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80 facs sollicitées, 800 formations analysées

Notre sélection

 

On trouve de tout parmi les cursus universitaires qui casent le mieux leurs diplômés. Mais le plus dur est d'y entrer : l'écrémage vaut souvent celui d'une grande école...

 

Un chercheur d'or, Stetson sur la tête, tamis à la main ? L'image est un poil folklorique, mais elle illustre l'esprit de l'enquête commentée ici et consultable en intégrale sur notre site internet. L'objectif était ambitieux : recenser, dans toutes les disciplines, les centaines de diplômes d'université qui se révèlent sur le marché de l'emploi presque aussi convoités que ceux des grandes écoles. Travail de fourmi quand on sait que la France compte 86 universités publiques et une dizaine de privées, offrant plus de 8 000 diplômes de tout format. Premières ressources : les diplômes stars de la fac, depuis longtemps chouchous des recruteurs. Ce sont les blockbusters du management ou de la finance, qui en remontrent à HEC, avec parfois des noms codés pour initiés, comme le « master 203 » - ou le « 229 » - de Paris-Dauphine, ou le master « gestion du patrimoine » de Clermont-Ferrand-I. Ou encore ceux qui forment des virtuoses du droit et des sciences politiques, à l'image du master « droit privé général » ou « droit des affaires » de Panthéon-Assas. Ou des cadors de l'ingénierie de pointe, tel le master « Euroaquae » à Nice, dont les géants du secteur de l'environnement s'arrachent les diplômés à prix d'or. Plus excitant est de dénicher des filons parfois totalement inconnus relevant de facs discrètes. Comme cette licence pro de l'université de Franche-Comté en « conduite de projets internationaux de codéveloppement », qui réussit l'exploit de placer la moitié de ses diplômés dans le secteur prisé de la solidarité internationale. Ou ce master « innovation en industries alimentaires » de l'université de Brest dont les diplômés se casent en moins de trois mois. Ou encore ce tout nouveau et déjà prometteur master « énergie solaire » de l'université de Perpignan... Pour débusquer ces perles, nous avons sollicité les services de communication des universités, avec l'espoir que les mieux organisées et les plus préoccupées de la réussite de leurs diplômés seraient les plus réactives. Bingo ! Sur les 95 facs sollicitées, 81 ont joué le jeu, soit 85 %. En ne prenant en compte que les universités publiques, ce taux monte à 91 % hors Dom-Tom. Plus de 800 questionnaires détaillés nous ont été retournés : suivi des diplômés, durée moyenne de recherche d'emploi, salaire de sortie, type d'emploi occupé, secteurs d'embauche, associations d'anciens, partenariats entreprises, autant de données que ne valorisent d'habitude que les grandes écoles. Elles nous ont servi à sélectionner et à mettre en ligne plus de 450 programmes remarquables. L'exercice a permis de dessiner une petite géographie subjective des universités les plus réactives. Sur le podium des meilleures pourvoyeuses de pépites, on trouve Paris-I, Lyon-I, Paris-V, Paris-IX, Paris-II et Paris-X, suivies de près par Marne-la-Vallée, Tours et Grenoble-I. Carton jaune, en revanche, pour une poignée d'institutions restées sourdes à nos multiples relances : les universités de Versailles-Saint-Quentin, Evry, Toulouse-II, Rennes-II, Lille-III, Strasbourg-III et Pau ne se sont même pas donné une chance de figurer dans la sélection finale. Apparemment démobilisées, Paris-IV-Sorbonne, Aix-Marseille-I et III et Montpellier-III ont déçu. D'autres, comme les universités de Corse, du Maine, de Bretagne-Sud ou de La Rochelle méritent un coup de chapeau. Efficaces et accrocheuses, elle sont la preuve que small is beautiful . Même la petite dernière, l'université de Nîmes, née il y a peu, a aligné quatre programmes candidats sur la ligne de départ. Du côté des universités privées, saluons la performance de la Catho de l'Ouest ( Angers ). Licences, masters bac + 5 : il y en a pour tous les goûts. On mesure mal en effet l'incroyable variété des programmes professionnels que l'université offre aujourd'hui. A tel point qu'il nous est impossible matériellement de reproduire ici la totalité des intitulés des 450 programmes que nous avons sélectionnés parmi 800. Nous en présentons un échantillon de 125 dans les pages qui suivent. Mais on en trouvera tout le détail sur notre site « nouvelobs. com » qui décrit 450 programmes, accessibles par mots clés ( apprentissage, international, etc. ) et par départements avec les coordonnées des responsables. Les mots clés facilitent les recherches, car ces programmes ne sont pas toujours là où on l'aurait imaginé. Petit aperçu de quelques secteurs, à titre d'exemple.

