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France


TURQUIE
Groupama se renforce en Turquie en acquérant Basak
  vendredi 10 février 2006

Groupama vient d’annoncer l’acquisition, aux termes d’un appel d’offres international, d’une participation majoritaire dans les compagnies turques d’assurance dommage Basak Sigorta et d’assurance vie Basak Emeklilik, pour un montant total de 268 millions de dollars.

L’assureur mutualiste français précise dans un communiqué que cette opération "s’inscrit pleinement dans sa stratégie de développement international qui consiste à acquérir des positions significatives dans les marchés à fort potentiel de croissance, en particulier en Europe du Sud et en Europe centrale".

Groupama détenait déjà une participation de 36% dans la compagnie turque Günes Sigorta, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 211 millions d’euros en 2004.

Cette acquisition lui permet d’accéder à la sixième place d’un marché dont la croissance a atteint plus de 30% en 2004.

Basak Sigorta, sixième assureur dommage turc, a réalisé en 2004 un chiffre d’affaires de 222 millions d’euros. Il dispose, avec près de 1.500 agents, du plus important réseau turc.

Basak Emeklilik, sixième assureur vie du pays, détient 6,4% du marché a réalise un chiffre d’affaires de 46 millions d’euros.

Groupama, qui avait dit en mars 2005 envisager une grande acquisition comprise entre deux et trois milliards d’euros, soumet son entrée en Bourse à une opération de cette envergure, sa cotation lui permettant ensuite de se désendetter.

Pour être possible, une introduction en Bourse doit faire l’objet d’un vote de la Fédération nationale de Groupama, prévu lors de son assemblée générale du 24 février.

Autres themes abordés dans cet article : Economie  Turquie 
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MEMOIRE
Le numéro de février de la revue "Esprit" revient sur les "guerres de mémoire à la française"
  mercredi 8 février 2006

Dans son dernier numéro date de février 2006 la revue "Esprit" revient sur la contreverse sur les lois mémorielles. De plus un article est consacré à l’entrée de la Turquie dans l’UE.

Voici le sommaire de la revue :

Pour une lecture juridique des quatre lois « mémorielles » Par GARIBIAN Sévane (Article p.158)

Cette analyse des textes distingue leur fonction, allant d’un simple texte déclaratif (sur le génocide arménien) à charge juridique nulle, à une loi (Gayssot) créant un délit pénal. Elle permet également d’affirmer que les lois de 1990 et de 2001 ne portent en elles aucune interprétation législative de l’histoire, mais aussi que la loi Gayssot ne permet pas aux juges d’écrire l’histoire et n’empêche pas non plus les historiens de faire leur travail.

Au-delà de la concurrence des victimes (Article p.187) Par WORMS Frédéric

Le philosophe s’interroge : comment passer d’une conception négative de la reconnaissance (des victimes) à une conception positive ? Comment échapper à la concurrence des victimes ? Trois conditions sont requises selon lui : reconnaître des actes et non pas des essences identitaires ; reconnaître ces actes « indirectement » par un tiers (public) et non pas directement en exacerbant la concurrence victimaire ; lutter contre la surenchère de l’affirmation qui est le double de la surenchère de la négation.

Le débat européen sur la Turquie. Quelle Europe ? Quel projet ? Quelle périphérie ? (Entretien) (Article p.45) Par MARIAN Michel et ABEL Olivier

Alors que le processus définitif de candidature a commencé, quels sont les arguments pour ou contre l’entrée de la Turquie en Europe ? Au-delà de la question de savoir si le pays candidat répond aux critères imposés, nous sommes confrontés à nos incertitudes concernant la définition collective qui est donnée aux limites géographiques, culturelles et politiques du projet européen.

Autre theme abordés dans cet article : Histoire 
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TURQUIE
Paris appelle Ankara aux réformes et à l’ouverture face à la question du génocide arménien
  lundi 6 février 2006

Le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy a appelé la Turquie à aller de l’avant dans ses réformes si elle veut rejoindre l’UE, au cours d’une visite mercredi et jeudi à Ankara.

La visite de Philippe Douste-Blazy était également destinée à promouvoir les intérêts économiques français dans ce pays.

Cette visite s’est déroulée dans un climat particulièrement tendu en raison des nombreuses positions hostiles à l’entrée de la Turquie dans l’UE en France, en particulier au sein de la majorité gouvernementale et même du gouvernement.

A l’issue d’une entrevue avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan le chef de la diplomatie française a déclaré jeudi être venu apporter "un message d’amitié et d’encouragement à aller toujours plus loin dans les réformes".

