Interview]

Marduk

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22/01/2003 - phoner

Si un groupe a marqué et marque de son empreinte la scène black métal et le métal extrême en général, c’est bien Marduk. Ne reculant devant aucun compromis et restant fidèle à une ligne musicale très stricte, le combo a imposé sa puissance grâce à des albums en béton armé et des tournées intensives. C’est à l’occasion de la sortie du nouvel album « World Funeral » que nous avons pu nous entretenir avec le guitariste Morgan Steinmeyer Håkansson, pour une interview à 200 à l’heure, la promo n’étant pas la chose préférée de Marduk.

Photo de Marduk

-ObsküR[e]: « Panzerdivision » avait marqué les esprits par son aspect très intense et rouleau-compresseur. Depuis, on sent que vous êtes plus libre avec les tempos, vous autorisant des chansons plus lourdes.

- Morgan:A l’époque, nous avions souhaité faire de « Panzerdivision » un album ultime, très compact, quelque chose de rare et qui t’arrache la tête.

-Doit-on donc considérer « Panzerdivision » comme un album à part dans votre discographie ?

-Pas du tout. Nous ne planifions rien lorsque nous composons, nous ne nous asseyons pas en suivant une ligne directrice. A l’époque, il nous est apparu naturel de faire un album intense. Maintenant, notre état d’esprit est différent et donc « World Funeral » est différent.

Photo de Marduk

-Pensez-vous qu’on puisse comparer votre évolution à celle d’Immortal, car ce groupe est passé d’album très rapides à une musique plus lourde, avec plus d’atmosphères pesantes ?

-Non, je ne pense pas qu’on puisse nous comparer à Immortal. Nous jouons plus vite, de façon plus intense, sans concession. Sur «World Funeral », certains titres sont encore ultra-rapides et devastateurs. Nous n’avons donc pas dévié de ce que sait faire Marduk.

-On trouve toutefois des titres plus pesants qu’à l’accoutumée.

-Peut-être, mais l’essentiel de « World Funeral » reste très agressif, le titre « World Funeral » lui-même fait partie de nos chansons les plus directes.

-Quelle est votre approche par rapport au travail en studio ? Vous basez-vous sur votre expérience de l’enregistrement ou bien remettez-vous en question vos connaissances à chaque nouvel album ?

-Nous avons enregistré et mixé l’album en neuf jours, mais globalement il nous a fallu un mois de travail : deux semaines pour mettre à plat toutes les structures finales, un petit break pour se vider la tête et encore deux semaines pour enregistrer et mixer. Nous avons voulu conserver ce son typique qui fait que Marduk est tout de suite reconnaissable, cette puissance qui se dégage de nos titres. Pour nous, ce processus doit être rapide pour ne pas perdre cette énergie, car le temps la dilue. On retrouve sur cet album ces blasts de batterie qui te prennent aux tripes et les guitares rageuses, ce qui fait notre son propre.

-Pour un groupe comme le votre, considérez-vous un mois comme suffisant pour enregistrer ou au contraire trop court ?

-C’est largement assez pour nous. Nous étions très relax, nous n’avons pas eu de pression comme parfois. Nous avons ainsi pu travailler sur chaque petit détail et faire en sorte que l’album soit parfait.

-Une chanson a pour titre « The Night of the Long Knives ». Est-ce un parallèle à l’aspect historique de cette « Nuit des longs couteaux » ou plutôt une utilisation de cette expression dans son contexte actuel, utilisés lors de règlements de compte ?

-Ce n’est pas à proprement parler une référence à l’épisode de l’Histoire Allemande, en 1933. C’est plutôt une métaphore sur la façon dont on se débarrasse des éléments gênants, tuer quelqu’un pour garder sa liberté d’action. Je ne sais pas si tu as vu le film « Elisabeth », mais dans la bande-son il y a un titre qui s’intitule aussi « Night of the long Knives » et ce titre met en relief une scène de meurtre. C’est un peu la même idée. De toute façon, tu pourras voir précisément de quoi il retourne lorsque tu auras les paroles de la chanson.

-Récemment en France, une chaîne de télévision française a diffusé un reportage sur la mouvance black-métal et sa soi-disant affiliation avec le satanisme.

-J’en ai entendu parler oui. Il y a tellement de conneries à la télé�'

-Tu étais interviewé dans ce reportage et tu as bien insisté sur le fait que tu ne voulais pas dire aux gens quoi penser, mais plutôt de les encourager à penser par eux-mêmes. Comment perçois-tu le fait d’être obligé de te justifier encore et encore ceci face aux journalistes ?

-mmm�'c’est lassant mais on ne peut pas faire autrement�'On évite toutefois au maximum la télévision car ils peuvent te faire dire n’importe quoi en coupant et montant les interviews comme bon leur semble. J’essaie donc d’avoir des propos directs qu’on ne puisse pas mal interpréter.

-Sur un plan personnel, ressens-tu l’esprit du black-metal plus au niveau musical ou au niveau philosophique ?

-Les deux sont sur le même pied d’égalité pour moi. Je ne peux pas dissocier la musique des textes, c’est une combinaison inaliénable.

Photo de Marduk

-Votre line-up s’est stabilisé depuis 1996. Est-ce que cela vous a aidé à progresser plus vite ? Quelles sont les relations entre les membres du groupe ?

-On a quand même changé le batteur depuis ! Je suis le seul membre originel du groupe, et à ce titre je suis le leader, c’est clair. Par contre il n’y a quasiment jamais de problème puisque nous sommes tout à fait libre de discuter et d’exposer nos points de vue. Tous les avis sont pris en compte car nous partageons tous la même motivation, et nous avons le même but.

-En tant que leader de Marduk, comment appréhendes-tu tes journées de travail ?

-Avec mon label, le groupe et tout le reste, c’est un boulot à plein temps, même plus. Je trouve cela bien moins paisible qu’un emploi « normal » car tu dois en permanence gérer tous les problèmes, et il y en a beaucoup plus, à mon sens, que dans un emploi classique.

-Beaucoup de groupes qui ont un nombre d’années d’existence similaire au votre tendent à diminuer la fréquence de leurs tournées pour rester plus longtemps avec leur famille. Est-ce que Marduk va se retrouver dans cette situation ?

-Pas du tout ! Il faut connaître ses priorités. Je ne laisserai jamais rien entraver notre progression. Il faut faire des choix.

-A quoi doit-on s’attendre pour la tournée à venir, aussi bien d’un point de vue visuel que sonore ?

-Je ne peux pas trop te dire car nous n’avons pas encore commencé à répéter. J’ai des idées mais rien de précis n’est défini, je commencerai à la fin de cette tournée promo. Tout ce que je peux te dire, c’est que ce sera terrible ! A priori, on aura Immolation en support.

-Quels sont vos projets immédiats ?

- J’en ai beaucoup ! Le label est une grosse part de mon temps, il faut que je cherche des distributions actives un peu partout, j’ai des groupes à produire mais je ne peux pas t’en parler car rien n’est certain à 100% à l’heure actuelle. Ce label me permet de garder une liberté artistique totale, ce qui est vraiment très important.

-Le mot de la fin pour les fans français ?

-Merci à tous pour votre support très actif et à très bientôt sur la route !


Nikö

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