Tweet about this on TwitterShare on FacebookShare on LinkedInShare on Google+Pin on PinterestShare on TumblrEmail this to someone

Mali_Canfin_FInter - copieLa France a eu, pour la première fois sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, un ministre chargé à temps plein de la politique de Développement, c’est-à-dire de nos actions de solidarité internationale dans près de 100 pays dans des domaines comme la santé, l’éducation, l’énergie, l’agriculture, la promotion des sociétés civiles, la lutte contre les discriminations, etc. Et, pour la première fois, cette responsabilité a été confiée à un écologiste. Je souhaitais partager avec vous le bilan de la rénovation de la politique française de développement.
En 24 mois, j’ai conduit la rénovation de cette politique pour en faire non plus un héritage du passé mais le vecteur pour construire le monde du XXIe siècle – un monde où la pauvreté dans les pays du Sud aura été éradiquée tout en inventant un nouveau modèle de développement soutenable capable de permettre à 9 milliards d’hommes et de femmes de vivre dans les limites physiques de notre planète.
Ces 24 mois ont été aussi marqués par deux crises majeures au Mali et en République Centrafricaine, crises sécuritaire et politique, mais aussi de développement. C’est pourquoi, je me suis pleinement engagé pour y répondre car s’il n’y a pas de développement possible sans sécurité, il n’y a pas non plus de sécurité durable sans développement.

 

*Pour télécharger ce bilan au format PDF, cliquez ici.

Six marqueurs de la rénovation de la politique de développement :
•    La première loi d’orientation et de programmation sur le développement et la solidarité internationale adoptée en février 2014 en première lecture à l’Assemblée nationale.
•    10% en 2013 puis 15% en 2014 des recettes de la taxe sur les transactions financière affectées au développement
•    L’Agence Française de Développement (AFD), référence en matière de développement durable : interdiction des financements de projet charbon et de plantation OGM, objectif zéro déforestation de forêt primaire, priorité aux énergies renouvelables dans le domaine de l’énergie et à l’agriculture familiale dans le domaine agricole.
•    Un dialogue rénové avec l’ensemble des acteurs du développement par la création du Conseil national du développement et de la solidarité internationale (CNDSI) et le doublement de l’aide transitant par les ONG.
•    L’égalité entre les femmes et les hommes au cœur de la politique de développement.  50% des projets de développement soutenus par la France devront comporter en 2017 un objectif d’amélioration de l’égalité entre les femmes et les hommes.
•    La transparence de tous les projets financés par l’aide française au Mali depuis septembre 2013.

 

Faire une politique de développement autrement

 

La rénovation, c’est en premier lieu un changement de méthode. En tant qu’écologiste, j’ai  considéré tout au long de ces deux ans avoir une responsabilité particulière à changer la logique des institutions, à les ouvrir sur la société civile, à toujours faire avancer la démocratie. Le temps, pas si lointain, d’une politique de Développement qui se décidait dans l’ombre, ce temps-là, est désormais révolu.

 

Des moyens préservés grâce aux financements innovants

 

Cette rénovation, je l’ai menée dans un contexte budgétaire que chacun sait contraint. Je me suis battu pour le budget du développement, ce qui a permis de préserver les priorités de notre politique, notamment grâce à l’affectation d’une partie du produit de la taxe française sur les transactions financières au développement. Alors que le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait entièrement affecté le produit de cette taxe à la réduction des déficits, j’ai obtenu que 10% en 2013 puis 15% en 2014 des recettes aillent au développement. La taxe de solidarité sur les billets d’avion a également été revalorisée de plus de 10% au 1er avril 2014, ce qui n’avait pas été fait depuis sa création en 2006. Ces nouvelles ressources permettent de maintenir la contribution française au fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme à hauteur de 1,08 milliards d’euros pour les trois prochaines années. En 2013, les recettes de la taxe sur les transactions financières ont permis de lancer l’initiative Solidarité Santé Sahel qui donnera un accès gratuit aux soins à plus de 2 millions d’enfants au Sahel.

