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Le fétichisme du pied à travers l’histoire

 

« Qu’ils sont beaux, tes petits pieds dans les sandales …».

Ces quelques mots sont tirés du « Cantique des Cantiques » dont la paternité est attribuée au roi Salomon (env. 1010 avant notre ère) dans lequel il s’adresse à sa jeune maîtresse et où il décrit en détails la beauté de son jeune corps : c’est le 1er texte érotique de l’histoire.

Mais c’est dans le Kâma-Sûtra indien qu’on décrit plus précisément des pratiques sexuelles qu’on peut qualifier de fétichisme du pied. Cette présence du pied dans le sexe en Inde ancienne prouve que le fétichisme existait déjà bel et bien et était aussi répandue que les autres pratiques sexuelles. Puis le fétichisme du pied est passé à la culture chinoise (Ch chapitre dédié) et de là à la culture japonaise, où parmi les autres habiletés, la geisha devait savoir faire les massages avec les pieds et les orteils et savoir jouer habilement de ses pieds nus (je n’ai pas besoin de vous faire de dessin ?).

En Europe, c’est au Moyen Age, dans des temps d’obscurantisme religieux et d’interdictions morales, alors que les femmes portaient des vêtements longs et que les pauvres chevaliers ne pouvaient voir que leurs souliers, que les pieds féminins sont devenus un des symboles érotiques principaux.

Sous la Renaissance, une fois les tabous moraux du Moyen Age balayés, c’est l’époque de l’essor de l’érotisme et de tout ce qui l’entoure, tant au niveau des pratiques que des comportements associés. De plus, avec les découvertes géographique et les explorations, c’est la riche période des découvertes culturelles – l’Occident a commencé à faire connaissance avec l’Orient.

 Quelques anecdotes :

Au dix-neuvième, Gustave Flaubert, dans sa correspondance privée avec une ancienne prostituée devenue comtesse, se livre à des propos salaces, exprimant sans ambiguïtés ses préférences sexuelles pour le fétichisme des pieds :

« Je me précipite sous la semelle de vos pantoufles, et, tout en les baisant, je répète que je suis…tout à vous »

Plus tard, il lui écrivit :

« Les Turcs, pour honorer leurs maîtres, se posent le front sur leurs pieds. Moi, ce n’est pas pour vous honorer que j’applique mes lèvres sur les vôtres».

Octave Mirbeau, dans Le Journal d’une femme de chambre (sujet éminemment actuel !) met en scène un vieillard maniaque et fétichiste qui énerve Célestine, laquelle le consigne dans son journal.