MARNE

Département riche et conservateur, la Marne a longtemps été dominée par l'UDF, avant de passer sous le contrôle d'une droite plus marquée, plus libérale, représentée par le RPR puis l'UMP qu'ont rejoint certains élus UDF. La gauche, elle, se caractérise par une présence moins constante. Assez forte au début du XXe siècle, notamment dans le vignoble, elle a effectué une belle percée lors des municipales de 1977, avant de refluer à la fin des années 90, ne conservant plus que quelques bastions urbains. Contrairement au FN qui, bien que fort en zone ouvrière, reste vigoureux dans les campagnes, notamment dans le vignoble et les secteurs de grandes exploitations employant de la main-d'oeuvre immigrée.

Ainsi, après les législatives de 1988, le PS détient-il la seconde circonscription, recouvrant les banlieues de Reims et le Nord-Ouest du département, où il avait marqué des points, et la cinquième, en grande partie sous l'influence de la ville de gauche Vitry-le-François. Les gaullistes dominent le reste du bassin rémois, ainsi que les campagnes traditionnellement conservatrices autour de Châlons. L'UDF, déjà minoritaire, ne conserve que la 6e circonscription, représentée par le maire d'Epernay Bernard Stasi, la seule où le FN dépasse les 10 %.

Un élément qui sera sans doute pour beaucoup dans la défaite de Bernard Stasi, principale surprise du scrutin de 1993. Alors que la gauche est éliminée du premier tour, le député sortant se retrouve face au maire divers droite de Cumières Philippe Martin. Même s'il a obtenu deux fois mois de suffrages, celui-ci rattrape son retard et gagne le second tour avec 49 voix d'avance. Une victoire due à la mobilisation des électeurs du RPR sur son nom, ainsi que d'excellents reports du FN trop content d'en finir avec l'auteur de "L'immigration, une chance pour la France". La gauche, au vu du grand nombre de bulletins blancs et de l'augmentation de plus de cinq points de l'abstention, ne s'est absolument pas mobilisée en faveur de M. Stasi. M. Martin choisira de siéger dans le groupe technique République et Liberté, avant de se rapprocher de Philippe de Villiers, puis du RPR.

Ce dernier réalise une très bonne affaire. Il balaye la gauche dans la seconde, repasse au premier tour dans la 1ere et a facilement raison du PCF dans la 4e et du FN dans la 3e. A noter que l'extrême-droite dépasse cette fois-ci les 12 % partout. Le seul motif de satisfaction pour les centristes est le gain de la 5e circonscription sur le PS.

La vague rose de 1997 épargne les six sortants, même si le premier tour fut assez médiocre. Aucun d'entre eux, pas même le maire RPR de Reims Jean Falala, habitué aux bons scores, n'atteint les 40 %. Au second tour, les victoires sont étriquées, notamment dans la seconde, où Jean-Claude Etienne l'emporte avec moins de 800 voix d'avance. A noter que Reims et Châlons ayant voté majoritairement à gauche, ce sont les campagnes qui ont sauvé la mise de la droite. A Vitry-le-François, le centriste Charles de Courson se tire plutôt bien de la triangulaire l'opposant au maire Jean-Pierre Bouquet et au FN Jérôme Malarmey.

La droite renoue avec les larges victoires en 2002. Alors que Bruno Bourg-Broc et Charles de Courson retrouvent leur fauteuil au premier tour, Jean-Claude Thomas et Philippe Martin ont facilement raison des candidats verts investis par la gauche plurielle. Quant à Francis Falala et Catherine Vautrin, ils réussissent honorablement les successions de Jean Falala et Jean-Claude Etienne.

En 2007, Charles de Courson est une nouvelle fois réélu au premier tour, comme son voisin Philippe Martin. A Reims, ce sont les anciens ministres qui s'imposent. Catherine Vautrin a assez facilement raison d'Adeline Hazan. En revanche, Renaud Dutreil, élu jusque-là dans l'Aisne, doit batailler pour s'imposer dans la 1ere circonscription. Il parvient toutefois à distancer le conseiller général socialiste Eric Quenard et surtout le député sortant Francis Falala, non réinvesti par l'UMP. Il est élu assez facilement au second tour, malgré de mauvais reports de voix de droite.

Au conseil général, la gauche a plus que doublé sa représentation, passant de 8 à 17 sièges depuis 1992. Elle s'est surtout renforcée dans l'agglomération rémoise, dans l'Argonne et dans le bassin d'Epernay, mais reste globalement faible dans les campagnes.

En 1994, l'assemblée départementale, alors présidée par le centriste Albert Vecten, voit les sans étiquette se renforcer, au détriment du RPR et des centristes. En 1998, le PS gagne trois sièges, en duel face à la droite à Epernay II et Vitry-Ouest, et dans une triangulaire avec la droite et le FN à Thiéblemont. En 2001, la progression se fait au détriment des élus ne se représentant pas, comme à Reims V. Cette séquence voit aussi le basculement officiel du département de l'UDF au RPR, avec l'élection de René-Paul Savary. La gauche continue sa percée en 2004 en empochant Reims III et VI. En 2008, elle échoue face à l'UMP et au MODEM à Givry-en-Argonne et Marson mais reprend Fismes et continue sa percée à Reims, parallèlement à son succès municipal, en faisant basculer le dixième canton. Un scrutin qui voit aussi le PCF disparaître du conseil général, au profit des Verts, qui leur prennent Chalons III dans une triangulaire avec le PS et l'UMP.

