22 mai 2021

Les AWACS français sont basés à Châteauroux-Déols

Jusqu’à la fin novembre 2021, les quatre E3F SDCA (système de détection et de commandement aéroporté), habituellement stationnés sur la base d’Avord opèrent depuis l’aéroport de Châteauroux dans le centre de la France. La piste de la base aérienne d’Avord (BA702) est en cours de rénovation ce qui a impliqué le déplacement des quatre avions radars français

Début janvier, ces appareils avaient été expédiés sur la base aérienne d’Istres. Depuis la première quinzaine d’avril, ils sont hébergés à Châteauroux-Déols où leur accueil a nécessité d’importants travaux. Il s’agissait en effet, de construire une “zone Awacs” totalement sécurisée. Il s’agit d’une zone militaire temporaire (ZMT), dont le coût est estimé à 1,3 million d’euros incluant portails, clôtures et des systèmes de surveillance. Cette zone se trouve dans la partie est de l’aéroport.

L’aéroport Marcel-Dassault de Châteauroux-Déols présente plusieurs avantages importants à savoir la proximité et de pouvoir proposer une des plus longues pistes d’atterrissage de France. L’aéroport aura uniquement la charge du ravitaillement en kérosène des appareils. Une imposante tente a été installée pour héberger un atelier d'entretien et de réparation des aéronefs. En raison des exercices planifiées, il ne devrait jamais y en avoir plus de deux sur site en même temps.

Ils ont participé à toutes les interventions de l’armée de l’air française en Afrique et au Moyen-Orient. Ils sont régulièrement mis à niveau pour répondre aux nouvelles menaces y compris maritimes. Les AWACS français servent au sein de la 36 -ème escadre.  

photo questions defense 

26 avr. 2021

L’Air Force of Zimbabwe (AFZ) a reçu un hélicoptère Airbus EC225 pour les déplacements présidentiels

L'hélicoptère présidentiel actuel  en vol

Un hélicoptère Airbus EC225 est arrivé à l’aéroport international de Harare, la capitale, le jeudi 15 avril. L'hélicoptère a été transporté par un Antonov An-124 cargo exploité par Volga-Dnepr Airlines (immatriculation RA-82077). Il était en provenance de Rzeszow en Pologne.

Selon Helihub, le H215 pourrait en fait être un AS332L2 ou EC225 remis à neuf car le point de départ de Rzeszow est un centre de stockage et de maintenance pour Heli-One, qui détient un grand nombre d'hélicoptères en stock, y compris AS332L2 et EC225, et une sélection des S92. Les cellules stockées comprennent deux VIP H225 échangé par Leonardo à l'armée de l'air algérienne lors de la réception des AW101.

Le Cougar actuellement en service a connu des problèmes de sécurité durant des vols récents. Le président Mnangaga effectuera de nombreux voyages intérieurs dans des régions reculées du pays à l'approche des élections présidentielles et législatives prévues pour (août) 2023.

L'AFZ a perdu plusieurs avions et hélicoptères au cours des dernières années. Sous le coup de sanctions économiques et d'un embargo sur les armes imposé par les États-Unis et l'Union européenne, le Zimbabwe a eu du mal à maintenir sa flotte constitué d'appareils anciens. Un Agusta Bell 412 s'est écrasé le 23 avril, tuant trois membres d'équipage et un enfant au sol. Un des pilotes était une jeune femme ce qui a crée une grande émotion dans le pays. 

photo (c) William Whaley

5 janv. 2021

Le gouvernement va acquérir de nouveaux appareils pour l’Indian Air Force

 

photo Indian Air Force Tejas
Après des années de tergiversation, le gouvernement indien devrait confirmer l’achat de près d'une centaine d’appareils de transport et de combat.

Le cabinet indien a confirmé l’achat de 56 appareils de transport européen C295 pour remplacer les Avro-748 qui sont entrés en service au début des années 1960 et auraient dû être remplacé depuis longtemps. L'avionneur fournira 56 avions dont 16 construits en Europe et 40 autres assemblés en Inde par son partenaire industriel Tata Advanced Systems Limited (TASL). 

