Tsunami du 26 déc 2004
Accueil Remonter Banda Aceh Koh Phi Phi


Imagerie QuickBird, satellite le plus performant en 2004 sur le plan de la résolution : on voit l'apport indispensable des images satellitales dans les zones inaccessibles.
Images en fausses couleurs "naturelles" (mode multispectral à 4 bandes) à 2,44 m de résolution.

La ville de Banda Aceh se trouve à la pointe Nord de l'île de Sumatra.

Le Tsunami

Blocs-diagramme animés montrant un séisme sous-marin, le train d'ondes et le tsunami

Banda Aceh, Indonésie, 23 juin 2004
Imagette QuickBird-2
Un îlot urbanisé faisant partie de la ville de Banda Aceh
sur le littoral nord avant le tsunami
Crédit : DigitalGlobe

Banda Aceh, Indonésie, 28 décembre 2004
Imagette QuickBird
-2
Le même littoral deux jours après le tsunami
Crédit : DigitalGlobe


11 minutes
après le séisme, la province d'Aceh est frappée par le tsunami dont les vagues ont atteint de 13 à 23 m de haut selon les endroits (sur la côte seulement, car sur la terre ferme, elles décroissent rapidement). C'est la zone la plus dévastée par les vagues géantes, parce qu'elle était la plus proche de l'épicentre.

Il ne reste plus rien de la ville de Banda Aceh, détruite dans les derniers jours de décembre 2004 par un tsunami d’une violence inouïe. Sur les 400 000 habitants de cette ville d’Indonésie, 100 000 auraient trouvé la mort. Pas une maison n'a résisté à la grande vague, un des deux ponts est détruit.

L'îlot figurant sur ces deux images a perdu un tiers de sa surface à cause du sol meuble. On voit en haut des restes de l'ancien rivage, pourtant protégé par des blocs rocheux, qui a été érodé. De plus, il est difficile de faire la part des dégâts causés par le tremblement de terre et ceux dus au tsunami.

Rivage dévasté près du port de Lhok Nga à l'ouest de Banda Aceh
Noter la régularité du niveau d'érosion et les troncs de cocotiers sectionnés à la base
(photo: R. Paris)

Bloc de corail charrié par le tsunami près de Lampuuk
Cela montre bien la puissance de cette vague.
(photo: R. Paris)


Région du Kalutara au Sud de Colombo, 10 h 20' heure locale, vue 4h après le séisme
et peu après l'impact de la première vague
côte Sud-ouest du Sri Lanka, 26 décembre 2004 Image QuickBird-2
Crédit : DigitalGlobe

2 h 17 min après le séisme, le tsunami arrive sur les côtes du Sri Lanka où il dévaste 800 km de littoral. Le train de vagues a enrobé l'île pour remonter sur la côte ouest. C'est la première fois au monde que des satellites observent un tsunami.

La première vague est déjà passée. La zone inondée s'étend sur un km à l'intérieur des terres. Sur cette image satellite, la mer se retire anormalement loin de la côte. L'eau reflue en bouillonnant et en érodant le rivage. On peut voir au large une houle gaufrée due au phénomène de réflexion des vagues ; sur la côte, le tsunami interfère avec sa propre réflexion et il s'en suit des "nœuds", zones peu touchées et des "ventres", zones complètement dévastées.

Le courant puissant provoqué sur la côte par le tsunami est capable de pénétrer profondément à l'intérieur du continent, surtout si le relief est plat.

Un tsunami à l'approche d'une île peut contourner celle-ci en raison du phénomène de diffraction lié à sa grande longueur d'onde ; en particulier la côte opposée à la direction d'arrivée du tsunami peut également être touchée. Lors du tsunami du 26 décembre 2004, la ville de Colombo au Sri Lanka a été inondée, bien qu'en apparence, elle eut été protégée par le reste de l'île.

L'onde du tsunami a été ressentie jusque sur le littoral est de l'Afrique où des dizaines de morts et disparus ont été comptabilisés au Kenya, en Tanzanie et en Somalie à quelque 6 000 km de l'épicentre.


Le Nord est incliné à 1 h sur les trois images, contrairement à ce qu'indique DigitalGlobe sur sa page web (!).
(traces du satellite - flèche verte - semblables à celles de SPOT, voir l'orientation des images ci-dessous)
Cliquez sur celles-ci pour les examiner en grandeur réelle
Décochez éventuellement l'option Autoriser le redimensionnement automatique de l'image dans Internet Explorer
ou dans Mozilla Firefox, utilisez la loupe du pointeur.


Caractéristiques du tsunami du 26/12/2004

Longueur d'onde : 500 km entre deux lignes de crête
Amplitude verticale au large : 50 cm en moyenne
Vitesse de propagation : 500 km/h ; l'onde ne s'est pas propagée concentriquement, car la faille a joué sur 400 km de long dans le sens Nord-Sud ; le tsunami s'est donc propagé perpendiculairement dans le sens Est-Ouest.
Énergie : beaucoup moins que le séisme, mais l'équivalent de trois bombes de type Hiroshima.
Hauteur de la vague sur le rivage : 15 m.



Échelle du tsunami par rapport à un homme


Par hasard, trois satellites radar, Topex/Poséidon et Jason-1 qui mesurent le niveau des océans, ont survolé le golfe du Bengale deux heures après le séisme de Sumatra. Ils ont "vu" deux vagues. Une heure et demi plus tard, Envisat a pu observer le phénomène dans l'Océan Indien.

Ces observation sont à considérer comme une opportunité. En effet, un tsunami se propage en plein océan à une vitesse de l'ordre de 800 Km/heure et chaque satellite effectue environ 13 révolutions par jour, ce qui donne une séparation des traces au sol d'environ 28 degrés en longitude. Ces chiffres permettent de se rendre compte de la faible probabilité d'observation de ce genre de phénomène par des satellites défilants.

Le marégraphe de Port Canaveral en Floride a mesuré une anomalie de 34 cm dans la hauteur des vagues, vestige du tsunami.

Le bilan global des victimes s'élève en janvier 2008 à 230 000 morts.


Les tsunamis dans l'océan Indien

Les tsunamis de magnitude élevée sont rares dans cette région du globe. Cependant :

En 1883, l'explosion du volcan Krakatoa a provoqué un fort tsunami (vague de 40 m) qui a causé 40 000 victimes.
En 1941, un séisme de magnitude 7,7 dans le golfe du Bengale et le tsunami qui s'en suivit a fait plusieurs milliers de morts.

Voir aussi : | Les vagues | Les vagues scélérates | Le courant des Aiguilles | Les vagues australes | Les tsunamis | Les mascarets | La tempête Xynthia | Le tsunami au Japon (11/03/2011) |

| Vagues : hydrodynamique et télédétection (cours du SHOM) |

Page mise à jour le 13/09/2012


'use strict';