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    George Hincapie, le garde du corps

    Posté le Mardi 02 juin 2009 @ 22:20:00

    Que sont devenus les coéquipiers de l'US Postal version 1999 ? 10 ans après le premier Tour victorieux d'Armstrong, www.cyclismag.com fait le portrait de ses domestiques, devenus leaders ou oubliés. George Hincapie, le seul à avoir accompagné son ami texan dans ses sept succès, espère redevenir son lieutenant en 2010.







    Par Maxime Lafage

    17 juillet 2005. Le peloton s’apprête à vivre l’étape la plus éprouvante des Pyrénées. Cinq cols de première catégorie, une arrivée hors catégorie au sommet de Saint-Lary-Soulan pour 206 kilomètres inquiétants. Les visages sont fermés. Armstrong porte le maillot jaune. La veille, il s’est permis d’écraser le trio de la T-Mobile : Vinokourov, Ullrich, Klöden. George Hincapie, jusqu'alors confiné dans un rôle de coéquipier zélé, présent depuis 1999 aux côtés de Lance Armstrong dans ses Tour de France victorieux, en profite pour prendre le large. Dès le début de la course, il s’échappe en compagnie d’une dizaine d’hommes. En ce matin brumeux, l’écart se creuse. Mais l’on n'ose pas imaginer un instant qu’un tel dessein réussisse. Hincapie, lui, n’est certainement pas le meilleur grimpeur du groupe. Pourtant, six heures plus tard, sous un soleil accablant, il parvient à se défaire d’Oscar Pereiro, le fluide grimpeur ibérique. L’image de Lance Armstrong félicitant son fidèle lieutenant, tout comme cette improbable victoire, marque les esprits.

    RÉVÉLÉ SUR LES FLANDRIENNES EN 1999

    George Hincapie voit le jour le 29 juin 1973 dans une mégalopole mondiale, bouillonnante et hétéroclite. New York. Loin, très loin des campagnes grises et retirées des Flandres. Pourtant, trente années plus tard, "Big George", 1m90 pour 77kg, habite en Belgique et ne vit que pour deux courses : le "Ronde" et Paris-Roubaix. Quand on lui demande s’il se considère comme un vrai "flandrien", il répond (1) : "Non, moi je suis né à New York. Les flandriens, selon moi, ne peuvent-être que des gars nés ici, au plus profond de la Flandre. Et puis, je sais aussi me défendre sur d’autres épreuves, dans la montagne, les sprints, les chronos. Je suis fier aussi de cela".
    Pourtant, Hincapie se révèle sur les pavés, au printemps 1999, deux mois avant le départ du Tour de France. Il a 26 ans. Il est professionnel depuis cinq saisons. Plutôt catalogué comme un sprinteur. C’est l’étonnement général lorsque il échoue au pied du podium de la semi-classique Gand-Wewelgem. Quatre jours plus tard, il récidive sur le vélodrome de Roubaix : encore quatrième. Sa carrière est lancée. Les médias s’enthousiasment de cet Américain, capable de voltiger sur les pavés. Lorsqu’on lui demande plus tard comment il s'est exercé à ce terrain, Hincapie s’explique : "C’est difficile à expliquer. Moi, j’ai appris à courir à Central Park, au beau milieu de New York. Il y avait des courses tous les samedi et dimanche. Le mercredi, je roulais sur piste, avec des coureurs confirmés. J’apprenais beaucoup. Et puis, on roulait par tous les temps. La pluie, la neige, le brouillard, rien ne nous arrêtait. En débarquant en Belgique, je me suis tout de suite senti prêt pour ces courses difficiles". Hincapie a un coeur de flandrien dès 1994. Il se souvient de son premier Paris-Roubaix : "Ce jour là, il faisait un véritable temps de chien. Il devait y avoir quarante coureurs à l’arrivée. Là, je me suis dit que c’était une course pour moi. Elle m’inspirait beaucoup de respect, tout comme le Ronde".

