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Métropole bordelaise : enjeux et perspectives d’un recentrage de la croissance démographique girondine

Kevin de Biasi, Christian Tchiveindhais

Résumé

La forte croissance démographique que connaît aujourd’hui la Gironde est en lien avec le dynamisme et l’attractivité de la métropole bordelaise. Toutefois, elle se localise en majeure partie en périphérie de la métropole, hors du territoire de la Communauté urbaine de Bordeaux (Cub). Elle nourrit donc un étalement urbain important, source de déséquilibres réels ou potentiels.

Aussi la Cub, dans son "Projet métropolitain", s’est-elle donné pour objectif de recentrer cette croissance sur son territoire. Elle vise ainsi une population d’un million d’habitants à l’horizon 2030 contre 720 000 aujourd’hui. La Cub doit pour cela amplifier sa propre attractivité et accroître sa capacité à répondre aux besoins de la population (logements, équipements…), notamment en faveur des jeunes ménages et des familles.

La simulation réalisée sous différentes hypothèses de recentrage métropolitain proposées par la Cub montre toutefois que pour atteindre le million d’habitants un renforcement de l’attractivité globale de la Gironde est essentiel, y compris dans la Gironde hors Cub.

Sommaire

Encadrés

Publication

Perspective de recentrage de population

Si l’agglomération bordelaise bénéficie de l’attractivité globale de la région Aquitaine et y contribue pleinement, sa croissance démographique au cours des vingt dernières années est cependant plus lente que celle des territoires qui l’entourent.

L’enjeu du projet métropolitain et des politiques menées par la Cub (cf. encadré) est de rompre avec cette tendance au mitage du territoire girondin et de recentrer le développement dans les secteurs urbanisés concentrant les équipements, les services et l’offre de transport en commun. Pour la Cub, il s’agit donc :

  • d’une part, de créer les conditions favorables pour retenir et accueillir des habitants, qui, bien que travaillant aujourd’hui dans la Cub, font le choix d’habiter hors de la Cub ; ce choix est bien souvent rendu nécessaire pour des raisons d’offre insuffisante ou inadaptée en matière de logement, se traduisant notamment par des coûts hors de portée d’un grand nombre de ménages ;
  • d’autre part, de renforcer l’attractivité de l’agglomération bordelaise, dans une dynamique métropolitaine, en jouant pleinement de l’effet levier que peut constituer la mise en service de la ligne à grande vitesse (LGV) vers Paris, puis vers Toulouse et l’Espagne, et de grands projets d’aménagement tels que l’opération d’intérêt national Euratlantique.

Cette étude vise uniquement à tester l’impact d’une politique de recentrage de la population. Elle ne porte pas sur un scénario d’attractivité renforcée de la Gironde sous l’effet des grands projets actuels.

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Deux tiers de la croissance démographique girondine se diffuse au-delà de la Cub

En 2009, 716 000 habitants résident dans la Communauté urbaine de Bordeaux (28 communes - cf. encadré méthodologique). Deux tiers de l’accroissement girondin des vingt dernières années s’est diffusé hors de la Cub : entre 1990 et 2009, le taux de croissance annuel moyen de la population est de 0,7 % dans la Cub et de 1,1 % dans le reste de la Gironde. Dans le même temps, 57 % de l’accroissement de l’emploi girondin s’est fait dans la Cub : l’emploi a progressé de 1,2 % en moyenne annuelle dans la Cub et de 1,6 % dans la Gironde hors Cub.

Le poids démographique de la Cub dans le département est ainsi passé de 52 % à 50 %. Le poids de la Cub dans l’emploi girondin a également chuté de quelque deux points, quasi exclusivement au profit de la périphérie de la Cub passant de 64 % à près de 62 %.

En 2030, si les tendances passées se poursuivaient, 794 000 personnes habiteraient dans la Cub et la croissance démographique se ferait à un rythme constant, soit au final un gain de près de 80 000 habitants. Elle serait deux fois et demie moins rapide que celle du reste de la Gironde (+ 0,46 % par an en moyenne contre + 1,09 %). Le reste du département de la Gironde gagnerait 197 000 habitants. Ainsi le poids de la communauté urbaine dans la population girondine baisserait à 47 %.

Selon que l’on envisage les hypothèses les plus optimistes ou les plus pessimistes en matière de fécondité, de mortalité et d’échanges migratoires avec le reste du monde, la population de la Cub serait comprise entre 760 000 et 829 000 habitants en 2030. Celle du reste de la Gironde serait comprise entre 861 000 et 924 000 habitants.