« Tragédie de 1915 »

Il a cité la liberté d’expression, les droits des minorités, le règlement de la question de Chypre et la question de « la tragédie de 1915 » parmi les domaines où des progrès faciliteraient les négociations d’adhésion de la Turquie et amélioreraient son image dans l’opinion française.

Concernant la question de la reconnaissance du génocide arménien Philippe Douste-Blazy a déclaré à la presse qu"accord et coopération se trouvent à la base de l’UE. Il est temps pour nous de regarder avec un coeur ouvert vers le futur. Ce type de sujet regarde autant la société que les historiens. La France a noté les efforts de la Turquie à ce sujet. Nous soutenons la discussion continue de ce sujet parmi la population turque. Clairement, la résolution qui a été votée en France en 2001 marque la sensibilité de la société [française] quant à la tragédie qui s’est produite en 1915."

"Nous souhaitons que dans notre dialogue nous évitions tous les malentendus qui pourraient naître d’un défaut de communication", a-t-il ajouté.

"Il est important de mieux faire connaître les progrès impressionnants déjà accomplis en Turquie, mais il est nécessaire d’aller plus loin et plus vite sur les sujets les plus sensibles pour les opinions européennes", a déclaré le chef de la diplomatie française.

M. Douste-Blazy a reconnu que "ce rapprochement avec l’UE va être long, parfois difficile" et que son résultat était "incertain", allusion voilée au fait que les Français devront se prononcer par référendum sur l’entrée de la Turquie.

Mise en garde de Gul

Le chef de la diplomatie turque, Abdullah Gül, a de son côté mis en garde mercredi soir contre un débat prématuré en France, qui ne tiendrait pas compte du résultat des négociations et des progrès que la Turquie entend faire.

"Nous ne pouvons pas comprendre que l’on puisse exploiter dès aujourd’hui" ce sujet, a déclaré M. Gül, en ajoutant qu’il ne fallait pas "nuire aux relations franco-turques".

Lorsqu’elle sera prête à rejoindre l’UE, "la Turquie sera extrêmement différente", a-t-il ajouté.

Les nombreuses prises de position hostiles à l’adhésion de la Turquie ont brouillé l’image de la France dans ce pays, même si Paris a donné en octobre dernier son aval à l’ouverture de négociations entre l’UE et Ankara.

"Ce n’est pas le problème d’aujourd’hui. On ne sait pas dans combien d’années cette question sera à l’ordre du jour, une fois que les négociations seront achevées", a-t-il souligné.

« La Turquie sera un pays très différent quand viendra pour elle le temps d’adhérer. Les Français devront se prononcer le moment venu mais il n’ont pas à créer des obstacles maintenant », a précisé M. Gül.

Intérêts économiques

M. Douste-Blazy était accompagné d’une délégation d’une quinzaine de représentants de grandes entreprises (Eurocopter, Arianespace, Suez, Eutelsat, Véolia-environnement, SNCF international, Areva, Alsthom, Arcelor notamment).

Plusieurs sont engagées dans des appels d’offres importants, comme le projet de tunnel sous le Bosphore, le lancement d’un satellite avec Turksat, ou encore des projets nucléaires civils.

Le ministre français a lié le développement des liens économiques et l’amélioration du climat entre les deux pays autour de la question européenne.

"Je suis persuadé que l’avenir de la Turquie est très positif, et c’est à partir des relations économiques que nos deux peuples se connaîtront mieux", a-t-il dit.

M. Douste-Blazy s’est par ailleurs félicité de "la transparence et de la coopération" de la Turquie pour lutter contre la grippe aviaire qui s’est déclarée sur son sol, et a assuré que Paris était prêt à fournir une aide bilatérale.

Caricatures de Mahomet

La question des caricatures de Mahomet publiées dans la presse européenne, dont le quotidien France Soir, n’a pas manqué de lui être posée dans ce pays à 98% musulman.

Le chef de la diplomatie française a indiqué avoir évoqué le sujet "en aparté" avec M. Erdogan. Il a défendu le "principe de liberté de la presse", tout en souhaitant qu’il s’exerce "dans le respect des croyances et des religions".

La France ne saurait remettre en cause la liberté de la presse, après la publication de caricatures de Mahomet, mais souhaite qu’elle s’exerce dans "un esprit de tolérance", a déclaré le ministre des Affaires étrangères.

"Les caricatures publiées ce jour dans ce journal n’engagent que la responsabilité du journal", a déclaré le chef de la diplomatie française.

