SALON DE LECTURE



2006


Lundi 30 janvier 2006

Des incidences de l'irruption d'une grue dans ma vie
, sous presse...

 


Dimanche 29 janvier 2006

« Le repas est l'architecte de la vie familiale, imposant notamment une conversation par ailleurs plus aléatoire. Mais cette conversation est difficile dans nombre de ménages, qui doivent donc s'aider de la prothèse télévisuelle, pour masquer le silence et relancer la parole. Ceci explique sa fréquente utilisation. Un Français sur deux regarde la télévision en mangeant lors du repas le plus familial, le dîner, et ces chiffres sont en constante augmentation [...]. Il sont moins importants pour les repas plus individualisés comme le petit-déjeuner, ce qui montre bien que l'attrait télévisuel stricto sensu est secondaire : la télévision lors du repas a d'abord une fonction familiale. »
Jean-Claude Kaufmann, Casseroles, amour et crises - Ce que cuisiner veut dire.

Dans ce passage, il est une expression que j'ai absolument voulu intégrer à la Reading Room : « prothèse télévisuelle ». Nos téléviseurs remplissaient depuis déjà quelques temps ce rôle de prothèse, il ne nous manquait plus la formule lexicale se rapportant à ce phénomène.

Vendredi 27 janvier 2006

Sur les Champs, je me laisse inonder de soleil. Pas pour longtemps : on me propose une quarantaine de minutes de sondage en échange d'un bon d'achat au montant substantiel. J'accepte. J'aime participer à ce genre de petites études. Cf. ici et .

On m'installe entre deux panneaux absorbants (acoustiquement parlant), formant un avatar de box. Je visionne des programmes télévisés, entrecoupés de spots publicitaires, sur l'écran de "mon" ordinateur.Je dois répondre aux questions se rapportant aux articles que j'ai l'habitude d'acheter, et aux séquences filmées, à l'aide de la souris ou bien en parlant dans le microphone situé à l'extrémité droite du casque qu'on a posé sur mon crâne chevelu.
Je commence par découvrir la Stikine River et les paysages somptueux qu'elle traverse. Je fais ensuite la connaissance de Ray Collingwood, guide pour les pêcheurs de la Stikine River et pour les hommes et femmes pourvus d'un significatif sens de l'aventure. La première page publicitaire vante les mérites d'un produit Gemey Maybelline. Hydratation intense et éclat des couleurs. Trop top (expression © JMZ).
Plus tard, Jean-Luc Petit-Renaud nous montre comment confectionner en toute simplicité une savoureuse tarte aux pommes. Heureusement pour moi, j'ai suffisamment mangé à midi pour ne pas saliver d'envie à l'excès devant mon écran d'ordinateur.
« On n'entend rien c'est chiant ! » Ça, c'est pas dans le texte ; c'est la récrimination d'une sondée voisine mécontente du nombre de décibels libérés par son casque.
Un défilé de mode et quelques minutes de réclame plus tard, je suis libérée et quitte l'immeuble à l'architecture prestigieuse, non sans avoir pris auparavant quelques clichés...


Jeudi 26 janvier 2006

Une étude sur les Français et la musique réalisée le 27 juin 2005 par TNS-Sofres pour la SACEM nous s'avère pour moi une source inépuisable d'inspiration...

Dans la section intitulée « La musique : bande originale de la vie » (j'élargirais même le propos : « La radio : bande originale de la vie », on apprend que « 83 % déclarent chanter fréquemment ou occasionnellement et [que] cette pratique s'inscrit dans tous les moments de la vie quotidienne :
19% des "chanteurs" le font dans leur voiture, 13% dans leur salle de bain, 10% chantent quand ils sont de bonne humeur, 9% aux réunions de famille et 6% avec des amis lors de fêtes. Le chant est aussi l'activité idéale pour accompagner un travail manuel : 15% des femmes fredonnent en faisant le ménage, 28% des agriculteurs et 16% des ouvriers le font, eux, en travaillant. »

Mercredi 25 janvier 2006

Chacun des scénarii des films visionnés ces dernières 48 heures malmenait un écrivain : tantôt il pillait la vie d'un proche pour en faire un roman (Swimming pool), tantôt il assassinait une adoratrice (Insomnia). Méfiez-vous des gens qui écrivent.
Mardi 24 janvier 2006

Visionné, au Balzac, Ce n'est pas tout à fait la vie dont j'avais rêvé.
À fuir.
En fin de séance, sitôt la lumière revenue, les spectateurs s'empressent de quitter la salle :
« Si j'aurais su, j's'rais pas v'nu...
»
«
C'était un peu vain... »

Lundi 23 janvier 2006

Le parangon de cadran d'horloge qui cause à JMZ bien des choses [...] : ce magnifique alignement numérique qu'est le 14:14:14. Au fil de nos multiples collaborations, j'ai été contaminée par cette manie de réalisateur qui consiste à se réjouir en guettant ou en surprenant au vol cette triple symétrie horaire.

