Colis piégé

Explosion à Lyon : ce que l'on sait de l'attaque au colis piégé

La police recherche activement un homme d'une trentaine d'années. Un ADN recueilli sur place a pu être isolé mais il n'a pas été identifié.

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Le suspect de l'explosion à Lyon, vendredi 24 mai 2019.

Le suspect de l'explosion à Lyon, vendredi 24 mai 2019.

Source policière

La chasse à l'homme se poursuit. Un suspect soupçonné d'être l'auteur de l'attaque au colis piégé qui a fait 13 blessés légers vendredi à Lyon est toujours activement recherché samedi par les autorités. Pour l'heure, elles ne privilégient aucune piste quant à son profil ou ses motivations. La police a lancé un appel à témoins en diffusant la photographie du suspect, capté par une caméra de vidéosurveillance municipale. Elle montre un homme d'une trentaine d'années "porteur d'un haut sombre à manches longues" et "d'un bermuda clair", poussant un vélo noir. En fin de journée samedi, elle a publié de nouvelles photos sur Twitter : 

 

L'individu est suspecté d'avoir déposé un sac ou colis explosif contenant des vis, clous ou boulons devant une boulangerie de la rue Victor-Hugo, une artère piétonne commerçante située au coeur de Lyon, près de l'emblématique place Bellecour.  

  • "Aucune revendication"

Lors d'une conférence de presse ce samedi à midi, le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, a indiqué qu'une enquête de flagrance a été ouverte des faits de "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "d'association de malfaiteurs terroristes criminels". Il a confirmé que l'enquête avait été confiée à la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) en cosaisine avec la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et que la sous direction antiterroriste (SDAT) avait été désignée pour assurer la coordination de l'enquête. 

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"Dès hier soir, ce sont 90 enquêteurs et 30 techniciens de la police technique et scientifique qui ont été mobilisés. Une vingtaine d'enquêteurs des brigades d'intervention et de recherche locale leur prête leur concours", a-t-il poursuivi. "Tous les moyens" sont déployés pour "interpeller rapidement" l'auteur de l'attaque a déclaré Rémy Heitz, précisant que l'attaque n'avait pour l'instant "donné lieu à aucune revendication". Le procureur de la République de Paris a aussi annoncé que "plusieurs dizaines" de témoignages étaient "en cours d'exploitation", ajoutant que "de nouvelles photographies de l'individu vont être prochainement diffusées". 

 

Les constatations effectuées sur place par les enquêteurs ont permis de trouver au sol "des vis de deux centimètres, des billes en métal, sept piles de type LR6, un circuit imprimé, un dispositif de déclenchement à distance, des hanses de sac en papier kraft et des morceaux de plastique blancs pouvant être des résidus de l'engin explosif", a par ailleurs détaillé Rémy Heitz. Selon BFMTV, les enquêteurs ont pu isoler sur place une trace ADN, retrouvée sur le sac qui a explosé.  

Selon des sources proches du dossier, l'ADN n'a pas été identifié car il n'est pas répertorié au Fichier national des empreintes génétiques (FNAEG). De l'explosif de type TATP(tripéroxyde de triacétone) a aussi été retrouvé. Il s'agit d'un explosif artisanal très instable, utilisé notamment dans les attentats djihadistes commis à Paris le 13 novembre 2015 et à Bruxelles en mars 2016. 

  • 11 personnes hospitalisées, légèrement blessées

D'après un dernier bilan, 13 personnes - neuf femmes dont une enfant de dix ans et quatre hommes - ont été touchées par l'explosion, 11 ayant été hospitalisées. Toutes ne sont blessées que légèrement, atteintes "aux membres inférieurs", selon Gérard Collomb. "Il reste deux patients hospitalisés et le pronostic vital n'est pas engagé", a indiqué le service des urgences du centre hospitalier Saint-Joseph-Saint-Luc de Lyon ce samedi matin. "On espère une sortie rapide des services", a précisé la cheffe du service Sylvie Meyran lors d'un point presse. 

Le maire du 2e arrondissement Denis Broliquier a précisé que "la charge était relativement peu importante puisqu'elle a provoqué par souffle l'explosion des vitres de la banque réfrigérée mais on ne voit pas plus" de dégâts. Une source administrative locale a confirmé samedi que le colis contenait une "charge explosive relativement faible" et avait été "déclenché à distance". 

Sur place samedi matin, le périmètre de sécurité était levé et quelques passants se montraient intrigués par les nombreux journalistes postés devant la façade de la boulangerie ciblée par l'explosion. La façade, dont le volet métallique demeurait fermé, et ses abords ne portaient aucun stigmate de l'explosion. 

  • "Surprise" et "émotion" de Gérard Collomb

De retour d'un voyage au Japon, le maire de Lyon et ancien ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a confié samedi matin son "émotion" et sa "surprise parce que Lyon est plutôt une ville calme". "À Lyon, nous avons un dispositif de vidéoprotection qui est assez étendu", a indiqué Gérard Collomb, joint par téléphone. "On a vu à la fois la personne arriver et repartir sur son vélo, donc peut-être aurons-nous un certain nombre de témoins qui pourront faire avancer l'enquête", a-t-il ajouté. 

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Le maire de Lyon Gérard Collomb s'est rendu sur le lieu de l'explosion ce samedi matin. "Des moyens importants sont mis en place" pour l'enquête, a-t-il indiqué lors d'un point presse dans la rue. Gérard Collomb a par ailleurs déclaré que "le dispositif de sécurité a été renforcé" dans la ville pour ce samedi après-midi. Le préfet du Rhône et de la région Auvergne-Rhône-Alpes Pascal Mailhos a confirmé "renforcer les mesures de sécurité" dans la ville où "plusieurs rassemblements" sont annoncés dans l'après-midi.  

 

"Lyon se réveille choquée, mais Lyon se réveille aussi dans le calme, comme l'ont été d'ailleurs les Lyonnaises et les Lyonnais hier en fin d'après-midi (...) Bien sûr, on se réveille avec beaucoup de questions, mais le plus efficace aujourd'hui est de laisser l'enquête se dérouler", a déclaré sur BFMTV le président de la métropole de Lyon David Kimelfeld, également présent rue Victor Hugo samedi matin. Un centre d'accueil des victimes a été ouvert dans un gymnase du centre-ville. 

  • Une attaque dans un contexte électoral

Vendredi soir, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et le procureur de Paris, Rémy Heitz, se sont brièvement rendus sur les lieux de la déflagration sans faire de déclaration devant la presse. Les faits se sont produits au moment où la France s'apprête à voter dimanche pour élire ses députés au Parlement européen. Le scrutin a commencé dans plusieurs États membres depuis jeudi. 

Dans une première réaction vendredi, Emmanuel Macron a évoqué "une attaque", mais dans un tweet envoyé dans la soirée le chef de l'État s'est montré plus prudent, déplorant simplement "la violence qui s'est abattue" sur les Lyonnais, avant d'adresser ses "pensées" aux blessés. 

 

La France n'avait plus connu d'attaque au colis piégé depuis décembre 2007, lorsqu'une explosion dans un cabinet d'avocats - dont les raisons sont à ce jour restées inexpliquées - avait fait un mort et un blessé. 

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Mais depuis la fusillade de Strasbourg qui a fait cinq morts et 11 blessés en décembre dernier, le plan Vigipirate est resté au niveau "Sécurité renforcée - Risque attentat" sur tout le territoire, signe d'une menace terroriste persistante aux yeux des autorités. 

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