Pénières
Château à Cros-de-Montvert
 

La splendeur perdue
du plus grand château du Cantal

Réalisé par
 Laurent Faubladier

 

Vue depuis l'étang



Sous la neige


 

RECONSTITUTIONS 3D

Depuis le portail



Vue de la Terrasse

Vue arrière



L'incendie de 1807



Journée Noailles
26 novembre 2011



Litre funéraire du maréchal
Anne-Jules de Noailles 1708

Blason des Noailles

Liens

La Famille de Noailles

Galerie de photos

La chasse aux ancêtres
 

 

Q

ui visite Pénières aujourd’hui a bien du mal à imaginer que les quelques vestiges que l'on y voit sont tout ce qu'il reste de ce qui fut  probablement le plus vaste château de la Haute-Auvergne. En 1408 Rigaud de Carbonnières avait donné les rentes qu'il possédait sur Cros et Pénières à son parent Bernard de Montal, mon ancêtre à la 20e génération ! D'abord propriété du baron Alain de Carbonnières, Pénières ainsi que Merle et Carbonnières passent à la famille de Gontaud-Biron en 1509.

Une famille à Pénières : les Noailles

A

ntoine de Noailles, ambassadeur de Charles IX à Londres, avait acheté la baronnie avec les droits sur Merle et Carbonnières en 1561 à la famille de Gontaud-Biron pour 250000 livres. Le château fortifié en 1575 au temps de la Ligue occupait une belle situation, surplombant l'étang en contrebas des Galeries. Pénières deviendra pour les Noailles jusqu'au XVIIIème siècle une prestigieuse résidence en particulier appréciée d'Henri de Noailles (1554-1623), bailli des montagnes d'Auvergne. Plusieurs membres de la famille y établirent leur résidence : Son fils Charles, né le 25 juillet 1589 à Pénières, fut évêque de Saint-Flour puis de Rodez. Il y fit de très fréquents séjours durant son épiscopat sanflorain tout comme son frère François, lieutenant général du haut pays d'Auvergne et ambassadeur de Louis XIII après du pape à Rome. Jean-Baptiste de Noailles, bâtard d'Henri, abbé de Valette, une abbaye de Corrèze, résidait à Pénières et y mourut le 6 janvier 1673 (il est enterré à Rouffiac). Anet de Noailles, autre bâtard, lui succède à la tête de l'abbaye de Valette et meurt également à Pénières en 1709. Louis-Antoine, fils du premier duc de Noailles et de Louise Boyer, naquit au château en 1651, un an après son frère le futur maréchal Anne-Jules de Noailles. Evêque de Cahors en 1679 puis de Chalon-sur-Saône en 1680, Louis XIV le préfère à Bossuet et Fénelon pour être archevêque de Paris en 1695. Cinq ans plus tard il devient cardinal et le restera jusqu'à sa mort en 1729 malgré l'affaire avec les jansénistes qui faillit lui faire perdre son titre d'archevêque et de cardinal. Le neveu du cardinal, Adrien Maurice, duc de Noailles et maréchal de France, exilé de la Cour vient s'établir à Pénières en 1722 et 1723 puis y fit un séjour dans les années 1750. Son petit-fils, Paul-Louis de Noailles, 1739-1824, en hérita en 1766 lorsque son père devint 4duc de Noailles. Ce fut le dernier propriétaire de Pénières, il était le beau-père du marquis de Lafayette, héros de l'indépendance américaine. Il échappa à la guillotine pendant les journées troubles de septembre 1792, une chance que n'eurent pas sa mère, son épouse, sa fille et nombre de ses parents. Sept générations de Noailles se sont succédées à Pénières de 1561 à 1791, année où  tout le domaine est saisi puis vendu comme bien national.

Ce lieu où la gloire fit halte

On ne sait rien de l'aspect d'origine du château si ce n'est qu'il fut agrandi de deux tours lors de sa fortification. En juin 1574, un grand rassemblement de troupes catholiques, deux milles hommes d'armes, cinq cents chevaux ainsi qu'une vingtaine de canons sont à Pénières afin d'aller libérer les villes voisines de Mauriac et Pleaux, envahies et pillées par les huguenots. Le 5 février 1576, le procureur d'office de Pénières écrit à M. de Noailles et l'avertit "de la prise de la Pachevie (petit château distant de 3 à 4 km) par quelques gens de la Religion qui s'en sont emparés et parce que cette maison est fort près du château de Peynières qui est de grande garde et où il a fort petite garnison et l'on craint quelque désastre. L'on gardera que les soldats ne sortent de Peignières pour lever la contribution qu'ils prennent sur les paysans, on redoute qu'on ne suborne quelque sentinelle pour consentir à une surprise ou une trahison. Il prie mon dit Seigneur d'y faire mettre les soldats pour renforcer la garnison du dit château". L'année suivante les paysans de Pénières refusent de contribuer au financement des garnissons disant que "leurs reconnaissances ne les obligent pas à faire sentinelle la nuit ny le jour." 

