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Réseau Voltaire: Karnoouh démissionne, mais la ligne est maintenue


Lundi 4 avril 2005


Le Monde, 30 juin 1981. En marge du procès de Robert Faurisson de 1981, Claude Karnoouh déclarait ne pas croire en l'existence des chambres à gaz…
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L
e nouvel organigramme du Conseil d'Administration du Réseau Voltaire vient de subir un nouvel aménagement: alors qu'il avait tout juste été intégré à l'instance de direction du réseau, Claude Karnoouh, chercheur au CNRS et soutien du négationniste Robert Faurisson dès 1981, vient d'en être débarqué. Les autres membres du conseil lui ont en fait demandé de se mettre en retrait pour ne pas être emportés avec lui dans la tourmente. La ligne de défense de Karnoouh était en effet intenable: il ne cesse de répéter qu'il s'était contenté de défendre la "liberté d'expression" de Faurisson, alors que la publication du fac-similé du Monde du 30 juin 1981 montre qu'il affirmait, diplômes de scientifique à l'appui, que "les chambres à gaz n'ont pas existé".

Aujourd'hui, il brandit une nouvelle fois ses certificats universitaires, mais c'est pour affirmer sa supériorité: il refuse de répondre aux arguments avancés par l'éditeur Michel Sitbon ou par Gilles Alfonsi. Claude Karnoouh se réfugie derrière les prérogatives de sa caste. Il est universitaire et ne daigne pas prendre en compte les preuves accablantes apportées par ses contradicteurs. Sous sa plume, cela donne: "Je ne vais pas m'abaisser à répondre à ces gens-là", "Je ne répondrais pas à ces ignorants, Sitbon en tête". A un autre moment, il traite ses détracteurs de "fieffés imbéciles" de gens "qui ne dominent pas leur pensée".

Claude Karnoouh a l'impudence, lui qui ne revient toujours pas sur ses phrases ignobles prononcées lors du procès Faurisson, à instrumentaliser son histoire familiale, à se servir des disparus pour justifier son trajet politique aberrant: "Je suis un antisioniste radical, à la fois par conviction de philosophie politique, mais aussi par respect pour les morts de ma famille dans les camps... Ils ne sont pas morts pour construire Israël, ni pour justifier la guerre en Irak, ni pour légitimer le meurtre des enfants Palestiniens...". Et quelques lignes plus loin, après avoir dit son dégoût de la France, il révèle à ses destinataires le pays de ses rêves: "Je dois l'avouer je me sens mieux en Italie... Même avec Berlusconi!!!!"

Bruno Drweski, composante rouge-brune de la nouvelle direction du Réseau Voltaire pratique différemment dans le courrier qu'il diffuse actuellement sur le Net. Il évite soigneusement d'affronter la réalité, affirmant que Claude Karnoouh est "non membre du Conseil d'Administration du Réseau Voltaire", alors que ce même réseau diffusait sur son site, au lendemain de son assemblée générale, un organigramme comportant le nom du négateur. Après l'arroseur arrosé, le négateur nié! Pas un mot crédible de Bruno Drewski sur les promesses de financement par des puissances étrangères pourtant annoncées à la tribune, seulement la réaffirmation d'une stratégie d'alliances sans morale: "Comme ce fut le cas pendant l'occupation nazie, où l'on ne demandait pas aux résistants s'ils croyaient au ciel ou simplement dans l'homme, s'ils étaient communistes ou chrétiens, juifs ou radicaux, etc.". Une argumentation qui est dans le droit fil de celle que Jean-Paul Cruse (voir nos éditions du 9 février 2005 et du 30 juin 2003) développait dans feu L'Idiot International sous le titre explicite "Vers un Front National". Et l'on retrouve déjà, dans la marmite du Réseau Voltaire nouvelle manière, une partie de ceux qui tentaient de cristalliser cette nébuleuse.

Bruno Drweski ne parvient pas à affronter les déclarations de Karnoouh sur la négation frontale de l'existence des chambres à gaz. Il préfère défendre l'ex-député Jean-Claude Ramos auteur d'un violent dérapage. Et cette défense est révélatrice de la pensée de l'auteur:

"Je rappellerai simplement, pour la science, que le terme de lobby juif ne vient pas des officines antisémites (même si elles peuvent l'utiliser), mais de l'AIPAC, organisation qui se revendique comme représentative du lobby juif (selon l'amalgame pratiquant le terrorisme intellectuel qu'ils veulent imposer: juif=Israël=sionisme / Antisémitisme = critique de la politique de Tel Aviv = antisionisme) aux USA, pays par excellence du lobbying, de toute sorte d'ailleurs: quand on parle du lobby chinois aux USA, qui est en fait le lobby pro-Taiwan, est-ce que cela veut dire qu'on approuve les massacres de Nankin commis par les militaristes japonais en 1937????? On pourrait multiplier les exemples de ce type".

Voilà: la science selon Drweski, établit que c'est le "lobby juif" qui a créé le terme de "lobby juif". Refermons l'égout!

Nous avons reçu de très nombreuses réactions suite à la publication de l'analyse des trois membres démissionnaires du Réseau Voltaire. Particulièrement la lettre que Perline, membre du conseil d'administration, avait adressée en janvier 2003 pour en démissionner. Ce texte contient déjà une partie de la critique des faits qui conduiront à la mort du Réseau Voltaire deux ans plus tard. Nous avons donc décidé, avec l'accord de son auteur, de la publier in-extenso (cliquer ici).

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