"Le principe de liberté de la presse, que les autorités françaises défendent partout dans le monde, ne saurait être remis en cause", a affirmé M. Douste-Blazy.

"Il doit toutefois s’exercer dans un esprit de tolérance, dans le respect des croyances et des religions, qui est à la base même du principe de laïcité en vigueur dans notre pays", a-t-il ajouté.

Nucléaire iranien

Philippe Douste-Blazy a indiqué avoir demandé le soutien de la Turquie dans le dossier du nucléaire iranien.

Le ministre français a souligné avoir "insisté auprès des Turcs pour que, la communauté internationale devant être unie, la Turquie soit dans le groupe de ceux qui votent la résolution" du conseil des gouverneurs de l’AIEA.

L’Iran et la Turquie sont voisins et, sur ce point, M. Douste-Blazy a exhorté Ankara à faire passer le message à l’administration de Téhéran.

"Il y un intérêt pour nous de voir les Turcs donner des messages, en particulier aux Iraniens, car il faut une réaction ferme", a souligné le ministre.

Info ou intox « Année de la Turquie en France »

Selon le quotidien turc Hurriyet, Philippe Douste-Blazy aurait annoncé qu’après "l’année de l’Arménie" une « année turque » serait programmée pour 2007. Cette annonce semble être plus le reflet d’un désir que d’une réalité et une façon de forcer la main au gouvernement français.

Autres themes abordés dans cet article : Diplomatie  Génocide  Turquie 
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MEMOIRE
Associations de Harkis : Contre l’abrogation de la "loi GAYSSOT", la "loi TAUBIRA" et celle reconnaissant le "génocide arménien"
  vendredi 3 février 2006

Contre l’abrogation de la "loi GAYSSOT", la "loi TAUBIRA" et celle reconnaissant le "génocide arménien"

... nous devons refuser les « diktats corporatistes des historiens idéologues » car le « législateur » doit nous garantir l’existence de « bornes morales » et d’un « cahier des charges déontologiques » ! ! !

Par Khader MOULFI

Pour Harkis.org

Je comprends, fort bien, l’amertume et la colère, de notre ami Amid TOUALBIA (Harkis.org), lors de son intervention, du 28 janvier dernier mais, je tenais à lui indiquer que : "il ne faut pas entrer, dans ce « jeu pervers et stérile », de la « concurrence systématique » des « injustices » et autres « crimes contre l’humanité », en tirant tout vers le bas ! ! !

En l’espèce, je suis hostile à l’abrogation des autres "lois en vigueur" que ce soit la "loi GAYSSOT" (sanctionnant le révisionnisme et le négationnisme), la "loi TAUBIRA" (qualifiant à juste titre l’esclavage comme un crime contre l’humanité tout en requérant son enseignement) et celle reconnaissant le "génocide arménien" car nous devons refuser les « diktats corporatistes des historiens idéologues » car le « législateur » doit nous garantir l’existence de « bornes morales » et d’un « cahier des charges déontologiques » ! ! !

En effet, tout le monde désire une « indépendance complète », dans l’exercice de sa profession respective (comme les magistrats agissant sans le moindre contrôle extérieur en nous donnant des Outreau anonymes chaque jour) mais, la « démocratie » exige, toutefois, une « surveillance objective de l’impartialité » d’autant plus que si les « historiens » (chercheurs et/ou auteurs et/ou enseignants) faisaient, aussi bien, leur « job », alors pourquoi la plupart des françaises et des français méconnaissent, à ce point, le « drame harki » (au-delà des poncifs et des calomnies récurrentes colportées par les chevaux de Troie du FLN) ?

Par ailleurs, ce n’est pas en créant, une "hiérarchie des crimes contre l’humanité et/ou assimilés", que nous aboutirons, à une véritable "cohésion nationale" et, encore moins, en les enfouissant dans les "oubliettes de notre histoire commune" mais en « déposant tout sur la table » et, pourtant, notre Président de la République a préféré « botter en touche » en utilisant, singulièrement et de manière pleutre, un « filtre juridique », pour éviter un « perçage d’abcès très salutaire mais, certes, très embarrassant » comme a pu le faire, auparavant, son « copain le gnome despotique », Ziziz BOUTEFLIKA, en annulant, le scrutin que le FLN avait, royalement, perdu (dopé par ses plus de 82 % aux dernières élections présidentielles, Jacques CHIRAC se comporterait-il, désormais, lui-aussi, tel un monarque absolu ?) ! ! !

