dans le retro avec l'INA 15/04/2008 à 16h02

Berlusconi au pouvoir : le retour d'un spécialiste en dérapages

Zineb Dryef
Journaliste Rue89


C'est reparti. Revenu au poste de président du Conseil italien, Silvio Berlusconi s'est remis à son sport favori, la provocation. « Je suis plus grand que Poutine et Sarkozy », a ironisé le septuagénaire lors d'un meeting. Quelques jours avant, il avait proposé de soumettre les procureurs à des tests psychologiques... Retour en images sur quatorze ans de dérapages.

25 novembre 1993. Sua Emittenza soutient un néofasciste

Roi des cumulards, Silivo Berlusconi est, au début des années 90, patron d'un club de foot (le Milan AC), de six chaînes privées, d'un journal national et d'un groupe d'édition. Puissant, il lorgne sur la politique, et va y faire une entrée fracassante.

Pendant la campagne des municipales, il déclare que s'il avait été romain, il aurait voté pour le candidat du Mouvement social italien (MSI), le parti néofasciste. Le tollé est général. Gianfranco Fini perd l'élection, mais sera ministre dans la coalition de Berlusconi en 1994, puis ministre des Affaires étrangères de 2004 à 2006. L'ancien journaliste a également signé les préfaces des éditions italiennes des livres de Nicolas Sarkozy.


30 janvier 1995. Sarkozy ne croit pas en un homme providentiel

La France est en pleine campagne électorale. En Italie, le trop plein de Berlusconi commence à se faire sentir. Président du Conseil depuis 1994, il est empêtré dans ses ennuis judiciaires et sa coalition se craquelle.

Interrogé sur le sujet, Nicolas Sarkozy, alors soutien d'Edouard Balladur, se fait critique : « Je n'ai pas aimé dans la campagne de Forza Italia cet élément qui consistait à dire : “Italiens, donnez vous à moi, il suffit de m'élire et tout ira bien'... Je n'y crois pas ! ‘


27 septembre 2001. L'Occident est supérieur à l'islam

Un incident diplomatique met l'Europe dans l'embarras. En visite à Berlin, le nouveau président du Conseil italien (pour la deuxième fois) affirme la supériorité du système des valeurs occidentales sur l'islam’. La Ligue arabe exige des excuses, les Européens condamnent.


9 janvier 2002. Berlu, un ministre des Affaires étrangères qui s'amuse...

Après avoir poussé à la démission son ministre proeuropéen, Silvio Berlusconi le remplace et commente simplement par un ‘je m'amuse’. La blague n'amuse pas Bruxelles, inquiète de l'euroscepticisme italien et du cumul des fonctions d'Il Cavaliere. Gianfranco Fini lui succédera en 2004.


22 mars 2002. L'Italie se retire du Salon du livre

L'Italie est l'invitée d'honneur du Salon du livre. De nombreuses manifestations anti-Berlusconi accueillent la délégation officielle. L'Italie à se retire en signe de protestation et accuse Catherine Tasca, ministre de la Culture, d'être responsasble du fiasco. Elle avait refusé d'inaugurer le Salon en compagnie du président du Conseil.


3 juillet 2003. Un kapo au Parlement européen

Séisme diplomatique entre l'Allemagne et l'Italie. Alors que Martin Schulz, eurodéputé allemand, vient de s'élever contre la présence de Berlusconi au sein du Parlement européen, ce dernier rétorque : ‘Je sais qu'en Italie, il y a un producteur qui est en train de monter un film sur les camps de concentration nazis. Je vous proposerai pour un rôle de kapo...’. Le chancelier allemand Gerard Schroeder juge cette sortie innacceptable. Berlusconi finit par regretter ses propos.


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  • le gaulois
    • Posté à 19h02 le 15/04/2008

    pauvre italie tu ne te relèveras pas jalouse de notre sarko tu as voulue le même ,demander gentiment nous t'aurions donner le notre.

  • Natalia
    • Posté à 20h50 le 15/04/2008
    • Internaute

    Umberto Ecco nous rappelle ( « A reculons comme une écrevisse, guerres chaudes et populisme médiatique. Grasset 2006) que les insultes proférées par Berlusconi en 2003 à l'encontre du député européen traité de “kapo” sont arrivées juste à point, au moment où une loi permettant aux chaines de télévision berlusconiennes de prendre le contrôle de la RAI (télévision publique italienne)en augmentant ses dividendes devait être discutée au parlement, détournant ainsi l'attention de l'opinion.

    Umberto Ecco appelle celà “l'effet bombe” : “poser une bombe à la gare (...) de manière à être ‘sur que pendant une bonne quinzaine de jours,les premières pages des quotidiens, l'ouverture des journaux télévisés seraient consacrés à l'attentat’ tandis que la nouvelle posant problème passerait inaperçue, ‘confinée dans les pages intérieures’.

    ‘Il faudrait relire toutes les premières pages des journaux (...) pour calculer le nombre de fois ou l'effet bombe’ a été utilisé.Devant l'énormité de certaines déclarations- comme celle affirmant que les magistrats sont des cas psychiatriques- la question qui se pose est : quelle nouvelle initiative cette ‘bombe’ essaie t'elle de faire passer au second plan ? ”

  • Natalia
    Natalia répond à JLMerci
    • Posté à 22h43 le 15/04/2008
    • Internaute

    « Il est grand temps pour les honnêtes gens de se rebeller »

    Henri-David Thoreau (La désobéissance civile - 1849 ! )cité par Denis Robert (Une affaire personnelle- 2008)

  • pierrejcallard
    • Posté à 04h16 le 16/04/2008

    La réalité, c'est que Berlusconi a gagné. Une majorité des Italiens ont donné une chance à la Gauche et sont revenus à Droite. Ne serait-il pas temps pour la Gauche de se demander si son projet de société ne devrait pas être revu ? En Italie, en France, partout...

    Lien

    Pierre JC Allard

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