Alors qu'après Carmen en 2010, il s'attaque à Don Giovani de Mozart, Patrick Poivre d'Arvor se plonge pour nous dans son enfance.

« Nous habi­tions, mes parents, ma sœur cadette Cathe­rine, mon petit frère Olivier et moi dans le centre de Reims, à deux pas de la cathé­drale, au quatrième étage d'une maison de la rue Clovis. Papa était repré­sen­tant en chaus­sures puis il est devenu direc­teur commer­cial de sa société. Maman était mère au foyer. Le dimanche, nous déjeu­nions avec nos grands-parents qui habi­taient l'étage du dessous, et je me souviens que nous avions droit à une coupe de cham­pagne. J'ai d'ailleurs dû boire mes premières gouttes de cham­pagne à l'occa­sion de mon baptême à l'âge de deux mois!On est cham­pe­nois ou on ne l'est pas! Je conti­nue à l'appré­cier parfois, comme en ce moment pour me détendre après une grosse jour­née de répé­ti­tion de Don Giovanni.

J'étais un enfant plutôt timide, sauvage, j'avais du mal à commu­niquer avec les autres, j'avais donc peu de petits cama­rades. J'aurais pu jouer avec ma sœur, qui n'avait qu'un an de moins que moi, mais bon, c'était une fille! Quant à Olivier, c'était diffi­cile: il avait onze ans de moins. J'ai donc eu une enfance assez soli­taire. Mes seuls amis étaient les livres. Les héros de romans et leurs auteurs faisaient partie de ma famille. J'ai commencé par Le petit Prince, bien sûr, puis j'ai dévoré les romans de Tour­gue­niev, Sten­dhal, etc. J'aimais tout ce qui était roma­nesque. C'est à cette époque que j'ai contracté le goût de lire la nuit. Enfin, ce qui me semblait la nuit pour le petit garçon que j'étais, mais ce devait être un peu tard dans la soirée. En tout cas, pour ne pas me faire gron­der par ma mère, je me cachais sous mes couver­tures et m'éclai­rais d'une lampe de poche. A douze ans, j'alter­nais avec un tran­sis­tor sous les draps, une façon de braver l'inter­dit et de m'ouvrir au monde. Ces moments racontent peut-être mon isole­ment, mais j'ai compris combien ils m'ont enri­chi.

A l'âge de treize ans, j'ai été victime d'une leucé­mie. On m'a envoyé en sana­to­rium, en Alsace. Un coup dur du destin que j'ai raconté dans mon premier roman, écrit à l'âge de dix-sept ans, Les enfants de l'aube (devenu un best-seller, il a été vendu à 1,7 million d'exem­plaires et adapté en télé­film en 2004 par Marc Angelo avec Thierry Lher­mitte et Méla­nie Thierry, ndlr). Pour la partie sana­to­rium, je m'étais inspiré d'un des romans que j'avais beau­coup aimé, La montagne magique de Thomas Mann. Ce furent des semaines diffi­ciles, de celles qui forgent un autre regard sur la vie et déter­minent bien des choses ensuite. Heureu­se­ment, j'avais de l'avance à l'école. J'ai eu mon bac tôt, à quinze ans. J'étais papa de ma première fille, Doro­thée, à seize. Une enfance un peu spéciale, oui. C'est sans doute pour cela que je suis toujours en train de courir après mon adoles­cence. »

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2014-06-30T07:29:00+0000
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