Si les chasses à courre dans la grande forêt de Mouix toute proche ou les brillantes réceptions organisées par les Noailles ne sont plus qu'un lointain souvenir, Pénières, à son apogée au XVIIème siècle, comptait 12 tours et clochetons et plusieurs corps de bâtiments comme le montre l'aquarelle représentant la façade ouest du château-neuf. Son embellissement fut certainement ordonné par Charles de Noailles, alors évêque de Saint-Flour, qui y séjournait fréquemment quand il n'était pas à Paris auprès de son frère c'est à dire du Roi. On trouvait la chapelle dont il subsiste une grosse tour ronde avec une pièce voûtée aujourd'hui attenante à un corps de ferme. Son bénitier en marbre rouge se trouve désormais dans l'église de Cros-de-Montvert. Jouxtant la chapelle, le château vieux ou les Galeries était constitué d’écuries voûtées toujours visibles et au dessus desquelles on trouvait les logements des sous-fermiers de Pénières (un pour le grand domaine de Pénières et un pour le domaine du parc). N'en reste qu'une tour bien restaurée, la tour de la cloche, dans laquelle on peut voir un bel escalier à vis – A l’extrémité du château vieux se dressait la tour de Montvert. Dans l'inventaire de 1758 elle est décrite comme étant en mauvais état, on devine aujourd'hui son emplacement carré au sol. Ensuite venaient les cuisines, les communs et enfin la tour du pont-levis, à deux étages et dont la chambre du rez-de-chaussée, côté cour, communiquait par les offices avec les autres pièces (une grande cuisine avec cabinet attenant – une autre grande salle avec également un cabinet attenant – deux offices à quatre fenêtres dont une donnant au nord – des caves voûtées). Au 2d étage de la tour du pont-levis, un cabinet à trois fenêtres communiquait avec les greniers du château neuf, long bâtiment à un étage et quatre tours composé de quatorze pièces en rez-de-chaussée et de dix au premier, il faisait face au château vieux dont il était séparé par la terrasse. A l’étage se trouvaient une série de pièces dont on retrouve le nom dans les divers inventaires : la chambre de Madame, la chambre ducale, la chambre de la menuiserie ou encore la chambre des matelas, plusieurs salons, chambres et cabinets ainsi qu’une grande pièce appelée le garde-meuble. Ces appartements répartis entre le rez-de-chaussée et l’étage étaient encore occupés en 1794 par l'ancien personnel du château. Enfin, perpendiculaire au château neuf et orienté au sud on trouvait le pavillon, bâtiment de onze pièces sur trois étages - trois chambres à l'étage, une chambre haute ainsi que quatre pièces en rez-de-chaussée (deux donnant sur la cour et deux sur le jardin), de plein pied avec la prison qui comptait quatre cellules. A proximité se situait la salle du Trésor ! Le château avait quatre portes d’entrée, une cinquantaine de pièces et plus de trente fenêtres à l’étage ce qui en faisait sans contexte l'un des plus vastes châteaux de la Haute-Auvergne.

Dans ses mémoires en 1722, le maréchal de Villars évoque brièvement le château à propos de la querelle janséniste qui agite alors le royaume : "Je m'offris même de porter la parole pour demander un séjour moins affreux que le château de Pénières que le Duc de Noailles avait trouvé tombé et dans lequel on ne pouvait avoir pain, vin, ni viande qu'en les faisant apporter d'Aurillac, petite ville à cinq lieues de ce château ruiné". On ne saurait faire moins flatteur mais c'est pourtant à Pénières que le duc et la duchesse de Noailles s'installent durant leur exil de la cour cette même année, ils y reviendront même en 1750 une dernière fois.

Un mémoire rédigé en 1738-1739 par Etienne Baudon à la demande du maréchal Adrien-Maurice décrit Pénières en ces termes "Pénières est un château important constitué d'un ancien bâtiment flanqué de plusieurs tours rondes, avec un petit étang au pied et un grand parc bordé de belles allées", l'auteur insiste sur les forêts considérables qui prolongent Pénières, les forêts des Estourots, de Mouix et de Lasbordes, représentant plusieurs centaines d'hectares.

