île en forme de demi ellipse au sud, qui couvrait et protégeait le passage de cette porte.

- Pour faciliter l'exploitation des terrains communaux vendus en 1840, il a établi un chemin de trois mètres de largeur attenant au rempart du camp creusé, à partir de la porte de l'ouest qui se termine à cet endroit où la rivière baignée le pied du rempart, au sud.

Au sud, Le Camp s'appuie sur la petite rivière de la Noblette qui forme de ce côté, l'avant-fossé.

- Il y avait un autre large fossé qui faisait une prise d'eau à cette rivière à environ 80 mètres de la porte du sud, passait près et au pied du rempart entre le Gros et le Petit Châtelet.

(Petit Châtelet formait une éminence naturelle dont le sous-sol crayeux a été déprimé d'environ 1 mètre 20 centimètres, par les propriétaires depuis 1840, époque de sa vente )

Cet autre fossé allait se réunir à la rivière à l'ouest, au même endroit où la digne y rendait ses eaux qui avaient coulé ou séjourné dans le fossé, à l'est et au nord du camp.

- Le terrain naturel sur lequel a été creusé ce fossé, était graveleux ; il y avait en moyenne une épaisseur d'environ deux mètres à extraire près du rempart ; il allait en inclinaison jusqu'à la rivière ; son fond présentait en certains endroits une couche de terre vaseuse et quelques débris noircis de racines de plantes aquatiques.


- Les terres qui en ont été extraites ont servi pour l'élévation du parapet de ce côté, au sud du camp jusqu'à la porte de l'ouest.

Un éboulement eu lieu à la place où une fouille verticale avait été faite et remblayée en 1767-68, par M. Pelletier de Beaupré, alors intendant de Champagne sur le gros châtelet. Ces fouilles verticales en forme de puits, n'ayant pas atteint le sous-sol, ont été sans résultat.

- Par la suite on a ouvert deux autres galeries au gros châtelet ;

- l'une au levant près du mamelon dont nous avons parlé,

- et l'autre au nord ; on y a trouvé deux pots, quelques pièces de monnaies antiques, des os humains, d'autres ossements de quadrupèdes, de volailles et quelques pierres en silex.

Entre le Gros et le Petit Châtelet se situe traditionnellement connu en tant que la Cavité et le Bûcher d'Attila

- Après avoir déblayé les terres de l'éboulement, parmi lesquelles il y avait beaucoup de petits cailloux qui, peut-être, avaient servi de clefs de voûte, il a été trouvé dans cette cavité, posés à côté l'un de l'autre et très bien conservés, deux vases de terre grise, de la forme d'un cône tronqué, ayant de gros bords repliés à plat à l'extérieur, dont l'orifice pouvait avoir 40 à 42.c de largeur et pouvant contenir chacun 20 à 22 litres ;

- ils avaient dû contenir des matières animales ou végétales réduites en cendres ; au fond de chaque vase recouvert des terres de l'éboulement, il y avait aussi plusieurs autres fragments de vases de même matière. La cavité où étaient les objets était pavée d'une espèce de terre glaise ou argile résistant au coup de pioche ainsi que les parois.

Le Bûcher se trouvait sur la pièce de terre attenant au couchant de la propriété de l'Etat,

- au nord du chemin qui traverse le camp, à une distance d'environ 50m au nord des deux bornes de cette propriété formant un trapèze, à l'endroit où elle aboutit.

- En 1864, d'après le nivellement pris au fond de ce fossé, à partir du repère du bief du moulin jusqu'à la porte du nord, il a été estimé une inclinaison de 45 centimètres.

- 1er fossé forme l'enceinte du côté du nord à partir de la porte à l'est jusqu'à celle de l'ouest,

dont la largeur et la profondeur varient.

- sa profondeur moyenne entre ces deux portes est de 7m33, à partir de son fond jusqu'au sol naturel

- L'autre partie du côté du camp dont l'épaulement présente un relief d'environ 5 mètres.

