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Critique

A celle qui s'est abîmée en mer

Par Jean-Rémi Barland (Lire), publié le 01/06/2004

 
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Les frères Poivre d'Arvor rendent hommage à leur s?ur disparue au large de l'île Maurice.

 

C'est en hommage à leur sœur Catherine, disparue il y a une vingtaine d'années, qu'Olivier et Patrick Poivre d'Arvor ont composé un récit à deux mains intitulé Le roman de Virginie et sobrement rebaptisé Frères et sœur pour une réédition sans doute assez peu remaniée. Au départ, une tombe en Provence, «qui crie trop fort et dérange les oiseaux», sur laquelle est gravé: Virginie Poivre d'Arvor 1947-1968. Elle leur manque tant, cette chère défunte, que les deux frères décident d'évoquer son destin de météore. Et si les noms sont parfois changés, si le lecteur ne saura pas, au bout du compte, démêler le vrai du faux dans cette histoire de famille, c'est parce qu'Olivier et Patrick Poivre d'Arvor font avant tout œuvre d'écrivain. La puissance ensorcelante de la littérature demeure le moteur narratif de cette sonate humaniste remplie de compassion, de respect d'autrui et d'esprit chevaleresque.

Ainsi embarque-t-on sur la frégate des souvenirs traversant l'intimité des deux frères, en compagnie d'aïeux vrais ou rêvés dont certains auraient même correspondu avec l'auteur de ce Paul et Virginie qui fascina tant la sœur défunte. Voilà pourquoi Catherine s'appelle ici Virginie, aventurière que nous suivons jusqu'à l'île Maurice, à la rencontre de son homonyme créé par Bernardin de Saint-Pierre. Elle qui voulait ainsi «mettre des épices dans sa vie» s'abîmera en mer, deux siècles jour pour jour après l'arrivée sur l'île de son écrivain fétiche.

L'imaginaire des deux auteurs, «dont la montre n'est pas toujours à la même heure, mais les méridiens semblables», donne naissance à de longues expressions de soi, où la complicité absolue éclate en cri d'amour pour leur famille et pour la vie. Beaux et sincères, les chapitres construits de manière autonome mais qui - miracle de l'écriture poétique - se répondent de manière complémentaire, nous transportent dans un monde éclatant de lumière malgré le deuil. Olivier redit à Patrick, son aîné de onze ans, combien il aime mettre ses pas dans les siens, et le plus célèbre des animateurs télé apparaît ici fragile et éternel enfant ébloui par un coucher de soleil sur les rives bretonnes.

On cite au passage le début de Point de lendemain de Dominique Vivant Denon, manière de rappeler combien nos deux frères demeurent des héros romantiques qui auscultent leur époque troublée avec des yeux de conquérant de la liberté, éternellement soucieux des autres et toujours surpris par le miracle d'exister.

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  • Livre: Frères et s?ur
  • Auteur: Patrick Poivre D'Arvor et Olivier Poivre D'Arvor
  • Editeur: Balland
  • Lire 5/10
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