DES SPORTIFS EN FAC DE SCIENCES
Très convoité par des armées de candidats, le marché de la forme et des loisirs sportifs. Bizarrerie de l'orientation, c'est dans une fac spécialisée dans les sciences très pointues, Paris-XI ( Orsay ), qu'on trouve, de façon un peu inattendue, une licence pro de responsable d'équipes et de projets sportifs ouverte à des bac + 2 filière Staps ( activités sportives ). Elle forme des diplômés qu'on retrouvera chez Décathlon ou au Gymnase Club. Les deux tiers se casent en moins de six mois, cependant que d'autres poursuivent, notamment en intégrant le très convoité master « management des événements et loisirs sportifs » que propose la même fac.

EDITION , MULTIMÉDIA : DE BELLES NICHES
Des dizaines de milliers de jeunes rêvent de travailler dans le secteur de l'image et du son. Faute de formations en fac, beaucoup se ruinent dans des petites écoles privées. On trouve pourtant de belles pépites universitaires dans ce secteur. 200 candidats se disputent la vingtaine de places offertes par le master « image et son » de l'université de Brest. Tous les diplômés se casent à la sortie, mais dans un éventail de postes et de salaires très large, certains comme techniciens au smic. Inutile de dire que le master « cinéma, scénario, réalisation, production » de l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne fait un malheur : 150 candidats se disputent 20 places, via une sélection sur dossier, et la moitié de la promo vient même de l'étranger. Tous ces diplômés se casent sans problème. Un master comparable, à l'université de Valenciennes, est plus ouvert : environ 50 places pour 90 candidats. C'est au Mans, à l'université du Maine, que l'on déniche un master « littérature pour la jeunesse » offrant trois parcours ( littérature, enseignement, bibliothèque ) dont 90 % des diplômés se casent en six mois. A Villetaneuse, on trouve un master « commercialisation du livre », très réputé dans le monde de l'édition grâce à son ancienneté : il a commencé en 1992 sous forme d'IUP. Les veinards qui le suivent, une quarantaine, dont la moitié sous statut d'apprentis rémunérés, se casent à 70 % en moins de six mois sur un secteur pourtant difficile. L'université de Toulon ambitionne de compter sur les métiers liés aux TIC. Son master « ingénierie des médias » - en abrégé « ingémédia » - a monté des partenariats avec cinq universités tunisiennes et une brésilienne, et les élèves animent la web-TV de la fac. Les deux tiers se casent dès la fin de leur stage à une moyenne de 2 500 euros brut mensuels. L'université de Lille-II, profitant du voisinage avec les géants de la VPC ( La Redoute, les Trois Suisses ), a créé un master « management et e-commerce » dont 98 % des diplômés se casent en moins de trois mois.

LE BÂTIMENT , VALEUR SÛRE
La filière BTP paraît peut-être moins glamour que le secteur de l'image et de la vidéo, mais elle prévoit 130 000 recrutements d'ici à 2012, dont 30 000 créations d'emplois en 2007. Pas étonnant donc que, sur la centaine de diplômés du master « ingénierie du bâtiment » de l'université de La Rochelle, 80 % se casent dès leur stage. Et toute la promo est au travail trois mois après le diplôme, dans les métiers d'ingénieur d'études, ingénieur de recherche et développement, chargé d'affaires, conducteur de travaux. Confirmation à Rennes-I, où 100 % des titulaires de la licence pro « conducteur de travaux, gestionnaire de la production BTP », sous statut d'alternance, se casent en moins de six mois, la plupart en CDI, à 1 500 euros net mensuels en moyenne. 60 % des stages se transforment en embauche. A la sortie du master « maintenance immobilière et sécurité » d'Angers, la durée moyenne pour se caser est de vingt jours, à 24 000 euros annuels. Quant au master « génie civil » de Bretagne-Sud, 90 % de ses diplômés sont embauchés dès le jour de leur sortie, à plus de 21 000 euros par an.