L'inventaire des archives de Pénières donne quelques détails sur les plantations en juillet 1765 : "les allées de Pénières avaient été replantées partie en 1762 et partie en 1763 et 1764. Comme aussi avaient été plantés en 1762 et 1763 les châtaigniers du Plantadis ainsi que ceux d'Antine. Les pentes du calvaire avaient été plantées en arbres châtaigniers, ainsi que l'allée autour, en 1763 et 1764. Tous les arbres châtaigniers du tour du pré, derrière et au dessous du Plantadis, en 1764 et ceux du Puech de Laguille en 1765. Et que tous ces arbres plantés nouvellement ou antés vont à près de 2300 pieds. La croix du portail a été plantée en 1762, la croix au Calvaire en 1764. Il faut observer que le Plantadis est une pépinière d'arbres de chênes et châtaigniers qui furent semés en 1740 dans le parc."

Lors de la confiscation en 1791 la grande allée et ses noyers échapperont à la vente et seront déclarés biens communaux. Elle deviendra la route reliant le bourg de Cros-de-Montvert au village du Monteil et conserve encore aujourd'hui ce nom rappelant son ancienne destination. La grande forêt de Mouix, attenante au domaine, sera également vendue alors que sa superficie dépassait de loin les 100 hectares. Un inventaire de 1783 estime la superficie de la forêt de Pénières à 3300 arpents soit près de 1650 hectares !

D'après le plan du XVIIe siècle, le château était entouré de jardins probablement renaissance qui constituaient le domaine du Parc. On y trouvait une grande écurie, le canal ainsi qu'en bordure de l'étang le moulin et sa grange qui ont aujourd'hui disparu. Le pré appelé « pré Lafon » sous les galeries et la terrasse, était fermé de murailles descendant jusqu'à l'étang. La basse-cour comprenait 50 arbres fruitiers et était également entourée de murailles tout comme le grand potager qui comprenait 87 arbres (fruitiers et autres) ainsi que 10 gros tilleuls. Entre la grande allée de noyers qui menait au château et le château neuf on trouvait le Parterre, ceint de murs. Près de 3 siècles plus tard, ces murailles ainsi que le mur soutenant la sous-terrasse sont encore en partie visibles quoique très abîmés. Les terres situées à gauche de la grande allée formaient le Grand Domaine.

L’inventaire du mobilier de 1748, conservé aux Archives Nationales à Paris (série T 193-51 et suivants - Papiers du duc d’Ayen sur de la baronnie de Pénières) mentionne 48 pièces de tapisserie dont 6 tapisseries des Gobelins, 5 tapisseries de Felletin et 4 grands tapis de Turquie, une berline (carrosse) à l’intérieur recouvert de velours cramoisy et entreposée dans une remise sous le Pavillon (vendue en 1767 à M. de Sarret de Fabrègues), une chaise à porteur, de la vaisselle armoriée aux armes de la famille de Noailles. Le château n'étant plus habité par ses propriétaires, la presque totalité des objets de valeur fut envoyée à Paris vers 1772. Outre diverses pièces de mobilier en grande quantité (fauteuils, tables, guéridons et armoires), on trouve de manière plus amusante plus de 100 matelas, 390 serviettes de tables et plus de 100 nappes, 15 boulets de canon, des fers de prisonniers et une table de billard américain avec ses boules en ivoire. Dans un mémoire de 1754, on parle de réparations nécessaires à un escalier descendant d'un salon sur le parterre, au pavillon du garde suisse près de la grille d'entrée du château, dans l'appartement de monsieur le duc, à la toiture des galeries près de la chapelle ainsi que de "rebâtir un trou fait à la voûte par lequel on jetait au dessous le foin aux bestiaux nécessaires à cette métairie et qui y ont leur étable". Les réparations semblent avoir été faites puisque le trou de la voûte des écuries existe toujours. La légende dit enfin qu'un souterrain reliait le château aux Tours de Merle distantes d'une dizaine de kilomètres mais personne ne l'a encore été trouvé !

