Atos : Thierry Breton raide de Bull

Les investisseurs saluent un rapprochement qui va renforcer les positions d’Atos.

Sans l’ombre d’un doute, le marché a salué l’annonce du projet de rachat de Bull. L’action Atos a tout de suite gagné  6,2%, à 64,24 euros (voir le cours Atos), et le titre de sa cible a bondi de 21,9%, à 4,95 euros (voir le cours Bull), un peu au-dessus du prix proposé (4,90 euros par action). 

L’actuel numéro six des services informatiques en Europe projette de racheter, en numéraire, la totalité du capital de Bull pour 620 millions d’euros, soit un prix de 30% au-dessus du cours de Bourse moyen des trois derniers mois. La transaction valorise Bull 9 fois son résultat opérationnel courant. C’est à ce ratio qu’Atos offre d’ailleurs, jusqu’au 22 juin prochain, mais sans conviction, de racheter aussi le groupe Steria, bien disposé, lui, à se marier avec Sopra. Pour ramasser un minimum de 50% du capital de Bull, Atos est d’ores et déjà assuré de compter sur les 24% promis par les grands actionnaires, dont Orange (8%).

Thierry Breton se propose donc de racheter son ancien employeur. Le PDG d’Atos a, en effet, travaillé aux côtés de Jean-Marie Descarpentries pour redresser l’ex-Compagnie des machines Bull avant sa privatisation en 1995. Cette entreprise pionnière de l’informatique, créée en 1931 par un ingénieur norvégien, a connu heurs mais surtout malheurs, en manquant complètement, par exemple, son virage dans la micro-informatique. 

Néanmoins, Bull, outre les services, a gardé un pied dans la conception et la fabrication de matériel informatique, mais de haut de gamme, à savoir les très gros ordinateurs. Ces supercalculateurs sont devenus les pivots technologiques de l’activité en plein essor qu’est le traitement des masses de données. 

Le bon accueil fait par la Bourse à ce projet de rachat de Bull montre bien que, au-delà de quelques dizaines de millions d’euros d’économies de coûts, le marché a compris tout l’intérêt de  l’opération. Atos devrait conforter ses activités de services informatiques, dont il deviendra ainsi le numéro trois en Europe après IBM Gobal Services et HP-EDS. 

Mais, avec Bull, Atos renforcera surtout ses positions dans des métiers plus profitables (stockage des données informatiques, traitement de masse, cybersécurité). Dès 2014, la transaction contribuera au résultat d’Atos. Elle devrait l’augmenter d’au moins 10% d’ici à 2016, voire bien davantage. Les analystes financiers salivent, en effet, à l’idée qu’Atos puisse récupérer tout ou partie des reports fiscaux déficitaires (1,9 milliard d’euros) accumulés par Bull en France et en Allemagne. 

Bien sûr, le risque d’exécution pourrait gripper l’intégration. Mais, Bull étant sept fois plus petit qu’Atos, il ne s’agit pas là d’une fusion d’égaux. Last but not least, l’achat, à un prix raisonnable, sera financé, en totalité ou presque, par la prochaine mise en Bourse de 25% de Worldline, sa filiale de transactions et services de paiement.

Retrouvez nos conseils sur les actions Atos et Bull dans Le Revenu Hebdo à paraître le 30 mai. 
 

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