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Le dossier d'acquisition du fort de Vancia s'accélère


Le Sivu, syndicat intercommunal à vocation unique, réunissant des élus de Sathonay-Village et de Rillieux-la-Pape, détient à présent  officiellement les clés du fort de Vancia. Le Sivu a pour vocation de gérer l'équipement et conduire les futurs projets.
Le centre de tir reste toutefois propriété du ministère de la défense.
Reste à déterminer l'aménagement futur et la préservation de ce bâtiment historique.



Le fort de Vancia fait partie de la ceinture de défense de Lyon, placée en retrait de la zone urbanisée, où se concentrait l’artillerie avec des quartiers et locaux pour la cavalerie. Longue de 65 km, elle comprend 14 forts (ouvrages autonomes destinés à défendre un point important) et 11 batteries (ouvrages fortifiés où sont disposées des pièces d’artillerie couvrant les intervalles).


En partant du nord, on rencontre différents ouvrages : fort du Mont Verdun, batterie de Narcel, batterie du Mont Thou, batterie des Carrières, batterie de la Freta, batterie de Sathonay, fort de Vancia, ouvrage de Neyron, batterie de Sermenaz, ouvrage de Décines, fort de Meyzieu, fort de Genas, batterie de Lessignas, fort de Bron, batterie de Parilly, fort de Saint-Priest, fort de Corbas, fort de Feyzin, fort de Millery, fort de Montcorin, ouvrage de Champvillars, fort de Côte Lorette, fort de Bruissin, fort de Chapoly, fort de Paillet.


La stratégie, basée sur le mémoire du général Chareton et celui du lieutenant-colonel Pleuvier, était celle de feux croisés interdisant le passage de troupes adverses entre les ouvrages : elle avait prévalu sur celle des camps retranchés défendue par le général Frossard. Les ouvrages peu visibles de ces barrières de fer prétendues inexpugnables étaient difficiles à repérer mais la poudre B sans fumée, la mélinite, l'obus torpille et le shrapnel vont rendre obsolète ce rideau défensif, à peine celui-ci achevé.

Ces ouvrages ont été construits de 1874 à 1878 par Séré de Rivière, dans un plan global concernant toutes nos frontières. Ils servaient, certes à défendre Lyon contre les Prussiens devenus Allemands en 1871 et pouvant débouler de l’est par la trouée de Belfort, mais aussi à surveiller la ville souvent rebelle au pouvoir central parisien.

Citons pour exemple la Convention, " révolte des Canuts " en 1831, la révolte Républicaine de 1834, le soulèvement des Voraces en 1848 et la Commune en 1871.

Le fort de Vancia a été achevé en 1878. Couvert de végétation, essentiellement de frênes, par la volonté de son constructeur, il était très peu visible bien que situé au milieu du plateau qui domine Vancia.

On peut difficilement le voir de la route de Strasbourg, de la voie ferrée de Bourg-en-Bresse ou du chemin de Vancia à Sathonay auquel il est relié par un petit chemin. Il était également dissimulé à la cavalerie, à l’artillerie et à l’aviation.


L’inactivité relative du fort a profité aux arbres qui se sont énormément développés et dont les racines attaquent maintenant les murs, pourtant robustes.
Le terrain du fort couvre 57 000 m2 de surface sur Rillieux-la-Pape et 120 000 m2 sur Sathonay-Village. 16 206 m2 sont " habitables " entre sous-sol, rez-de-chaussée et l’unique étage, sur plusieurs corps de bâtiments en pierres de taille dessinant trois enceintes au terme d’une allée pavée.


Il est conçu pour loger 20 officiers, 16 sous-officiers et 376 hommes. Il est armé de 47 canons et abrite 14 chevaux. Il est entouré d’un fossé d’1 km de longueur et il faut parcour 218 mètres pour se rendre à l’entrée du fort à l’extrémité de la caponnière " de saillant ".
Le système défensif se compose de deux crêtes de feux concentriques. L’une pour l’infanterie, l’autre pour l’artillerie. La défense rapprochée est assurée par une enceinte basse franchie par un pont-levis manœuvré par translation.