    UNE LONGUE AMITIÉ AVEC ARMSTRONG

    Deux mois plus tard, le New-Yorkais n'avait pas prévu le retour fracassant de son ami Lance Armstrong et sa première victoire dans le Tour. Le Texan a été victime d’un cancer deux ans plus tôt. George Hincapie l'a accompagné dans le premier cercle des proches. Les deux hommes sont amis depuis leur rencontre en 1994 chez Motorola. Il s'agit de leur première équipe professionnelle à tous les deux. : « La première fois que j’ai vu Lance, j’ai tout de suite compris qu’on allait bien s’entendre", se souvient Hincapie. "Quand je cours les classiques, je ne pense qu’à moi. Sur le Tour, c’est tout pour Lance et l’équipe". Hormis Gand-Wewelgem 2001, son parcours est en deçà des espérances, le New-Yorkais gagne peu. Toujours bien placé sur les classiques, il échoue toujours d’un fil.
    Pendant sept ans, George Hincapie doit se concentrer sur le mois de juillet au moins autant que sur ses chères classiques flandriennes. Il sera de tous les Tours d'Armstrong, de toutes les victoires. Dans le dispositif US Postal, il est normalement affecté aux routes plates et au pied des cols. Mais très vite, il étonne en emmenant les favoris sur des pentes sévères, quand d'autres coéquipiers de l'US Postal, réputés meilleurs grimpeurs, sont décrochés. Ces progrès en montagne sont couronés par la victoire à Saint Lary Soulan, en 2005. Le sommet controversé d'une carrière.

    "DEPUIS QUE LANCE EST PARTI, JE ME SENS SEUL"

    George Hincapie poursuit sur sa lancée d’après-Tour. Il s'impose au GP de Plouay, sous les huées d’un public breton remonté après les révélations de dopage du journal L’Equipe. Dans sa tête, il doute. Pas tant de cette impopularité que de la vie sans Lance Armstrong. Visé par les accusations de la presse remontant au Tour 2005, le champion américain vient de raccrocher. Que va faire son lieutenant ? "C’est sûr, ce sera un drôle de Tour sans Lance. Quant à moi, je ne sais pas combien de temps je me fixe : un, deux ou trois ans", s'interroge Hincapie. Il ajoute, convaincu (2) : "Mais il ne faut pas vivre avec le passé. Nous sommes pros, payés pour faire un job. Dans un an, il faudra que je sois en excellente condition pour épauler le leader désigné de l’équipe". Il pense à l’Ukrainien Yaroslav Popovych. Mais ce dernier ne remplacera jamais le Texan.
    Début 2006, le mensuel Velomania ose même le débat : et si Hincapie devenait leader de Discovery Channel et remportait le Tour ? Il roule vite contre-la-montre, tient parfaitement le coup pendant trois semaines, et s'est adjugé une étape en altitude... Mais sur son premier Tour sans Armstrong, Hincapie ne fait guère illusion : il termine 32e, à 1h11'14" de Pereiro. Fin 2007, il s’en va monnayer son talent chez la rivale de toujours de feue US Postal : la T-Mobile. En parallèle, il crée sa propre marque de vêtements et un parc hôtelier de 150 hectares, aux côtés de son frère. "J’aimerais développer et réussir mon business à la fin de ma carrière", annonce-t-iil. Ainsi, il commence à s’éloigner du cyclisme, à penser à son futur. Un jour, il concède : "C’est vrai que depuis Lance est parti, je me sens un peu plus seul."

    UNE NOUVELLE JEUNESSE DÈS 2009

    Quand Lance Armstrong annonce son retour à la compétition en septembre 2008, en marge des Mondiaux, Hincapie est le premier à prévenir les observateurs : "Attention, avec lui, tout est possible !". Son envie revient, sa fougue aussi. Armstrong s’engage chez Astana, tandis-que le New-Yorkais continue chez Columbia. Ce dernier n’exclut pas un retour aux côtés de son ami, dès 2010. Les soucis financiers des oligarques kazakhs ainsi que le souhait émis par Armstrong de créer sa propre équipe sont autant d’éléments qui peuvent reconstituer le duo. Les deux hommes en ont probablement discuté en janvier dernier, lors du Tour Down Under. Quittant leur équipiers respectifs le temps d'un dîner, ils se sont retrouvés pour parler du passé, ou du futur, on ne sait pas. Sur le Tour de France 2009, les deux Américains connaîtront une nouvelle jeunesse. Avant peut-être, un épilogue conjoint l’année prochaine. La fin de carrière de George Hincapie pourrait avoir lieu au vélodrome de Roubaix. Celle du leader texan sur les Champs-Élysées. À moins qu’ils n’inversent les rôles, une dernière fois, et qu'Armstrong aide son ami à réaliser son rêve : remporter l'Enfer du Nord.

    (1) Dernière heure-Les sports, avril 2005.
    (2) Cyclisme 2005, numéro 15S, août 2005.


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    Crédit photos : Régis Garnier - www.velofotopro.com


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