En conséquence, notre "combat" n’est pas de s’attaquer, par pur "esprit revanchard", aux autres "exactions historiques avérées et condamnables" mais, de s’atteler, prioritairement et spécifiquement, à remettre, le "dossier harki", dans son véritable contexte, en vue de réclamer, sans délai, la réouverture d’un "débat exclusif sur les RONA" car nos "revendications légitimes" ne reposent, aucunement, sur une "guerre des mémoires lointaines" mais, essentiellement, sur des "turpitudes étatiques indéniables et contemporaines" dont les "victimes" (nous-mêmes sur au moins 2 générations) sommes, toujours, en vie, tout en connaissant mieux que quiconque (davantage que les historiens idéologues STORA, LIAUZU, HARBI et consorts), la réalité de notre "drame sans précédent et irrésolu à ce jour" ! ! !

Contrairement aux autres "organisations victimaires" (indigènes de la république, CRAN et les autres), nous ne sommes pas des "immigrés venus, de leur plein gré, de territoires étrangers, issus des anciennes colonies mais devenus souverains, pour travailler puis s’installer" mais nous sommes des "français rapatriés, initialement, voués à être abandonnés, par l’Etat français, en mars 1962, sur le sol algérien indépendant qui nous était hostile et qui fut fatal à des dizaines de milliers d’entre-nous. Et contrairement, à certaines structures, les RONA ont subi un réel traitement colonial et discriminatoire, par rapport aux autres rapatriés, que la République doit réparer à sa juste valeur" ! ! !

Or, Jacques CHIRAC et les autres ont tenté d’éluder, les "questions de fond", en élaborant, cette "loi fourre-tout sur la décolonisation du 23/02/2005" qui, non seulement, ne répare pas notre "préjudice" mais vient nous occasionner d’autres "problèmes" car les RONA ont été les seuls, pour le moment, à subir de "lâches représailles collatérales" (cf. le taggage de notre stèle, le 27/01/2006, à Roubaix*) pendant que les "pieds-noirs" dormaient sur leurs "deux oreilles" ! ! !

Et, j’attends, toujours, les "réactions de soutien", des politiques de tout bord, de la presse et des médias (principaux responsables de cette polémique outrancière, objet d’une désinformation sur le rôle des harkis et nous ayant censuré du débat public), des "professionnels de la citoyenneté et des droits de l’hommiste de salons" (qui ont, sciemment, excité et incité, à la haine et à la violence contre les harkis, par une instrumentalisation, de ces évènements, à des fins clientélistes électorales et/ou dans leurs intérêts communautaristes) et, bien entendu, de nos supposés "amis pieds-noirs" ! ! !

Néanmoins, j’ai, d’ores et déjà, appelé, les présidents d’associations de RONA, à préparer l’organisation, dans les prochains jours, à Roubaix, d’une "marche et/ou d’un rassemblement pour dénoncer le double racisme anti-harkis", que nous vivons, depuis 43 années, sur notre propre territoire et nous verrons, ce jour-là, qui sont nos véritables "amis" ! ! !

AFFAIRE A SUIVRE...

Très cordialement,

Khader MOULFI

(Porte-parole et coordinateur de la coalition nationale des harkis et des associations de harkis - Collectif apolitique et militant pour la justice et la réparation envers les harkis et leurs familles - Roubaix)

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ANNEE DE L’ARMENIE
L’année de l’Arménie va démarrer en mai à Chaville
  jeudi 2 février 2006

A la découverte d’un pays riche en histoire les classes de CM2 des écoles Fernand Buisson, Paul Bert, Anatole France, et de St Thomas de Villeneuve de Chaville vont participer au mois de mai à un rallye lecture consacré à l’Arménie.

Ils repartiront avec tout leur enthousiasme et leur dynamisme afin d’élucider des énigmes toujours étonnantes et ludiques qui tourneront autour de la culture et l’histoire arménienne.

A cette occasion l’église Arménienne ouvrira ses portes afin d’accueillir les équipages pendant leur parcours frénétique...un monument qui ne laissera certainement pas indifférent les écoliers et les accompagnateurs.

La Maison de la Culture de Chaville mettra également à l’honneur l’Arménie au mois de mai avec des expositions sur les créations des enfants des ateliers de Catherine Cappeau, une vidéo-projection du film réalisé avec les collégiens de Jean Moulin et Céline à l’occasion de leur voyage prévu en avril en Arménie sur le thème "entre France...et Arménie", des découvertes de l’art culinaire arménien, des photos, des témoignages...

Encore une belle aventure humaine qui se profile à l’horizon...

