jeudi 15 octobre 2009

Binôme de David Guetta, le Malouin Fred Rister a « le bon feeling »


Binôme de David Guetta, Frédéric Riesterer, alias Fred Rister, a cosigné le dernier single du roi de la musique électro (« When Love Takes Over », n° 1 au Royaume-Uni) et celui que le duo a « offert » aux Black Eyed Peas (« I Gotta Feeling », n° 1 aux États-Unis depuis seize semaines !). Le Malouin de coeur est la sensation musicale du moment.

Vous avez coproduit « I Gotta Feeling », des Black Eyed Peas, le hit du moment.

« Oui, c'est un carton énorme ! Pour moi, ça ne change rien. Je suis un artisan de la musique, je fais mes petites chansons dans mon studio de la région lilloise. Les tubes, ça n'existe pas. Ce sont les gens qui s'en accaparent. Pour I Gotta Feeling, on travaillait avec David Guetta. Pour son nouvel album, il a reçu un coup de fil de Will I Am (NDLR : le chanteur de Black Eyed Peas). Il a entendu le morceau sur lequel on travaillait et il a hurlé : "Je veux cette chanson !". Elle figure sur le dernier album The E.N.D . Là, elle est n° 1 depuis seize semaines aux États-Unis. Et parallèlement, When Love Takes Over (NDLR : avec Kelly Rowland, au chant, ce titre fait partie du dernier album de David Guetta, One Love, sorti en août), un autre titre écrit avec David est n° 1 en Grande-Bretagne ! Une première pour des Français, on a reçu les félicitations de la SACEM.»

Fred Rister n'est que votre nom professionnel...

« Frédéric Riesterer est mon nom administratif ! Dans les années 70, mon père (NDLR : René, ancien footballeur professionnel dans les années 50) ne voulait pas que je fasse ce métier. Il est un exemple pour moi. Droit, respectueux, à l'écoute des autres. J'ai donc raccourci mon nom, il sonnait mieux, pour mes débuts à la radio. »

Une carrière née à Radio Corsaire...

« Oui, à l'époque j'étais coiffeur, un peu par dépit, après sept années de Beaux-Arts. Mais un vrai métier passionnant. J'ai répondu à une petite annonce et j'y suis entré, comme bénévole. J'animais le 17 h-19 h, avec un hit-parade. J'allais acheter des nouveautés et les auditeurs faisaient leur sélection. J'y ai rencontré des gens extraordinaires, Patrice Swynghedauw, Éric Durand, Jérôme Ryckewaert, Jean-Marc Raschia, Luc Hennebert, Philippe Delporte, Dominique Neyrinck... et j'en oublie ! Que des passionnés, il y avait de la magie dans cette radio. Cinq-six ans plus tard, d'un point de vue pro et technique, des radios n'arrivaient pas à la cheville de Radio Corsaire ! »

Est venu ensuite le succès d'estime de votre groupe, Interdit.

« C'est venu d'un pari avec Patrice Swynghedauw. On n'avait pas une thune, on a contracté des prêts bancaires, on avait écrit une chanson qui s'appelait Tu veux de l'amour, c'est de la mélancolie. On a fini par signer chez Scorpio, j'ai alors cédé les parts que j'avais dans un salon de coiffure à Dunkerque. Ce n'était pas un tube mais on est quand même passé chez Jacques Martin et Christophe Dechavanne ! »

Les années 80 ont vu naître les radios libres, vous avez multiplié les expériences.

« Je suis parti ensuite à Bordeaux, chez Wit FM, avant de revenir à Paris pour Aventure FM qui est devenue Maxximum, la radio dance de RTL.

Une idylle de trois ans avec une radio qui se démarque de la bande FM, au côté d'une vraie bande de copains (Pat Angeli, Eric Madelon, Joachim Garraud...).

Maxximum fusionne avec Metropolis pour devenir M40, je suis débauché par NRJ, deuxième radio à l'époque. Dont j'ai été le premier à démissionner ! Après, j'ai enchaîné diverses radios avant de devenir producteur pour Abyale, puis Anaklein, aujourd'hui devenue ma femme. »

Et vous rencontrez David Guetta...

« Je l'ai rencontré par l'intermédiaire de mon ami Joachim Garraud, qui était son producteur, pour de la prod' sur l'album, en 2006. Et j'écris Love Is Gone, on le retravaille ensemble. Elle est sortie en avril, je ne l'ai appréciée qu'en septembre ! Pourtant ça a été un vrai succès mondial, le vrai lancement de David. Depuis, tout le monde veut son Love Is Gone... Britney Spears, Rhianna, Madonna, etc. ont concacté David pour qu'on leur écrive un titre. Moi, je ne veux pas savoir pour qui on écrit. Je veux continuer à faire mes petites chansons... »

Source Olivier TARTART pour La Voix du Nord