D'autres infos ici : 12 novembre 2005


Dimanche 22 janvier 2006

78% des Français (81% des femmes et 74% des hommes) se regardent au moins une fois par jour dans une glace, selon un sondage BVA réalisé pour le « Domoscope » de la marque Unilever. Les Français s'avèrent satisfaits de l’image que leur renvoie le miroir : 80% déclarent se plaire (22% « tout à fait » et 58% « plutôt »). 70% des personnes interrogées (76% des femmes) disent faire attention à leur poids (dont la moitié pour des raisons de santé) et 42% souhaitent perdre quelques kilos en trop. Plus d’un Français sur deux (55%) adopte une tenue décontractée pour être à l’aise chez soi, dont 3 % qui optent pour les sous-vêtements et 1 % qui préfèrent être nus (principalement des hommes).

Samedi 21 janvier 2006

Simone Hérault, auteur de Grâce à ma voix (éd. La vie du rail), parle de la radio, de ce « parler à l'oreille » beaucoup moins froid que la télévision. Belle expression dans sa bouche : le « velouté de la voix ».
À partir de 1972, derrière le micro de FIP, l'animatrice radio cultive dans l'anonymat, l'humour et l'impertinence, pour le plus grand bonheur des auditeurs. Parallèlement, en 1981, tandis que le TGV fait ses premiers galops commerciaux, elle se forge un prénom à la SNCF. Depuis quelques années, phénomène de mode oblige, les médias s'intéressent de plus en plus à la femme qui se cache derrière cet organe vocal qui séduit et intrigue depuis trente ans... En 2001, elle a fondé la Compagnie Lire Autrement.

Quelques éléments pour en savoir davantage sur Simone Hérault, la voix de la SNCF...

« Le TGV numéro 4258 à destination de Marseille partira quai 2 voie B » : c'est elle. « Eloignez-vous de la bordure du quai », c'est toujours elle. « Attention à la fermeture automatique des portes », c'est encore elle ! Simone Hérault : la voix de la SNCF. Incontournable : depuis les quais où elle s'adresse à vous jusqu'au serveur vocal 3635 et aux lignes internes des services de la SNCF, nul ne peut l'ignorer.

Deux à trois fois par mois, l'ancienne animatrice de la radio FIP, aujourd'hui quinquagénaire pétillante, enregistre des mots, des chiffres, des noms de villes et de gares, et des annonces au ton velouté au Centre audiovisuel de la SNCF à Saint-Ouen. Avec elle, la compagnie ferroviaire tient son identité sonore. « Au début des années quatre-vingt, la SNCF avait besoin d'élargir sa gamme de voix et elle est venue faire un casting à FIP, explique Simone Hérault. Pourquoi ai-je été choisie ? Il se trouve que la fréquence de ma voix s'avérait particulièrement adaptée à l'environnement des gares. De toute façon, j'ai toujours été une voix... » C'était le temps de l'analogique : Simone Hérault opère alors en tandem, le travail se répartissant entre « les annonces d'hiver et les annonces d'été ». Auparavant, les messages entendus dans les haut-parleurs des gares étaient claironnés par les agents eux-mêmes. Avec plus ou moins de bonheur. Car les cheminots étant soumis à une certaine mobilité au cours de leur carrière, on pouvait entendre un Alsacien annoncer en gare de Marseille le nom de celles de Biarritz ou Chambéry avec un accent plutôt déroutant pour les usagers du crû !

Les années quatre-vingt-dix ont célébré l'avènement du numérique, technologie qui autorise une forme de standardisation des messages. Tous les mots qu'enregistre Simone sont stockés dans des centaines de bases de données. Un logiciel les assemble ensuite pour construire une phrase. Cette technique s'appelle la concaténation. A l'oreille, l'illusion frôle la perfection sur les quais de gare ! Chaque train, par exemple, possède une appellation propre : TGV, TER, Corail, Talgo... Chaque gare, aussi, détient son vocabulaire : les voies y sont désignées par des lettres ou des numéros, les dessertes varient aussi. Bref, les bases de données accueillent des milliers de mots.

