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Sid Ahmed Ghlam affirme avoir «empêché» l'attentat de Villejuif

Dans l'enquête autour de l'attentat planifié contre une ou plusieurs églises dans le Val-de-Marne, le suspect numéro 1 a affirmé vendredi au juge d'instruction qu'il avait au contraire «fait ce qu'il fallait pour empêcher» l'attaque.

Sid Ahmed Ghlam est soupçonné d'avoir planifié un attentat contre l‘église Saint-Cyr Sainte-Julitte de Villejuif notamment.
Sid Ahmed Ghlam est soupçonné d'avoir planifié un attentat contre l‘église Saint-Cyr Sainte-Julitte de Villejuif notamment. KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Mis en examen, notamment pour «assassinat» et «tentative d'assassinats» dans l'enquête sur l'attentat déjoué de Villejuif (Val-de-Marne) et dans la mort d'Aurélie Châtelain, Sid Ahmed Ghlam s'est expliqué pour la première fois, ce vendredi, devant un juge d'instruction. Soupçonné d'avoir tué la jeune femme de 32 ans et d'avoir projeté un attentat contre au moins une église en avril, le jeune algérien de 24 ans, qui reste le principal suspect dans cette affaire, continue de nier les faits qui lui sont reprochés, comme il l'avait déjà fait lors de sa mise en examen.

Mais il affirme désormais avoir, en plus, empêché l'attentat. «Il a reconnu avoir été à Villejuif le 19 avril 2015 en présence d'un autre individu. Il conteste en revanche toute responsabilité dans la mort d'Aurélie Châtelain et a également affirmé avoir fait ce qu'il fallait pour empêcher la commission d'un attentat ce jour-là», ont déclaré ses trois avocats, Mathieu de Vallois, Gilles-Jean Portejoie et Christian Benoît, sans donner plus de détails sur l'«autre individu» évoqué. La question s'était déjà posée de savoir si Ghlam était seul ou non à Villejuif. Une question renforcée par l'existence d'un message de ses commanditaires, retrouvé par les enquêteurs, et qui poussait l'étudiant à agir seul si son complice ne venait pas.

Les complicités au cœur de l'enquête

Le jeune homme, connu des services de renseignement pour avoir basculé dans l'islam radical, avait été arrêté de manière fortuite le 19 avril à Paris, après avoir été blessé dans des circonstances inexpliquées et avoir lui-même alerté le Samu. Dans sa chambre d'étudiant et près de sa voiture, les policiers avaient retrouvé un véritable arsenal: quatre fusils d'assaut kalachnikov, un pistolet, un revolver, des gilets pare-balles et des gilets multipoches, des munitions et des documents manuscrits avec des cibles potentielles.

Selon les enquêteurs, le suspect avait fait des recherches sur les églises de Villejuif. L'exploitation de son GPS atteste de sa présence dans cette ville de banlieue parisienne, à l'heure où Aurélie Châtelain a été tuée, le 19 avril, par un coup de feu alors qu'elle se trouvait dans son véhicule. La balle a été tirée avec un revolver du suspect, dont l'ADN a aussi été trouvé dans le véhicule de la jeune femme. Du sang de la victime a été retrouvé sur la parka de Sid Ahmed Ghlam.

Les enquêteurs ont la conviction que l'Algérien n'a pu agir seul et qu'il a été «téléguidé» depuis la zone irako-syrienne. Pour passer à l'acte, il a bénéficié «d'une aide qui s'est traduite par des véhicules et de la fourniture d'armement», avait affirmé le procureur de Paris, François Molins. Au tout début de l'enquête, le procureur avait aussi affirmé que Ghlam, qui avait chez lui des documents sur les «organisations terroristes al-Qaïda et État islamique», avait été en contact avec «une autre personne pouvant se trouver en Syrie», qui lui avait demandé «explicitement de cibler particulièrement une église». L'enquête se concentre depuis sur de possibles complicités. Trois hommes ont ainsi été mis en examen et écroués, soupçonnés de lui avoir apporté une aide logistique. Tous nient avoir été au courant d'un projet d'attaque.

74 commentaires
  • LETITAN
    le 21/06/2015 à 18:19

    on lui donnera surement la légion d'honneur!!!!!

  • Croquant
    le 20/06/2015 à 18:18

    Il n'est pas à un mensonge prés.

  • Wilaya4
    le 20/06/2015 à 15:47

    Il "a également affirmé avoir fait ce qu'il fallait pour empêcher la commission d'un attentat ce jour-là". Système de défense qui a fait ses preuves: lorsqu'un jeune est arrêté au volant d'un 2 roues volé, il explique invariablement au policier qu'il l'avait trouvé abandonné et se rendait au commissariat pour le restituer.

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