Ce contrat estimé à 119,30 milliards de roupies (1,87 milliard de dollars) a été approuvé tard mercredi soir avec d'autres commandes d'un montant d'environ 875 millions de dollars, a indiqué le responsable du ministère à l'AFP. Le contrat formel sera bientôt signé selon le ministre de la défense. 

Les C-295 sont destinés à remplacer les avions de transport Avro-748, mais aussi ultérieurement l'AN-32 qui assume des missions plus exigeantes. Le HS 748 a été fabriqué sous licence par Hinsdustan Aeronautics Limited à Bangalore. Les vingt derniers appareils construits (HAL 748 Serie 2M avait une porte plus large pour le transport de fret. L’appareil a aussi été équipé d’un radar. 

Le contrat d'achat de 83 avions LCA Mk 1A devrait également être signé d’ici peu de temps. En mars dernier, le ministère de la Défense a donné son feu vert à l'achat de 83 jets Tejas avancés à HAL. Le contrat devrait porter sur Rs 38 000 crore. Cela portera le nombre total de Tejas commandées à 123. La version Mk-1A devrait être livrée avec des récepteurs d'alerte radar numériques, des nacelles de brouillage d'autoprotection externes, un radar actif à balayage électronique, des missiles plus performant et une maintenance améliorée. L’IAF a longtemps préféré l’acquisition d’appareils étrangers au détriment du chasseur national. 

L'Inde est également susceptible de signer un accord avec Israël pour la fourniture de véhicule aérien sans pilote ou drone suicide Harop (P-IV) au premier trimestre de 2021.

3 janv. 2021

Avancée contenue des rebelles vers Bangui ?

 


Le 2 janvier, vers 5h du matin, une attaque de la coalition a été lancée sur la ville de Damara, à 80 kilomètres de la capitale Bangui. La Coalition des patriotes pour le changement (CPC) a lancé un assaut qui a été repoussé par les forces centrafricaines soutenues par leurs alliés rwandais et russe et les casques bleus de la mission des Nations Unies (MINUSCA)selon des sources concordantes. Les FACA ont riposté aux tirs des assaillants provoquant la fuite de ces derniers tandis que les casques bleus de la MINUSCA ont multiplié les patrouilles dans la ville et sur les axes environnants. Les corps de huit éléments armés ont été retrouvés. 

Ce matin à 5h30, un autre groupe de rebelles ont attaqué la base des Faca à Bangassou (750 km de Bangui). Les casques bleus sont intervenus pour protéger les civils, sécuriser les autorités locales et mener des patrouilles robustes. La Force sécurise également le camp des déplacés internes et a procédé à l’évacuation sur Bria de deux soldats FACA blessés. Les tirs ont cessé aux environs de 10h00 mais la situation est restée tendue dans la ville. Selon L'ONU " Des jeunes de Bangassou se sont mobilisés et ont pu riposter contre les attaques des Anti-Balaka et FPRC qui se sont regroupés en la coalition des patriotes pour le changement (CPC)". Les corps de cinq éléments armés ont été retrouvés.

Eléments marocain de la MINUSCA en RCA (c) UN 

En plus de la MINUSCA et des Forces armées centrafricaine, on trouve sur le terrain des éléments des forces spéciales du Rwanda qui ont été envoyés en soutien du contingent national sous commandement des Nations Unies. Le nombre de conseillers militaires russes et de membres du groupe Wagner pourrait atteindre plusieurs centaines d'opérateurs. Le groupe paramilitaire russe Wagner a multiplié les livraisons d'équipements aux Forces armées centrafricaines avec notamment des hélicoptères de transport MI-8/17.

Eléments rwandais en RCA (c) medias rwandais  

La coopération entre la Russie et la RCA date de trois ans et la présence russe est de plus en plus visible. Elle concerne la formation militaire, la fourniture d’équipement et accompagnent des FACA dans leurs opérations, la protection des mines et la sécurité du président.

