en 1985, est réédité chez Balland sous le titre Frères et soeur. Pourquoi ? Patrick : C’est une idée de notre éditeur. On a simplement réécrit le début et la fin du livre. Olivier : C’était notre premier livre à quatre mains. Il nous a permis de construire notre relation de frères à travers une soeur fantasmée. Vous y racontez votre enfance à Reims. Vous semblez vous y être beaucoup ennuyé. P. : Bon, il y a beaucoup de gens bien à Reims... Mais notre désir d’envol était très fort. Il faut peut-être le relier à nos origines bretonnes, au manque de la mer... Avec Olivier, on a écrit beaucoup de livres sur l’aventure. O. : A bien y réfléchir, c’est sûrement grâce à cet ennui et à ce sentiment d’enfermement qu’on a écrit des livres. Olivier, dans le livre, vous suivez sans vous rebeller les traces de votre frère Patrick... Ça ne me pose pas de problèmes. Il faut toujours assumer ses dettes et je lui dois beaucoup. J’adore dire que mon frère est formidable. Quand Patrick a quitté la maison pour faire ses études à 16 ans, j’en avais 5 et il m’a manqué. Il est le premier de la famille à s’être arraché à une vie toute tracée. Il m’a ouvert la voie pour faire ensuite ma propre route. Comment percevez-vous l’acharnement de la presse people sur votre frère Patrick ? Il ne faut surtout pas toucher à mon frère, sinon je deviens violent ! Notre lien est très fort. Peut-être parce que nous ne faisons pas partie de groupes d’intérêt. Notre seule tribu, c’est la famille qu’on s’est inventée, nos proches, nos lectures et notre imaginaire. Vous vous dévoilez beaucoup dans ce livre. Les frères Poivre d’Arvor seraient-ils un peu exhibitionnistes ? O. : Au fond, on parle plus de nos fantasmes que de nous-mêmes. P. : Et c’est sans doute ce qui nous révèle le mieux : on existe beaucoup plus par ses rêves que par ses actions. Propos recueillis par Karine Papillaud

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