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Un ancien employé de la ville d'Asnières complice présumé d'Amedy Coulibaly

Sébastien Pietrasanta, ancien maire d'Asnières-sur-Seine, est le rapporteur du projet de loi antiterroriste adopté en novembre dernier. KENZO TRIBOUILLARD/AFP

LE SCAN POLITIQUE - Coïncidence malheureuse pour Sébastien Pietrasanta, ancien maire d'Asnières-sur-Seine. L'un des quatre mis en examen à la suite des attentats, soupçonnés d'avoir aidé le terroriste, aurait été employé par la commune lorsque le rapporteur du projet de loi sur le terrorisme la dirigeait.

Le concours de circonstances est malheureux. L'ancien maire d'Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Sébastien Pietrasanta, est rapporteur à l'Assemblée nationale de la loi sur le terrorisme promulguée en novembre. Et c'est dans sa commune, alors qu'il exerçait son mandat, que l'un des quatre hommes suspectés d'avoir aidé Amedy Coulibaly à perpétrer ses attentats a été employé comme agent de la ville, selon Le Point .

D'après l'hebdomadaire, un certain Mickaël A. a été recruté par la commune d'Asnières-sur-Seine en 2010, dans le cadre d'un contrat unique d'insertion (CUI). Ce type de «contrat aidé» est destiné à des personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles, pour faciliter leur réinsertion. Or, ce Mickaël A. ne serait autre que l'un des quatre mis en examen soupçonnés d'avoir apporté un «soutien logistique» à Amedy Coulibaly, qui a tué une policière à Montrouge et quatre clients de l'Hyper Cacher de Vincennes.

Informé par l'hebdomadaire, l'ancien maire confirme que cet homme pourrait être un ancien employé de la ville et explique «tomber des nues». «C'est assez effarant et assez effrayant», confie Sébastien Pietrasanta au Scan. Mickaël A. était employé comme ambassadeur du tri sélectif, à raison d'une vingtaine d'heures pas semaine. «Son travail était de sensibiliser la population au tri sélectif», explique l'ancien élu municipal, toujours député des Hauts-de-Seine. Avant cet emploi, Mickaël A. avait été condamné à de la prison ferme pour des faits de violence aggravée et de vol, précise Le Point.

«Deux points faibles: Internet et la prison»

Le maire de l'époque n'a pas recruté lui-même cet employé et a peu eu affaire à lui par la suite. «Je le rencontrais à l'occasion de manifestations municipales, comme le forum des associations», précise Sébastien Pietrasanta. L'élu connaissait également la mère de cet employé. Il se souvient d'un homme «aimable, souriant, avenant», qui était «bon professionnel» et également «apprécié par ses collègues».

Mais quelques mois après son embauche, Mickaël A. est impliqué dans une affaire de drogue et est de nouveau condamné à de la prison. Il quitte son emploi et ne reviendra plus à Asnières. Pour Sébastien Pietrasanta, «cette affaire est révélatrice du fait que n'importe qui» peut basculer dans le radicalisme par le biais de la prison. «C'est un cas typique de ces jeunes qui basculent dans le milieu carcéral», analyse-t-il. «C'est ce qui est dramatique», résume l'homme politique. «Il avait obtenu une deuxième chance mais l'a gâchée.»

L'ancien maire voit aussi dans cette affaire le rappel de la «toute la difficulté» d'aider certains jeunes à se réinsérer. «C'est aussi le rôle de la société d'aider les gens qui ont purgé leur peine à se réintégrer, pour éviter qu'ils ne recommencent.» Pour lui, ce n'est donc pas cet emploi qui est à remettre en cause mais bien la «gestion du milieu carcéral»: «Cela me renforce dans ma conviction qu'il y a deux points faibles sur lesquels il faut agir pour lutter contre le radicalisme: Internet et la prison.»

La mairie actuelle pointe des «conditions irrégulières»

Du côté de l'actuelle mairie, on réagit à cette information en s'interrogeant sur les «conditions irrégulières» de cette embauche et la vérification préalable du casier judiciaire de cet employé. «Juste avant son embauche, Mickaël A. venait d'être condamné à une peine d'un an et demi de prison pour violences aggravées, violences en réunion et vol. Sébastien Pietrasanta méconnaissait-il cela?», interroge-t-on au cabinet du maire, Manuel Aeschlimann.

«Très honnêtement, je ne me souviens pas si j'ai eu connaissance de son casier judiciaire», répond Sébastien Pietrasanta, interrogé par Le Scan. «Pour moi, là n'est pas le problème. C'est aussi le rôle des collectivités locales de pouvoir embaucher, sur la base de cas particuliers, des personnes en réinsertion» et «ayant fait de la prison». L'ancien maire insiste également sur la mission précise dont avait la charge Mickaël A. «Il s'occupait du tri sélectif. Ce n'était ni un professeur, ni quelqu'un en contact avec des jeunes.»

52 commentaires
  • anick NICKA

    le 25/01/2015 à 15:31

    Qu'un maire actuel veuille utiliser ce genre de "scuds" pour se venger contre son prédécesseur c'est vraiment bas, surtout quand on sait que toutes les villes embauchent des jeunes en réinsertion (le maire UMP actuel d'Asnieres vient d'embaucher un ex-délinquant comme chauffeur, il se garde bien de le dire...c'est pareil donc). Cette polémique est inepte et n'abuse que les gogos.

  • anne flamment

    le 23/01/2015 à 16:49

    Des ambassadeurs de tri sélectif !!! Quelle ironie... Essayez de donner de la salade à un crocodile, vous n'en ferez pas pour autant un végétarien !

  • latorpille

    le 22/01/2015 à 20:16

    en plus ils avaient un boulot , le comble quoi !

Un ancien employé de la ville d'Asnières complice présumé d'Amedy Coulibaly

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