Vivement le mois de mai à Chaville.

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GENOCIDE
Colonisation : Arno Klarsfeld rend son rapport et soutient la loi reconnaissant le génocide des Arméniens
  lundi 30 janvier 2006

« L’HISTOIRE n’est pas le pré carré des historiens. » Le lendemain de la décision du président de la République de supprimer l’article contesté de la loi sur la reconnaissance de la France envers les rapatriés, Me Arno Klarsfeld prend le contre-pied de l’argumentation du chef de l’État. Le 21 décembre, alors que Jacques Chirac venait de demander à Jean-Louis Debré de trouver une solution pour mettre fin à la controverse, le président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, avait confié à Me Arno Klarsfeld une mission sur « la loi, l’histoire et le devoir de mémoire ».

L’UMP a publié hier ses conclusions.

Rapport d’Arno Klarsfeld, avocat La loi, l’histoire et le devoir de mémoire 25 janvier 2006

Par une lettre en date du 21 décembre 2005, vous m’avez demandé de réfléchir sur la loi, l’histoire et le devoir de mémoire. Cette demande fait suite aux controverses qui ont porté sur l’article 4 de la loi du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés ainsi qu’à la pétition de certains historiens parue dans la presse le 13 décembre dernier exigeant l’abrogation des lois du 13 juillet 1990 réprimant le négationnisme, celle du 29 janvier 2001 reconnaissant le génocide arménien, celle du 10 mai 2001 faisant de la traite et de l’esclavage un crime contre l’humanité ainsi que celle du 23 février 2005.

Dans les régimes autoritaires ou dictatoriaux qui ont sévi en l’Europe au XXème siècle, la mémoire des évènements passés a constitué un enjeu essentiel impliquant une écriture justificative de l’histoire conforme à l’idéologie dominante. Dans les régimes parlementaires et démocratiques ces enjeux de mémoire sont devenus considérables à leur tour pour d’autres raisons.

Pour la première fois depuis la Pax Romana les Européens bénéficient d’une aussi longue période de paix et de prospérité : ils vivent libres, sont soignés, mangent à leur faim, ont une espérance de vie de 30 ans plus longue qu’au début du siècle précédent ; ils ont droit à l’éducation ; ils ont du pain et aussi des jeux, ceux de la télévision, se reposent deux jours par semaine et ceux frappés par le chômage ne sont pas pour autant condamnés à mourir de faim et de misère comme dans les années 1930. Cette Europe constituée de nations réconciliées a retenu les leçons des tragiques expériences hitlérienne et stalinienne, répudie les totalitarismes de l’extrême droite et de l’extrême gauche et cherche résolument, et avec bon sens, à éviter les crises économiques et les bouleversements sociaux et politiques qui déchaînent les grandes peurs, les instincts, les passions, la violence, la cruauté, l’inhumanité, la guerre et la mort. Cette Europe dégagée de la pression des nationalismes dispose de temps apaisé et éprouve le besoin de se retourner sur son passé et ses traumatismes.

Auparavant en moins d’un demi-siècle la France a connu deux guerres mondiales dont elle est sortie victorieuse certes, mais au prix dans la première d’une terrifiante saignée humaine, dans la seconde d’une accablante défaite initiale suivie d’une profonde division entre une France complice de l’Allemagne hitlérienne et une autre France, celle de la Résistance intérieure et extérieure. La décomposition de son Empire d’outre mer a suivi avec les guerres d’Indochine et d’Algérie et la décolonisation.

La confrontation de la France avec son passé s’exprime avec d’autant plus de complexité que la France n’a compté longtemps que des Français de souche ou des immigrants chrétiens qui se sont rapidement intégrés. Pendant des siècles les seuls éléments extérieurs à la chrétienneté ont été les Juifs. On enseignait alors légitimement à chaque jeune français : « Nos ancêtres les gaulois ». Aujourd’hui la France compte aussi en son sein de nombreux descendants des anciens colonisés et d’anciens esclaves ainsi que des rapatriés des colonies et une importante communauté d’origine arménienne.

Toutes ces mémoires sont différentes, parfois elles sont antagonistes, mais toutes ont été meurtries et font partie de la mémoire collective française. Leur devoir de mémoire respectif leur impose de militer pour que les injustices et les souffrances subies collectivement par leurs ascendants soient solennellement reconnues par l’Etat, que ce soit la Nation, la République ou la France.. Les enjeux de la mémoire sont importants pour assurer la cohésion de la société ce qui amène le politique et donc le législateur à intervenir..