D’ici 2030, selon le scénario tendanciel, le poids de la Cub dans la population girondine baisserait à 47 %

Graphique : Projections démographiques à l’horizon 2030 de la Gironde, de la Cub et du reste du département - scénario tendanciel, hypothèses centrale, haute et basse


L’horizon 2030 correspond à l’arrivée aux âges élevés des générations du baby-boom : une personne née en 1950 aura 80 ans en 2030. En vertu du mécanisme des migrations résidentielles, la Cub connaîtrait un vieillissement moins fort que le reste du département et de la région.

La croissance démographique de la Cub est due en majorité à l’excédent naturel. Ce dernier est toutefois le résultat indirect des migrations. Si la Cub n’accueillait plus de population par le jeu des migrations, sa population diminuerait à partir de 2022 car les naissances seraient moins nombreuses que les décès. C’est entre 18 et 24 ans, que le solde des arrivées par rapport aux départs est le plus excédentaire. À l’inverse, c’est aux alentours de 30 ans qu’il est le plus déficitaire. Il est également sensiblement déficitaire pour les enfants.

C’est donc bien l’afflux de jeunes venant dans un premier temps faire leurs études et ayant des enfants dans les années qui suivent qui permet à la Cub d’avoir un solde naturel important.

La Cub attire plus particulièrement les jeunes

Graphique : Solde migratoire annuel moyen de la Cub par âge révolu


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Une stratégie de recentrage de la population girondine dans la métropole bordelaise

Depuis le début des années 2000, le dynamisme démographique de la Gironde se renforce. L’évolution de la population, avec un taux annuel moyen de 1,1 %, situe la Gironde au 17e rang des départements métropolitains. Cependant, en termes de migrations nettes, elle se hisse à la 1re place. À titre de comparaison, la Haute-Garonne est au 2e rang, tant pour l’évolution relative de population que pour les migrations nettes, la Loire-Atlantique se situant respectivement aux 16e et 7e rangs.

La croissance démographique de la Gironde est le résultat de différents flux que l’on peut approcher au regard du lieu de résidence cinq ans auparavant.

Des échanges importants entre la Cub et le reste de la Gironde

Carte : Flux migratoires entre 2003 et 2008


Le projet métropolitain de la Cub (cf. encadré) vise à mettre en place une stratégie de recentrage de la population girondine dans le cœur d’agglomération. Dans cette optique, la Cub souhaite simuler les effets de deux hypothèses modifiant deux flux du scénario tendanciel :

  • hypothèse interne : la Cub "retient" la moitié des sortants en direction du reste du département ;
  • hypothèse externe : la Cub "capte" la moitié des arrivants en Gironde hors Cub en provenance de l’extérieur du département.

Cette projection ne comporte pas de scénario d’attractivité renforcée de la Gironde sous l’effet des grands projets actuels (LGV, Euratlantique.).

Avec cette double hypothèse de recentrage, la croissance démographique de la Cub serait en forte rupture avec le scénario tendanciel (+ 1,41 % par an en moyenne entre 2007 et 2030 contre + 0,46 %).

Recentrage : une croissance démographique de la Cub en forte rupture avec le scénario tendanciel

Graphique : Projections démographiques à l’horizon 2030 de la Gironde, de la Cub et du reste du département selon les hypothèses de recentrage - scénarios moyen, haut et bas


Dans cette projection, entre 2007 et 2030, l’excédent migratoire de la Cub serait en moyenne de 7 500 personnes par an selon le scénario de recentrage, alors qu’il serait quasi nul selon le scénario central tendanciel. De plus, ces arrivants supplémentaires contribueraient à améliorer l’excédent naturel (effet "jeunes ménages"). Entre 2007 et 2030, ce dernier serait en moyenne de 4 300 personnes par an selon le scénario de recentrage, contre 3 200 selon le scénario tendanciel. Au total, chaque année, 11 800 habitants supplémentaires résideraient dans la Cub contre 3 500 avec le scénario tendanciel.

Les arrivants supplémentaires ralentiraient légèrement le vieillissement de la population de la communauté urbaine. En 2030, le poids démographique de la Cub dans la Gironde s’élèverait alors à 59 %.

À l’inverse de la Cub, la croissance de la Gironde hors Cub est essentiellement assurée par l’excédent migratoire. Dans le cadre du scénario de recentrage métropolitain, conjuguant les deux hypothèses interne et externe, la Gironde hors Cub serait privée de la moitié de son flux entrant. Ainsi, à attractivité constante de la Gironde, elle connaîtrait une décroissance de 0,13 % par an, contre une croissance de 1,09 % par an selon le scénario tendanciel à l’horizon 2030.

L’hypothèse interne - diminution de moitié des sorties de la Cub vers le reste du département - impacte davantage les territoires les plus périphériques de la Cub. Inversement, l’hypothèse externe - captation par la Cub de la moitié des arrivants en provenance de l’extérieur - touche principalement les territoires girondins les plus éloignés de la Cub.

