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DIODORE

HISTOIRE UNIVERSELLE

livre 11

I - ART. I. EXPEDITION de Xerxès, Roi de Perse, contre la Grèce.
II. Combat aux Thermopyles, sous le commandement de Léonidas, Roi de Sparte.

livre 18

XIX. Nicanor qui détenait le fort de Munychie, de la part de Cassandre et malgré les Athéniens, invité par ceux-ci de le leur rendre, s'empare au contraire du port du Pirée. On a recours à Alexandre, fils de Polysperchon, qui se saisit lui-même de ce port pour les besoins de la guerre, et de l'avis même du fameux Athénien Phocion, qui dans les fâcheuses conjonctures de ces temps-la ne favorisait pas la pure Démocratie. Mais le peuple ayant envoyé des députés à Polysperchon: celui-ci qui pensait comme son fils sur la détention de Munychie et du Pirée, a la faiblesse de livrer Phocion à la vengeance populaire. Phocion entreprend en vain à plusieurs reprises de se défendre devant le peuple et au grand regret de tous les honnêtes gens, il est conduit avec un grand nombre de citoyens distingués dans la prison, où on leur fait avaler de la ciguë..
XX. Cassandre qui avait obtenu d'Antigone une flotte de trente-cinq vaisseaux vient au port du Pirée, où il est introduit par Nicanor qui rentre dans son fort de Munychie. Polysperchon laissant son fils Alexandre à la défense de l'Attique, vient attaquer dans le Péloponnèse Mégalopolis, ville attachée au parti de Cassandre qui favorisait l'Oligarchie. Détail du siège de cette ville que Polysperchon attaque avec deux corps d'armée et soixante-cinq Eléphants. Il voulut employer ces animaux à enfoncer les portes; mais les assiégés à celle où on les attendait, avaient garni de pointes de fer le dessous du terrain, ce qui rendait ces animaux inutiles et même dommageables aux assiégeants. Polysperchon abandonne lui-même la place. Clitus, Commandant de la flotte Royale a d'abord quelques avantages sur celle d'Antigone: mais il est défait bientôt après, et tué même en essayant de s'enfuir par terre. La réputation d'Antigone s'établit en Asie, et le crédit de Cassandre en Europe, à proportion de la décadence de Polysperchon. Les Athéniens eux-mêmes traitent avec Cassandre qui leur donne de leur propre consentement, Démétrius de Phalère pour Gouverneur, emploi dont ce dernier s'acquitta avec une approbation universelle. Mais Cassandre fait tuer secrètement l'ancien Gouverneur du fort de Munychie, Nicanor, qui paraissait vouloir garder ce fort en son propre nom.

