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Psychodrame chez les psys

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Branle-bas de combat: des délégations de psychiatres, de psychologues, de psychanalystes et de psychothérapeutes se succèdent au ministère de la Santé. Objet de ces grandes man?uvres: la mise au point des décrets d'application de la nouvelle loi de santé publique, votée le 9 août 2004 après cinq ans de tergiversations, qui définit l'usage du titre de psychothérapeute. Jusque-là, les 15 000 praticiens de l'Hexagone échappaient à tout contrôle. Avatar du fameux «amendement Accoyer», l'article 52 est destiné à éviter les dérives sectaires et à remettre de l'ordre dans ce marché devenu lucratif: soins, «développement personnel», conseil en entreprise. 

La loi institue un registre national destiné à répertorier les professionnels agréés, qui devront avoir suivi une formation adéquate. Les médecins, les psychologues et les psychiatres sont inscrits «de droit», de même que les psychanalystes «régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations». Après avoir fait l'objet de violentes polémiques lors de sa première présentation par le député UMP Bernard Accoyer à l'Assemblée nationale, en octobre 2003, notamment de la part des analystes qui s'opposaient à toute réglementation de leur profession, le texte de loi - largement amendé - est aujourd'hui accepté comme un moindre mal par la majorité des professionnels de la santé mentale. «Cela va freiner certains charlatans, explique Christian Vasseur, président de l'Association française de psychiatrie. La moitié des psychothérapeutes seront éliminés si l'article 52 est appliqué». 

Vice-président de la Fédération française de psychothérapie (FFdP), Serge Ginger proteste: «La plupart ont suivi une formation de sept ans au minimum et on trouve aussi beaucoup de charlatans chez les psychologues, les psychiatres et les psychanalystes, automatiquement reconnus, eux, par la nouvelle loi!» La formation rendue obligatoire par le texte est insuffisante aux yeux d'Alain Naissant, président du Groupement syndical des praticiens de la psychologie: «On va leur apprendre à identifier les troubles mentaux, pas à les soigner.» 

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Les négociations au ministère sont d'autant plus tendues qu'elles posent aussi un problème de fond, qui empoisonne depuis des mois le milieu psy: l'évaluation des psychothérapies. Le 5 février, devant un parterre de psychanalystes lacaniens réunis à la Mutualité, le ministre de la Santé a désavoué publiquement une étude de l'Inserm portant sur l'efficacité comparée de trois grandes familles de thérapies de courte durée: psychanalyse, thérapies familiales et thérapies cognitives et comportementales (TCC), ces dernières obtenant les meilleurs résultats. Accusant l'étude d'être biaisée et de promouvoir une «psychologie à la va-vite», les lacaniens, emmenés par le bouillant Jacques-Alain Miller, ont obtenu que le rapport de l'Inserm soit retiré du site Internet du ministère. «Vous n'en entendrez plus parler», a promis Philippe Douste-Blazy. L'affaire a provoqué la démission, le 14 février, du directeur général de la Santé, William Dab, qui soutenait les chercheurs de l'Inserm. Hélas! cette question semble laisser indifférents les clients des psys: selon un sondage réalisé en 2001 pour la FFdP, 41% des patients ignorent la méthode utilisée par leur thérapeute. 

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