Le boulevard Saint-Laurent
 Les origines et le développement du boulevard Saint-Laurent
Le boulevard Saint-Laurent est la plus vieille artère à avoir été développée vers le nord à partir des anciennes fortifications, et le plus important axe nord-sud de Montréal. Cette voie, créée à l'intérieur des murs de la ville en 1672 sous le nom de rue Saint-Lambert, devient, au-delà de la porte Saint-Laurent et des murs d'enceinte, le chemin qui mène à la campagne. La rue se poursuit en direction nord-ouest par un chemin jusqu'à la paroisse de Saint-Laurent, fondée en 1720, et, vers 1740, en direction nord-est par un autre chemin jusqu'à la paroisse de La Visitation du Sault-au-Récollet. La rue Saint-Laurent, qui divise donc l'île en deux, est officiellement désignée ligne de partage entre l'est et l'ouest de Montréal en 1792. Au bout de quelques années, l'artère finit par être connue sous l'appellation de Saint-Laurent du Main, puis simplement la « Main », d'où son surnom.
Montréal en 1717 d'après Gaspard- Joseph Chaussegros de Léry© Atlas historique du Canada, Volume I, Montréal, les Presses de l'Université de Montréal, 1987, (planche 49)

Montréal en 1717 d'après Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry

© Atlas historique du Canada, Volume I, Montréal,
Les Presses de l'Université de Montréal, 1987, (planche 49)

Tout d'abord quartier d'artisans et de gens de métiers spécialisés, l'artère devient également, au cours du XIXe siècle, le quartier des affaires et de la bourgeoisie. En 1846, le secteur bâti composé de maisons, de boutiques et de bureaux s'arrête au pied de l'escarpement de la rue Sherbrooke ; au-delà, se profilent à l'horizon des cottages, des fermes et des vergers. Les incendies de 1852, détruisant une grande partie de la ville, entraînent le déplacement progressif de la bourgeoisie vers le nord de l'artère Saint-Laurent, là où les terrains sont plus vastes, l'environnement plus agréable et le danger de conflagrations moindre. Il n'en demeure pas moins qu'à cette époque, même si, suite à ces incendies dévastateurs, des édifices à deux ou trois niveaux sont construits sur Saint-Laurent, la rue conserve en grande partie son caractère semi-rural.

Relevé du paysage du plateau Mont- Royal vers 1860© Dessin de Simon Péloquin, Continuité, No 66, automne 1995, p.17

Relevé du paysage du plateau Mont-Royal vers 1860

© Dessin de Simon Péloquin, "Continuité, no 66, automne 1995, p.17"

Vue du Boulevard Saint-Laurent, à l'angle nord-ouest de l'avenue des Pins vers 1915© Ville de Montréal Gestion de documents et archives

Vue du boulevard Saint-Laurent, à l'angle nord-ouest de l'avenue des Pins, vers 1932

© Ville de Montréal. Gestion de documents et archives (2-13)

Cependant, en raison de l'accroissement rapide de la population, Montréal commence à s'étendre bien au-delà de ses limites primitives. Lorsqu'en 1864, grâce aux tramways à traction animale, il est plus aisé de franchir l'escarpement de la rue Sherbrooke, la construction sur les hauteurs de la rue Saint-Laurent s'intensifie. Comme la valeur des propriétés augmente, les façades de terrain sont ramenées à vingt-cinq pieds, et on voit apparaître des édifices à trois, voire quatre niveaux. Si plusieurs bourgeois trouvent encore de bon ton, en 1860, d'habiter la rue Saint-Laurent, entre Saint-Antoine et Sherbrooke, là où se trouvent leurs commerces préférés ainsi que leurs établissements professionnels et d'affaires, peu à peu s'opère pour eux la séparation du lieu de résidence et du lieu de travail. Les anglophones optent majoritairement pour l'ouest de la ville, ce qu'il est convenu d'appeler aujourd'hui le Golden Square Mile, et les francophones pour l'est, dans le Quartier latin.

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