jeunes tibétains

1 – Quelques Repères Géographiques.

2 – Quelques Repères Historiques.

3 - La position du Tibet dans la République Populaire de Chine et le Problème des Droits de l’Etre Humain: (2/3)

4 – La position d’Amnesty International (3/3)

1 – Quelques Repères Géographiques.

Le TIBET ou XIZANG est un pays situé aux confins de la chaîne de l’Himalaya, et dans l’Ouest de la CHINE. Ses autres pays limitrophes sont l’INDE, le NEPAL et le BHOUTAN. Il faut d’ores et déjà différencier ce TIBET historique, peuplé de 6 millions d’habitants et le TIBET tel qu’il existe aujourd’hui au travers du découpage chinois et de la " région autonome du TIBET " décrétée par la CHINE en 1965, et peuplé de 2,3 millions de tibétains. Cette région autonome représente le tiers de la superficie du TIBET historique. Les autres territoires ont été intégrés à l’Ouest de deux provinces chinoises : le QINGHAI et le SICHUAN, qui correspondent aux régions tibétaines du KHAM et de l’AMDO. La superficie de la région autonome est de 1 228 600 km2, principalement des zones montagneuses et des hautes plaines. La capitale est LHASSA.

La religion pratiquée est le bouddhisme tibétain, un des trois courants de la religion bouddhiste.

Jusqu’à l’invasion par l’armée chinoise, le TIBET possédait un système politique organisée autour du DALAÏ-LAMA et de son cabinet. Les chinois qualifieront ce système de " féodal ".

L’économie du pays était et demeure basée sur l’agriculture de subsistance, mais le tourisme est un débouché en plein développement à l’heure actuelle (40 000 visiteurs en 1987). Les tibétains cultivent l’orge, élèvent des chèvres et des yacks. Depuis l’arrivée des premiers colons chinois, de nombreuses activités plus " industrielles " ont été développées, comme une très large exploitation des forêts de l’Est du territoire et des fermes d’état se sont installées dans les zones les plus fertiles, repoussant ainsi les agriculteurs tibétains installés précédemment. En 1949, ces forêts couvraient 10 % du territoire ; en 1985, 50 % avaient été détruits, au profit de routes forestières facilitant leur exploitation sauvage, et certains avancent aujourd’hui le chiffre de 95 % de la forêt détruite sans gestion raisonnée de ce patrimoine écologique.

L’écologie devient ainsi un des problèmes majeurs du Tibet depuis le début de l’administration chinoise, une grande partie de la faune et de la flore ayant été détruite, et la désertification menace certaines régions du territoire. La Chine utilise également de plus en plus les vastes territoires tibétains comme zone d’enfouissement de déchets nucléaires, avec le risque de pollution des nappes phréatiques et des sources De plus, la Chine a des projets d’exploitation hydraulique (création de la plus grande centrale hydraulique au monde sur le cours du Yang-Tsé-Kiang, qui prend sa source au Tibet, de barrages sur plusieurs autres fleuves). Cela pourrait engendrer une modification notoire des zones d’irrigation plus en aval, non seulement au Tibet, mais aussi en Chine, en Inde au Laos et au Bangladesh car de nombreux fleuves irriguant le sous-continent sino-indien prennent leur source sur les hauts plateaux de l’Himalaya tibétain. Les inondations (comme celles dues au Yang-Tsé-Kiang en 1998 qui ont entraîné la mort de quelques 10000 personnes en Chine et touchées 250 millions d’habitants) pourraient ainsi se généraliser et entraîner de nouveau des milliers de morts comme cela a déjà été le cas. On parle aujourd’hui plus que jamais d’un nouveau pas dans la colonisation chinoise, et donc de choix économiques déterminants pour le Tibet : aide financière à l’installation massive e familles chinoises, d’une voie de chemin de fer de la Chine vers le Tibet pour faciliter le déplacement de ces familles. On parle également de l ‘exploitation de gisements pétrolifères et gaziers dans l’Himalaya qui ont été découverts dernièrement pour lesquels de nombreuses sociétés occidentales (BP-Amoco, Shell, Petrofina,…) ont investi auprès de PETROCHINA, et cela entraînera la construction d’un pipe-line qui traversera une grande partie du Tibet et de la Chine. Il va sans dire que de tels travaux pourraient très bien faire appel à la main d’œuvre gratuite des camps de rééducation par le travail, comme c’est déjà le cas. On peut craindre que de tels investissements aient de graves répercussions pour la population tibétaine. En effet, de nombreuses réserves d’eau et de nourriture existent dans ces régions, notamment la région du bassin de TSAÏDAM, au Nord-Est du Tibet, exploitées notamment par des populations nomades d’origine tibétaines ou mongoles. Certains projets d’implantation de colons chinois ont cependant été annulés, du fait que leur financement se faisait avec l’appui d’organisations financières mondiales comme la Banque Mondiale ou de subventions de la Communauté Européenne. Ayant vent de l’utilisation de ces fonds, ces organismes ont préféré se retirer jusqu’à ce jour sous les pressions internationales.

2 – Quelques Repères Historiques.

