La Visite de l’émir de Qatar au Maroc ou l’investissement qatari au Royaume
Le politique par l’économie

Les excellentes relations politiques que le Maroc et le Qatar entretiennent depuis de longues années devront, désormais, se faire ressentir au niveau des échanges commerciaux. La visite du l’émir de Qatar compte redynamiser le volet économique des relations entre les deux pays.

Taieb Chadi

 


• Cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, émir du Qatar.

 

A la tête d’une forte délégation de quatre ministres et de plusieurs hommes d’affaires, l’émir de l'Etat du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, effectue les 25 et 26 octobre une visite officielle au Maroc.
Le déplacement de l’émir de Qatar à Marrakech fait suite à celui effectué par le souverain marocain à Doha, le 6 juin dernier. Il intervient également, cinq mois, après la réunion de la haute commission mixte Maroco-qatarie à Rabat.
Les excellentes relations politiques que le Maroc et le Qatar entretiennent depuis de longues années devront, désormais, se faire ressentir au niveau des échanges commerciaux. Ainsi, en plus des relations bilatérales et des dossiers régionaux et internationaux comme la crise de l’Irak et la situation au Proche-Orient, l’ordre du jour de cette visite sera essentiellement économique. Au menu, la création d’une zone de libre-échange et la promotion des investissements qataris au Maroc. Publics et privés. Les promoteurs qataris semblent particulièrement intéressés par le secteur du tourisme, où ils comptent injecter des fonds considérables .

Échange

Le Qatar est un pays de 560.000 habitants où le pétrole demeure la pierre angulaire de l’économie.
Pour optimiser l’exploitation de ces ressources pétrolières et pallier les variations de prix du brut, le Qatar a développé un certain nombre d’industries en aval, portant sur le raffinage et la récupération des gaz liés au pétrole.
Cependant, l’avenir du pays est lié à l’exploitation de l’un des plus grands gisements de gaz naturel du monde. Découvert dans les années 70 dans une zone appelée le North Field, ses réserves sont de 10.000 milliards de mètres cubes.
À côté du pétrole et du gaz, l’agriculture, l’élevage et la pêche, ressources traditionnelles du Qatar sont également à l’ordre du jour grâce à l’implantation de fermes expérimentales de l’Etat. La pêche, quant à elle, satisfait à 90% la demande locale.
Le secteur du pétrole et du gaz participe à hauteur du tiers au produit intérieur brut. L’industrie proprement dite en réalisait près de 10%, résultat des efforts du gouvernement à travers notamment l’IDTC (Industrial Development Technical Centre). Grâce à une politique budgétaire prudente, le Qatar connaît une situation financière saine. L’inflation reste faible : 2% en 2001. Le riyal qatari est indexé sur le dollar américain. La Qatar Central Bank contrôle le secteur financier depuis 1973, sans posséder toutefois tous les instruments de contrôle dont disposent ses homologues occidentales. Les banques commerciales occupent la plus grande partie du marché local qui comprend 14 banques, dont six nationales et une française (Paribas).

Affaires

L’Etat détient au Qatar l’essentiel du potentiel industriel. Défendant cependant le principe de la libre entreprise, il encourage l’investissement privé par certaines incitations fiscales comme la suppression d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Quant aux sociétés étrangères, elles sont imposées de 5% à 35% sur les bénéfices qu’elles réalisent sur place, encore que nombre d’entre elles fassent exception à la règle, soit parce qu’elles sont des coentreprises, soit parce qu’elles sont sous contrat avec l’Etat. Ce dernier fournit également des terrains à des loyers modiques, en accordant des subventions pour l’eau, l’électricité et le gaz, en dédouanant biens d’équipement et matières premières importés, en accordant des taux d’intérêts préférentiels et des garanties. Les Qataris contrôlent bien l’économie du pays.
Certains d’entre eux ont su se constituer en de véritables groupes d’affaires. Un certain nombre de Libanais, de Jordaniens, de Palestiniens et d’autres Arabes venus des pays de la région jouent également un rôle important dans les affaires.
Ne peuvent opérer au Qatar que des sociétés appartenant pour 51 % au moins à des nationaux sauf si elles travaillent sous contrat avec l’Etat ou sont représentées par un agent local (pour les sociétés de services). Selon, l’ambassadeur de Qatar à Rabat, Sakar Moubarek El Mansouri «C’est le volume et la qualité du partenariat économique qui devra être le véritable indicateur de la bonne santé de nos relations diplomatiques et le moteur de toute coopération politique. Nous estimons à Qatar que le Maroc présente des potentialités économiques importantes qu’on peut ensemble développer et concrétiser en projets porteurs».


Erratum

Le nom de la société Archivex a été cité par erreur dans notre édition du 11 octobre comme étant propriété de Abdellatif Laraki, ex-Pdg de la Banque populaire. En fait la société de M. Laraki s’appelle Doc’Archives. Nous nous excusons de cette bourde auprès des actionnaires et de la direction d’Archivex et publions ci-joint le rectificatif qu’ils nous ont fait parvenir:

Monsieur,
Comme suite à l’article paru dans vos colonnes du votre numéro 528 du 11 au 17 octobre 2002 (page 13) consacré à Monsieur Abdellatif LARAKI, nous vous demandons, au nom de Monsieur Ahmed BENKIRANE représentant les actionnaires d’Archivex, et de Monsieur Eric AGUILAR, Directeur d’Archivex, de publier dans les plus brefs délais un rectificatif concernant la Société d’archivage citée dans votre article.
En effet, la Société dirigée par Monsieur LARAKI est DOC’ARCHIVES et non ARCHIVEX, qui est également une Société de Gestion et Conservation d’archives qui n’a aucun lien avec Monsieur LARAKI.
Cette très regrettable erreur porte un préjudice sérieux à notre Société.
Aussi nous vous remercions d’introduire un rectificatif qui doit figurer en bonne place dans vos colonnes afin de réparer le discrédit dont nous pourrions souffrir.
Dans l’attente de vous lire,
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de nos salutations distinguées.

 

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