Au niveau politique le gouvernement de Bangui a pris des mesures plus énergiques. le président Touadéra a relevé de leurs fonctions officielles au sein du gouvernement 3 leaders de groupes armés anti-Balaka ou ex-Seleka, le 31 décembre 2020. Ils avaient été nommés à des postes officiels dans le gouvernement au lendemain de l’accord de Khartoum de 2019. aujourd'hui le premier ministre a menacé les radios qui soutiennent les mouvements rebelles. Il a annoncé que des mesures seront prises à l'encontre des stations de radio privées qui persisteront à propager la désinformation et à faire l'apologie de la rébellion. Les élections ont donc pu se tenir même si une partie du corps électoral n'a pu effectuer y participer. La Cour constitutionnelle centrafricaine a annoncé jeudi qu’elle proclamera le 19 janvier les résultats définitifs de l’élection présidentielle et le 28 janvier ceux des élections législatives. 

La rébellion ne semble donc pas avoir atteint ses objectifs même si le trafic frontalier, qui permet d’alimenter Bangui est encore interrompu. Sur le terrain, certains espèrent si les assurances sont données pouvoir voir les convois de nouveau circuler la semaine prochaine. 

A Bangui comme dans les régions, le dispositif sécuritaire imposant & dissuasif de la MINUSCA mis en place en coordination avec les FSI et les FACA, a permis de déjouer les plans de ceux qui s’opposaient à la tenue de ces élections”, selon le porte-parole de la Force . La composante militaire compte 11 506 membres ainsi que près de 2000 policiers dont 1701 au sein des FPU qui ont une valeur combattante non négligeable.

Dispositif de la MINUSCA (extrait du dernier rapport du SG sur la RCA).

NB : la CPC est est un mouvement armé centrafricain créé le 17 décembre 2020 par la fusion de 6 groupes armés, 4 issus de la Séléka et 2 des anti-balaka.

2 janv. 2021

JF-17 Thunder, le Rafale pakistanais ?

Photo revue second to none (Pakistan Air Force)

La Pakistan Air Force (PAF) vient de mettre en service 14 avions JF-17B (biplace), pour renforcer sa flotte et améliorer la formation avancée de ses pilotes de chasse. Les nouveaux appareils ont été remis aux hauts responsables de l’armée de l’air du pays en présence de diplomates chinois et nigérians. Le JF-17 Thunder est un avion de combat monomoteur, léger et multirôle, développé conjointement par Chengdu Aircraft Industry Corporation (CAC) et le Pakistan Aeronautical Complex (PAC) Kamra. Le premier vol du biplace sino-pakistanais a eu lieu à Chengdu le 27 avril 2017. Le biplace aura les même capacités que le monoplace. En 2019, deux exemplaires avaient été livré à la Pakistan Air Force (PAF). La production des biplaces, initialement située en Chine a été aussi développée dans l'usine pakistanaise de Kamra. Après une série de tests, le Pakistan a commandé 26 appareils biplaces. Les nouveaux avions permettront aux cadets de la Force Aérienne de s'entraîner directement sur la plate-forme JF-17 plutôt que sur le F-7.

Les JF-17 de la PÄF ont été portés au standard Block II, qui intègre une perche de ravitaillement en vol et une nouvelle suite avionique pour élargir la panoplie des armements air-surface embarqués. La livraison a lieu de décembre 2013 à juin 2019, date à laquelle la PAF avait équipé cinq escadrons JF-17 de première ligne.

photo Pakistan Air Force 

Depuis sont entrée en service en 2011, le JF-17 Thunder a accumulé 19 000 heures de vol opérationnel, utilisé par l'armée de l'air pakistanaise pour bombarder des positions ennemies dans le Nord Waziristan. L'armée pakistanaise a affirmé qu'un JF-17 avait abattu un MiG-21 du pilote de l'armée de l'air indienne lors des combats aériens du Jammu-et-Cachemire.

L'Air Chief Marshal Mujahid Anwar Khan a annoncé la production future de la version avancée du JF-17 Thunder Block III. Ce sera le premier avion de la génération 4.5 en service PAF équipé d'un radar à balayage électronique, de capteurs, de logiciels et d'un moteur améliorés pour répondre aux besoins futurs. Il sera également armé des missiles PL-15 et PL-10 qui amélioreront considérablement les capacités de défense aérienne des chasseurs JF-17 dépassant même le F-16 Block 52 actuellement en service avec le PAF. Le prototype JF-17 Block III a volé pour la première fois en décembre 2019. 