 

Les Assises du développement : une concertation sans équivalent depuis quinze ans

 

Les Assises du développement et de la solidarité internationale se sont tenues entre novembre 2012 et mars 2013. Cela faisait quinze ans que la France n’avait pas mis en débat sa politique de développement. En quinze ans, le monde a changé : des pays en développement sont devenus des puissances émergentes, les tensions environnementales se sont encore accentuées, etc. Ces Assises ont permis de définir les axes de la rénovation de la politique de développement avec les parlementaires, les élus locaux, les ONG, les entreprises, les fondations, les organismes de recherche,  les syndicats, les collectivités territoriales, les partenaires du Sud…

 

La première loi sur le développement et de la solidarité internationale

 

Ce grand exercice démocratique de concertation a permis de faire émerger des idées neuves tant sur les priorités que sur les modalités de mise en œuvre de l’aide française. Ces nouvelles orientations j’ai souhaité qu’elles soient inscrites dans la loi d’orientation et de programmation sur le développement et la solidarité internationale, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale début février. Ce texte, le premier de l’histoire de la Ve République sur le développement et la solidarité internationale, permettra d’en finir avec le caractère discrétionnaire de cette politique et d’acter au plan législatif sa modernisation. Cette loi affirme la nouvelle vision française du développement et fait du développement durable dans ses trois composantes, sociale, économique et environnementale, la finalité de notre politique de développement.

 

Mettre en œuvre un nouveau dialogue avec la société civile

 

Une nouvelle instance de concertation : le Conseil National du Développement et de la Solidarité Internationale (CNDSI) a été créé en juillet 2013. A la suite des Assises, nous avons, avec toutes les parties prenantes, souhaité mettre en place une structure permanente de concertation avec la société civile. Depuis la dissolution en 2008 du Haut Conseil de la Coopération Internationale (HCCI) par la droite, aucune instance de concertation formelle ne réunissait plus l’ensemble des acteurs du développement. Ce nouveau dialogue avec la société civile impliquait  aussi le renforcement des ONG sur le terrain. C’est pourquoi, nous avons entamé en 2013 et 2014 le doublement sur le quinquennat de la part de l’aide confiée aux ONG. Une partie de cette aide est dorénavant directement dirigée vers les sociétés civiles du Sud grâce à la création d’un nouveau Fonds d’appui aux sociétés civiles du Sud.

 

Faire de la transparence la règle et non l’exception

 

En septembre 2013, j’ai lancé un site internet qui recense les projets financés par la France au Mali  (http://transparence.ambafrance-ml.org). C’est la première fois qu’un tel exercice de transparence était réalisé concernant l’aide française. Ainsi, chacun, en France comme au Mali, peut connaître précisément la nature et l’avancement des projets de développement financés par la France. Ce site permet également de signaler, par courriel ou SMS, toute anomalie constatée dans la conduite des projets. Ainsi, c’est un véritable contrôle citoyen décentralisé qui a été mis en place. Ce site respecte depuis janvier 2014 le standard international de transparence de l’aide (IATI), référence en matière de transparence de l’aide.

 

Une politique de développement qui préserve la planète et défend les droits humains

 

La rénovation, c’est également inscrire notre politique dans le monde du XXIe siècle. Nous ne pouvons pas faire reculer la pauvreté durablement si nous n’adoptons pas des modèles de développement soutenables sur le plan environnemental. C’est pourquoi, dès mon arrivée, j’ai souhaité faire de la soutenabilité un impératif pour la politique française de développement. Cette action pour défendre de nouveaux modes de production et de consommation, je l’ai menée également au niveau européen et international. Je me suis impliqué ainsi personnellement aux Nations Unies dans la définition du nouvel agenda international du Développement qui doit prendre le relais en 2015 des fameux Objectifs du Millénaire.

 

Orienter l’action de l’Agence Française de Développement  vers des solutions durables

 

Dans le domaine de l’énergie, les six milliards d’euros d’investissements qui seront réalisés par l’Agence dans les trois prochaines années auront désormais deux priorités : les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Si l’AFD n’était pas inactive en la matière, les priorités sont maintenant clairement définies. Cela se traduit également par l’arrêt de tout financement de centrales électriques au charbon en l’absence de système de capture et de stockage du CO2. L’AFD a également adopté en avril 2013 une nouvelle doctrine en matière agricole, et ne pourra plus financer de projets OGM. Fin septembre, l’AFD s’est dotée de sa première stratégie en matière de biodiversité. Dorénavant, aucun de ses projets ne doit contribuer à la destruction de forêts primaires. De la même manière, l’Agence a adopté une nouvelle stratégie en matière de développement urbain qui place les solutions durables telles que les transports collectifs en tête de ses priorités. Enfin, nous avons décidé d’imposer un « stress test » climat à tous nos projets d’infrastructures en Afrique. Toutes les infrastructures financées par l’Agence française de développement devront ainsi être résilientes au changement climatique.

