LA PESTE

La peste est aujourd'hui considérée comme une maladie ré-émergente dans le monde, elle est soumise à une réglementation internationale. Le nombre de cas déclarés par l'OMS est en progression dans certaines régions. Au cours du XXème siècle, la découverte des traitements antibiotiques, leur efficacité et le renforcement des mesures de santé publique ont réduit très fortement la morbidité et la mortalité dues à cette maladie, mais n'ont pas permis de la faire disparaître.

La peste est une maladie des rongeurs, principalement véhiculée par le rat, et transmise à l'homme par piqûres de puces de rongeurs infectés. Dans le cas de la peste bubonique, la transmission inter humaine peut avoir lieu par l'intermédiaire de la puce de l'homme. C'est le pasteurien Alexandre Yersin qui découvrit en 1894 le bacille responsable de la maladie Yersinia pestis, bactérie d'une extrême virulence.


Epidémiologie

Les cas déclarés à l'OMS ces dix dernières années indiquent que l'Afrique reste le continent le plus touché, suivi par l'Asie : à eux seuls, ces deux continents comptaient près de 99% des cas rapportés dans le monde en 1997. Les foyers de peste les plus importants sont présents à Madagascar (1820 cas en 1997 contre 126 cas en 1994), au Mozambique (825 cas en 1997), en Tanzanie (947 cas en 1996), au Congo (636 cas en 1993) et en Inde (876 cas en 1994). Sur le continent américain, après les épidémies déclarées en Amérique du Sud (au Pérou, 611 cas et 420 cas respectivement en 1993 et 1994), le nombre de cas de peste est passé à 44 en 1997 dont 39 déclarés au Pérou. Les Etats-Unis ne sont pas épargnés : 14 cas en 1994 et 4 cas en 1997. Malgré leur apparition rapprochée, il n'y a probablement pas de lien épidémiologique entre les épidémies asiatiques, américaines et africaines. Des cas, certes limités, ont surgi dans certains pays de l'ex-URSS. Aucun cas de peste n'a été signalé récemment en Océanie ou en Europe. En France, les derniers cas survenus datent de 1945 en Corse.


Aspects cliniques

Chez l'homme, la maladie prend trois formes principales: bubonique (contractée par piqûre de puce), pulmonaire (infection par voie aérienne) ou septicémique. La peste bubonique est la forme clinique la plus fréquente. Elle est caractérisée par un syndrome infectieux très sévère (forte fièvre). Une hypertrophie des ganglions lymphatiques ou bubons drainant le territoire de piqûre de la puce se développe après une incubation de 1 à 5 jours. Dans 20 à 40% des cas, le bubon supure et le malade guérit après un temps de convalescence assez long. Sinon, la maladie évolue vers une septicémie, mortelle en moins de 36 heures. Si le bacille atteint les poumons, la contagion inter humaine se fait par l'intermédiaire des expectorations. En l'absence d'un traitement précoce et approprié, la peste pulmonaire est systématiquement mortelle en 3 jours.


Traitements

La streptomycine, le chloramphenicol et les tétracyclines sont les antibiotiques de référence pour le traitement de la peste.


Les mesures prophylactiques

Les traitements chimioprophylactiques au moyen de tétracyclines et de sulfamides, administrés précocement, sont en général d'une très bonne efficacité pour l'entourage immédiat des sujets atteints de peste pulmonaire.


A l'Institut Pasteur :

Le Laboratoire des Yersinia étudie les facteurs de pathogénicité de ce genre bactérien, la résistance aux antibiotiques et il développe des méthodes de typage moléculaire en épidémiologie. Ce laboratoire est également le Centre National de Référence des Yersinia et un Centre Collaborateur de l'OMS.
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Mars 2002


Voir aussi :



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