Les historiens signataires de la pétition du 13 décembre se disent « émus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l’appréciation des évènements du passé... ». Cette émotion est étonnante. Signifie-t-elle que selon eux il n’appartient pas aux hommes politiques d’apprécier selon le prisme de leurs convictions et de manière publique les évènements liés à notre histoire tout comme à l’histoire universelle.

Les signataires estiment qu’il appartient aux seuls historiens « d’écrire l’histoire » Les historiens n’écrivent pas l’histoire, les hommes, les peuples font l’histoire ; les historiens se contentent d’écrire sur l’histoire.

Les pétitionnaires concluent : « L’histoire n’est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique... Nous demandons l’abrogation de ces dispositions législatives indignes d’un régime démocratique ».

Ces historiens se trompent. Apprécier le passé c’est aussi le champ du politique et bien sûr des parlementaires représentant la Nation. Il est essentiel de promouvoir parfois des lois mémorielles qui, comme ce fut souvent le cas dans le passé favorisent l’union de la Nation et de notre peuple et aussi de reconnaître l’ensemble des identités qui coexistent dans la République.

Si ’historien établit les faits avec rigueur et précision, il ne peut assumer la tâche du législateur qui est de protéger et de concilier ces mémoires dans le souci prioritaire de la cohésion nationale. Les lois mémorielles ne sont pas une exception spécifique à notre République.

Par le passé le législateur a souvent organisé les commémorations d’évènements historiques en leur donnent un sens politique et organisé l’indemnisation de victimes de guerres mondiales ou coloniales ou même de péripéties politiques intérieures, tels une révolution ou un coup d’Etat (ordonnance du 19 janvier 1816 pour commémorer les victimes de la Révolution, loi de 1825 du Milliard des Emigrés, loi du 30 juillet 1881 pour indemniser les victimes du coup d’Etat de décembre 1851). La loi du 7 juillet 1880 dispose que « La République adopte le 14 juillet comme journée de célébration nationale ». Célébrer le 14 juillet n’est-ce pas un jugement sur notre histoire et qui contredit l’ordonnance citée du 19 janvier 1816.

Bien d’autres lois mémorielles pourraient être citées : la loi du 25 octobre 1919 qui décide : « « un monument national commémoratif des héros de la grande guerre, tombés au champ d’honneur, sera élevé à Paris ou dans les environs immédiats de la capitale. Tous les ans, une cérémonie sera consacrée dans chaque commune à la mémoire et à la glorification des héros morts pour la patrie » « Héros », « Champs d’honneur », et « Glorification » sont des mots qui « apprécient » l’histoire.

Une loi du 7 novembre 1918 avait décidé que « le citoyen Clemenceau et le Maréchal Foch ont bien mérité de la Patrie ». N’est-ce pas porter une appréciation historique ? Les fusillés de 1917 n’ont pas été jugés dignes d’avoir mérité de la patrie. Une loi du 24 octobre 1922 fixe le 11 novembre comme journée de commémoration de la victoire tandis que la loi du 7 mai 1946 décide que « la commémoration de la victoire remportée par les armées françaises et alliées le 8 mai 1945 sera célébrée le 8 mai ». Une loi a aussi été votée le 21 mai 1947 pour la conservation du souvenir du débarquement en Normandie. Et la loi du 14 avril 1954 dispose « le dernier dimanche d’avril... des cérémonies officielles évoqueront le souvenir des souffrances et des tortures subies par les déportés dans les camps de concentration et rendront hommage au courage et à l’héroïsme de ceux et celles qui en furent les victimes ».

Ces lois ont un caractère mémoriel qui impliquent également des éléments normatifs, des obligations. C’est aussi le cas de la loi du 10 juillet 2000 instaurant « une journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes antisémites de l’Etat français et d’hommage aux justes de France » dont l’organisation sur le plan national et départemental est mise en œuvre par un décret en Conseil d’Etat. Faut-il rappeler que cette loi succède à un décret présidentiel du 3 février 1993 instituant une Journée Nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites et des crimes contre l’humanité commis sous l’autorité de fait dite « gouvernement de l’Etat Français ». Ce décret a été transformé en loi après le discours historique du Président de la République le 16 juillet 1995 reconnaissant que « La France patrie des Lumières et des droits de l’homme, terre d’accueil et d’asile, la France ce jour là accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. » et évoquant l’autre France « présente une et indivisible dans le cœur des Français », et ces « Justes parmi les nations qui permirent de sauvegarder les trois quarts des Juifs de France ». Le Président de la République est-il intervenu indûment en s’exprimant avec courage et lucidité dans un domaine où pendant des décennies les historiens, auteurs des manuels scolaires, ont manipulé et falsifié l’histoire du gouvernement Pétain/Laval en enseignant aux élèves que les familles juives étaient arrêtées par les seuls Allemands alors que la plupart d’entre elles ont été arrêtées par des forces de police aux ordres du gouvernement de Vichy.