 

Inscrire le développement durable dans tous les projets de l’AFD

 

La soutenabilité des projets fait désormais l’objet d’une évaluation précise tout au long de la mise en place du projet – de sa conception à sa réalisation. L’ensemble des projets de l’AFD font l’objet d’une évaluation de leurs impacts sociaux et environnementaux. Cette évaluation donne lieu à un avis obligatoire présenté au conseil d’administration de l’agence avant validation des projets. Cet avis complète l’appréciation financière du projet nécessaire à son financement par l’AFD. L’AFD est ainsi la première banque de développement à attribuer une note développement durable à tous les projets qu’elle est susceptible de financer.

 

Favoriser l’innovation au service du développement

 

Soutenir un développement durable, c’est aussi soutenir l’innovation. A chacun de mes déplacements en Afrique, j’ai été frappé par le nombre d’entrepreneurs, d’agriculteurs, de chercheurs, d’ONG qui chaque jour innovent, trouvent des solutions pour permettre un développement nouveau. Ces innovatrices et innovateurs inventent l’Afrique de demain, lui ouvrent un nouvel horizon soutenable et prometteur, et j’ai considéré essentiel pour la France d’y contribuer. Leurs innovations méritent d’être connues, soutenues. C’est pour cela que j’ai lancé l’initiative : Forum Afrique – 100 innovations pour un développement durable, en partenariat avec l’Agence française de développement (AFD). Ce forum a donné lieu à un événement à Paris, le 5 décembre 2013, en amont du sommet de l’Elysée pour la Paix et la sécurité en Afrique qui a permis de récompenser 100 innovations.

 

Renforcer la prise en compte des critères de responsabilité sociale et environnementale

 

Le caractère soutenable des projets doit non seulement se traduire dans leur contenu mais aussi dans les conditions de leur réalisation. Le respect des communautés locales, de la biodiversité ou encore des conditions de travail décentes sont autant d’impératifs pour garantir les effets positifs d’un projet de développement. En octobre 2012, nous avons adopté le principe selon lequel l’Agence doit intégrer des clauses de responsabilité sociale et environnementale (RSE) dans la passation de ses marchés. Elle accompagnera également les entreprises locales dans leurs propres efforts de RSE. L’AFD a formalisé ces règles renforcées dans un document stratégique adopté en mars 2014. Cette démarche s’accompagne d’un plaidoyer international pour que les autres financeurs fassent de même.

 

Faire de l’aide française un facteur d’émancipation pour les femmes et les jeunes filles

 

Dans de nombreux pays du Sud les droits des femmes et des minorités sexuelles sont souvent en risque ou à conquérir. C’est pourquoi, j’ai souhaité que la nouvelle  « stratégie genre et développement » établie pour la période 2013-2017 établisse pour la première fois des objectifs chiffrés. L’objectif est de créer le « réflexe égalité » dans l’ensemble des politiques de développement, c’est-à-dire  la prise en compte systématique de l’égalité entre les femmes et les hommes dès la conception de l’ensemble des programmes d’aide. Ainsi, d’ici 2017, 50% des projets de développement français auront comme objectif principal ou significatif l’amélioration de l’égalité entre les femmes et les hommes. Alors que les femmes et les jeunes filles sont les principales victimes du mal-développement, leurs accès aux programmes d’aide au développement  est central à la fois en ce qui concerne les valeurs universelles défendues par la France sur la scène internationale, mais aussi pour améliorer l’efficacité de notre aide. J’ai aussi souhaité, afin de favoriser la transparence sur les résultats donnés, que la stratégie et ses résultats soient évalués annuellement par le Haut Conseil à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes.


Agir pour le développement au-delà de l’aide publique

 

Je n’ai pas limité pas mon action à la seule aide publique au développement. Car celle-ci ne peut atteindre ses objectifs si dans le même temps les grandes régulations mondiales ne participent pas à créer les conditions du développement. J’ai ainsi voulu  contribuer à tirer la mondialisation vers le haut.