Le produit a été vendu à quelques pays étrangers principalement en raison de son coût très abordable pour un chasseur. On peut citer la Birmanie qui posséderait actuellement 4 monoplaces et 2 biplaces sur une commande totale de 16 appareils. En 2018, le Pakistan a approuvé un accord pour vendre trois jets JF-17 au Nigéria pour un coût de 184,3 millions de dollars. La Force aérienne du Nigeria devrait recevoir ses trois premiers appareils en 2021.

Photo (c) Jean François Auran salon du Bourget 2019



15 déc. 2020

Réception de six K8-W par la Force Aérienne Nationale Angolaise (FANA)

La Force Aérienne Nationale Angolaise (FANA) a officiellement reçu le lundi 14 décembre, le deuxième lot de six appareils de formation et d’entrainement K8-W, acquis auprès de la Chine par la société d’importation d’armement Simportex. Les six premiers avions de ce nouveau modèle, arrivés en janvier/février, ont déjà effectué 1 265 vols pour un total de 1 770 heures. L'accord avec Simportex comprenait également la livraison de deux avions de transport militaire de type MA-60, entre autres équipements de soutien.

le K8
Photo Jornal de Angola Edições Novembro

Le K-8 est un avion d'entraînement intermédiaire biplace et un avion d'attaque léger conçu conjointement par Aircraft Manufacturing Factory (AMF), Pakistan Aeronautical Complex, Kamra et China Nanchang Aircraft Manufacturing Company (CNMC). Il mesure 11, 60 mètres de long, 9, 63 m d'envergure. Il est équipé du réacteur ukrainien Ivchenko-Progress AI-25TLK de 16.9 kN de poussée. Le K8 est doté de deux sièges éjectables chinois de type TY-7A et dispose d’une autonomie de 1900 kilomètres à une vitesse maximale de 800 km/h.

La cérémonie de livraison des avions a eu lieu au Régiment Aérien de Chasseurs-Bombardiers (RACB) de Catumbela (entre Lobito et Benguela) et a coïncidé avec la fin de stage de six pilotes instructeurs angolais formés par des spécialistes chinois. Le régiment utilisera ces appareils qui pourront être armés de deux bombes à fragmentation, ou quatre bombes d'entraînement aérien, deux missiles air-air et un canon de 23 mm. La FANA utilise le K-8 comme avion de formation au sein de l’Académie la force aérienne (AFAN) qui se trouve aussi à Catumbela. Ce type d’appareil est nécessaire pour la formation des futurs pilotes de Su-30K/KN.

Photo agence de presse Angop

S'exprimant lors de l'événement, le ministre de la Défense nationale et des anciens combattants de la patrie, João Ernesto dos Santos, a déclaré qu'il s'agissait d'un « investissement énorme » et justifié par la nécessité de renforcer le système de sécurité et de défense du pays. Le représentant général de CATIC en Angola, Yuan Mu, a promis que la société chinoise spécialisée dans la fourniture d'une solution intégrée pour l'aviation militaire garantirait l'exploitation et la maintenance des avions déjà livrés.

 

Photo agence de presse Angop

 

16 août 2020

Que se passe-t-il au Mozambique ?- Le nouvel eldorado gazier d’Afrique australe en grand danger !

carte (c) Petroleum Economist 

Les médias occidentaux s’intéressent depuis quelques mois à la République du Mozambique, ce pays de 30 millions d’habitants baigné par l’océan indien. C’est que depuis trois ans le pays fait face à une insurrection armée dans la province de Cabo Delgado. Le pays ancienne province portugaise est habituée à ce type d’instabilité en raison de la guerre civile qui opposa la FRELIMO à la RENAMO soutenue par l’Afrique du sud. Malgré l’accord de paix de 1994, il y avait eu de nombreuses résurgences du conflit qui a affaibli l’état mozambicain et permis l’émergence de nouvelles menaces. Il subsiste ainsi une certaine instabilité dans le centre du pays liée aux éléments résiduels de la RENAMO.