À attractivité girondine constante, la Gironde hors Cub fortement impactée par le scénario de recentrage

Évolutions des populations de la Cub et de la Gironde hors Cub
en 2007 et 2030 selon les différents scénarios
 
Population 2007 Scénario tendanciel central Scénario recentrage Population 2010
Population 2030 Croissance annuelle moyenne (%) Population 2030 Croissance annuelle moyenne (%)
Note : Les projections du modèle Omphale sont basées sur le recensement de 2007 ; les projections partent donc de ce point.
Les populations de 2010 ne sont données qu’à titre indicatif.
Source : Insee, Omphale 2010
Cub 714 000 794 000 0,46 984 000 1,41 721 000
Gironde hors Cub 695 000 892 000 1,09 675 000 - 0,13 728 000
Gironde 1 409 000 1 686 000 0,78 1 659 000 0,71 1 449 000

Les arrivants en Gironde hors Cub sont en moyenne bien plus jeunes que les habitants déjà présents. Ainsi, par rapport au scénario tendanciel, le scénario de recentrage n’a pas d’impact fort sur la structure par âge de la population de la Cub. Il atténue même légèrement son vieillissement. Celui du reste de la Gironde serait en revanche plus fortement accentué. En effet, dans le cas du scénario de recentrage, la population des 65 ans ou plus augmenterait de 3,5 points et celle des moins de 18 ans diminuerait de 1,6 point.

Le recentrage atténue légèrement le vieillissement de la Cub

Structure de la population de la Cub et de la Gironde hors Cub
en 2007 et 2030 selon les différents scénarios
Unité : %
Tranches d’âges Cub Gironde hors Cub
2007 2030 - Scénario tendanciel 2030 - Scénario recentrage 2007 2030 - Scénario tendanciel 2030 - Scénario recentrage
Source : Insee, Omphale 2010
Moins de 18 ans 19,6 18,4 19,0 22,3 20,8 19,2
18 - 64 ans 65,8 61,2 61,5 59,9 54,4 52,5
65 ans ou plus 14,6 20,4 19,5 17,8 24,8 28,3

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Des logements adaptés et "abordables" pour accueillir les nouveaux habitants

Contrairement à l’idée reçue, ce ne sont pas les retraités qui constituent la majeure partie des nouveaux arrivants en Gironde. Parmi les personnes qui viennent du "hors Gironde" pour s’installer en Gironde hors Cub, beaucoup sont de jeunes ménages avec des enfants. Le profil par âge des personnes quittant la Cub pour s’installer en Gironde hors Cub est similaire.

Les deux flux concernés présentent une surreprésentation de jeunes ménages et d’enfants

Graphiques : Populations par âge des deux flux concernés par le scénario de recentrage - graph 1 : Depuis la Cub vers la Gironde hors Cub - graph 2 : Depuis l’extérieur vers la Gironde hors Cub


Par ailleurs, la population venant vivre en Gironde hors Cub est sensiblement différente de la population résidant dans la Cub. En proportion, on y trouve plus souvent des employés, ouvriers ou professions intermédiaires et moins souvent des cadres et professions intellectuelles supérieures.

Attirer ou retenir plus de personnes à l’intérieur de la Cub nécessite donc d’offrir plus de logements pouvant accueillir des ménages avec enfants, accessibles au budget de jeunes ménages et/ou de catégories socioprofessionnelles moins aisées.

Les habitants supplémentaires : plus souvent ouvriers, employés ou professions intermédiaires que les habitants actuels de la Cub

Graphique : Spécificités de la composition socioprofessionnelle des deux flux par rapport à celle de la Cub


À attractivité constante de la Gironde, cette simulation d’un recentrage de la population girondine sur la métropole bordelaise conclut à un risque de déséquilibre entre les territoires girondins. Cette perspective est en contradiction avec les orientations en matière d’accueil de population des différents schémas de cohérence territoriale (Scot) du département.

Cependant, la Gironde dispose d’opportunités et d’atouts. Les grands projets métropolitains visent à développer une nouvelle dynamique urbaine et économique en s’appuyant sur l’effet de levier de la mise en service de la LGV vers Paris, puis vers Toulouse et l’Espagne. En outre, la métropole bordelaise et le département peuvent asseoir leur développement sur certaines grandes filières d’avenir telles que l’aéronautique, les biotechnologies ou les industries de santé.

La réalisation des grands projets métropolitains et le développement de ces filières pourraient contribuer à un développement équilibré des territoires girondins, combinant à la fois métropolisation de l’agglomération bordelaise et polycentrisme à l’échelle girondine. Cette perspective permettrait de répondre aux ambitions communes affichées par les différents territoires dans le cadre de la démarche de l’Interscot girondin.

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Encadrés

Le partenariat Insee - Cub

La démarche de prospective engagée pour l'élaboration du projet métropolitain de la Cub avait mis en évidence la nécessité d'explorer les perspectives démographiques à horizon 2030 et de mesurer les effets et les impacts sur l'ensemble des composantes de l'agglomération.

