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» La mafia, fille d’une certaine modernité
par Jacques de Saint Victor

Beaucoup d’explications toutes prêtes circulent sur la mafia : tradition archaïque, résurgence féodale, etc. Jacques de Saint Victor nous propose, avec ce récit de la naissance de la mafia, une autre lecture du phénomène : celle d’une organisation ultra-opportuniste et parasite, se nourrissant d’une démocratie mal assurée et de l’économie du libre marché.

Il était un révolutionnaire libéral, célèbre pour son hostilité aux Bourbons, ayant combattu en 1848. Lorsque les troupes de Garibaldi se sont emparées de Palerme, en 1860, il s’est empressé de leur porter secours, devenant un membre actif de la garde nationale. Il deviendra, selon les historiens, l’un des premiers boss du quartier de l’Uditore, à la périphérie de Palerme. Son nom ? Don Antonio Giammona. Le parcours de cet homme illustre à merveille la complexité de la naissance de la mafia. La piste historique que je vous propose de suivre, et qui nous mène à Palerme et à Naples, au début du XIXe siècle, continue de poser des questions plus qu’elle n’apporte de réponses définitives. Une chose est sûre : les mafias ne sont pas aussi anciennes que leurs légendes le prétendent. La criminalité organisée de type mafieux est étroitement liée à l’essor de la société libérale. Il y a un lien complexe entre la naissance du « capitalisme historique » (I. Wallerstein) dans des régions comme la Sicile, lors de la transition du féodalisme au capitalisme, processus brutal et tardif (les droits féodaux n’ont été abolis en Sicile qu’en 1812), et l’apparition des phénomènes proto-mafieux.

L’aubaine du libéralisme
La mafia apparaît historiquement d’abord à Palerme et à Naples dans le cadre de deux marchés qui s’ouvrent, à partir du début du XIXe siècle, à une économie ultra-compétitive. C’est le processus de production des jardins d’agrumes de la Conca d’Oro, autour de Palerme, caractérisé par une création de richesse importante mais vulnérable, qui permet à la mafia de prendre son essor. L’achat des productions de citron sur pied (avant même la récolte) par de gros monopoles étrangers (notamment la Marine anglaise), fait de ce marché l’un des premiers d’Europe, devant les productions des vergers du bassin parisien. Il y a un lien essentiel entre ce type de production, très sensible à la sécheresse, aux vols dans les plantations, etc., et l’essor de groupes intermédiaires (fontainiers, gardiens, gabellotti, etc.), qui vont devenir les personnages clés dans ce secteur et l’embryon de la criminalité organisée. L’un des meilleurs historiens de la mafia, Salvatore Lupo, a souligné l’importance des éléments de conflictualité entre ces groupes d’individus qui vont profiter de l’instabilité de la nouvelle société capitaliste pour s’imposer aux grands propriétaires fonciers qu’ils vont voler tout en prétendant les servir. Dans la zone de l’Uditore, notre Don Giammona contrôle par exemple suffisamment de gardiens pour intimider les propriétaires. Si l’un d’eux choisit un gardien qui ne lui plaît pas, il le fait supprimer. Un climat de peur commence à s’installer auprès des habitants de ces régions.

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