ENTRE LOCAL ET SOCIAL
Ici aussi l'université a de belles performances. Très couru ( 756 candidats pour 146 places en deuxième année ), le master « urbanisme et territoires » de Paris-XII, à Créteil, compte 107 étudiants étrangers dans sa promo. Grâce à un suivi comparable à celui des grandes écoles ( cellule stage-emploi très active, forum emploi et une association des anciens élèves ), 85 % des diplômés sont casés en moins de six mois, à plus de 2 000 euros brut mensuels. Dans la licence pro « management des organisations de l'économie sociale » de Marne-la-Vallée, le responsable entretient un fichier de prospection de stages et d'emplois de 4 800 noms, et les étudiants peuvent être apprentis rémunérés. Résultat : pas de chômage à la sortie, deux fois plus d'offres de stages que de demandes. Même cas de figure dans le master « droit des entreprises du développement local » de Reims : plus d'offres d'emplois que de diplômés, la plupart des étudiants sont casés avant d'être sortis. Certains comme contractuels dans des collectivités locales, d'autres réussissent les concours de la fonction publique, les autres intègrent des cabinets d'avocats ou des banques travaillant avec les collectivités. Le master « sciences et génie de l'environnement » commun à Paris-VII et Paris-XII est étroitement lié au milieu professionnel. Tous ses étudiants sont sous le statut d'apprentis rémunérés : on alterne trois semaines de cours et trois semaines d'activité sur le terrain. 85 % sont casés en six mois, à un salaire entre 25 000 et 35 000 euros annuels, dans l'audit environnemental, les collectivités locales, les services hygiène et sécurité, etc. Dommage que notre société souvent déchirée ne propose pas plus de postes aux candidats pour l'aide aux personnes. A l'entrée du master « psychologie de l'enfance, de l'adolescence et des institutions » de Paris-XNanterre, 300 étudiants se bousculent pour 24 places. Avec ce petit effectif, plus une pédagogie en alternance, l'insertion est assurée. Idem pour le master « psychologie du travail » de l'université de Nice : 200 candidats pour 25 places. Tous les jeunes ne se passionnent pas pour les problèmes de retraite et de prévoyance. Sauf qu'avec le papy-boom c'est un secteur à fort recrutement. On dégote à Angers une licence pro dont tous les diplômés se casent sans problème à la sortie.

L ' APPEL DU LARGE
A l'IUT de Besançon-Vesoul, on déniche une licence pro de conduite de projets internationaux de codéveloppement, ouverte en 2003, dont la moitié des diplômés commence dans des organismes de solidarité internationale, 30 % poursuivant en master. Un programme similaire est offert à l'Institut catholique de Paris : 70 % des diplômés des trois dernières promotions se sont casés en moins de six mois. Ceux que l'Asie attire trouveront à Poitiers un diplôme universitaire ( DU ) « passerelle Asie », pour des titulaires de masters, qui s'achève par six mois de stage en Asie, en majorité en Chine. La Chine encore : le centre de management franco-chinois de l'université de Nantes propose un master 2 qui dure exceptionnellement deux ans, dont dix-huit mois d'immersion en Chine. Mais on connaît mal le taux d'insertion. Ce n'est pas le cas pour le master « langues et commerce international » de l'université de Tours : une enquête sur 380 diplômés a montré que 56 % s'étaient casés en moins de trois mois, les deux tiers dans des services export de PME. Les spécialistes du marché italien se forment à Lyon-III, où l'on trouve un master « commerce extérieur » dont les deux tiers des diplômés commencent à l'étranger. Le master « affaires internationales et négociation interculturelle » de Nanterre ( 250 candidats pour 25 places ) compte 35 % d'étrangers. Mieux : 73 % d'étrangers dans le master « global e-business » de Lille-I ! Le record du cosmopolitisme est atteint dans le master « affaires internationales sud-méditerranéennes » de l'université de Corse Pasquale-Paoli, où 90 % de l'effectif est étranger, « avec une demande croissante des Chinois » . Les profs invités viennent de tous les pays de l'arc ouestméditerranéen, et 92 % des diplômés se casent en moins d'un an.