- Les fouilles ont déterminé que le fonds de craie dure, est horizontal, que l'eau y a longtemps coulé et séjourné ; ceci par la couche de terre vaseuse trouvée, et dont l'épaisseur varie de 10 à 40 centimètres.

- Il y a également été trouvé sur le fond, de grosses pierres en silex brut, de 20 à 30 centimètres de longueur, propres à bâtir ;

- 2ème fossé, à une distance de 75 mètres de celui qui est fort inférieur au sud, il a également été trouvé de grosses pierres siliceuses recouvertes de terre vaseuse dans une espèce de rigole, dont l'orifice se trouvait à niveau du fond du fossé, au pied du parapet du côté du camp.

A environ 600 mètres au nord de du parapet du camp où le fossé était moins profond, il a été trouvé 2 fossés parallèles à l'enceinte du camp, sûr une même ligne, laissant entre eux un intervalle de 30 à 40 m ;

2° - Un autre fossé à même distance de cette forteresse et peu éloigné de la voie romaine, sur l'ancienne pièce de terre à Carlier ;

3° - Un 4ème sur une pièce de terre à Chauvry,

- également parallèle au camp

4° enfin un fossé sur une pièce de terre à E. Létaudin, à 260m au nord du chemin qui longe le fossé du camp et qui se dirige à l'ouest à travers l'ancien terrain d'Alexis Paquinet

La 2ème Enceinte du Camp d'Attila, demi-circulaire, attenant au nord et parallèle à celle qui entoure le camp d'Attila, commençait au chemin à l'est de ce camp jusqu'à vis-à-vis la porte à l'ouest pour aboutir à la rivière au sud, sur une longueur de 1,200m d'interruption au nord en face de la porte du nord de la première enceinte.

- Au bout du midi attenant au chemin du village, près de la porte à l'est du camp jusqu'aux terres de déblais, enlevées jusqu'au niveau du fond du fossé de la première enceinte, elle a disparu sur une longueur de 230m, depuis 1790 jusqu'à nos jours.

- Actuellement, son élévation au-dessus du sol naturel est de 2m jusqu'à la crête du parapet qui forme un plateau un peu convexe, ayant une largeur moyenne de 18m jusqu'au chemin des prés qui passe et longe le fossé du camp.

- Son extrémité au sud, à l'ouest et près le chemin du camp, présente une élévation de 2m au-dessus du sol, attenant au passe du chemin tortueux ;

- en ce lieu, le parapet est de 30m de largeur, et de 25m attenant au chemin des près. Antérieurement, il y avait un chemin sur le plateau de ce deuxième rempart ; il aboutissait au nord au chemin des près, et au sud à celui de La Cheppe au camp d'Attila, près de la porte à l'est.

- En 1822, on a creusé un nouveau lit à la rivière qui passe actuellement au pied du parapet du camp, ce qui rend son cours direct et fait disparaître la presqu'île.

- Avant l'abolition des droits seigneuriaux, les parapets du camp d'Attila étaient couverts de genévriers qui servaient de retraite au gibier.

- Après la décision de l'assemblée des Etats généraux, en 1789, qui abolit ces droits, les habitants de La Cheppe ont déraciné ces genévriers, et en les arrachant, ils ont fait descendre les terres dans le fossé, ce qui est une des principales causes de son remblai et de l'abaissement de la crête de ses parapets auxquels il a été fait depuis cette époque des dégradations par les propriétaires riverains ; de plus, le passage fréquent des troupeaux, les fortes pluies d'orage, la fonte des neiges y ont aussi occasionné des dégradations qui ont diminué d'autant l'aspect de ce camp antique.

Le Chemin Tortueux se trouve à la sortie de l'ouverture de l'ouest,

- qui se prolonge à travers la seconde enceinte,

- Bien que les fortifications faites en terre, à l'entoure de cette redoute étaient très fortes,

- elles avaient l'avantage d'être entourées d'eau au Nord,

- par un large et profond fossé qui pouvait en retenir 2 mètres de profondeur près de la digue ou barrage attenant à la porte à l'ouest.