Dans ce cadre la Cub et l'Insee Aquitaine ont un intérêt commun à approfondir les réflexions démographiques et ont décidé en 2012 de mettre en place une convention triennale de coopération. Ce partenariat, au travers d'études, d'appui méthodologique et de séances d'informations, a pour objectif de construire des référentiels communs support pour l'élaboration des stratégies sectorielles futures de la Cub mais aussi comme éléments d'échanges et de débat avec l'ensemble des acteurs contribuant au développement de la métropole bordelaise et, plus largement, de la Gironde.

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Les enjeux en matière de logement du projet métropolitain : la combinaison de vastes projets urbains et d’actions d’amélioration de la qualité de vie

Communauté urbaine de Bordeaux
Direction des stratégies métropolitaines et d’innovation
 

Depuis plusieurs années, l’agglomération bordelaise connaît une dynamique territoriale sans précédent. De vastes chantiers sont d’ores et déjà engagés : LGV, Euratlantique, opération campus, 3e phase du tramway… représentant pour les années à venir une somme d’investissements publics et privés exceptionnels. Aujourd’hui, l’offre de logements est insuffisante sur la Cub, et ce malgré une politique volontariste en matière de construction de logements (7 800 logements construits en 2011 dont 3 300 logements sociaux financés par la Cub) pour accueillir les nouveaux habitants sur la métropole là où sont les emplois, les services et les infrastructures.

L’un des enjeux principaux du projet métropolitain de la Cub est donc d’améliorer sensiblement la production de logements dans les vingt prochaines années : au travers des grandes opérations d’aménagement telles que Les Bassins à Flot, Brazza, Bastide Niel et Euratlantique, qui totalisent une prévision de construction de 20 000 logements d’ici 2025, mais aussi dans le cœur d’agglomération, le long des axes de transport en commun actuels ou à venir au travers de l’opération "50 000 logements".

L’enjeu de cette amélioration n’est cependant pas que quantitatif : il s’agit aussi et surtout de produire des logements adaptés aux besoins des habitants, pour un coût accessible à des ménages qui aujourd’hui sont contraints de se loger hors de la Cub. Dans l’esprit du projet métropolitain et des 5 sens qu’il souhaite magnifier (solidaire, stimulante, sobre, sensible, singulière), il s’agit de renforcer les fonctions résidentielles de la métropole en améliorant la qualité de vie des habitants notamment au travers d’une offre en matière d’emplois (75 000 emplois supplémentaires à horizon 2030) et d’accessibilité à la nature en préservant l’équilibre de 50 % d’espaces naturels, agricoles et forestiers.

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Encadré méthodologique

Zonage

Dans cet article, la Communauté urbaine de Bordeaux (Cub) correspond aux 28 communes qui la composent depuis le 1er juillet 2013 avec l’intégration de Martignas-sur-Jalle.

La Gironde hors Cub regroupe toutes les communes du département hormis les 28 précitées.

Migrations résidentielles

La mesure des flux migratoires est issue de l’exploitation de la question du Recensement de la Population "Où habitiez-vous 5 ans auparavant ?" Durant cette période de 5 ans, un individu a pu réaliser d’autres migrations. L’exploitation de cette question ne permet de comptabiliser que le nombre de migrants entre le début et la fin de cette période de 5 ans, et non les migrations. Les caractéristiques sociodémographiques de ces migrants sont connues à la date du recensement, et non au moment de la migration.

L’indicateur "Migration nette" correspond au nombre d’entrants moins le nombre de sortants d’un territoire entre 2003 et 2008.

Projections

Les populations régionales au 1er janvier 2007 sont issues du recensement de la population. À partir de ces données, on réalise des projections à l’aide du modèle Omphale 2010. Pour chaque sexe et âge, le modèle applique des quotients d’émigration bilocalisés, des quotients de fécondité et de mortalité. Les divers quotients sont déterminés en ne prenant en compte que les tendances de fécondité, mortalité et de migrations observées par le passé, sans intégrer les réactions complexes qu’elles peuvent susciter.

Sauf mention contraire, les projections de cet article sont issues du scénario central qui prolonge les tendances récentes. Ses hypothèses sont :

  • les quotients de fécondité par âge sont maintenus au niveau observé en 2007 ;
  • la mortalité baisse localement au même rythme que sur l’ensemble de la France métropolitaine entre 1988 et 2002 ;
  • les quotients migratoires, calculés pour la période 2000-2008, sont maintenus constants jusqu’en 2040 ;
  • en ce qui concerne les échanges avec l’étranger, l’hypothèse métropolitaine (+ 100 000) est ventilée au prorata du nombre d’immigrants dans la zone.

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Septembre 2013 - n° 209

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