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Relations Franco-US

Histoire
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Quand New York se nommait Angoulesme
1524 - 1778

L'histoire d'amour entre la France et l'Amérique a commencé bien avant que les colons des treize colonies se sentent américains. Et dès le XVIe siècle, les découvreurs français se succèdent sur les côtes du Nouveau Monde dont ils rêvent de faire une nouvelle France.

« Les gens d'ici sont fort curieux et tout parés de plumes multicolores, mais l'endroit est des plus agréable. Situé au milieu de petites collines escarpées, c'est une grande baie. II est tout à fait possible d'y faire naviguer un grand vaisseau... »

Nous sommes le 17 avril 1524. La baie que décrit ce navigateur n'est autre que le futur port de New York. Quant aux collines, elles se nommeront un jour Brooklyn et Staten Island et le pont qui les reliera portera le nom de notre héros: Giovanni da Verrazano. Né dans une riche famille toscane implantée a Lyon mais français de coeur, Jean de Verrazane, comme on I'appelle dans sa patrie d'adoption, a quitté la Bretagne trois mois plus tôt a bord de la Dauphine pour rallier les Indes en empruntant le mythique « passage du NordOuest ». Après une escale a Madère, il est arrivé le 7 mars en vue de l'actuelle Caroline du Nord.

Craignant les Espagnols, il a renoncé à gagner la Floride et a préféré explorer les côtes septentrionales. Parvenu en vue de l'immense lagune qui s'étend entre le cap Hatteras et la côte de Virginie, Verrazane croit y reconnaître la « Mer orientale » menant au Cathay, et la baptise aussitot « isthme de Verrazano » -une désignation qui, reportée sur les cartes, suscitera par la suite bien des faux espoirs. Les « Indiens » se montrent amicaux, ce qui n'empêche pas les Français d'enlever l'un de leurs enfants pour le ramener en Europe comme preuve de leur voyage ni de donner à sa contrée d'origine (I'actuel Maryland) le nom paisible d'Acadie...

Naviguant le jour et mouillant la nuit, la Dauphine continue à remonter vers le nord, longeant le Delaware et le NewJersey, jusqu'a ce 17 avril mémorable où Verrazane prendra possession de Manhattan au nom de François Ier, à qui il ecrit: « Nous appelâmes, Sire, cette terre Angoulesme, du nom que vous portâtes jadis, dans une fortune moindre... Quant à la belle baie que cette terre forme, nous lui donnâmes le nom de Sainte - Marguerite, en I'honneur de la princesse votre soeur qui l'emporte sur toutes les dames par la vertu et par ['esprit »

Des Français en Floride

Soixante ans avant l'arrivée au cap Cod des Séparatistes britanniques du Mayflower, des Français,fuyant, eux aussi, I'intolérance religieuse de ['Europe, s'étaient installés en Floride. Ils auraient pu devenir les fondateurs de l'Amérique, mais l'Histoire devait en décider autrement...

Lorsque l'amiral de Coligny suggère à Charles IX d'envoyer en Floride les protestants desireux d'y aller vivre leur foi en paix, le roi voit là ['occasion de contrer les ambitions de la très catholique Espagne dans cette contrée décrite par le franciscain Marcos de Niza comme un « nouvel Eldorado ». C'est le Dieppois Jean Ribault qui sera choisi pour commander la première expédition. ll appareille en février 1562 avec 150 coreligionnaires. Le 30 avril, ils sont en vue du cap des Français. Le ler mai, un contact a lieu avec les indigènes, qui se révèlent être pacifiques, et une colonne fleurdelisée est plantée au bord de la rivière May (actuelle St John's River), pour marquer la prise de possession de ces terres, « les plus belles, les plus riches et les plus agréables du monde ». Ayant choisi de s'établir à I'embouchure de la rivière de Port Royal (aujourd'hui Parris Island), les Français y débarquent une trentaine de volontaires qui devront y ériger un camp, baptisé « Charlesfort » en l'honneur du roi, tandis que leur capitaine repart pour la France d'où il doit rapporter renforts et vivres. Mais les guerres de Religion l'empêcheront de tenir parole.

