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Fiche 9

Un Français libre déporté: 

Raymond Fassin (1914-1945)

 

 

Un Français libre déporté: 

Raymond Fassin (1914-1945)


Raymond FASSIN (1914-1945)

 

 

« Raymond, Georges, René Fassin (6 déc. 1914-12 fév. 1945), alias SIF, Charles Dacier, Piquier, Comète, FX 06, capitaine Barsac. etc.

 

Instituteur, officier des Forces aériennes de la France Libre (FAFL), officier de liaison de Jean Moulin, détaché par lui auprès du mouvement « Combat », ensuite nommé chef des opérations aériennes de la zone Sud ( 1942-1943) puis délégué militaire régional A (DMR A, zone Nord), lieutenant-colonel aux réseaux de Sa France combattante (réseau Action), arrêté par la Gestapo, déporté, mort pour la France le 12 février 1945 au camp de concentration de Neuengamme. près de Hambourg.

RAYMOND FASSIN. petit-fils de fermiers de Châtel-Censoir (Yonne) venus, à la fin du XIX° siècle, s'installer comme maraîchers en région parisienne, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), y est né le 6 décembre 1914. Il choisira de devenir instituteur. Après l'Ecole normale d'Auteuil, rejoint l'école Paul-Bert, à Malakoff (Hauts-de-Seine), ses parents habitant alors Chatillon-sous-Bagneux. Il y enseignera en 1935-1936 et. après son service militaire (1936-193 7), en 1937-1938 et 1938-1939. jusqu'à la mobilisation - qui l'enverra sur la ligne Maginot. Après Chatillon, il habitera Vanves (Hauts-de-Seine), au 27 de la rue de Paris, aujourd'hui rue Raymond-Marcheron.

Après l'appel du 18 juin 1940, rejoint Londres - dès le 21 - et les Forces aériennes de la France Libre (FAFL). Suivront plusieurs mois d'entraînement intensif à la clandestinité, notamment à Ringway, en Ecosse. Dans la nuit du 1e' au 2 janvier 1942, il est parachuté en France près de Salon-de-Provence, en compagnie de Jean Moulin et de Hervé Monjaret (alias SIF X. Frit. FX 07).

Sous le pseudo de SIF, il sera pendant un an et demi l'un des plus proches compagnons, et l'un des plus appréciés, de Jean Moulin. Celui-ci le détache tout de suite auprès du mouvement de résistance Combat, avant de le nommer, mi-1942, chef des opérations aériennes (parachutages et atterrissages clandestins de nuit) de la zone Sud. Le service s'appellera successivement le SOAM, le COPA puis le SAP. Il montera avec ses équipes de nombreuses opérations "Lysander" et "Hudson" (du nom des avions de la Royal Air Force), notamment depuis les terrains clandestins de la plaine de l'Ain et du Jura.

Dans la nuit du 15 au 16 juin 1943, sur ordre de Moulin, il repart pour Londres dans l'un de ces vols clandestins, du terrain "Marguerite", près de Maçon (en bimoteur Hudson. opération "Knuckle Duster", Hugh B. Verity squadron leader), via Alger et Gibraltar. En même temps que Henri Frenay, Paul Rivière (...) et Maurice de Cheveigné, lequel deviendra son radio pour sa seconde mission (de délégué militaire régional zone Nord) et sera déporté en même temps que lui. Ils arrivent dans la capitale britannique le 18 juin 1943, pour le troisième anniversaire de l'appel du général de Gaulle.
Trois mois plus tard, dans la nuit du 15 au 16 septembre 1943, Raymond Fassin est reparachuté de nuit à 6 km d'Is-sur-Tille (Côte d'or), sur le terrain "Vendée"" (opération "Bob 62"), avec un saboteur et deux opérateurs radio, dont de Cheveigné (alias Iroquois). pour devenir délégué militaire régional A (DMR A, zone Nord) sous les pseudos de Piquier ou Comète.

Lors d'une mission à Paris, dénoncé, il est arrêté par la Gestapo le dimanche 2 avril 1944 - en même temps que sa compagne Carolle {alias SIF 5, Solange), enceinte - à la brasserie Saint-Georges de la rue Notre- Dame-de-Lorette ( 9eme arrdt). sous la fausse identité de Charles Dacier.

Incarcéré à Fresnes, il sera transféré en voiture, avec sa compagne Carolle, à la prison de Loos-les-Lille. où ils seront internés le 2 mai (et où naîtra leur fils François-René, le 20 juin 1944). Raymond Fassin sera déporté le 31 août 44 en même temps que Maurice de Cheveigné, par le "dernier train de Loos", le dernier convoi à partir de la gare de triage de R-oubaix pour les camps de concentration nazis.

Arrivé le 4 (ou le 5 ?) septembre Î944 au camp de Oranienburg-Sachsenhausen, il reçoit le matricule 97 648 (de Cheveigné: 97 647). Début octobre, un "transport'" le sépare de de Cheveigné, et le dirige avec d'autres déportés peut-être au camp de Kochendorf-Neutzwiller. Il pourrait avoir rejoint le camp de concentration de Nei-sengamme (près de Hambourg) le 17 octobre 44. mais on ne lui connaît pas de numéro matricule. Fin janvier 1945, il est au "kommando" (de travail forcé) de Watenstedt, lager de Leinde (usines Hermann Goering), à 3 km au sud-est de Watenstedt, où se trouvait ce sous-camp, dépendant du camp principal de Neuengamrne. Il aurait été vu début février au bloc 2 de l'infirmerie de Watenstedt. Il y mourra le 12 février 1945, de "'tuberculose pulmonaire et intestinale", dit le Livre des morts du camp. Il sera inhumé le 15 février au cimetière voisin de Jammertal aux côtés de nombreuses autres victimes des camps nazis.

En France, l'acte de décès dressé le 1er août 1946 par les services du secrétariat d'Etat aux anciens combattants a été transcrit le 19 août 46 à l’état-civil de Vanves (où il habitait, au 27 rue de Paris, avant de rejoindre Londres) avec la mention mort pour la France, Vanves lui rendant également hommage par la mention de son nom sur le monument récemment érigé à la mémoire des victimes de la barbarie nazie. Une rue de Malakoff porte son nom. De même, une plaque apposée dans l'entrée du collège Paul-Bert de Malakoff et une autre, sur le caveau de la famille Fassin au cimetière de Chatel-Censoir (Yonne), rappellent sa mémoire. »

 

François-René Christiani-Fassin

 

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