Toute une foule de serviteurs habitaient les appartements du château, on trouvait entre autres un fauconnier (Antoine Borie en 1645), des maitres jardiniers (Pierre Imbert, Jean Pérignon et Jean Boné vers 1650), un garde maison (Jean Couderq), un garde forestier, une concierge (Françoise Teret en 1794), le feudiste et notaire royal (Antoine Gaston et son épouse Jeanne Brajou), le fermier général et les sous-fermiers. Anthoine Laumon était fermier général de la baronnie en 1722. A sa mort en 1735, sa veuve Anne Faurie épouse son successeur Marc-Anthoine Ferluc ! Antoine Laumon, fils du fermier général et d'Anne Faurie, leur succèdera puis en 1758 Jean Cabanes, notaire et juge (bail dans les archives Noailles). Il sera remplacé par Jean Pénières-Delzors, père du conventionnel Jean-Augustin Pénières-Delzors (bail fait à Paris le 6 août 1776 devant Mtre Brichard). François Faucond, avocat en parlement et intendant du duc d'Ayen, résidant à l'hôtel de Noailles à Paris, se marie dans la chapelle du château en 1759 avec Jeanne Sageaux Delavergne. En 1794 Jean Malemaison était sous-fermier du domaine du parc, Antoine Lacan, sous-fermier du grand domaine.  Antoine Cassan était meunier au moulin de l’étang, le couple Jean Curières et Marie Brajou occupait une auberge située aux Estourots dépendant également de la baronnie. A l'aube de la révolution, le domaine semblait malgré tout en assez mauvais état, n’étant plus habité de façon régulière que par les serviteurs qui n'avaient pas nécessairement les moyens suffisants à l'entretien du domaine.

Vente du château et de ses dépendances

P

aul-Louis de Noailles ayant émigré en 1791, le château et ses dépendances, le grand domaine de Pénières, le domaine du Parc, le domaine de Lasbordes, le domaine et la grande forêt de Mouix furent confisqués comme bien national. Tous les biens furent inventoriés (Immeubles, meubles, outils et bétails AD15-1Q978/2), le mobilier fut d'abord vendu en novembre 1794 (du 26 au 30 brumaire an III), par Antoine Bordes, commissaire du district d’Aurillac. La vente produisit la somme de 11289 livres. Fin décembre (5 nivôse an III) le domaine du Parc de Pénières (château vieux, terrains et jardins alentours) fut vendu pour plus de 17500 livres.

La vente du château neuf et de ses dépendances intervint à Aurillac fin janvier 1795 (5 pluviôse an III). Estimés 14690 livres, le tout fut vendu en dernière enchère à 25000 livres. Retrouvées dans l'inventaire des biens de l'église de Cros-de-Montvert en 1791 "3 girouettes en fer blanc provenant du cy-devant château de Pénières". Envoyées à l'administration d'Aurillac, elles n'en sont jamais revenues, sans doute emportées dans la tourmente révolutionnaire.

Pénières depuis la Révolution

L

ors de la vente, le château fut morcelé entre plusieurs acquéreurs. Il y avait de la place pour tous car d'après certains, Pénières était tellement vaste qu’il était nécessaire d’avoir un guide pour le visiter sous peine de s’égarer. Lors de l'adjudication en novembre 1802, seize acheteurs se partagèrent les différentes pièces en fonction de la somme investie au cours de la vente de janvier 1795 mais c'est le notaire, principal contribuable et maire de Cros-de-Montvert, qui acheta la majorité des bâtiments et des terres (Grand-domaine, domaine du parc dans sa quasi totalité avec le grand-corps de logis du château ainsi que le domaine de Mouix). Les autres acquéreurs se partagèrent ce qui restait : des pièces dans le château neuf et le pavillon ainsi que les quelques terres qu'il restait (AD15 - 1J821).

En 1807, le château est ravagé par un feu dont les origines divergent. Selon certains, une verrerie s'y était installée sans les précautions que nécessite une telle installation et ce serait la fournaise nécessaire pour la vitrification qui aurait provoqué l’incendie. Selon d’autres, le feu y aurait pris naissance dans un brasier destiné à opérer une lessive générale. Quelle qu’en soit la raison, les flammes gagnèrent les appartements où elles trouvèrent des aliments à leur convenance dans les anciennes charpentes et boiseries.

