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Municipales / Languedoc-Roussillon : Aliot, Ménard et Collard, trio télégénique du FN

Municipales / Languedoc-Roussillon : Aliot, Ménard et Collard, trio télégénique du FN
Aliot (à d.) était venu lancer la campagne de Ménard en juin dernier.
PIERRE SALIBA
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L

a région compte trois figures médiatiques, candidats frontistes ou assimilés : Gilbert Collard à Saint-Gilles (Gard), Robert Ménard à Béziers (Hérault) et Louis Aliot à Perpignan (Pyrénées-Orientales). 

Comme un logo, une étiquette. “Vu à la télé”. Trois stars médiatiques du FN candidats aux municipales le sont ici : Louis Aliot à Perpignan, Gilbert Collard à Saint-Gilles et Robert Ménard à Béziers. Même si ce dernier s'en défend - il n'est pas encarté -, c'est clairement au soutien du FN qu'il doit sa grosse cote dans les sondages. "Il avance masqué", raille son concurrent UMP, le député Élie Aboud.

Robert Ménard ne s'est pas fait que des amis 

L'ex-chef de file de Reporters sans frontières n'a pas que des amis : il figurait sur le “mur des cons” du Syndicat de la magistrature. Un journaliste militant, Maxime Vivas, a écrit deux livres sur lui : La face cachée de Reporters sans frontières, en 2007, et L'irrésistible déchéance de Robert Ménard, candidat du Front national, en 2013. Selon lui, Ménard aurait eu l'indignation "sélective", en défendant des journalistes prisonniers des régimes communistes, soupçonnant RSF d'être financée par la CIA.

"Qui est allé manifester à Guantanamo, sur la base américaine ?", s'insurge le candidat biterrois. Tant pis pour ses anciens amis qui lui tournent le dos : "Ils découvrent que t'es pas de gauche, que t'es conservateur, catholique pratiquant, plutôt réactionnaire. Demandez aux journalistes que j'ai défendus ce qu'ils en pensent. Ils s'en foutent !"

Il lui en reste quelques-uns, des amis, mais il faut aller les chercher du côté du Bloc identitaire et des réseaux d'extrême droite. Robert Ménard a créé le site internet Boulevard Voltaire et participe à la toute nouvelle aventure d'une chaîne de cette mouvance ultra, TV libertés. Il avait animé des émissions sur RTL, Sud Radio ou i>Télé, avant d'en être écarté. "Les interdits sont de retour", avait-il déclaré alors.

"Ménard dit qu'il est le candidat antisystème, alors que c'est l'archétype du candidat médiatico-politique", s'insurge l'UMP Élie Aboud. "Les médias qui débarquent, c'est tant mieux pour la ville, rétorque Ménard. S'il y a un truc que je sais faire, c'est faire parler de quelque chose. Je vendrai la ville."

Collard, le mieux placé des trois

Les médias affluent aussi, ces dernières semaines, à Saint-Gilles (Gard). C'est là que l'avocat Gilbert Collard, député Rassemblement bleu marine, compte rafler la mairie. Si ça s'annonce compliqué pour Ménard à Béziers et Aliot à Perpignan, Collard est peut-être le mieux placé des trois. Saint-Gilles a d'ailleurs déjà compté un maire Front national : Charles de Chambrun, entre 1989 et 1992.

Fort de ses 53,6 % sur la commune aux législatives, Gilbert Collard défend lui aussi l'idée que "ce serait un atout pour cette ville d'avoir quelqu'un qui a une dimension nationale". En omettant de préciser qu'elle serait également, a contrario, montrée du doigt.

La rançon du succès, Collard connaît déjà. "Gérer les problèmes d'ego, les conflits au sein de ma liste, c'est plus difficile que si j'étais un personnage moins médiatique", insiste-t-il. Son ex-directeur de campagne, Philippe Asencio, l'avait quitté en février, estimant que "94 % des colistiers viennent pour l'argent et le pouvoir (...)». Il n'a pas eu plus de chance avec le deuxième, Alfred Mauro (lire ci-contre) ! Lequel expliquait lundi sur Facebook que Collard "se prend pour Machiavel mais se comporte comme Trissotin", du nom d'un personnage de Molière dépeint en pédant et vaniteux.

Le député apparenté FN a lui aussi, tout comme Ménard, eu droit à un livre à charge : Le vrai Gilbert Collard, sorti en septembre dernier.

Mais l'homme n'est pas avocat pour rien et ses talents d'orateur font recette. On l'a entendu ces derniers jours sur France Info, sur BFM. Il est allé dans les Bouches-du-Rhône et dans le Gard soutenir les candidats FN. "C'est épuisant, j'arrête pas."

Aliot : "Je suis le compagnon de Marine Le Pen, elle est comme chez elle"

Le rythme est tout aussi chargé pour Louis Aliot, vice-président du FN, candidat à Perpignan. Il sera ce dimanche à Lunel (Hérault), après s'être déplacé dans le Gard, dans l'Aude, avoir lancé la campagne de Robert Ménard à Béziers... Et bien sûr soutenu de son aura médiatique les candidats dans les Pyrénées-Orientales, sa terre d'adoption, et en Ariège, la terre familiale. Sa présence dans les médias a agacé l'UDI locale à Perpignan, qui a demandé des comptes au CSA. Mais lui explique que s'il a eu "beaucoup de visibilité pendant la présidentielle", on le voit moins ces derniers mois dans les médias nationaux, trop occupé par sa propre campagne.

Il affirme n'être que le lundi à Paris, quitte à moins voir sa compagne. "On y a trouvé notre équilibre", lâche-t-il en guise de rare confidence sur sa vie privée. Il faut dire que ce côté “people” est à ses yeux "un atout" qu'il a décidé d'utiliser : "Je suis le compagnon de Marine Le Pen. Elle est comme chez elle. Tout le monde sait qu'on a une maison ensemble. Du point de vue de la notoriété, je n'ai pas beaucoup de boulot à faire".

Les trois mousquetaires étaient... quatre. Marine Le Pen en renfort, on verra bien si Collard, Ménard et Aliot sortiront vainqueurs des duels ou des triangulaires. Au royaume de la réclame politico-télévisuelle, les vengeurs FN, masqués ou non, affirment laver plus blanc. Le risque : la publicité mensongère.

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