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Umwelt

La Belle Dame nous envahit !

La Belle Dame nous envahit !

Depuis quelques jours (10 mai), de nombreux appels téléphoniques au musée de zoologie à Lausanne font état de densités très inhabituelles de papillons se déplaçant à grande vitesse.

Difficile de confondre ce papillon aux dessins bigarrés. D’un brun jaunâtre tirant sur l’abricot, le dessus des ailes antérieures a des dessins noirs réguliers, dont le bout de l’aile. Il s’agit de la Vanesse des Chardons ou Belle-Dame dont le nom latin est Cynthia cardui (photo). Mâles et femmes sont identiques. Ce papillon a une distribution quasi mondiale, à l’exception de l’Amérique latine.

Mais le plus important est que cette espèce fait partie des papillons migrateurs au même titre que le Monarque (Danaus plexippus), le Vulcain (Vanessa atalanta), le Moro-Sphinx (Macroglossum stellarum) et d’autres plus discrètes comme le Gamma (Autographa gamma). Mais pour ces papillons il n’y aura qu’un aller et ce seront leurs descendants qui retourneront au Sud en automne.

La Belle-Dame immigre en Suisse, chaque année dès fin avril, en provenance du Sud (Afrique du Nord et Europe méridionale). Certaines années, ces migrations sont confidentielles mais cette année nous assistons à une véritable explosion avec un passage en vagues successives à travers la Suisse.

Cette espèce est plurivoltine c’est-à-dire qu’il y aura, jusqu’à la fin de l’automne, deux ou trois générations et les derniers adultes retourneront au Sud. Quand les hivers sont doux, certains individus peuvent survivre au Nord des Alpes. On rencontre cette espèce jusqu’à plus de 2000 m d’altitude et elle est spécialement abondante dans les terrains un peu marginaux envahis de chardons, mais aussi dans les gravières et sur les alpages. Les œufs sont pondus isolément sur des chardons, des cirses des champs, les onopordes acanthe ou encore les tussilages, les orties et la bardane.

La Belle-Dame appartient au groupe des migrateurs saisonniers se reproduisant dans les aires d’origines et d’accueil. C’est donc une espèce qui quitte chaque année à un moment donné sa région d’origine (émigration) pour gagner volontairement une autre région définie à l’avance (immigration) pour s’y reproduire. Les descendants retournent dans la région d’origine pour s’y reproduire à leur tour. Parfois le trajet d’aller peut se faire en deux étapes comme chez cette Vanesse.

Les individus d’Afrique du Nord, notamment du Maroc, se reproduisent en Europe méridionale au premier printemps où ils meurent. Ce sont leurs descendants qui arrivent jusque sous nos latitudes, voire même en Suède. Du point de vue historique, on a pu assister en Suisse à une très grande migration de Belles-Dames en juin 1949. Les observateurs remarquèrent un vol continu entre Berne, Berthoud, Langenthal, Zofingue, Aarau, Lenzbourg, Zurich, Gossau, Frauenfeld et le lac de Constance ! Soit un front d’une largeur de 50 km et d’une longueur atteignant 150 km. La vitesse moyenne de déplacement de ces papillons est de l’ordre de 25 km/heure. Les vanesses des chardons battent des ailes entre 50 et 80 fois par seconde (contre 8 fois par seconde pour les pierrides blanches, par exemple).

Cette année est particulièrement extraordinaire puisque des millions d’individus sont en train d’envahir l’Europe. En Suisse romande, le 12 mai à 17h dans la région de Mex (VD) on nous signale une immense concentration d’individus volant entre 1 et 5 m au dessus du sol en direction nord-est.

D’autres informations nous annoncent des concentrations à Lausanne (Jardin du Musée de l’Hermitage), au centre de Prilly où un enseignant et un élève dénombrent des passages de l’ordre de 200 individus en 2 minutes ! Une habitante de Boussens (VD) nous dit que "ces papillons ont traversé le village par centaines d'individus durant plus d'une heure mardi en fin d'après-midi. Les oiseaux semblaient perturbés car ils ne volaient quasiment pas et ne chantaient pas. On se serrait cru dans un film d'Hitchock".

Actuellement, les zones visitées s’étendent de Morges au Gros de Vaud, à la Broye, le Nord vaudois ainsi que le Landeron. Et Genève: toujours mardi, vers 14h15, "nous avons vu une bonne vingtaine de papillons sur notre terrasse qui est située au 9ème étage de la rue de Carouge à Genève" nous dit une internaute. Un phénomène assez rare pour que l’on profite de parler de ces papillons étonnants. Cette migration risque bien de se poursuivre pendant quelques jours encore. N’hésitez pas à nous communiquer vos observations à info.zoologie@vd.ch en indiquant la région, l’heure et le nombre de papillons rencontrés.

Source : Musée cantonal de zoologie, Lausanne
Photo : Philippe Delacrétaz

 

 

Kommentare

Bild des Benutzers muriel

dommage qu'ils n'ont pas eu l'idée de venir chez nous au Tessin. J'aurais bien aimer en faire quelques photos. En tout cas, je vient d'apprendre une chose intéréssante, le fait que les papillons migrent aussi, chose que je ne savais pas avant. Merci pour ce très bon article
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