Oct 6

Tel Aviv, le Serial investisseur de start-up, Jérémie Berrebi, change de cap.

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IsraelValley Desk | France-israël

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Difficile de rencontrer Jérémie Berrebi sans apprendre quelque chose d’intéressant. Ses réseaux sont légendaires. Il fait partie des experts qui ne laissent jamais indifférents. Sa kippa sur la tête, il arpente depuis des années le milieu du web franco-israélien et mondial. Un jour il sera Professeur de Management dans une Business School leader. C’est sûr. (DR)

Propos recueillis par Anne-Sophie Bellaiche, à Tel Aviv. L’Usine Nouvelle (Copyrights) : "L’ex-dirigeant de Kima ventures, serial investisseur de start-up en amorçage avec Xavier Niel, va animer le French Tech hub de Tel Aviv lancé par Emmanuel Macron le 8 septembre. Dans la capitale israélienne, cette semaine il nous dévoilait, en exclusivité, les contours de sa nouvelle activité. Avec la société de conseil qu’il vient de créer, Magical Capital, fini le “small is beautiful”, il veut s’investir sur de gros tickets, jusqu’à 500 millions de dollars, et sur la transformation digitale des grands groupes.

L’Usine Nouvelle : Quel est l’intérêt d’un French Tech hub à Tel Aviv pour les start-up françaises ?

Jérémie Berrebi : Le but c’est de fluidifier les relations entre sociétés françaises et israéliennes. Les start-up françaises sont trop repliées, elles doivent sortir, être visibles partout dans le monde. Et Israël c’est une plaque tournante. C’est entre l’Europe et l’Asie. Je vais vous raconter une anecdote, un jour je voulais présenter une start-up française à l’un des dirigeants de Google, il m’a dit “ok, je les verrais quand je passerais en Israël.” Paris n’était tout simplement pas sur la carte de ses déplacement. C’est en train de changer mais les start-up françaises ont aussi tout à gagner à échanger sur leurs pratiques avec des sociétés israéliennes.

Les Israéliens par exemple, qui n’ont pas de marché intérieur, ont tout de suite une vision globale. Ils attaquent plein de marchés en même temps. En France, les gens se disent “je commence en France, après si c’est bon j’irais en Allemagne” et tout est très compliqué. En parlant avec d’autre start-up, ils peuvent pourtant s’apercevoir que c’est facile, bénéficier de conseils. Au sein de Kima Ventures nous avons passé notre vie à mettre les gens en relation via un réseau interne de toutes les sociétés dans lesquelles nous investissions. Cela fonctionnait d’une manière incroyable.

Depuis un an, à Tel Aviv, on parle beaucoup de Berlin comme d’un bon lieu pour développer sa start-up, à quoi est dû cet engouement selon vous ?

D’abord Berlin compte beaucoup d’entreprises mondiales donc c’est un lieu très international. Il y a aussi eu l’impact de Rocket internet qui a créé bon nombre de sociétés. Mais surtout il y a l’attrait du coût de la vie. Les gens y voient des loyers pas chers, moins de stress. Mais on peut trouver aussi cela en France, en province. Je suis un ardent supporter de la province, où j’ai trouvé de très belles boîtes. J’ai beaucoup investi à Nantes par exemple. Certaines sont de beaux succès comme iAdvize, une plateforme de gestion de relations. Ils ont plus de 2000 clients aujourd’hui.

Mais la province est par nature éloignée des grandes métropoles, ça ne pose pas un problème pour développer ce réseau qui est si précieux ?

Pas du tout, au contraire. En province les gens travaillent mieux, donc leur boîte avance. Et le réseau se gère maintenant parfaitement à distance, via chat, Skype, mail…

En avril dernier vous avez quitté Kima Ventures où vous étiez très impliqué depuis 5 ans, quel est votre prochain challenge ?

Chez Kima, nous avons investi dans 360 entreprises (dont 60 françaises) avec de petites sommes. C’était normal, nous faisions de l’amorçage, c’était notre positionnement. J’investissais dans deux boîtes par semaine. Aujourd’hui, je veux investir des gros tickets de 50 millions à 500 millions de dollars. Je suis en train de finaliser un deal à 200 millions de dollars.

Vous possédez tout cet argent ?
Non. Je place celui de grandes entreprises ou de fortunes privées. Parfois pour des gens qui ne viennent pas du tout de ce secteur. Je réalise des investissements par exemple pour Mikhail Fridman qui est la deuxième fortune de Russie avec plus de 15 milliards de dollars. C’est le créateur d’Alfa-Bank, un secteur plus traditionnel de l’économie. Je viens de rentrer au Board de son family office.

Je fais aussi du conseil pour des gens du secteur comme Jacques-Antoine Grangeon ou Marc Simoncini. Mais mon objectif c’est aussi d’intervenir sur la transformation digitale de grands groupes qui s’y prennent souvent mal. Venant de cet univers, j’essaye humblement de les éclairer. Je ne peux pas encore dévoiler son nom mais je conseille depuis le premier septembre l’une des cinq premières entreprises françaises.Je travaille aussi pour le groupe de telecom Vimpelcom qui compte 230 millions de clients en Europe de l’Est, Asie, Italie.

Qu’est ce qui ne va pas avec la stratégie digitale des groupes ?

Certains groupes font des erreurs colossales. Souvent ils créent un accélérateur, montent un fonds corporate ou co-investissent dans des fonds. En faisant cela, ils pensent qu’ils se transforment. Mais cela ne change rien à la marche de la boîte, car cela se fait à côté. Parfois ils font même grandir le concurrent qui va les tuer. Il faut bien réfléchir à la stratégie interne, examiner les risques, les opportunités et ensuite aller cibler des start-up. Après on peut décider de les intégrer complètement ou de les faire grandir à côté de soi. Et si l’une d’elles devient un concurrent, ce n’est pas grave car elle appartiendra au groupe, qui du coup changera vraiment de business.

Combien de personnes travaillent aujourd’hui sur Magical Capital ?
Pour l’instant deux. Mais nous sommes en train de réfléchir à la configuration et au dimensionnement de la société. Je travaillerai sans doute avec une petite équipe d’experts".

Propos recueillis par Anne-Sophie Bellaiche, à Tel Aviv

Source: L'Usine Nouvelle (Copyrights)

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