 

Lutter contre les flux financiers illicites qui détournent les richesses des pays en développement

 

Les flux financiers qui sortent des pays du Sud en passant notamment par les paradis fiscaux, empêchant ainsi les Etats de collecter des impôts, représentent des montants dix fois supérieurs à celui de l’Aide publique au développement. C’est pourquoi, la France a soutenu le projet de directive adopté en avril 2013 qui obligera les multinationales du secteur extractif (pétrole, gaz, métaux,…) à déclarer pays par pays et projet par projet les revenus tirés de l’exploitation des ressources naturelles versés aux Etats. Sur ce dossier, la France a fait bouger les lignes en Europe et a permis d’aboutir à un accord ambitieux. Cette mesure est essentielle pour assurer la transparence de ces recettes qui constituent la première source de financement pour de nombreux Etats au Sud. La France a également été le premier pays à soutenir financièrement le nouveau fonds de la Banque Mondiale qui va permettre aux Etats africains qui le souhaitent de faire financer des prestations d’avocats et de fiscalistes pour mieux négocier ou renégocier les contrats face aux grandes entreprises. Cette logique, j’ai souhaité qu’elle s’applique, aussi et en premier lieu, à Areva dans la renégociation des contrats avec le Niger pour l’exploitation de l’Uranium. J’ai pour la première fois indiqué devant l’Assemblée Nationale que les demandes du Niger d’un meilleur partage des recettes liées à l’exploitation de l’uranium était légitimes pour financer le développement du pays.

 

Enfin, j’ai souhaité que la France, avec la Norvège, contribue au financement de l’étude de faisabilité de l’initiative Inspecteurs des Impôts sans frontières qui a pour objectif d’aider les pays en développement sur des cas concrets à contrôler les déclarations fiscales des firmes multinationales. Cette initiative sera lancée officiellement à Mexico en avril 2014.

 

Une agence de développement exemplaire vis-à-vis des paradis fiscaux

 

J’ai également demandé à l’Agence Française de Développement (AFD) d’être exemplaire en matière de lutte contre les paradis fiscaux. L’agence a ainsi renforcé, fin 2012, l’ensemble de ses procédures relatives à la lutte contre la corruption et les paradis fiscaux. En matière de lutte contre la corruption, l’AFD utilisera dorénavant les listes dressées par la Banque mondiale pour exclure de ses marchés les entreprises impliquées dans des cas de corruption. Concernant les paradis fiscaux, l’agence s’interdit de travailler avec des entités localisées dans des juridictions non coopératives. L’agence utilise désormais une liste élargie à l’ensemble des pays jugés non conformes par l’OCDE – qui s’ajoutent à ceux de la seule liste française.

 

 

Un plan pour renforcer le commerce équitable

 

Renforcer le commerce équitable chez nous, c’est aussi renforcer les paysans du Sud, leur autonomie, et leur donner plus de moyens. J’ai ainsi  lancé avec Benoît Hamon, un plan de 7 millions d’euros sur les trois prochaines années, dont l’objectif sera de tripler la consommation de produits équitables en France, et d’augmenter le nombre de filières pour qu’il y ait de plus en plus de produits du commerce équitable. Il s’agit aussi de renforcer la connaissance des labels par les consommateurs français en soutenant toutes les initiatives.

 

La fin des mélanges entre contrôle des flux migratoires et développement

 

Nous avons mis fin à la liaison entre la politique de développement et la politique migratoire. Le précédent gouvernement avait déplacé une partie du budget alloué au développement du Quai d’Orsay vers le ministère de l’Intérieur pour pouvoir négocier le financement de projets comme contrepartie à la signature d’accord de « gestion concertée des flux migratoires ». Ce lien a été supprimé puisque la totalité du budget concerné est revenue sous ma responsabilité. En ayant travaillé de manière renouvelée avec les diasporas, mon objectif a été de donner corps à une nouvelle politique qui valorise la richesse d’une France pluriculturelle au service du développement, ici et là-bas.

 

La France en pointe dans la lutte contre l’accaparement des terres 

 

L’accaparement de terres à grande échelle menace les droits des petits paysans et des communautés locales et la sécurité alimentaire des plus pauvres. C’est pourquoi, j’ai souhaité que la France s’engage fortement contre ce phénomène. Une étape majeure a été franchie au niveau international avec l’adoption en 2012 par le comité de la sécurité alimentaire des directives volontaires sur le foncier. Il s’agit aujourd’hui de transposer ces directives concrètement dans les pays où ont lieu ces accaparements. La France travaille aux côtés des pays africains pour traduire ces directives volontaires dans leur législation nationale. J’ai aussi demandé à l’Agence française de développement (AFD) d’être irréprochable en matière de financement agricole. Ainsi l’AFD devra désormais pour chacun de ses investissements agricoles s’assurer que ces directives contre l’accaparement des terres sont bien respectées.