La France n’est pas seule parmi les démocraties où le Parlement « dit » l’histoire ». les grandes démocraties font de même. Aux Etats-Unis en vertu d’une loi fédérale on célèbre le jour de Christophe Colomb et l’on estime que la découverte de l’Amérique est un événement digne d’être célébré. Pourtant combien de centaines de milliers sinon de millions d’Indiens d’Amérique du Sud, Centrale et du Nord ont été exterminés en raison de cette découverte. On y célèbre aussi en vertu d’une loi le Marthin Luther King day et non celui du Klu Klux Klan On célèbre l’anniversaire de Lincoln, défenseur de l’Union contre la Sécession et pas celui de Lee. Ces jours de « national Holiday » sont une lecture de l’histoire par le Parlement américain.

Le 3 novembre 2004, le parlement espagnol a approuvé une motion demandant que soient retirés des lieux publics les symboles de la dictature franquiste présents dans tout le pays, notamment les statues, et que soient rebaptisés les rues, voies de circulation et établissements d’enseignement portant le nom de Franco ou de ses généraux.

En Italie, la même année, une loi a institué une journée du souvenir « en mémoire des victimes de l’exode des Istriens, des habitants de Fiume et des Dalmates », pour commémorer les massacres des Italiens, et notamment de ceux qui avaient soutenu le régime fasciste, par des minorités slaves. Cette commémoration a lieu le 10 février, date du traité de Paris de 1947 qui mit fin aux massacres et donna l’essentiel de l’Istrie à la Yougoslavie.

En Grèce, une loi entrée en vigueur le 1er janvier 1990 a accordé le droit à pension aux personnes ayant participé aux groupes de "résistants" ou à "l’armée démocratique" pendant la guerre civile. Une reconnaissance fut ainsi apportée à ceux qui étaient jusque là considérées comme "rebelles".

En Russie, dès le 19 octobre 1991, une loi a été adoptée sur la réhabilitation des victimes de mesures de répression politique du régime communiste. Le 18 juin 1996, le Président de la Fédération de Russie a pris un décret relatif aux insurrections paysannes de 1918 et 1922. C’était là encore juger les suites de la révolution d’Octobre 1917, laquelle fut qualifiée, à l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire, en 1997, par le président Boris Eltsine d’« erreur historique fatale ».

Le 21 janvier 1997, le président Vaclav Havel et le chancelier Helmut Kohl ont signé une déclaration de réconciliation entre leurs deux nations : l’Allemagne exprimait des regrets pour l’annexion des Sudètes en 1938, la République tchèque pour l’expulsion de cette région de trois millions d’Allemands en 1945. Cette déclaration n’est qu’un exemple parmi d’autres du travail de mémoire accompli en Allemagne pour assumer son passé. La réparation des conséquences du passé y tient une grande place depuis la loi fédérale de réparation du 18 septembre 1953 d’indemnisation pour les préjudices corporels et professionnels subis par les personnes du fait du régime national-socialiste, jusqu’à la loi d’indemnisation des travailleurs forcés de la Deuxième Guerre Mondiale, adoptée en juillet 2000, au titre de laquelle sont indemnisés des ressortissants français.

En Belgique, une loi du 26 janvier 1999 crée un "statut de l’enfant juif caché pendant la seconde guerre mondiale" qui donne lieu à l’établissement d’un titre de reconnaissance honorifique.

Pour exprimer sur l’histoire commune des positions, n’ayant pas de portée normative, la plupart des parlements étrangers votent des motions ou des résolutions. Or, en France, le Parlement français ne peut prendre publiquement position qu’en votant les lois, en censurant le Gouvernement ou en approuvant une déclaration de politique générale. Le vote de résolutions est en effet limité en vertu de la décision du Conseil constitutionnel n°59-2 du 17 juin 1959 portant sur le Règlement de l’Assemblée nationale aux seuls cas prévus par la Constitution : d’une part, la formulation de mesures et décisions relevant de la compétence exclusive de l’Assemblée, c’est-à-dire les mesures et décisions d’ordre intérieur ayant trait au fonctionnement et à la discipline de l’Assemblée, et ,d’autre part, depuis une réforme constitutionnelle de 1992, la formulation d’avis relatifs aux propositions d’actes communautaires soumises par le Gouvernement. Peut-être faudrait-il reconnaître plus largement au Parlement le droit de voter des résolutions afin de s’exprimer solennellement sur certains sujets, relatifs en particulier à la mémoire, sans avoir à recourir à la loi qui doit demeurer normative.

