A partir de 1943, les Alliés commencent à connaître la faveur des armes. La victoire alliée, encore lointaine, se profile, et les réseaux de Résistants commencent à croire à un débarquement sur le continent. Les maquis se gonflent par l'apport successif des réfractaires au Service Obligatoire du Travail.

Dans la perspective de ce débarquement, Londres va tenter de regrouper les mouvements de la Résistance et les divers réseaux sous une seule bannière : c'est la création des F.F.I., dirigées par le C.N.R. (Conseil National de la Résistance). Mais la plus grande confusion règnera dans les unités clandestines : parfois, elles ne savent pas elles-mêmes de qui elles dépendent. C'est pourquoi le rassemblement des groupes épars en unités F.F.I. n'interviendra que tardivement, de la fin 1943 au printemps 1944.

Le CNR désigna comme responsable coiffant toutes les formations dans l'Eure Marcel Baudot (ancien archiviste départemental) et le colonel Fromonot-Monturat dans l'Oise. Malgré la stature personnelle de ces hommes, ils rencontrèrent de grandes difficultés pour s'imposer aux groupes qu'ils eurent à contrôler, d'autant que le nombre de réfractaires au S.T.O. (Service du Travail Obligatoire) aux environs de Gisors devint considérable. Cacher, nourrir, entretenir tous ces hommes deviendra un souci permanent pour leurs chefs. Pour y faire face, les vols dans les épiceries, bureaux de tabac, ainsi que de tickets d'alimentation dans les mairies se multiplient.

Au fil du printemps 1944, la tension augmente dans l'attente d'un débarquement jugé comme imminent. Le soir fatidique, pas moins de quinze messages différents défileront sur les ondes. Dans l'Oise, on entendait « l'acide rougit le tournesol » et dans l'Eure « les dés roulent sur le tapis ». C'est l'annonce du débarquement : les résistants se découvrent et passent à l'action directe : destructions des lignes téléphoniques, panneaux indicateurs faussés, arbres abattus au travers des voies, sabotage systématique des voies ferrées… Ces actions contribuèrent ainsi au succès du débarquement, en paralysant les communications entre la région parisienne et la Normandie.

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Brassard F.F.I. du secteur de Gisors
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