 

Tirer les leçons du Rana Plaza

 

Il y a un an en avril 2013, 1000 personnes trouvaient la mort dans l’incendie de leur usine qui travaillait comme sous-traitant de grandes marques internationales du textile. Il nous a fallu tirer les leçons de ce drame pour faire avancer le droit social international et la responsabilité sociale des grandes entreprises. La loi sur le Développement a été l’occasion de renforcer les exigences qui portent sur les grandes entreprises françaises.

 

Mali, Centrafrique : répondre à l’urgence des crises 

 

Ces 24 mois ont été aussi marqués par deux crises majeures au Mali et en République Centrafricaine – crises sécuritaires, crises politiques, mais aussi crises de développement. 

 

Au Mali, gagner la paix par le développement :

 

Notre action en faveur du développement s’est inscrite dans une stratégie globale. Sur le plan sécuritaire, l’intervention française a permis de rétablir l’intégrité territoriale du pays. Sur le plan politique, les élections présidentielles puis législatives ont permis le retour à l’ordre constitutionnel. Mais nous le savons, il n’y aura pas de paix de manière durable au Mali sans développement.

 

J’ai piloté la reprise de notre aide bilatérale dès février 2013. Avec l’Union européenne, nous avons coordonné la réponse aux besoins, dont le rétablissement des services publics de base (eau, santé, éducation, électricité…), le financement du retour des réfugiés et des déplacés et apporté ainsi une réponse aux besoins immédiats des populations. Ma seconde mission a été de mobiliser tous les acteurs, des collectivités locales aux institutions internationales. Nous avons ainsi réuni dès le printemps 2013 l’ensemble des acteurs de la diaspora malienne à Montreuil, et organisé une journée de mobilisation à Lyon pour donner un nouvel élan à la coopération décentralisée franco-malienne qui concerne une ville sur six au Mali. Nous avons également mobilisé la communauté internationale. La conférence de Bruxelles, le 15 mai 2013, organisée conjointement par la France et l’Union Européenne a permis de collecter 3,2 milliards d’euros pour financer le développement au Mali d’ici 2015. Un peu moins d’un an après cette conférence, un tiers des fonds ont déjà été décaissés pour financer de nouveaux projets, soit un effort sans précédent pour le redémarrage du pays. L’aide française a mobilisé 280 millions d’euros de financement pour le Mali ce qui en fait le premier pays donateur.

 

En République Centrafricaine, éviter une catastrophe humanitaire et rétablir l’état de droit :

 

En République Centrafricaine, la France est intervenue dans un contexte très difficile. Face au risque de guerre civile et aux violences interreligieuses, l’inaction n’était pas une option. Je me suis rendu mi-mars 2014 en République Centrafricaine accompagné du commissaire européen au développement Andris Piebalgs et du ministre allemand du développement, Gerd Müller. Il s’agissait du premier déplacement conjoint franco-allemand dans un pays africain en crise. La communauté internationale s’est engagée, le 20 janvier dernier, lors d’une conférence humanitaire à Bruxelles à verser 500 millions de dollars pour la République Centrafricaine. La France s’est engagée à hauteur de 35 millions d’euros. Ce déplacement a aussi permis d’insister auprès des autorités de transition sur l’urgence à rétablir l’état de droit afin de poursuivre les responsables de violences, condition à la réconciliation.


Préparer l’accord international sur le climat à Paris en 2015

 

Avec Laurent Fabius et Philippe Martin, j’ai piloté la préparation de la grande conférence internationale sur le climat qui aura lieu à Paris en décembre 2015. Ce sera la plus grande conférence internationale jamais organisée par la France et une étape clé pour résoudre l’un des plus grands défis de notre temps.

