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Apple et l?Environnement (1)
lundi 17 juillet 2006

Apple et l’Environnement (1)

La Pomme joue-t-elle la carte écologique ?


Par Boro
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"La terre est bleue comme une orange" disait Eluard, avant de poursuivre : "Jamais une erreur les mots ne mentent pas"... Premier épisode d’un dossier en 2 parties sur la pratique d’Apple en matière d’Environnement

Apple a annoncé voici quelques mois l’obtention du label "modèle d’entreprise écologique", en même temps qu’un programme de reprise gratuite d’ordinateurs périmés aux États-Unis. Depuis le premier juin, La Pomme collecte et recycle en effet à ses frais le matériel usagé dont les particuliers clients de ses magasins de pierre-et-mortier - mais aussi l’Apple Store en ligne - veulent se débarrasser, à concurrence d’un contre un.

L’entrée en vigueur de la directive RoHS dans l’Union Européenne le premier juillet l’a en outre obligée à renoncer à certains éléments de son catalogue (voir la dépêche du 23 juin) : l’arrivée de l’iMac-E (voir la dépêche du 5 juillet) est également à lire dans ce contexte (voir la dépêche du 29 mai). Enfin, dans moins d’un mois la directive WEEE qui responsabilise les fabricants de matériel électronique à l’égard de leurs produits arrivés en fin de vie soufflera sa première bougie, le 23 août pour être précis.
L’occasion de faire un tour d’horizon sur la politique d’Apple en matière de produits toxiques... et de communication en la matière... mais aussi celle de de ses principaux concurrents.

Le "vert" dans le fruit...

"Qu’elle était verte ma vallée..." La polémique est vieille comme l’industrie de l’informatique : si la généralisation de l’usage de l’ordinateur est supposé réduire à terme la consommation d’eau, d’énergie et la production de déchets - essentiellement du papier - le substrat électronique de la dématérialisation de l’information est lui-même particulièrement polluant, que ce soit en ce qui concerne sa fabrication mais également le stockage et le démantèlement de ses déchets, ou bien des appareils arrivés en fin de cycle d’utilisation.

Rien d’étonnant à ce que les associations de victimes de la pollution soient également les plus en pointe dans la lutte contre celle engendrée par les e-waste, les montagnes de déchets toxiques engendrés par la sur-consommation de produits électroniques et d’ordinateurs aux États-Unis. Le collectif Computer Take Back Campain avait tout d’abord engagé un bras de fer avec Dell, avec pour résultat la mise en place au bout de 2 ans de pressions et de happenings divers d’un programme gratuit de collecte des ordinateurs non seulement de la part du Texan, mais également de celle d’HP le n°1 du secteur.

iPod, symbole de la sur-consommation occidentale

L’iPod devenu synonyme de baladeur mp3 a bientôt lui-aussi attiré l’attention du collectif, qui a appliqué les mêmes méthodes au chef de file de la musique personnelle qu’à l’étoile montante de l’informatique "prête à consommer". En cause la durée de vie de la batterie du petit baladeur de la Pomme : après 18 mois d’utilisation intensive, son autonomie est réduite à quelques dizaines de minutes et la politique de remplacement d’Apple, mise en place après un certain nombre de plaintes, est loin de satisfaire le CTBC : les 99$ d’abord demandés par Apple pour le remplacement de celle-ci ne sont pas selon elles de nature à changer les mauvaises habitudes des consommateurs habitués à jeter ce dont ils ne veulent plus, selon le collectif qui milite pour une responsabilisation des constructeurs vis à vis de leurs déchets. L’iPod est ainsi rapidement pris comme symbole de la sur-consommation occidentale - et singulièrement états-unienne - de produits technologiques et électroniques, et des montagnes de déchets hyper-toxiques que celle-ci produit.

Après une manifestation en marge de la MacWorld Expo de janvier 2005, ainsi que lors de la conférence annuelle des actionnaires de la société en avril suivant, Apple va faire un premier pas en direction des environnementalistes. Elle annonce en effet (le 3 juin 2005), à la veille de la World Wide Developpers Conférence la mise en place d’une programme de reprise des anciens iPods, en échange d’une remise de 10% sur l’achat d’un nouvel appareil. Considérée à l’époque comme "un pas dans la bonne direction "par Rob Schneider le co-responsable de la campagne, la mesure laissait cependant de côté l’ensemble des ordinateurs usagés produits par Apple au cours de son histoire : la société demande alors 30$ de participation pour l’enlèvement et le recyclage des machines périmées...

Une fibre vraiment écologique ?