Une caponnière double " de saillant ", deux caponnières " latérales " et une caponnière " de gorge " permettent d'effectuer des tirs de flanquement : tirailleurs et canons tirent à mitraille. Un corps de garde situé à l'extérieur assure la sécurité en temps normal. Les maçonneries sont épaisses d'un mètre et recouvertes de cinq mètres de terre.


Les bâtiments principaux sont la caserne du Parados et la caserne du Cavalier. Le commandement du fort et le télégraphe sont situés au premier étage de la première qui abrite, en outre, dans quatre pièces, l'infirmerie.
La cuisine du Cavalier est équipée d'un fourneau à quatre marmites de 70 litres et deux de 125 litres. Celle du Parados dispose d'un fourneau à deux marmites de 75 litres et d'une boulangerie à deux fours à pain.
En dehors des magasins d'artillerie, du génie, des subsistances, deux magasins peuvent stocker 70 300 et 60 800 kilos de poudre.


Deux écuries peuvent accueillir sept chevaux chacune. Des lavoirs-lavabos, un atelier de menuiserie et une forge complètent l’ensemble. Les batteries supérieures sont ravitaillées par des monte-charges. Les casemates et bâtiments principaux sont reliés par des galeries souterraines.

Le fort possède aussi un réservoir d’eau de trois m3 avec une borne-fontaine, un puits avec moyen de puisage, situé sous le Parados, deux autres puits sans moyen de puisage et un puits extérieur.


L'armée reste " muette " sur son utilisation avant la guerre de 1939, invoquant le secret défense.
La légion l'utilisa alors comme centre de dépôt et de regroupement des réservistes et engagés volontaires. Le cantonnement se faisait à Cailloux-sur-Fontaines et à Montanay. Les légionnaires étaient ensuite dirigés vers le camp de la Valbonne puis intégrés dans des régiments étrangers ou envoyés au camp de Barcarès dans les Pyrénées orientales pour former les régiments de marche de volontaires étrangers.
Le fort fut évacué à l'arrivée des Allemands.

En 1942, Vichy y incarcère Félix Llanos, militant communiste espagnol fuyant le Franquisme. Il tentera de s'en échapper, sans succès. Y fut également emprisonné, Habib Bourguiba, fondateur du Néo Detour et futur Président de la

Tunisie, libéré en novembre 1942 par Klaus Barbie. Quelques collaborateurs y furent incarcérés à la Libération.


Le colonel Jean-Jacques Barré (pionnier français des fusées et de l’astronautique) y fit des essais réussis de fusées sol-air tant que le fort fut en zone " nono ", non occupée par l’ennemi. Le dernier essai eut lieu le 24 septembre 1942.

En 1947, le fort sert de centre de formation accélérée pour les métiers du bâtiment, sous le contrôle du ministère du travail. La France doit alors beaucoup reconstruire. Puis, la guerre d’Algérie impose d’y regrouper des troupes en partance.

En 1974, on construit deux tunnels de tir. En 1982 et 1993, ce sont des installations de télécommunication qui y sont installées : pylône de communication supportant des antennes radio, poste de radiogoniométrie avec pylône et petit local technique. L'armée a cédé à la ville de Rillieux-la-Pape en 1989 un tronçon du chemin de Bellegarde mais les plan cadastraux et le plan terrier de la Direction des travaux du génie de Lyon ne sont pas d'accord en ce qui concerne le droit de propriété qui pourrait n'être qu'un simple droit de passage pour les riverains.

Des réservistes du 99ème régiment de Sathonay-Camp ont continué à s'y entraîner jusqu'en 1990 sur un parcours du combattant et un parcours de tir dont il reste des vestiges au milieu de la végétation.

Actuellement, gendarmes, pompiers et secouristes l'utilisent de temps à autre pour leurs entraînements.
Des visites ont pu y être organisées. Malheureusement, les contraintes de sécurité limitent le nombre de participants à 20 par séance. Plus de 500 personnes ont déjà pu en profiter.

 

 

Source : Société Nouvelle d’Histoire et du Patrimoine de Rillieux-la-Pape

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