Il fut un temps où la gauche détenait les trois plus grandes villes du département. Ici, la vague rose de 1977 s'est teintée de rouge, puisque les communistes ont pris sans coup férir Epernay et Châlon, communes abritant certes de nombreux ouvriers, mais surtout Reims, ancienne place-forte ecclésiastique, où l'électorat de droite est resté assez méfiant vis-à-vis du candidat gaulliste Jean Falala. Il s'est vite rattrapé en 1983, en lui donnant cette fois les clefs de l'hôtel de ville. Epernay est également revenue à droite cette année-là.

Le fief communiste de Châlon a tenu bon jusqu'en 1995. En très nette perte de vitesse, le maire Jean Reyssier s'est retrouvé au premier tour à plus de 11 points derrière le député RPR Bruno Bourg-Broc. Au second tour, ce dernier rassemble davantage sur son nom et le bat de 2508 voix.

Le PS, de son côté, avait gagné Vitry en 1989, avant de la perdre en 2001. Il avait cette même année de sérieuses vues sur Reims. Malade, Jean Falala avait laissé en 1999 son fauteuil à son adjoint centriste Jean-Louis Schneiter, mais désigna en 2001 Jean-Claude Thomas comme son successeur. Dans ce contexte, la gauche présente la députée européenne Adeline Hazan. Celle-ci rassemble plus d'un tiers des voix, talonnée par la liste du maire. Avec 23,75 % des voix, Jean-Claude Thomas, jette l'éponge. Cependant, cette primaire sauvage laisse des traces, puisque Jean-Louis Schneiter ne bat au second tour que de 1571 voix une liste PS qui avait pourtant bien moins de réserve de suffrages que la sienne.

Le retrait de Jean-Louis Schneiter de la vie politique en 2008 provoque une nouvelle lutte fratricide à droite. Cette fois-ci, l'ancienne ministre Catherine Vautrin s'oppose, en dissidente, au député Renaud Dutreil, qui a obtenu l'investiture de l'UMP. Ce qui occasionne un score inédit d'Adeline Hazan, qui domine largement le premier tour avec 42,06 %. Catherine Vautrin rassemble à peine plus du quart des suffrages, talonnée de 179 voix par Renaud Dutreil. Ce dernier se retire mais tarde à apporter son soutien à Mme Vautrin, investie par l'UMP mais largement battue au second tour par une candidate socialiste qui a mobilisé bien au delà de son camp. Le PS profite également de la division de la majorité de droite pour s'emparer de Vitry-le-François dès le premier tour.

La faiblesse de la gauche dans les campagnes la prive de toute chance d'obtenir un siège de sénateur. En 2001, elle fait cependant mieux qu'en 1992, avec 290 voix en liste contre 239 en candidature isolée. Avec 1022 suffrages sur 1491, l'union RPR-UDF fait élire ses trois listiers Yves Detraigne, Françoise Férat et Jean-Claude Etienne.

Sources: Le Monde, Nouvelle géopolitique des régions françaises, L'état des régions françaises


Fond de carte: Géoatlas

Carte 1: circonscriptions législatives

(source: Le Monde)

Chronologie des députés

1 REIMS I, II, V, VI

1988 Jean FALALA (RPR)

2002 Francis FALALA (UMP)

2007 Renaud DUTREIL (UMP)

2 REIMS III, VII, IX

1988 Georges COLIN (soc.)

1993 Jean-Claude ETIENNE (RPR)

2002 Catherine VAUTRIN (UMP)

2005 Philippe FENEUIL (UMP)

2007 Catherine VAUTRIN (UMP)

3 REIMS IV, VIII, X

1988 Jean-Claude THOMAS (RPR)

4 CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE

1988 Bruno BOURG-BROC (RPR)

2007 Benoist APPARU (UMP)

5 VITRY-LE-FRANCOIS

1988 Jean-Pierre BOUQUET (soc.)

1993 Charles-Amédée DE COURSON (UDF)

6 EPERNAY

1988 Bernard STASI (Un du Centre)

1993 Philippe MARTIN (Rép. et Lib.)

 

Sénateurs

Yves DETRAIGNE (Un. centriste); Jean-Claude ETIENNE (UMP); Françoise FERAT (Un. centriste)

 

Conseil général de la Marne

15 PS, 15 UMP, 7 divers droite, 3 NC, 2 MODEM, 1 divers gauche, 1 Vert

président: René-Paul SAVARY (UMP)

 

Maires

REIMS: Adeline HAZAN (PS)

CHALONS-EN-CHAMPAGNE: Bruno BOURG-BROC (UMP)

EPERNAY: Franck LEROY (UMP)

VITRY-LE-FRANCOIS: Jean-Pierre BOUQUET (PS)

TINQUEUX: Jean-Claude FORTUNE (divers droite)

CORMONTREUIL: Jean MARX (PS)

BETHENY: Jean-Louis CAVENNE (PS)

SAINT-MEMMIE: Pierre FAYNOT (divers droite)

SEZANNE: Philippe BONNOTTE (divers gauche)

FISMES: Jean-Pierre PINON (divers gauche)

FAGNIERES: Alain BIAUX (Les Verts)

SAINTE-MENEHOULD: Bertrand COUROT (UMP)

MOURMELON-LE-GRAND: Fabrice LONCOL (divers droite)

WITRY-LES-REIMS: Yves DETRAIGNE (MODEM)

AY: Dominique LEVESQUE (PS)

MONTMIRAIL: Monique DUTEIL (UMP)

SAINT-BRICE-COURCELLES: Alain LESCOUET (divers gauche)

 

Sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur

Fond de carte: Géoatlas

Carte 2: cantons

(sources: Le Monde, ministère de l'Intérieur)


Fond de carte: Géoatlas

Carte 3: communes 

(sources: Le Monde, Journal officiel, L'Elu d'aujourd'hui, ministère de l'Intérieur, Education nationale)

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