Le pays régulièrement balayé par les ouragans dont Idai en 2019 est en proie aux difficultés économique et au sous-développement. L’état se trouve aussi dans une situation financière très délicate et souffre d’un manque de crédibilité vis-à-vis des autorités internationales. Une rébellion s’est développée dans la province de Cabo Delgado au nord-est du pays qui a pour capitale la ville de Pemba. Frontalière de la Tanzanie elle compte 2,5 millions d’habitants répartis sur 17 districts. Si le Mozambique est majoritairement chrétien près de 18% de sa population est musulmane ; ce taux atteint les 58% dans la province avec un chômage élevé et un sous-développement socio-économique sévère. 

Un nouveau foyer d’instabilité

Le groupe Ansar al-Sunnah , est  une organisation religieuse, qui est apparue dans la province de Cabo Delgado en 2015, puis s'est militarisée. En octobre 2017, le groupe mène sa première attaque contre le port de Mocímboa da Praia. Il attaque trois postes de police et s’empare d’armes et de munitions. Son objectif est d’harceler les forces de sécurité et civiles dans le but ultime serait d'établir un état islamique dans la province.

Le 4 juin 2019, la propagande de l'Etat islamique revendique pour la première fois une opération armée au Mozambique. De nombreuses attaques sont perpétrées, détruisant l’infrastructure étatique qui existait, incendiant les maisons des particuliers et volant le bétail. En décembre 2018, le bilan s’établissait déjà à 90 morts et un millier de maisons incendiées.

 Cette semaine, les shebabs comme les ont baptisés la population locale ont capturé la ville de Mocímboa de Praia. Il s’agit de leur quatrième attaque contre le chef-lieu du district. 2 bases militaires près de la ville ont également été capturées. Mocímboa da Praia, ville d'origine d'une grande partie des chefs rebelles, est aussi une zone très stratégique pour les jihadistes, à une soixantaine de kilomètres seulement de sites de gaz naturels dont la valeur est estimée à 60 milliards de dollars. C’est une prise symbolique pour le mouvement islamiste qui souhaite en faire sa capitale.

Selon des médias locaux, les combattants islamistes ont débordé l’armée du Mozambique qui avait déployé ses forces spéciales appuysé par des mercenaires sud-africains. Les Forces Armées de défense du Mozambique (FADM ) auraient manqué de de munitions et le soutien aérien étaient trop loin pour arriver à temps. Le ministre de la Défense a déclaré « L’ennemi s'est infiltré dans plusieurs quartiers, habillé en civil et bénéficiant de diverses complicités, attaquant la ville de l'intérieur, provoquant la destruction, le pillage et le meurtre de citoyens sans défense, avec des manœuvres de sabotage et des attaques contre les moyens de secours navals à partir du port ». En juillet déjà une attaque avait coûté la vie à plusieurs soldats. 

Les insurgés utilisent les recettes habituelles de la guérilla. Très mobiles, ils disposent maintenant de nombreuses armées récupérées, de drones et utiliseraient la population civile comme boucliers humains. Les attaques ciblent tant les civils que les forces de l’ordre.  Plus de 210000 habitants ont fui la zone des combats. Il y aurait actuellement une vingtaine d’attaques par mois. 

Les projets gaziers au Mozambique

Le Mozambique attise les appétits économiques du monde entier en raison de son potentiel de développement futur. Le principal projet vise à exploiter les gigantesques réserves de gaz découvertes au large des côtes du pays. Les djihadistes menacent désormais le projet gazier et les infrastructures liées à ce gigantesque projet qui se trouvent dans la province de Cabo Delgado.

Le 27 juin huit ouvriers d’une société sous-traitante du pétrolier français ont été tués dans une embuscade. Une double attaque contre le groupe pétrolier américain Anadarko avait eu lieu en février 2019. Les sociétés pétrolières habituées à évoluer dans des environnements difficiles ont renforcé leur sécurité et font appel à des sociétés privées en complément des FDS locales. 

L’intervention des Forças Armadas de Defesa de Moçambique (FADM)

L’intervention des forces de sécurité mozambicaine a été depuis le début de cette insurrection trop faible par rapport à la menace croissante de ces groupes. L'État mozambicain a initialement considéré ces violences comme une menace à l'ordre public impliquant initialement la police de la République du Mozambique. Si les forces de sécurité ont réussi à conduire quelques opérations, détruisant des campements d’insurgés ; elles n’ont jamais pu porter de coups suffisamment sévères.  