Lorsqu'une deuxième expédition, menée par René de Laudonnière, parvient en Floride en juin 1564, disette et mutineries ont eu raison de Charlesfort. Débarqués près de la rivière May, les nouveaux venus y batissent Fort Caroline. Mais les hommes désertent pour se livrer à la piraterie, les rapports avec les Indiens se détériorent, la famine menace. Et c'est avec soulagement que, le 28 août 1565, les survivants voient enfin arriver Jean Ribault à la tête de sept navires et de 600 colons. Leur joie sera de courte durée: prise dans une tempête, la flotte française coule et tous les rescapés, Ribault en tête, sont passés au fil de l'épée par des Espagnols trop heureux d'en finir avec les « flibustiers luthériens ». Le 20 septembre, les troupes de Menéndez attaquent par surprise le camp des huguenots et en massacrent la garnison, mettant un terme definitif aux ambitions françaises en Floride.

Louis XIV, roi de Louisiane

9 avril 1682: I'épée dégainée, fièrement campé en grand uniforme au bord du delta du Mississippi, Cavelier de La Salle lit la proclamation qui offre à son roi le « pays de Louisiane ». Cent cinquante ans après Jacques Cartier, il donne à sa patrie une seconde chance de se tailler un empire dans le Nouveau Monde. Mais l'Amérique ne sera jamais française...

Né à Rouen en 1643, Robert Cavelier de La Salle fut sans aucun doute le plus grand explorateur du continent nord-américain. Etabli en 1666 à Montréal, ce fils de famille aurait pu y mener la vie ordinaire d'un riche colon. Mais, enflammé par les récits des Indiens, dont il avait appris les dialectes, il se jure d'être le premier à ouvrir un passage vers la « grande mer de l'Ouest » (le Pacifique) et vers la Chine. Appuyé par le gouverneur général Frontenac, soutenu par Colbert et par Louis XIV, il multiplie les expéditions vers les Grands Lacs et les vallées de ['Illinois et de ['Ohio, laissant derrière lui un réseau de forts qui lui vaudront le surnom mérité de « Vauban de la Nouvelle-France ».

Après plusieurs tentatives infructueuses, l'infatigable voyageur, parti de Saint Louis des Miamis avec une vingtaine de Français et une trentaine d'Indiens Mohicans et Abénaquis, atteint le Mississippi le 6 février 1682. Le fleuve est encore pris dans les glaces, et il faudra attendre une huitaine de jours pour mettre les canots à l'eau. La descente se fait sans embûches, marquée seulement par la fondation de Fort Prudhomme, du nom de l'un des membres de l'expédition, que l'on avait cru perdu. Dépassant les lieux reconnus, quelques années auparavant, par Louis Jolliet et Jacques Marquette, les Français entrent chez les Arkansas, puis chez les Natchez, qui leur réservent un accueil amical. Mais les tribus étant en guerre, on ne s'attarde pas. Le fleuve s'élargit. Bientôt, la végétation se fait plus luxuriante et les premiers alligators apparaissent. Le 5 avril, on remarque que l'eau à un goût saumâtre. Le 6, on atteint la fourche du delta. Peu après, on débouche sur la mer. Le 9 avril, on érige une croix, au pied de laquelle on ensevelit une plaque de plomb portant cette inscription: « Au nom de Louis XIV, Roi de France et de Navarre, le 9 avril 1682. » Après avoir chanté le Vexilla regis et un Te Deum triomphal, on tire quelques salves de mousquets, et Cavelier de La Salle lit, en présence d'un notaire amené tout exprès, la proclamation qui donne à Louis XIV le « pays de Louisiane et toutes les mers, ports, provinces, tous les peuples, nations, cités, villages, mines, pêcheries dudit pays ainsi que le long du fleuve Colbert ou Mississippi, et toutes les rivières qui s'y déchargent, depuis ses sources jusqu'à son embouchure dans le golfe du Mexique ».

Reçu quelques mois plus tard par le Roi-Soleil, Cavelier obtient du souverain, flatté de voir son nom associé à de si vastes territoires, quatre navires et 200 hommes pour commencer la colonisation de l’immense région dont il est renommé gouverneur. Partie de La Rochelle en juillet 1684, sa flottille atteint sans encombre le golfe du Mexique, mais, manquant l’embouchure du fleuve, elle se fourvoie plus à l'ouest, dans la baie de Galveston.

La région est inhospitalière et la fondation de Saint Louis du Texas se fait dans de mauvaises conditions. Bientôt, la famine menace. La discorde s'installe. Le 19 mars 1687, Cavelier de La Salle est assassiné par des mutins. Peu après, Saint Louis du Texas est anéanti par les Indiens. Le rêve du grand explorateur normand se termine en tragédie.

Ambassade de France - 30 Janvier 2001


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