Malgré la modestie relative des parts de marché actuelles d’Apple, son rôle pionnier dans l’ère de la micro-informatique en a fait également un producteur de déchets non négligeable : à titre d’exemple et selon des chiffres transmis par le CTBC, ce sont 9,14% des moniteurs, 13,28% des portables et 52,2% de la combinaison ordinateur-moniteur - il est vrai principalement fabriqués par Apple mais qui représentent une part minime des ordinateurs fabriqués chaque année - qui pourrait échoir à Apple au cours de la première année du programme de reprise si La Pomme devait prendre en charge le recyclage de ses anciens matériels...

Le communiqué de presse d’Apple annonçant le programme de reprise gratuite du matériel usagé est à considérer comme un remarquable exercice de communication. Le constructeur californien est en effet traditionnellement en pointe en ce qui concerne la minimisation de l’impact de ses produits sur l’environnement : depuis 2001, c’est 90% du matériel signé Apple collecté qui est recyclable, principalement grâce aux critères d’ingénierie mis en place par Jon Rubinstein pour l’architecture électronique des machines : tout ce qui peut (et donc doit) être récupéré doit également être le plus immédiatement accessible. Le choix des matériaux utilisés et la politique volontariste de remplacement des écrans CRT par des écrans TFT a incontestablement permis à la société de Steve Jobs de diminuer de façon drastique les polluants utilisés pour fabriquer ses machines.

Plusieurs aspects à l’empreinte écologique de l’industrie électronique

De même, la réduction continuelle du poids et du volume des emballages comme le choix des matières va de la même manière contribuer à réduire l’empreinte écologique des produits designed by Apple in California, comme précise désormais le constructeur sur ses produits, tout comme la diminution continuelle de la consommation électrique de ses machines. La section du site d’Apple consacrée à l’impact de ses ordinateurs sur l’environnement - entièrement refaite pour l’occasion - précise ainsi que la consommation d’un iMac de 3e génération est passée à 55 Watts, quand elle elle était encore de 70 W pour un iMac G4 et de 93 W pour un iMac G3. Et la déflation en matière de masse de produit ou de masse d’emballage est intervenue dans les mêmes proportions, sur l’ensemble des produits proposés par Apple : les iPods et jusqu’aux logiciels ont vu fondre leur conditionnement, on l’a souvent relevé ici au fur et à mesure des tests-produits.

Au chapitre des métaux lourds et des différents Polluants Organiques Persistants (POP) dont l’industrie électronique a usé et abusé dans la première partie de son histoire, la décision d’éliminer de toute les pièces de plastique de plus de 25 grammes les Retardateurs de Flamme Bromés (BFR - Brominated Flame Retardants) a été prise en interne dès l’année 2000, si l’on en croit le constructeur - c’est à dire en amont de la décision européenne sur la directive RoHS. Apple travaille activement - toujours selon ses dires - à supprimer Phtalates, PVC et surtout tetrabromisphénols (TTBA) de ses cartes-mères et de ses gaines de fils. Le mercure est désormais utilisé seulement dans les lampes des écrans plats, Apple déclarant minimiser son utilisation (<3,5 mg par lampe) et travailler activement à son élimination de la chaîne de production, dans son ensemble.

Tout comme le plomb ou le mercure, mais aussi d’autres métaux moins suspects a priori comme le chrome ou le cadmium, les retardateurs de flamme bromés comme le TTBA ont une fâcheuse propension à s’accumuler dans la nappe phréatique ou les organismes vivants, où leur concentration au fil de la chaîne alimentaire est désormais identifiée comme responsable d’un nombre croissant de cancers, anomalies et retards de développement parfois tératogènes, les cellules germinales, celles de l’embryon ou des enfants en bas âge se montrant notamment particulièrement sensibles à leur toxicité.

Cependant, en liant dans son communiqué publié le 21 avril - journée internationale de l’Environnement - l’obtention du label "Forward Green Leader", la mise en place d’un service de collecte gratuite de matériel usagé aux États-Unis comme le demandait le Computer Take Back Campaign et la mise en conformité de sa gamme non seulement avec la législation européenne, mais également celle de Californie, Apple se livre également à un exercice de communication : même si des progrès ont été accomplis en ce sens, Cupertino ou ses filiales communiquent ordinairement très peu -fut-ce sous la pression des événements - et toujours de façon extrêmement maîtrisée. Lorsqu’elle se donne la peine de se fendre d’un communiqué de presse, traduit en français, on peut être certain qu’il s’agit d’un élément important parmi les mouvements de son échiquier.

La suite bientôt...


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