« Il existe trois sortes d'annonces, précise Simone Hérault. Le vocabulaire commun de tous les jours, avec les messages du type “Eloignez-vous de la bordure du quai”, le vocabulaire spécifique comme les noms des villes desservies ou des issues (“Sortie avenue Victor-Hugo” par exemple), et le vocabulaire des annonces exceptionnelles qui ont trait à une manifestation particulière comme l'Enduro du Touquet ou la Grande Braderie de Lille
». Dans le souci du détail, ce n'est pas tout : le nom de chaque gare, par exemple, est enregistré avec trois intonations différentes, une haute, une basse et une plutôt neutre. Le mot est ensuite inséré, avec l'intonation adéquate, selon sa position dans l'annonce. Pour les noms dont la prononciation est particulièrement difficile et aux accents très régionaux, les gares ou les offices de tourisme sont régulièrement contactés pour ne pas heurter les habitudes locales. De même, les numéros de trains font l'objet d'un savant montage. « Pour annoncer le train 9412, confie Simone Hérault, j'enregistre d'abord le 9000, puis le 400 puis le 12 ». 

«
Nous avons beaucoup travaillé sur l'amélioration du vocabulaire des annonces qui était parfois trop réservé aux initiés, explique-t-elle encore. Avant, par exemple, le passage d'un objet roulant était annoncé par : “Attention, une circulation approche”. Pour les clients, ce n'était pas toujours bien clair. Nous avons aussi voulu introduire dans nos messages des notions de politesse, d'amabilité, ne serait-ce qu'en ajoutant parfois des “s'il-vous-plaît”. Intermittente, puisqu'elle n'intervient qu'à la prestation pour la SNCF, Simone Hérault dit bien aimer « parler aux gens ». « Mes annonces doivent être apaisantes et sécurisantes », explique-t-elle. Contractuellement, sa voix est propriété de la SNCF, qui l'exporte dans les aéroports de Bruxelles, du Caire et peut-être demain de Bahrein... En France, ne demeurent aujourd'hui que quelques dizaines de gares qui ne sont pas sonorisées et où les annonces sont encore faites au micro.

Source : Réponse à tout

En passant...

Le 1er avril 2005, des annonces poétiques, drôles ou surréalistes écrites et enregistrées par Simone ont été diffusées dans la plupart des gares de France .

La voix de Simone s’entend aussi dans l’aéroport du Caire et celui de Bruxelles.

Simone prend garde à prononcer de la bonne manière des noms de villes telles que Chamonix (faire entendre ou non le x final) et comme Metz (dont certains prononcent le t). Il s'agit d'éviter de froisser les usagers...

L'autre invité venu parler de la voix est Jean Abitbol. Voilà environ cinq millions d'années que l'Homo vocalis est né. Pour comprendre la voix, il faut survoler quatre milliards et demi d'années, depuis l'apparition de l'ADN sur notre planète bleue. La flèche du temps nous a conduits de la cellule au larynx, de notre cerveau au langage, de notre écoute à la voix. C'est le processus de l'évolution. La voix véhicule la pensée, les rêves ; elle est la source de la créativité de l'homme.

Notre voix révèle les cicatrices de notre vie. Elle exprime notre moi intime. Elle est sexuée. Comment exerce-t-elle son pouvoir de séduction ? Sommes-nous toujours ses complices ? Cette merveilleuse machine mécanique et émotionnelle est-elle arrivée au bout de son parcours ? Autant de questions auxquelles répond L'odyssée de la voix (éd. Robert Laffont).


Vendredi 20 janvier 2006

Au « carrefour » dans la petite couronne, un comédien octogénaire
rencontré mardi met quelques instants à me reconnaître, puis me déclare, tel un jeune premier terriblement sincère : « 
Vous êtes ravissante. » Puisqu'il vient de me remettre, je m'approche pour le saluer, et là : « Maintenant que je vous vois de plus près, vous êtes encore plus belle. » C'est bien mignon, ça.