LA COMPTA PAIE ...
Les masters « CCA » ( comptabilité contrôle audit ), qui ont pris la suite des DESS « analyse comptable et financière », sont désormais repérés aussi bien par les recruteurs que les candidats. Dans celui de Clermont-Ferrand-I, 90 % de la promotion est embauchée avant même la sortie à des salaires débutants compris entre 30 000 et 40 000 euros annuels. Le master « CCA » de Saint-Etienne est peut-être plus réaliste, en annonçant un niveau de premier salaire de 21 000 euros, avec cette précision : trois ans plus tard, il s'élève en moyenne à 37 000 euros. A Nancy-II, les diplômés de ce cursus commencent à 24 000 euros. Celui de Dauphine admet une soixantaine d'étudiants pour environ 250 candidats. Mais Dauphine propose aussi un master uniquement centré sur l'audit - 150 candidats pour 30 places : 100 % des diplômés sont casés avant la sortie, directement dans les Big Four, les grands cabinets internationaux d'audit, à des salaires de 36 000 à 40 000 euros annuels.

PENSER À L ' INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE
On ne s'appesantira pas ici sur les formations en droit : c'est l'un des secteurs où l'université donne le meilleur d'elle-même, et on n'y dénombre plus les formations pointues à succès. L'intérêt, c'est de dénicher les spécialités convoitées. Un exemple : les diplômés du master « stratégies juridiques et économiques de mise sur le marché des produits de santé » de Bordeaux-II se casent en moyenne en deux mois à 35 000 euros annuels, soit le niveau d'un bon diplômé d'école de commerce. Ceux du master « droit et pratiques des relations du travail » de Paris-II débutent à 30 000 euros. Même salaire pour les « droit de l'entreprise et des affaires » à Montpellier. Un sommet de l'attractivité est atteint avec le master « droits de l'homme et droit humanitaire » de Paris-IIPanthéon-Assas : 453 candidats pour 25 places en master pro et 16 places en master recherche. Mais les données sur l'insertion sont peu précises. Moins glamour mais plus précis côté insertion : la licence pro de rédacteur technique de Limoges prépare à des métiers où la demande est très forte : 90 % des diplômés sont casés en moins de six mois. On en trouve chez Dassault et Airbus, mais beaucoup créent leur agence. Dans un autre domaine, que ceux qui ont échoué à Sciences-Po se consolent. Il existe des alternatives, comme ce master « travail politique et parlementaire » de Nanterre qui case 70 % de sa promotion en six mois, souvent grâce aux conseils des professionnels qui enseignent. 80 % des diplômés du master « études européennes » de Cergy-Pontoise se casent en six mois à un salaire de 1 800 à 2 500 euros mensuels. Le master « management interculturel et affaires internationales » de l'université de Haute-Alsace développe les compétences linguistiques et case la moitié de ses diplômés en trois mois, notamment en Allemagne et en Suisse. Bonne insertion également ( 80 % de CDI ) pour les diplômés pointus du master « intelligence économique et communication stratégique » de Poitiers.

L '
AVENIR SERA BIOTECH
Sur ce créneau, on trouve une myriade de programmes de petite taille ( 20 à 25 étudiants ) mais de très haute qualité. A l'image du master « microbiologie appliquée et génie biologique », commun à Paris-VII et Paris-XI en coopération avec Paris-VI, l'Agro et l'ENVA. Parmi les anciens, on trouve des ingénieurs de recherche à Pasteur ou un manager de la division « aliments » chez Carrefour en Chine. Ou encore le master « génie biomédical » de Nice : 140 candidats pour 15 places. Mais, en la matière, des universités moins renommées ou de création plus récentes cartonnent tout autant. Le master « biotechnologies » de l'université de La Rochelle, qui résulte de la transformation d'un IUP, case tous ses diplômés grâce à son approche pluridisciplinaire science + management et un gros travail de soutien à la recherche de stages et d'emplois. Citons aussi le master « bioinformatique » à Rouen : 60 % de diplômés casés dès la sortie, 98 % en six mois, payés de 25 000 à 30 000 euros brut annuels. Même taux d'insertion pour le master « BioTechCo » de Grenoble-I.



Fanny Weiersmüller, Patrick Fauconnier, Marie Pellefigue, Sa

Le Nouvel Observateur - 2221 - 31/05/2007


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