Les FADM sont un outil obsolète fragilisée par les confrontations récentes avec la RENAMO. Les FADM ne semblent donc pas en mesure de circonscrire cette insurrection alimentée sans doute par des financements extérieurs. Elles parviennent difficilement à contrôler les grands axes de circulation, Comme la plupart des armées engagées dans des opérations de contre-insurrection les FADM sont maintenant accusées de commettre de nombreux abus soumettant les populations au racket et commettant des actes de violence contre celles-ci. Les militaires mozambicains issus pour la majorité du sud du pays ne sont pas familiers de cette région. 

L’action des sociétés de sécurité privées

Le recours aux private military company (PMC) a été rapidement envisagé en raison des difficultés des FADM à régler le problème.  Le groupe russe Wagner est intervenu en 2019 à la demande des autorités du Mozambique en échange de potentiels contrats gaziers. La compagnie aurait déployé 200 opérateurs disposant d’équipements sophistiqués, dont des hélicoptères d’attaque MI-24 et de transport MI-171Sh. Ils ont d’abord opéré le long de la frontière tanzanienne avant de le faire à l’intérieur de la province. L’arrivée des russes aurait créé un appel d’air et des volontaires de plusieurs pays africains auraient rejoint le Mozambique particulièrement de Somalie. L’action russe aurait plutôt mis de l’huile sur le feu et aggravé la situation dans la province. Plusieurs russes ont été tués dans plusieurs embuscades et les relations avec les FADM se sont rapidement dégradées. Les mercenaires russes ont semblé ne pas être réellement adapté à la menace et aux conditions d’opération particulièrement dures de la région. Ils se sont retirés il y a plusieurs mois. 

Frontier Service Group une société basée à Hong-Kong a fourni une paire de Gazelle anciennement de l’ALAT. Début avril, une d’entre elle (ZU-ROJ) a été abattue par les insurgés.  

La société Dyck Advisory Group (DAG) fournit des services aériens au profit des FDS. La société a perdu un hélicoptère lors de l'une de ses premières sorties, mais a depuis lors été crédité d'avoir dissuadé une avance des insurgés sur Pemba et d'avoir soutenu les efforts des forces gouvernementales pour reprendre Macomia, fin mai et Mocímboa da Praia, fin juin. DAG a perdu un ULM Bat Hawk, près de Miangalewa en juin. Jusqu'à présent, l'efficacité des hélicoptères est entravée par la nécessité de faire le plein à Pemba au sud de la zone de conflit et à 185 km de Mocímboa da Praia. L’appui aérien a fait défaut lors de la bataille de Mocímboa de Praia. Une autre option de ravitaillement est la base militaire de Mueda, à 94 km de Mocímboa da Praia. Les hélicoptères de combat du DAG sont accusés de pertes civiles, en particulier dans la bataille de Macomia. 

La société OAM international a aussi fourni des prestations au profit du gouvernement du Mozambique. Divers aéronefs mis en œuvre par les PMC ont été observés au Mozambique. Il s’agit notamment d’un UH-1 Huey, un Cessna Caravan, un Bell Long Ranger, un Diamond DA 42 et un ULM de reconnaissance CADG Helix. Erik Prince, bien connu dans le domaine des compagnies de sécurité est en lice pour « pacifier » la province de Cabo Delgado.

La réaction de la SADC 

L’organisation de l’Afrique australe s’est déjà réunie pour évoquer la situation au Mozambique. Un sommet réunira demain, les chefs d’état. Des experts de l'Institut sud-africain d'études de sécurité (ISS) militent pour une « intervention urgente » de la SADC et de l'Union africaine pour mettre fin à cette situation. La Tanzanie est prête à renforcer son contrôle de la frontière. Jusqu’à présent, le gouvernement de Maputo préférerait une intervention de troupes du Zimbabwe mais pas de la SADC.