livre 19

ART. 1. Avant propos. Idée générale du caractère affreux d’Agathocle. Basse origine de ce tyran né à Thermes en Sicile, ville soumise alors aux Carthaginois. Carcinus son père effrayé par des songes et des réponses d’oracles, le fait exposer d’abord après sa naissance. Sa mère va le reprendre et confie son éducation à son propre frère Héraclide, à l’insu de son mari. Au bout de quelques années son père le voyant jouer avec des enfants de son âge est charmé de sa beauté ; et sa femme lui avoue la fraude par laquelle elle l’a sauvé. Il amène cet enfant à Syracuse, où il lui apprend son métier de potier de terre ; mais un citpyen considérable de Syracuse, nommé Damas, choisi dans la suite pour chef de la milice d’Agrigente; ayant pris de l’affection pour le jeune Agathocle, lui donne une compagnie de mille hommes, à la tête de laquelle celui-ci fit bientôt voir qu’il se distinguerait à la guerre. Damas étant mort peu de temps après, Agathocle épouse sa veuve, dont le bien est le premier fondement de sa puissance future.
II. Syracuse étant alors gouvernée par deux hommes de mauvaise réputation, Héraclide et Sosistrate, Agathocle chiliarque ou commandant de mille hommes sous eux, les accuse d’aspirer à la tyrannie, dont il sera lui-même le sinistre exemple. Cependant il se retire en Italie, où il sert la ville de Rhégium, attaquée par les deux tyrans de Syracuse. Revenu au service des Syracusains qui assiégeaient Géla, il entre furtivement dans la ville où il reçoit jusqu’à sept blessures consécutives et trouve pourtant encore moyen de s’échapper ; soupçonné ensuite par la supériorité de son courage d’aspirer à la tyrannie de Syracuse, Acéstoridès de Corinthe qui en était gouverneur, l’en fait sortir et charge un de ses émissaires de l’assassiner. Agathocle sauve le coup en substituant à sa place un esclave revêtu de ses habits.
III. Sosistrate ayant trouvé moyen de rentrer dans Syracuse, Agathocle profite du nombre et de la différence des partis au sujet du gouvernement pour établir sa tyrannie. La ville elle-même lui fait lever des troupes pour différentes vues ; sous prétexte de punir le conseil des Six-Cents de leurs injustices passées, il se fait un massacre et un pillage dans Syracuse, qui lui donne l’aspect d’une ville prise d’assaut. Au sortir de ces exécutions affreuses, Agathocle appelle en jugement les Six-Cents et tous ceux qui avaient favorisé l’oligarchie et promet de rendre au peuple sa liberté. Il se dépouille même de ses habits de guerre et se montre vêtu comme un simple citoyen ; mais ceux qui avaient participé à ses crimes et à ses concussions, l’obligent de conserver l’autorité militaire, dans laquelle il déclare vouloir être seul pour ne répondre d’aucun de ses associés. Il ne prend pourtant point le diadème et ne se rend point d’un accès difficile. Il veille même sur les revenus publics et il augmente les forces militaires de Syracuse. Article des Romains peu considérable selon l’auteur même.
IV. Polusperchon ayant établi Olympias dans la Macédoine où elle avait aussi ramené son petit-fils Alexandre, fils de Roxane, cette reine va attaquer Eurydice et son époux Philippe Arrhidée. Elle remporte la victoire sur eux et les fait enfermer ensemble dans une prison étroite où à peine pouvaient-ils se tourner. Elle condamne Arrhidée à être percé de flèches et elle laisse le choix de sa mort à Eurydice qui se pend elle-même : Olympias fait ensuite égorger Nicanor frère de Cassandre et justifie par toute sa conduite l’avis qu’Antipater avait donné aux Macédoniens de ne jamais admettre de femme sur leur trône. Séleucus, satrape de Babylonie, veut en vain débaucher les Argyraspides du parti d’Eumène, toujours attaché lui-même à celui des rois régnants : Séleucus fait inonder par la destruction d’une chaussée le camp de ce général qui se dégage de ce péril par l’adresse d’un habitant qui donne un écoulement à ces eaux. De là Eumène se rend dans la Susiane pour y attendre les ennemis des rois et des siens. Pithon, satrape de la Médie, qui par ses violences et ses injustices s’était fait haïr de tous les satrapes, ses voisins et qui avait déjà été battu par eux, vient offrir une alliance d’armes à Séleucus.
V. Eumène fait assembler par ses lettres et au nom des rois un grand nombre des plus illustres officiers qui avaient servi sous Alexandre et entr’autres Pericdestès, nommé satrape de la Perse et Eudamus qui amantait avec lui vingt éléphants de la dépouille du roi Porus qu’il avait tué en trahison. Eumène gouverne ce grand nombre d’hommes ambitieux qu’il a dans son armée, par l’idée dont il s’était déjà servi d’un conseil où présiderait le génie d’Alexandre. Plusieurs des principaux capitaines du feu roi, renfermés dans un fort par Antigone après l’affaire de Tarmesse, y sont forcés et faits prisonniers de guerre, ce qui diminue considérablement les secours qu’Eumène pouvait espérer.
