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La politique militaire nucléaire de la Chine au Tibet et son impact

Depuis des décennies, le plateau tibétain est utilisé par la Chine à des fins nucléaires. La première arme nucléaire connue a été apportée sur le plateau tibétain en 1971 et installée dans le bassin de Tsaidam (en chinois : Qaidam) au nord de l'Amdo (en chinois : Qinghai). La Chine possède actuellement environ quatre cents cinquante têtes nucléaires dont plusieurs douzaines au moins se trouveraient sur le plateau tibétain.

La Neuvième Académie

La "Neuvième Académie" a été construite au début des années 1960 afin de mettre au point les premières bombes atomiques. Il s'agit d'une ville nucléaire "top secret" située dans Haibei, préfecture autonome du Tibet. A la fin des années 1970, l'Académie a également mis en place une industrie chimique afin de mener des expériences sur le retraitement de l'uranium enrichi. Durant les années 1960 et 1970, elle a fonctionné dans des conditions d'urgence afin de développer la capacité nucléaire chinoise.

Une grande quantité de déchets radioactifs a été rejetée sous forme de boue liquide ou de déchets solides et gazeux. Initialement, les déchets radioactifs étaient déversés dans des décharges peu profondes et peu étanches. De plus, la Neuvième Académie est située sur un terrain marécageux, ce qui permet à l'eau polluée et aux particules radioactives de s'infiltrer facilement dans les nappes phréatiques qui se jettent dans le lac Kokonor.

Selon une information de l'agence de presse officielle chinoise Xinhua du 20 juillet 1995, la Neuvième Académie aurait été fermée en 1987 et déplacée vers d'autres sites au Tibet oriental. Cependant, le gouvernement tibétain en exil, sur base de ses contacts, met en doute les affirmations selon lesquelles ce centre de production nucléaire aurait été fermé.

Sites de lancement de missiles nucléaires

Dès 1971, la Neuvième Académie était prête à produire ses premières armes nucléaires. La première fournée aurait été amenée au bassin de Tsaidam au nord-ouest de la province de l'Amdo. Ce bassin est l'un des sites de déploiement les plus avantageux grâce à son altitude et à son isolement. La Chine y a établi son site de missiles nucléaires et de lancement de missiles Dong Feng Four (DF-4) au début des années 1970. Le DF-4 est le premier missile balistique chinois intercontinental. Ils auraient une portée de plus de 4 000 km, soit la capacité d'atteindre tout le sous-continent indien. Dans les années 1970, sa portée a été étendue à 7000 km, ce qui permettrait à cette version actuellement déployée sur le plateau tibétain d'atteindre Moscou ainsi que le reste de l'ancienne Union soviétique.

Bases aériennes équipées d'armes nucléaires

Il existe actuellement en Chine trois types d'avions capables d'accomplir des missions de bombardement nucléaire : le bombardier Hong-6, le bombardier Hong-5 et l'avion de combat Qian-5. Le Hong-6 peut couvrir une distance de plus de 3000 km et peut atteindre des cibles en ancienne Union soviétique ou en Inde.

La principale base aérienne militaire est celle de Gongkar, située à 97 km au sud ouest de Lhassa. Elle sert aussi de centre de ravitaillement des forces chinoises situées en zone frontalière.

La tension internationale

Pékin possède maintenant des missiles terrestres, maritimes et aériens, des sous-marins équipés de missiles nucléaires et continue d'acquérir des têtes nucléaires plus petites.

La Chine possède des missiles balistiques intercontinentaux (MBIC) pouvant atteindre la majeure partie du territoire américain.

Avec un total de plus de quatre cents cinquante armes nucléaires, la Chine est véritablement une puissance nucléaire, ce qui crée un déséquilibre stratégique provoquant une tension certaine en Asie du Sud-Est. Or, Pékin n'a toujours pas trouvé de solutions aux disputes territoriales concernant les frontières terrestres et maritimes avec les pays s'étendant de l'Inde à l'Indonésie.

La Chine fournit aussi des missiles et des armes technologiques à des pays comme la Russie, l'Iran, la Syrie, le Pakistan. En fait, ces dernières années la Chine est devenue un des principaux fournisseurs d'armes sur le marché international, derrière les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. Ceci est une menace supplémentaire pour la paix et la sécurité de la planète.

L'Inde et la Chine

Depuis longtemps l'Inde accuse la Chine de la menacer d'une attaque nucléaire. Le développement rapide en Inde d'un arsenal nucléaire, d'une marine puissante, de missiles tactiques à moyenne portée, a augmenté la tension entre Delhi et Pékin. Le nouveau missile indien de portée intermédiaire, appelé Agni, aurait été conçu pour lancer des ogives nucléaires sur des cibles chinoises situées aussi loin que les centres industriels de Chengdu, Lanzhou, Xian et Wuhan.

La Chine a fourni entre 1992 et 1994 plus de cinquante missiles M-11 au Pakistan, ennemi traditionnel de l'Inde. Le Pakistan a stocké les M-11 à la base aérienne de Sargodha et est en train de construire une usine de fabrication de missiles en utilisant de l'équipement chinois. Ce commerce illicite est une violation évidente par la Chine du Traité de non prolifération des armes atomiques qu'elle a signé en 1992.

Dans une lettre adressée au Président Bill Clinton en mai 1998, le premier ministre de l'Inde, A.B. Vajpayee, a résumé le point de vue indien : "Nous avons à nos frontières un Etat possédant ouvertement l'arme atomique, un Etat qui a perpétré une agression armée contre l'Inde en 1962. Pour ajouter à cette angoisse, ce pays a aidé de façon cachée un autre de nos voisins (le Pakistan) à acquérir l'arme nucléaire".

Une nouvelle zone de paix

La militarisation du plateau du Tibet est un problème régional majeur. C'est là que naissent les principaux cours d'eau de l'Inde, de la Chine, du Népal, du Pakistan, du Bouthan, de la Birmanie, du Bangladesh, de la Thaïlande, du Cambodge et du Vietnam. Ces réserves d'eau ne doivent plus être polluées.

Cette militarisation du toit du monde est par ailleurs une cause majeure de tensions internationales, dans la région et au-delà.

Le plateau de Tibet doit être sauvé d'un holocauste nucléaire. Cette responsabilité incombe au gouvernement chinois mais aussi à la communauté internationale. Le Dalaï-Lama a proposé au gouvernement de la Chine que le Tibet devienne une zone de paix, comme il l'a expliqué dans son plan de paix en cinq points présenté le 21 septembre 1998 à Washington.

Si le gouvernement chinois est sérieux dans ses intentions pacifiques régulièrement répétées, il devrait démonter les armes nucléaires installées sur le plateau du Tibet et déclarer celui-ci zone de paix. Il devrait surtout redonner au Tibet son statut traditionnel de zone tampon entre les deux nations les plus peuplées du monde, la Chine et l'Inde.

Raymond MEYERS
2000

Sources:

  • Green Tibet, Dharamsala.

  • Free Tibet, Londres.

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