Toute la stabilité de la région est menacée et l’Afrique du Sud qui est la grande puissance économique africaine pourrait être la prochaine cible. La menace terroriste est déjà présente dans le pays.  Le 23 juillet, la police a fait une descente près de Johannesburg et cinq terroristes présumés de l'Etat islamique ont été arrêtés. Les armes et le véhicule saisis lors du raid semblent relier cette cellule de l'Etat islamique aux fusillades du Nouvel An à Melville et Mary Fitzgerald Square, et à l'attaque d'une mosquée à Verulum près de Durban en 2018.

En conclusion, le terrorisme islamiste tente de poursuivre sa descente dans l’est du continent africain. Il s’appuie comme souvent une population musulmane qui a été négligée par le pouvoir central. Ansar al Sunna utilise le ressentiment de la population locale envers le pouvoir central accusé de corruption.  Il est urgent pour les états de la région (SADC), d’agir car l'insurrection de Sunnah Wal Jamaah monte régulièrement en gamme au niveau militaire et deviendra un adversaire toujours plus redoutable dans les mois à venir.


21 juil. 2020

L'armée de l'air angolaise a reçu un Daher Kodiak 100



Un Kodiak portant les couleurs de la Forca Area Nacional de Angola (Force aérienne Angolaise) a été vu à l'aéroport de Monchengladbach en Allemagne le 23 juin avant sa livraison. L'avion était temporairement immatriculé D-FSST. Le ou les appareils acquis par l’Angola seront mis en œuvre au profit du Centre pour la sécurité publique récemment créé en décembre 2019. Le CISP (Centro Integrado de Segurança Publica, Centre pour la sécurité publique) doit répondre aux problèmes de sécurité publique, catastrophes et coordonner les réponses entre la police et les agences de sécurité à travers le pays. Il porte le matricule R-756 des appareils de reconnaissance.  



L’appareil angolais (numéro de série 100-0252) a été exporté des États-Unis en 2018. Il a été photographié à Bonn en octobre 2019. SST Flugtechnik a modifié l’appareil pour qu’il puisse accomplir des tâches de cartographie. Le système de mission est équipé d’un scanner de cartographie stabilisé et une porte coulissante automatique dans le milieu du fuselage. Une console operateur est installée à l’intérieur de l’appareil qui dispose de moyens de communications satellitaires.

Daher, constructeur de la famille des TBM, a acquis en 2019, l’Américain Quest, fabricant du Kodiak 100, installé à Sandpoint dans l’Idaho. 20 Kodiak 100 Série II ont été livrés en 2019 par le constructeur. Le Kodiak 100 Series II est un avion non pressurisé de 10 places qui a une masse maximale au décollage de 3 290 kg et une charge utile de 1 603 kg. Propulsé par un turbopropulseur Pratt & Whitney PT6A-34 de 750 ch, il a une vitesse de croisière de 339 km/h et l'autonomie de 1 861 km.  Il est équipé de l’avionique Garmin G1000 NXi. L'avion de dix places a été conçu pour les opérations de décollage et d'atterrissage courts et de flottement, ce qui, selon son constructeur, le rend idéal pour une utilisation en Afrique. Sa robustesse lui permet de réaliser des opérations très diversifiées : commerciales, missions gouvernementales, évacuation médicale, plate-forme de parachutisme.

D'autres pays d'Afrique utilisent le Kodiak pour des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR), y compris le Botswana, qui a reçu un Kodiak en 2016 pour des activités anti-braconnage.







19 juin 2020

Le livre blanc de la Force Aérienne thaïlandaise


AU-23 Peacemaker de la Royal Thai Air Force (c) RTAF 

Traditionnel  allié  militaire  des  États-Unis  en  Asie  du  sud-est,  la  Thaïlande est l’un des pays qui dépense beaucoup pour sa défense. Malgré cela  son  appareil militaire  est  vieillissant.  L’armée  de l’air  a  rendu  public son livre blanc en début d’année 2020 et le programme est ambitieux  entre  nouvelles  acquisitions  et  modernisation  de  l’existant.  Le  programme prévoit le remplacement des chasseurs F-16, des L-39 , la  modernisation  des  systèmes  de  guet  aérien,   l’acquisition  d’avions  de  transport, d’hélicoptères VIP et de drones.
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