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Education 2013-03-22

L'intégration du tamazight domine le débat sur l'éducation au Maroc

Par Siham Ali à Rabat pour Magharebia – 22/03/12

Les membres du parlement marocain ont convoqué le ministre de l'Education pour répondre à des questions portant sur l'intégration dans les programmes de l'enseignement du tamazight , sur le secteur privé et la violence dans les établissements scolaires.

En ce qui concerne l'apprentissage du tamazight, la députée de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) Rachida Benmasoud a rappelé, au cours de cette session du 6 mars, que le tamazight était désormais une langue officielle, aux termes de la constitution.

Mais la généralisation de son enseignement a toutefois subi des retards, malgré les programmes conçus par le gouvernement.

Selon elle, il est nécessaire de procéder à une analyse objective de la situation et de mettre en œuvre les moyens nécessaires afin de promouvoir cet enseignement.

Le ministre de l'Education Mohamed El Ouafa s'est montré confiant, estimant que le choix de la généralisation du tamazight dans les écoles était irréversible et avait été fixé par la constitution.

Le ministère s’est fixé cette année comme objectif d’atteindre le chiffre d’un million d’élèves dans les cours de tamazight, deux fois plus qu'en 2012. El Ouafa a également noté que 5 000 enseignants avaient été formés.

Mais cet enseignement est quasiment absent dans les écoles privées. Le ministère projette donc de mettre en place une loi instaurant l’obligation de l’enseignement du tamazight dans ces établissements.

La sociologue Samira Kassimi estime que pour pouvoir généraliser cet enseignement, il faudrait alléger les programmes.

"Aujourd’hui, trop de matières sont au programme, que ce soit en primaire ou en secondaire", dit-elle.

Les critiques parlementaires envers les écoles privées ont été nombreuses.

"L’enseignement privé, qui est devenu un pôle complémentaire de l’enseignement public, connaît plusieurs problématiques", a expliqué le député Mohamed Hanine.

La qualité de l’enseignement dans certains établissements privés laisse à désirer et ces écoles deviennent parfois "un marché commercial", a-t-il ajouté.

"Il ne faut pas généraliser. Plusieurs écoles privées ont prouvé leur efficacité. Malgré les problèmes, les parents préfèrent scolariser leurs enfants dans le privé car ils ne font pas confiance à l’école publique", a-t-il cependant précisé, appelant le ministère à accorder une plus grande attention à ce secteur.

Le ministre a reconnu que l’enseignement privé connaît des problèmes, notamment la faiblesse dans le domaine de la formation des ressources humaines. Il a annoncé un projet de formation de 7 000 enseignants dans le privé pour pallier cette problématique.

El Ouafa a expliqué que le rôle des établissements privés est de la plus haute importance et que le gouvernement le suit de près.

Othmane Faridi a inscrit ses deux enfants dans le privé. "Je paie 3 000 dirhams par mois pour la scolarisation de mes enfants dans une école privée, soit près de la moitié de mon salaire. Mais je n’ai pas le choix car l’école publique peine à se développer", explique-t-il.

Il estime que l’école publique a une mauvaise réputation au niveau de la qualité de l’enseignement et qu'elle souffre aussi de la violence en milieu scolaire.

"L’école est censée éduquer et sauver les jeunes des gouffres de la délinquance. Mais on remarque que la violence sévit en milieu scolaire. Il faut une mobilisation pour stopper cette hémorragie", a commenté la députée Bouchra Berijal.

El Ouafa a signalé que des efforts considérables avaient été consentis en la matière, notamment la conclusion d’un partenariat avec la sûreté nationale dans les villes et la Gendarmerie royale en milieu rural. Leurs agents seront responsables de la protection des écoles et de leurs alentours.

Des centres d’écoute ont été mis en place dans les établissements scolaires pour prévenir la violence, a-t-il ajouté, reconnaissant toutefois que le travail de ces centres reste insuffisant en raison du manque de spécialistes en psychologie et de travailleurs sociaux.

Ces centres ne suffiront pas, car les élèves doivent être encadrés par des spécialistes, estime Kassimi.

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