Dimanche 15 janvier 2006

15 heures, Théâtre Rive Gauche, Les héritiers. Une pause entre le 39e et le 40e coup de fil à un futur potentiel comédien pour un feuilleton à venir que je prépare sans relâche.



Vendredi 13 janvier 2006

Je termine la lecture du roman de Hugo Boris, Le baiser dans la nuque, ce soir, sur la ligne 5, avant de rejoindre le théâre Darius Milhaud. Il y a quelquechose d'indécent à emporter partout avec moi ce livre au titre aussi... pudique et impudique à la fois. J'ai le sentiment d'exhiber une part d'intimité en affichant trop ostensiblement dans le bus, le métro ou le R.E.R. ces quatre mots. Le marque-page au format carte postale que je me suis confectionné permet de camoufler le titre sensuel aux voyageurs inconnus avec lesquels je partage le wagon.


Lire l'article de Maïa Brami consacré à ce premier roman de Hugo Boris
.

Les vers de ce poème d'Arthur figure chacun à leur tour en exergue aux quatre parties du roman :

L'étoile a pleuré rose (1871)

L'étoile a pleuré rose au cœur de tes oreilles,
L'infini roulé blanc de ta nuque à tes reins
La mer a perlé rousse à tes mammes vermeilles
Et l'Homme saigné noir à ton flanc souverain.

L'étoile a pleuré rose
est un poème sans titre, un quatrain isolé. La même structure syntaxique se répète dans les quatre alexandrins qui le composent. Les quatre compléments circonstanciels du deuxième hémistiche énumèrent des parties du corps féminin : les
« oreilles », la « nuque », les « reins », les seins (« mammes vermeilles »), le « flanc ». Le premier hémistiche des alexandrins (les trois premiers d'entre eux, du moins) désigne des acteurs symboliques de la scène cosmique (« l'étoile », « l'infini », « la mer ») dont les actions respectives (pleurer, rouler, perler) semblent modeler le corps superbe de la Femme, lui conférant ses formes, ses attributs, ses couleurs. On croit bien reconnaître un « blason », et même, pour être plus précis, une Vénus naissant des flots.
Mais Rimbaud renouvelle radicalement le thème, de deux façons. D'une part, il adopte une forme énumérative-répétitive qui lui permet de faire abstraction de toute rhétorique narrative (lot habituel du genre mythologique) et de travailler la densité métaphorique du poème. D'autre part, il ménage une chute sinistre (vers 4) qui renverse le sens normalement attendu. Il transforme ainsi un apparent madrigal en une épigramme féroce, dénonçant les souffrances imposées à l'Homme par la Femme.

Source : Petite anthologie rimbaldienne commentée


Jeudi 12 janvier 2006

« "Surpris par la nuit" à l'écoute » titre un article en ligne sur le site de la radio. L'internaute curieux y trouve un message à son attention :
« Chère auditrice, cher auditeur, vous aimez la radio, vous l'écoutez parfois, souvent, toujours, la nuit, le jour, en voiture, chez vous… Vous l'écoutez dans votre boulangerie, en salle de sport, dans votre atelier, sur votre tracteur… Vous l'écoutez dans le poste, sur le web ? Racontez-nous tout… Quelques-unes de vos histoires seront reprises dans l'émission "Surpris par la nuit : à l'écoute", diffusée le mardi 21 février 2006 à 22h30. »
Je décide de re relever le défi. La suite bientôt en ligne...


Mardi 10 janvier 2006

Une histoire de sel de céleri et Massa nous improvise une merveille au piano. Cinq versions délicatement émouvantes. Ça s'est passé au 114, au coeur de ma maison ronde.

Samedi 7 janvier 2006

En un clic, une chronologie de l'histoire de Paris, de la Préhistoire à nos jours.


Jeudi 5 janvier 2006

Une heure pour l'aller, une heure pour le retour : peu me chaut le temps passé dans le métro - à bouquiner, d'ailleurs - si c'est pour découvrir la vision d'un autre habitant des lieux, Olivier Mirguet, journaliste à Radio France dont les photographies prises dans la maison ronde lors de temps morts sont exposées à l'espace Khiasma, aux Lilas.

Lundi 2 janvier 2006


Internet, ou comment rattraper les gaffes du Père Noël titre un article de L'Expansion : un internaute français sur deux s'avère prêt à tenter de revendre sur les sites d'enchères, après les fêtes, les cadeaux en double ou de mauvais goût.





 
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