Durant toute une semaine, l'incendie sévit avec des périodes d’accalmie suivies d’autres plus intenses. La nuit les lueurs du feu éclairaient la campagne sur une étendue considérable. Il fut fait peu d’efforts pour enrayer le sinistre que l’on venait contempler de tous les points avoisinants. A l’attrait du spectacle se joignait pour beaucoup la satisfaction de voir s’anéantir ce lieu vers lequel convergeaient naguère les redevances. Après l’incendie, les ruines ont durant un demi-siècle servi de carrière de pierre à toute la commune. Se trouvent ainsi disséminés ça et là des marches d'un escalier à vis servant de linteau à une porte ou des fenêtres, des chapiteaux de portails, des pierres arrondies qui couvraient les murailles d'enceintes de Pénières ou encore des cheminées.

En 1825, le duc de Noailles sera dédommagé à hauteur de 114 262 francs de la confiscation de son domaine de Pénières et du château dans le cadre de la loi "du milliard des émigrés".  (AD 15 1-Q 1170/1 à 6).

 

C

eux qui visitent actuellement Pénières, s’en rapportant à son ancienne importance, seront peut-être bien déçus à première vue. L’emplacement occupé jadis par le château comprend maintenant l’ensemble du village de Pénières. La façade en partie conservée du château vieux qui regardait vers l’étang existe toujours. L’on y voit deux tours rondes (la tour de la Chapelle et la tour de la Cloche) dont une conserve encore quelques consoles en pierre qui soutenaient le couronnement. L’ancienne chapelle se situe à l’étage inférieur d’une des tours, sur le pourtour se trouvent trois niches qui ont dû contenir des statues. A l’étage au dessus se trouve un appartement bien conservé (Un grand merci à Mme Monique Laval d’avoir eu la gentillesse de me laisser faire les photos). Dans la deuxième tour, restaurée, un escalier à vis fait communiquer le rez-de-chaussée avec l’étage supérieur. Il se prolongeait autrefois au-delà mais a été détruit. On voit également la base d’une troisième tour, à droite de l’emplacement du pont-levis ainsi que les fondations de la tour de Montvert. Il ne reste donc que fort peu de vestiges attestant de la splendeur passée du château mais les documents sont nombreux : Plan aquarellé du château et du parc du XVIIe siècle - inventaires pré et postrévolutionnaires - baux - descriptifs des bâtiments, etc.

Pénières aujourd'hui

En août 2009 une exposition à la salle polyvalente de Cros-de-Montvert, a retracé l'histoire de Pénières et fait découvrir à un public conquis et étonné que ce petit coin du Cantal était chargé d'histoire.

Fin 2010 lors de la restauration de l'intérieur de l'église de Cros-de-Montvert, fut découvert sous l'épais enduit de plâtre une litre funéraire ou litre seigneuriale portant en neuf endroits les blasons d'un maréchal de Noailles, preuve s'il en était de l'attachement de la famille de Noailles à son château de Pénières. L'achèvement des travaux de restauration a permis de dater avec une quasi certitude la litre qu'on ne retrouve que dans la partie la plus ancienne de l'église en partie reconstruite en 1736. Les peintures ont donc été réalisées à la mort d'Anne-Jules de Noailles en 1708.

 Le 10 septembre 2011, plus de 120 personnes ont découvert le site de Pénières dans le cadre de la journée sur les traces des Noailles en Haute-Auvergne organisée par l'association des amis du patrimoine de la Haute-Auvergne, les vieilles maisons françaises, la photothèque et les archives départementales du Cantal. Grâce à la magie du numérique, il a été possible de reconstituer le château tel qu'il avait pu exister d'après le plan aquarellé du XVIIIe. Cette reconstitution épouse parfaitement l'emplacement du village d'aujourd'hui confirmant ainsi l'exactitude du plan, elle a été présentée à Aurillac le 26 novembre 2011 lors d'une journée d'études sur les Noailles en Haute-Auvergne en présence d'Hélie, duc de Noailles et de son fils Emmanuel, duc d'Ayen, et enchanta le nombreux public de passionnés assistant à cette journée dédiée aux Noailles qui firent la gloire de Pénières.

Ref : Laroquebrou et ses environs - I. Callé / Cros-de-Montvert - Hélène Capel
Archives Nationales (T193/51 et suivants) / Archives départementales du Cantal

Pénières - Pastel d'Anne-Marie Kervran d'après photo (2002)



La façade ouest du château neuf
Aquarelle du XVIIe siècle



La Tour de la Chapelle




La 2e Tour avec à gauche
la tourelle de l'escalier à vis

Escalier à vis dans la 2e tour


Plan du château
et des jardins
Aquarelle du XVIIe siècle



Plafond de l'ancienne Chapelle



Les toits de Pénières
(merci  Uwe)

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