Le TIBET est un royaume ancien remontant au VIIème siècle, sous le règne de Songsen Gampo. Au XIIIème siècle, le lamaïsme se développe sous l’impulsion du grand mongol KUBILAY KHAN, qui après sa conversion, l’impose à tout son empire, le plus vaste partie du continent asiatique, y compris la Chine. Après la chute de l’empire mongol, le Tibet retrouve son indépendance et tisse de nombreux liens avec la CHINE des MING, bien que celle-ci considère déjà les visites des lamas tibétains comme celles de simples vassaux de l’Empire. Le 1er Dalaï-Lama, Geddun Trupa (1391-1475) règne sur le pays.

L’histoire tibétaine contemporaine (depuis le début du XXème siècle) a toujours été étroitement liée à la Chine. Après l’invasion par l’Angleterre en 1904, les chinois prennent en effet le relais en 1910. Mais pendant la Révolution Chinoise de 1912, le Tibet reprend son indépendance. Tenzin Gyatso naît, qui naît le 6 juillet 1935, sera reconnu 14ème réincarnation du Dalaï-Lama en 1938.

Cependant, depuis le basculement de la Chine dans le communisme, les événements vont se bousculer de manière dramatique, avec tout d’abord l’entrée des troupes chinoises de Mao-Tsé-Toung au Tibet le 7 octobre 1950 par la région du CHAMDO (SICHUAN aujourd’hui). L’armée tibétaine constituée de 5000 soldats pauvrement armés ne pouvant rivaliser avec l’armée chinoise, le gouvernement tibétain du Dalaï-Lama ne put qu’engager des négociations avec Pékin en envoyant des émissaires. Le soutien tant espéré de la communauté internationale n’arriva jamais, poussant le Dalaï-Lama à la retraite dans un monastère aux confins de l’Inde. Seule face à la Chine de Mao, une petite délégation d’émissaires tibétains n’eut d’autre recours que de signer le 23 mai 1951 un " accord en 17 points " par lequel le Tibet abandonnait sa souveraineté aux chinois, pour lesquels le Tibet était une partie intégrante de la Chine. Cet accord garantissait notamment le maintien des droits spirituels du Dalaï-Lama, le respect de la religion et des monastères. Le Dalaï-Lama ayant refusé de signer cet accord, il s’ensuivit 9 années de cohabitation difficile , où le peuple tibétain conserva toute sa détermination, et principalement les religieux , face à la chape de plomb que commençait à faire peser les autorités chinoises.

Les premières actions de guérilla sont organisées en 1956 dans les zones rurales du Tibet aujourd’hui annexées aux régions chinoises du Sichuan et du Qinghai, et sont réprimés de manière violente, ce qui force les populations à rejoindre la partie occidentale du Tibet, et notamment LHASSA. Ils font écho de la destruction de monastères et du massacre de lamas et de moines. Ces témoignages pousseront des dizaines de milliers de personnes au soulèvement du 10 mars 1959, réclamant l’indépendance du Tibet dans les rues de LHASSA, révolte qui sera matée au bout de 3 jours et dans le sang par les troupes chinoises (les autorités chinoises parlent officiellement de 10000 morts et de 87000 dans l’ensemble du Tibet central, chiffres vraisemblablement en deçà de la réalité). Ces évènements entraînèrent l’exil du Dalaï-Lama et de son gouvernement vers l’Inde, accompagné de quelques 80000 personnes, où il crée le gouvernement tibétain en exil à Dharamsala. Ce gouvernement, jamais reconnu officiellement par la communauté internationale, représente néanmoins pour les tibétains de l’intérieur le seul gouvernement de leur pays. Cette ville deviendra le refuge de tous les tibétains exilés et le symbole du refus de l’annexion du Tibet par la Chine. Encore aujourd’hui, il ne se passe pas un jour sans que les camps de réfugiés de DHARAMSALA n’accueillent de nouveaux réfugiés du Tibet, 3000 ayant rejoint l’Inde pour la seule année 2000.

En 1965, les autorités chinoises créent le statut de la région autonome du Tibet, avec un gouvernement spécifique mais la révolution culturelle de mai 1966 lancée par MAO mettra fin à une certaine normalisation développée alors.

En septembre et octobre1987 puis en mars 1989, de graves émeutes replongeront le Tibet dans le drame, avec une vaste vague d’arrestations et de reprise en main par le pouvoir central (13 morts en 1987 et plusieurs centaines en 1989, officiellement) et la Chine instaurera la loi martiale le 8 mars 1989. Elle sera levée un an plus tard, le 1er mai 1990.

En octobre 1989, le Dalaï-Lama recevra le Prix Nobel de la Paix, et en 1994, la Chine met en place un gouvernement " autonome ".

Dernièrement, en novembre 1996, la Chine s’opposera à nouveau au Dalaï-Lama en nommant elle-même un nouveau Panchen-Lama, décédé en janvier 1989, malgré que le Dalaï-Lama en ait déjà reconnu auparavant.

De nombreuses associations et autorités estiment à ce jour à 1,2 millions le nombre de victimes tibétaines, pour un peuple estimé aujourd’hui à 6 millions d’habitants, ce qui peut être apparenté à un véritable génocide.

Suite de la Présentation (La position du Tibet dans la République Populaire de Chine et le Problème des Droits de l’Etre Humain) et fin de la Présentation (La Position d’Amnesty International et la situation des droits de l’Etre Humain en Chine )
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