- La partie Sud avait la rivière de la Noblette qui formant l'avant-fossé pouvait couvrir et défendre l'approche de ce fossé d'une une largeur moyenne de 4 mètres passant au pied du rempart.

- Toutes ces eaux réunies à celle de la rivière à l'ouest du camp, auraient absolument pu déborder et produire une inondation de 100 mètres sur un terre-plein qui se trouve vis à vis, sur la rive gauche de cette rivière.

- L'épaulement qui s'appuie sur la rivière a dû être formé avec les terres du rivage

- dont il aurait suffi d'abaisser l'escarpement au niveau du sol actuel pour trouver le remblai dont on avait besoin. Les terres provenant du fossé qui passait au pied du parapet lesquelles ont augmenté d'autant son élévation.

- En suivant toujours le cours et la direction, depuis sa prise d'eau à la rivière,

- soit à 60 mètres à l'ouest de la porte du sud, jusqu'à l'endroit où il la lui rendait en se réunissant à celles qui venaient du fossé du nord, et pouvait produire l'inondation de 100 mètres.

- Une digue ou barrage sur le chemin de l'entrée du camp à l'ouest, attenant au sud de ce chemin, lesquels ont mis à découvert les terres qui couvraient le fond du fossé du camp et sur lesquelles étaient superposées des pierres siliceuses et de grosses pierres de tuf pour empêcher les éboulements qu'auraient pu occasionner les eaux au sortir de la digue.

- En 1790, en enlevant les terres de déblai de chaque côté du chemin à l'est de ce camp, rive nord, les ouvriers découvrirent :

- un reste de maçonnerie en pierres siliceuses.

- Entre deux des pierres, jointes ensemble avec du plâtre, passait l'extrémité d'une crapaudine en fer dont l'orifice, de forme circulaire, avait environ 30 à 40 centimètres de diamètre et reposait sur ces deux pierres solidement maçonnées sur une autre plus grosse.

- Dans celle-ci était incrustée la pointe de la crapaudine qui mesurait 30 à 40 centimètres de long, à partir de son orifice. Sur cette crapaudine reposait le pivot de la porte, lequel présentait 18 à 20 centimètres d'ouverture entre ses deux branches ; l'une avait 50 centimètres de hauteur et l'autre 30 centimètres, leur épaisseur était de 5 centimètres. Le tout était tellement rongé par la rouille qu'il n'y avait plus qu'un peu de fer naturel au milieu.

- A côté du pivot, était un reste de maçonnerie en silex d'environ 1 mètre de hauteur. Il y avait en outre d'autres pierres siliceuses maçonnées autour de celles qui tenaient la crapaudine.

opidium_la_cheppe.JPG (75516 octets)  - image extraite de GEO

- Le Camp d'Attila a fait l'objet de nombreuses fouilles en 1861-62-63-64-65 ont présenté nombreux objets et débris en plus grand nombre et plus diversifiés.

- en 1861 et 1865, les fouilles parmi lequel Pierre-Hilaire Létaudin a participé ont mis à découvert

- environ 70 trous de formes irrégulières, dissemblables, dont la profondeur varie de 50c à 3m,

à l'exception des puits et quelques autres trous dont nous ignorons la destination.

La plupart paraissent avoir servi d'habitation personnelle et étaient divisée en compartiments plus ou moins grands, séparés par des cloisons formées du terrain naturel qui était resté intact sur une épaisseur d'environ 30c ;

- Dans 3 des plus grands et des plus importants on a trouvé :

- des morceaux d'ambre, d'encens, et par les fragments de vases en fer et les petites cuillères en cuivre destinées à recevoir l'encens.

- Ces mêmes trous renfermaient aussi des ossements d'animaux, tels que ceux de cerfs, de sangliers, etc. Ces objets étaient amoncelés au milieu du trou, sur le fond, recouvert avec de grosses pierres. Nous avons ramassé quelques pièces de monnaies gauloises et des fragments de diverses poteries, des fers de lances, des parties de boucliers, des lames de couteaux

- extrait de "Etude Historique..." de P.H. Létaudin

 


Estelle & Jean-Paul Manuel, 1999-2007

 

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