Abitibi-Témiscamingue


Rouyn-Noranda, vers 1925, bateau-chaland utilisé pour le transport des marchandises sur le lac Rouyn, Collection du Comité du 50e anniversaire de Rouyn-Noranda.

L'occupation de l'Abitibi-Témiscamingue s'amorce à la fin du XIXe et au début du XXe siècle par un développement agroforestier. Elle est suivie par un développement minier lors de l'entre-deux guerres. Cependant, affirmer que l'Abitibi-Témiscamingue est une région peuplée récemment, c'est oublier 8000 ans de présence amérindienne.

Canton Paradis (Val-Paradis), 1943, on ramasse les souches arrachées par le tracteur sur le lot d’Alphonse Tremblay, Fonds du ministère de la colonisation.

La présence amérindienne

La plus ancienne trace d'occupation humaine, repérée sur les rives de la rivière Duparquet près du lac Abitibi, remonte à près de 8000 ans. À cette époque, la région était fréquentée par des groupes amérindiens appartenant à la famille linguistique des Algonquiens.

Famille indienne en Abitibi, vers 1930-1940, Fonds Gaston Carrière.

XVIIe siècle

Au XVIIe siècle, les Blancs sillonnent le territoire. Ils implantent la traite des fourrures et importent leur Dieu, bouleversant le mode de vie amérindien.

Wemontachingue, 1914, Monseigneur Latulipe avec des Indiens, Fonds Gaston Carrière.

Ouverture du Témiscamingue forestier

À partir du milieu du XIXe siècle, les grandes compagnies forestières achètent des milliers de kilomètres carrés de concessions forestières et pénètrent progressivement au Témiscamingue. Vers 1900, les grands chantiers atteignent déjà le nord du lac Témiscamingue et commencent à progresser le long du lac Des Quinze. Près de 5000 bûcherons travaillent alors en forêt.

La Reine, 1919, groupe d’hommes au travail dans la cour du moulin à scie appartenant à M. Wilfrid Laliberté, Collection Armandine Fitzgerald.

Ouverture du Témiscamingue agricole

À mesure que la forêt recule, les colons s'installent sur les terres éclaircies. Ville-Marie est fondée en 1886, sur le bord de la baie Des Pères. Jusqu'au début des années 20, une douzaine de paroisses sont créées. Le lac Témiscamingue sert alors de voie de communication entre les villes de Témiscaming, Ville-Marie, Notre-Dame-du-Nord et Haileybury en Ontario. Au début des années 20, le chemin de fer Canadien Pacifique est prolongé de Témiscaming jusqu'à Angliers, sonnant le glas du transport maritime.

Villebois, vers 1937, Luce Guay, épouse de Phydime Côté, près de son four à pain construit en juillet 1936, Fonds Canadien national.

La conquête du Nord, l'Abitibi

L'Abitibi agricole se développe d'abord, à partir de 1911, autour des gares du Transcontinental établies à la croisée de rivières et ensuite le long des voies d'eau. En 1931, la région compte 22 305 habitants dans 23 localités qui s'étirent sur près de 180 kilomètres le long du chemin de fer. La plupart de ces localités opèrent une beurrerie coopérative qui écoule ses produits sur le marché local; les agriculteurs expédient bétail et fourrage vers les marchés du sud. Ils tirent cependant la plus grande part de leurs revenus du travail en forêt.

Une deuxième vague de colonisation suit la Grande Dépression. Les gouvernements mettent sur pied des plans de colonisation : le plan Gordon de 1932 à 1934, le plan Vautrin, de 1935 à 1937, et le plan Rogers-Auger, de 1937 à 1939. Près d'une quarantaine de paroisses sont fondées durant cette décennie.

Il est intéressant de noter qu'en procédant au découpage territorial de l'Abitibi, le gouvernement a eu recours aux noms des régiments et des officiers de l'armée de Montcalm pour désigner les cantons. Un fait unique au Québec.

Sainte-Germaine-Boulé, 1937, école Saint-Joseph, rangs 2 et 3, Fonds ministère des Communications. Les écoles de rang se distinguent par les classes à degrés multiples; l’institutrice enseigne à des élèves de la 1ère à la 7e année, quelquefois jusqu’à la 9e année. La maison école se divise en deux, un côté pour la classe et l’autre pour le logement de l’institutrice.

L'Abitibi minière

En 1923, la découverte du gisement de la future mine Horne de Noranda donne le signal de départ d'une grande ruée de prospection le long de la faille de Cadillac. Une soixantaine de mines entrent en production entre 1925 et 1960, donnant naissance à plusieurs villes jumelles de Rouyn et Noranda en 1926, Val-d'Or et Bourlamaque en 1935 et Malartic en 1939. L'apport des immigrants européens au développement de l'Abitibi minière est majeur. Venues de l'Europe de l'est, ces immigrants, dont nombre de descendants se sont intégrés au milieu francophone, ont laissé leurs traces. Les églises orthodoxes russes et ukrainiennes de Rouyn-Noranda et de Val-d'Or témoignent de leur présence.

Malartic, 1929, plan moyen des chevalements de la mine Malartic, Fonds du ministère de l’Énergie et des Ressources.

La Direction régionale de l'Abitibi-Témiscamingue--Nord-du-Québec de Communication-Québec désire remercier les Archives nationales de l'Abitibi-Témiscamingue et la Direction régionale du ministère de la Culture et des Communications de lui avoir grâcieusement prêté les photographies figurant dans la section Portrait régional, histoire de la région.
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