VI. Peucistès avec un grand nombre de soldats que l’on convoquait en Perse par des sentinelles posées sur des pointes des montagnes et qui portaient leurs voix de l’une à l’autre dans une très grande étendue de pays vient à se joindre à Eumène. Antigone d’abord venu à Suse marche à leur rencontre avec des peines et des pertes d’hommes considérables causées par les ardeurs de la canicule et par la déroute où l’on le met sur le fleuve Copratès. Voulant passer de là à Ecbatane de Médie, il essuie dans ce passage différentes attaques des barbares : ce qui irrite ses soldats contre lui. Il les apaise néanmoins avec l’argent que Python lui apporte du trésor royal d’Ecbatane.
VII. L’armée d’Eumène vient à Persépolis où Pencestès, satrape de la province, donne un repas superbe à toutes ses troupes posées en quatre cercles qui s’enfermaient consécutivement l’un l’autre. Eumène juge à propos de supposer des lettres d’Olympias adressées à lui, pour réprimer par cette distinction, pour lors apparente, les prétentions que pourraient former les officiers subalternes de son armée, trop grands seigneurs : et de plus, il emprunte d’eux, sous prétexte du service, des sommes très considérables, ce qui réussit en effet à les tenir attachés à sa personne et à son parti.
VIII. On annonce à Eumène qu’Antigone se dispose à entrer dans la Perse. Eumène avant que d’aller à sa rencontre donne à ses troupes un grand repas au sortir et à l’occasion duquel il tombe malade et ne laisse pas de se faire porter en litière au devant de l’ennemi ; mais les deux armées séparées encore par deux fleuves ne peuvent jamais se joindre. Antigone envoie des émissaires pour corrompre les officiers de l’armée d’Eumène par de grandes promesses de sa part. Eumène les réfute par l’Apologue du lion qui se laissa arracher les dents et les griffes comme Antigone voulait arracher les armes des satrapes de l’armée des rois pour se rendre maître ensuite de leurs personnes et de leurs états. Après quoi jugeant qu’Antigone avait dessein de passer dans la Gabienne, contrée favorable pour la subsistance d’une armé, il l’arrête par la menace et l’apparence d’une attaque et va lui-même établir ses troupes dans un pays si avantageux.
IX. Disposition et description détaillée de la bataille qui se donna entre Eumène et Antigone, lorsqu’ils se préparaient l’un et l’autre à passer dans la Gabienne. Le succès en paraît indécis ou partagé, en ce qu’Eumène a perdu beaucoup moins de monde qu’Antigone et que celui-ci demeure maître du champ de bataille ; après quoi il se retire à Garmaga de Médie où Eumène n’entreprend point de le poursuivre.
X. Un Indien, nommé Céteüs, tué du côté d’Eumène dans la bataille précédente, donne lieu au spectacle de ses deux femmes qui se disputent la gloire de le suivre sur son bûcher. L’auteur expose ici l’origine de cette coutume, établie chez ces barbares, pour conserver la vie de leurs maris, souvent attaquée par leurs femmes et à laquelle il aurait mieux de pourvoir, en ne permettant point à leurs filles, comme ils le faisaient, de se marier sans le consentement de leurs parents.
XI. Cassandre apprenant le retour d’Olympias, lorsqu’il assiégeait Tégée dans le Péloponnèse, fait la paix avec les Tégéates, pour venir s’opposer au rétablissement de cette reine : elle s’était enfermée dans Pydna de Macédoine avec le jeune Alexandre et plusieurs princesses de sa famille, se flattant de recevoir dans ce port de mer des vivres et des secours de la part des Macédoniens et des Grecs mêmes. Le roi d’Épire et Aecidée son frère étant venus au secours de cette reine, perd son propre royaume en son absence par la révolte de ses sujets animés contre lui par les intrigues de Cassandre.
XII. Antigone part de Gadamalès de Médie, dans le dessein de surprendre Eumène dont les troupes avaient hiverné séparément les une des autres. Au bout de cinq ou six jours d’une marche très pénible, il aperçoit sur une hauteur le camp d’Eumène garni de feux et de lumières et qui donnait de loin l’apparence d’une armée campée à demeure et de plus dans l’abondance et dans les festins. Cette ruse suspendit la marche d’Antigone, qui ne réussit pas même à enlever les éléphants qu’Eumène faisiat venir à son armée.
XIII. Malgré cette première disposition des choses qui paraissait favorable à Eumène, la fortune lui prépare un prochain et dernier revers dans la bataille à laquelle il se dispose et qu’il livre à Antigone. Celui-ci donne son aile droite dans laquelle il voulait combattre lui-même à son fils Démétrius qui paraîtra beaucoup dans la suite, et sa gauche à Pithon, satrape de la Médie. Eumène pour faire tête à Antigone avait pris la gauche de sa propre armée, en confiant sa droite à Philippe, satrape des Parthes. Aucune des deux armées ne montait à quarante mille hommes. Mais elles avaient chacune plus de soixante éléphants, ce que l’on comptait pour de grandes forces dans ce temps-là. Eumène envoie d’abord faire des reproches publics et à haute voix aux corps qui avaient servi sous Alexandre et qui s’opposaient aujourd’hui à ses successeurs naturels et légitimes : ce qui les touche et les ébranle. Après divers incidents, les soldats d’Antigone se jettent sur les bagages de ceux d’Eumène, cet aspect décourage ces derniers et les irrite même contre leur chef qu’ils livrent vivant à Antigone qui le fait mourir après quoi il célèbre ses funérailles en considération de leur ancienne liaison et donne son amitié à l’historien Jérôme de Cardie, qui se trouva au nombre des prisonniers.

