PHILIBERT DE L'ORME

Des toitures pas comme les autres.
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Croquis_charpente

I -
Qui était Philibert de l'Orme ?
II -
Qu'est-ce qu'une toiture dite à la Philibert de l'Orme ?
III -
Comment reconnaître une toitureà la Philibert de l'Orme.
IV -
Les toitures à la Philibert de l'Orme dans le Calvados.
V -

Eléments bibliographiques.

 

Croquis_de_Philibert_de_l'Orme

I - Qui était Philibert de l'Orme ?

Il existe peu d'informations sur les premières années de la vie de Philibert de l'Orme, sa date de naissance même reste sujette à caution (1510?). On sait qu'il s'est rendu à Rome en 1533 puis a aménagé à Lyon, l'hôtel dit "Bullioud", rue de la juiverie.

On suivra mieux sa trace à partir de 1540 et au travers de ses différents travaux ou de sa vie écclésiastique.

La "carrière" religieuse de Philibert de l'Orme est régulièrement ponctuée de divers sacerdoces dont : abbé de Saint-Barthélemy à Noyon (1548), abbé d'Ivry-sur-Eure (1549), chanoine au chapître de Notre-Dame de Paris (1550), abbé de Saint-Eloi à Noyon (1551), à nouveau chanoine au chapître de Notre-dame de Paris (1561) où il deviendra un an plus tard, le capitaine et surintendant de la défense contre les huguenots.

Nous nous étendrons davantage sur ses travaux liés à l'architecture. C'est lui qui débutera les travaux du château de Saint-Maur les Fossés en 1541 avant d'être nommé quatre ans plus tard, inspecteur général des fortifications de Bretagne. Il atteint la reconnaissance en 1547 lorsqu'il est officiellement nommé Architecte du Roy. Dés lors, les traces qu'il laissera pour le patrimoine architectural français, deviennent abondantes.
Tout d'abord, Fontainebleau auquel son nom restera étroitement associé. C'est là qu'en 1548 il travaille sur le cabinet de la reine et la galerie dite Henri II, puis en 1551 sur la chapelle de la Trinité et 3 ans plus tard sur la chapelle Haute, avant d'entreprendre en 1558 l'escalier monumental.
Toutefois, Philibert de l'Orme ne saurait se résumer au seul château de Fontainebleau. dés 1548, il œuvre au château royal de Saint-Léger en Yvelines et à la Sainte Chapelle à Vincennes. C'est à lui que l'on confie le début des travaux du tombeau de François 1er. à Saint-Denis.
De nombreux autres châteaux portent la trace de Philibert de l'Orme. Ceux de Vincennes (1549), de Villers-Cotterets, Chenonceau ou Saint-Germain en Laye (1556/1957) le font connaître. Sa renommée dépasse les frontières et on le retrouve au château de Madrid (1550). Plus modestement, il bâtit sa propre demeure rue de la Cerisaie à Paris (1554)
En 1556, il obtiendra une nouvelle consécration en devenant "Maître des Comptes". Malheureusement, l'heure de la disgrâce va bientôt sonner. En 1559, Henri II meurt et son successeur le roi François II (au règne si bref) ne le reconduit pas dans ses fonctions de "maître des comptes" et plus encore comme architecte du Roy !
Philibert de l'Orme ne se décourage pas et en profite pour écrire. En 1561, il finit d'écrire ses "Nouvelles Inventions" (sous-titré "pour bien bâtir et à petits frais" !) et qui sera édité la même année par Frédéric MOREL. La disgrâce de Philibert de l'Orme ne dure guère. Nous le retrouvons plus inventif que jamais, en 1563 sur un projet pour les Tuileries et l'extension de Saint-Maur. En 1564, il habite dans une maison dans le cloître de Notre-Dame de Paris. Il sera donc à pied d'oeuvre lorsqu'il s'agira de réparer les voûtes de la cathédrale.
C'est en 1567 qu'il publie son ouvrage de référence "Le 1er. tome de l'Architecture" en neuf livres auquel seront joints les deux livres supplémentaires de ses "Nouvelles inventions" lors de sa réédition un an plus tard. Souvent réédité, il est toujours disponible actuellement et malgrè son usage du vieux françois, sa lecture reste enrichissante par la découverte des "principes et méthodes" de l'architecture selon Philibert de l'Orne. Cet ouvrage remarquable sera en quelque sorte son testament. Philibert de l'Orme meurt en effet le 08 janvier 1570 à l'âge, vénérable pour l'époque, de 60 ans. Il sera inhumé dans la grande nef de Notre-Dame de Paris.

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II - Qu'est-ce qu'une toiture dite à la Philibert de l'Orme ?

C'est au livre X de son "Premier tome de l'architecture" (c'est-à-dire en fait dans son ouvrage des "Nouvelles inventions"), que Philibert de l'Orme décrit le principe de base de la charpente devant supporter ce nouveau type de toiture. Tout repose sur une théorie simple, employer du bois court pour des constructions à grand développement.

Croquis_assemblage_charpente_1 Croquis_assemblage_charpente_2

 

Dés le chapitre V, les plans et illustrations abondent car il s'agit bien là d'une sorte de cours d'architecture que nous offre Philibert de l'Orme.Tout y est passé en revue du choix du bois (II - Quels arbres sont commodes pour notre invention ...) à la construction proprement dite (V - comme les courbes et hémicycles pour faire les combles, se commencent à assembler sur les murs). Le résultat au bout du compte est une charpente toute en courbes faite de multiples pièces qui laissent des combles vastes et dégagées.

Photo_charpente_Philibert


Extérieurement le résultat n'en est pas moins original car on y retrouve bien évidemment ces mêmes courbes douces et raffinées. Décrite en langage de tous les jours, une toiture dite à la Philibert de l'Orme, ressemble comme deux gouttes d'eau à la coque d'un bateau renversé !

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