 

Si le dernier rapport du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l’Evaluation du Climat) confirme que le changement climatique est déjà à l’œuvre et provoque une hausse des niveaux des mers, la fonte des glaciers, et plus généralement, une hausse des températures, ce rapport nous dit aussi qu’il est encore possible de rester en dessous de 2°C de réchauffement. La conférence de Paris aura donc pour objectif de définir les clés d’un nouvel accord, juridiquement contraignant, qui prendra en compte les évolutions du monde. Ce nouvel accord devra proposer des solutions aux pays émergents, qui sont devenus les premiers émetteurs de gaz à effet de serre, pour limiter leur impact tout en continuant leur développement économique. Il devra aussi encourager les pays industrialisés à faire plus en matière de réduction de leurs émissions, mais aussi à faire preuve de davantage de solidarité avec les pays les plus vulnérables, qui souffrent déjà des conséquences du changement climatique.

 

Faire de Paris Climat 2015 la conférence des solutions au changement climatique. Nous avons travaillé aussi sur le plan international, à la préparation d’un agenda positif, qui vise à démontrer que les solutions écologiques sont les mieux à même de répondre à la fois aux défis économiques et aux enjeux de sortie de la pauvreté.

 

 

 

Ces deux années ont transformé en profondeur notre politique de Développement et de solidarité internationale. Avec les parlementaires qui se sont mobilisés sur la loi, avec les ONG et les élus locaux qui font vivre au quotidien la solidarité internationale, avec les équipes qui mettent en œuvre cette rénovation, nous pouvons être fiers de ce bilan.

 

 

 

Pascal Canfin

 


A quoi sert l’aide française au développement ? par francediplotv

 

Repères sur l’aide publique au développement

L’aide publique au développement (APD) désigne les dépenses publiques au bénéfice des pays en développement dont le but essentiel est de contribuer à la lutte contre la pauvreté grâce au développement économique et à l’amélioration des conditions de vie dans les pays concernés. Ces dépenses prennent la forme de dons ou de prêts subventionnés, c’est-à-dire des prêts à des conditions plus avantageuses que le marché. Concrètement, l’aide française au développement finance des projets dans les secteurs de la lutte contre la malnutrition, l’éducation, la santé (lutte contre le sida, vaccination, prévention, santé maternelle), l’agriculture, l’énergie (accès à l’énergie, lutte contre le changement climatique, efficacité énergétique), la démocratie, les droits de l’homme, les droits des femmes…

Quelques chiffres

  • 9,3 milliards d’euros, c’est le montant global des dépenses qui concourent à l’aide publique au développement en 2011, tous ministères confondus. Ce chiffre prend en compte le budget de l’aide française, ainsi que, par exemple, des dépenses liées aux annulations de dettes des États, l’accueil des étudiants étrangers, le secteur humanitaire…
  • 3,1 milliards d’euros, c’est le montant du budget de l’aide française au développement au titre du projet de loi de finances pour 2013.
  • En 2011, la France était la 4e contributrice mondiale de l’aide publique au développement, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne, et devant le Japon.
  • La France contribue à 10 % de l’aide publique mondiale au développement.
  • 65 % de l’aide publique française au développement est acheminée via des aides bilatérales vers les pays partenaires de la France. Ces aides sont déployées via l’Agence française de développement (AFD), l’opérateur France expertise internationale, les ambassades.
  • 20 % de l’aide publique française au développement est confiée à l’Union européenne.
  • La France est la seconde contributrice du Fonds européen de développement, l’instrument de développement de l’UE, qui compte un budget d’un montant de 27 milliards d’euros, répartis sur 7 ans.
  • 15 % de l’aide publique française au développement sont confiés aux organisations multilatérales (par exemple Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, UNITAID, Fonds pour l’environnement mondial, Banque africaine de développement) ou à des programmes internationaux (UNICEF, Programme alimentaire mondial…).Le développement c’est aussi…=> Les collectivités territorialesLa coopération décentralisée, ce sont des actions menées par les collectivités territoriales françaises directement en partenariat avec des collectivités territoriales dans les pays du Sud.
  • Plus de 4 800 collectivités territoriales françaises sont engagées à l’international ;
    • Plus de 10 000 collectivités locales partenaires dans 147 pays ;
    • Plus de 12 500 projets de coopération décentralisée.

    => Les ONG

    • Plus de 300 ONG de dimension nationale en France (source CSUD, CCD) ; et plus de 3 000 ONG dans nos territoires (source CSUD, CCD) ;
    • plus d’1 million de bénévoles mobilisés pour la solidarité internationale et le développement durable (source IFOP) ;
    • entre 1,5 et 2 millions de donateurs.

Pour télécharger ce bilan au format PDF, cliquez ici.

 

RECHERCHE
RÉSEAUX SOCIAUX
  
'use strict';