XVI.  En Europe Cassandre fait environner la ville de Pydna, retraite d'Olympias et de sa cour, si exactement par mer et par terre, qu'il réduit cette reine et ses troupes à une famine déplorable dont l'auteur fait la description.  Elle permet à ses soldats et même à ses officiers de guerre de passer dans le aprti de Cassandre, et se voit contrainte de se livrer elle-même à cet ennemi, qui la fait appeler en jugement par les parents de ceux à qui elle avait fait ôter la vie et qui la font condamner à la mort en plein conseil.  Cassandre lui offre un vaisseau pour la conduire à Athènes, espérant que quelque tempête donnerait à sa mort l'apparence d'une punition divine, et craignant pour lui-même le repentir des Macédoniens.  mais les amis qu'il y avait dans le vaisseau y égorgent cette Reine de leur propre mouvement, pour le délivrer d'inquiétude.  En effet il aspire bientôt lui-même à la couronne de Macédoine et il épouse dans cette vue Thessalonique fille de Philippe.  Il fait bâtir dans ce royaume une ville superbe qu'il nomme Cassandrie.  Il fait enfermer le jeune Alexandre et Roxane sa mère dans la citadelle d'Amphipolis, en leur ôtant tous les indices de la royauté et il fait célébrer à Aegues de Macédoine les obsèques de Philippe Arrhidée et de son épouse Euryduce, comme ayant laissé par leur mort le trône vaquant.
XVII.  Polysperchon après la mort d'Olympias s'échappant de Naxe en perrabie où il était assiégé avec Eacide, roi d'Epire jusques dans l'Etolie.  Alexandre fils de Polysperchon opposait toujours quelques troupes du Péloponnèse à cassandre ; et ce n'est pas sans peine que celui-ci passe de la Thessalie en Béotie, où pour se rendre célèbre il entreprend de relever la ville de Thèbes, détruite depuis vingt ans, par Alexandre avant son départ pour l'Asie.  A cette occasion l'auteur fait une histoire abrégée de cette ville depuis sa fondation par Amphion et Zétus fils de Jupiter et d'Antiope, jusqu'au rétablissement dont il s'agit.  Cassandre entré enfin dans le Péloponnèse malgré les différentes oppositions d'Alexandre fils de Polysperchon, juge à propos de se retirer dans la Macédoine, avant que d'en venir contre son adversaire à une bataille en forme.
XVIII. Antigone partant de Suse pour s'approcher des mers occidentales, passe par Babylone dont Séleucus était satrape et qui le reçoit magnifiquement en donnant un festin à son armée entière.  Antigone qui se regardait lui-même comme souverain de l'Asie lui demande compte de ses revenus ; ce qui commence à aliéner Séleucus contre lequel il fera bientôt la guerre.  des devins de Babylone se mêlent de prédire à Antigone que Séleucus lui ôterait la vie ; et l'auteur qui paraît assez prévenu lui-même de ces anciennes superstitions, promet un petit détail des succès de leurs annonces, dans la suite de son histoire.  Séleucus passe en egypte auprès du roi Ptolémée qui l'anime contre Antigone, et l'un et l'autre attirent à leur parti Cassandre et lysimaque, ce qui donne lieu à de longues guerres.  Antigone de son côté recherche l'alliance des princes de Chypre et de Rhodes, aussi bien que de Polysperchon et d'Alexandre son fils, en Europe, en un mot de tous les ennemis de Cassandre.  Il se hâte d'arriver dans la Phénicie, où pendant qu'il assiège Tyr, il emploie la forêt du Mont Liban à se faire une marine, genre de forces militaires qu'il n'avait pas encore eues.  Dans ce même temps on apporte le coprs de Cratère tué dans une bataille contre Eumène, à Phila fille d'Antipater et veuve du mort, mariée depuis à Démétrius fils d'Antigone.  Grand éloge de cette princesse.

   
FRAGMENTS LIVRE XXI  Agathocle
  LIVRE XXII- 278-276 Pyrrhus en Sicile - 279 : prise de Delphes par les Gaulois - 
  LIVRE XXIIILa première guerre punique 
  LIVRE XXIV La première guerre punique 
  LIVRE XXV
  LIVRE XXVI
  LIVRE XXXI
  LIVRE XXXII  histoire d'androgynes ; Viriathe
  LIVRE XXXIV première guerre servile en Sicile : Eunus (- 140)
  LIVRE XXXVI deuxième guerre servile en Sicile : Athénion et Tryphon (-104 -100)
  LIVRE XXXVI guerre marsique
  LIVRE XXXVIII  mort de Catulus
  LIVRE XL 
 

CONTINUATION DES FRAGMENTS DE DIODORE : Tirés du Recueil de Fulvius Urfinus.

 

Autres fragments

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