Les lois mémorielles existent surtout par rapport au devoir de mémoire qui concerne principalement une histoire récente et une brève succession de générations. Elles ne peuvent avoir de prise que sur l’époque contemporaine et la reconnaissance d’un évènement important : le génocide arménien, celui des Juifs, l’esclavage qui se perpétue dans certaines régions du globe, les guerres mondiales et coloniales. Le Parlement n’accepterait pas de mettre en cause la réputation de St Louis parce qu’il a fait noyer les Juifs qui refusaient d’abjurer ou de nier que le XVIIème siècle fut celui de Louis XIV parce-que ce roi a mené des guerres désastreuses ou bien de déclarer que Napoléon a commis un crime contre l’humanité en rétablissant l’esclavage, même si la loi sur l’esclavage a été votée le 10 mai 2001. La loi strictement mémorielle n’implique en effet aucune obligation, aucune sanction juridique.

La loi Gayssot punissant la contestation de l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils ont été définis par le statut du Tribunal International de Nuremberg qui lie la France fait exception et comporte des sanctions pénales. Elle ne restreint pas la liberté d’opinion car le négationnisme constitue une agression contre l’histoire ; la recherche historique ne se confond pas avec la falsification ou la manipulation consciente des faits.

L’agression des négationnistes a été ressentie avec douleur par les membres survivants des familles victimes de la Shoah. La loi permettait aux personnes injuriées, insultées, diffamées, dont la vie privée était dévoilée et même à celles dont on rappelait les faits de collaboration amnistiés de collaboration avec l’ennemi, d’entamer des poursuites judiciaires, mais la loi ne fournissait aucun recours spécifique à ceux qu’on accusait publiquement d’un mensonge odieux et dont on vilipendait le chagrin.

Il était nécessaire de protéger la sensibilité d’hommes et de femmes souffrant de l’anéantissement criminel de leurs proches et que fût réprimée la négation, considérée comme un délit, du génocide perpétrés à l’encontre du peuple juif. Les familles des victimes sont chaque jour reconnaissantes au Parlement français d’avoir adopté cette loi de salubrité publique Elles savent que sans cette loi les déclarations et les écrits négationnistes se seraient multipliés.

La loi Gayssot comble une lacune ; elle précise la loi du 1er juillet 1972 contre le racisme et l’antisémitisme qui n’avait pas prévu que la haine anti-juive pourrait être efficace non pas seulement en calomniant et en diffamant directement les Juifs mais en niant les crimes dont ils ont été victimes

L’antisémitisme d’Etat de Vichy a débuté explicitement par l’abrogation le 27 avril 1940 du décret loi Marchandeau en date du 21 août 1939 qui sanctionnait la propagande antisémite dans la Presse. Il fallut attendre trente trois ans, (1972), pour qu’en fait les dispositions essentielles de la loi Marchandeau soient à nouveau votées et étendues. La loi Gayssot en est le prolongement.

La loi Gayssot a été votée également afin d’éviter des débats scabreux entre historiens et pseudo historiens dans les prétoires. Grâce à cette loi le rôle des juges se limite, comme ils le souhaitaient, à constater l’infraction et à la punir.

La loi Gayssot n’empêche pas la recherche historique de bonne foi et les nécessaires rectifications qu’elle impose. Nul ne songe à accuser Raul Hilberg de révisionnisme quand il estime le nombre de victimes de la Shoah à cinq millions plutôt qu’à six millions ou Serge Klarsfeld quand il établit le nombre des déportés Juifs de France à 76.000 et non à 100.00 comme l’avait indiqué le Ministère des Anciens Combattants

Soulignons que les négationnistes n’ont pas connu de véritable succès dans le monde universitaire occidental. Ils représentent une infime minorité et leur propagande n’a pas du tout entamé dans les opinions publiques la crédibilité de l’horreur subie par le peuple Juif. Cette contestation eut même paradoxalement, un effet contraire à celui que les négationnistes espéraient : elle a incité les historiens à rassembler la documentation la plus précise possible, à produire des travaux et des études universitaires de grande rigueur et à créer ou développer d’importants Mémoriaux ou centres de documentation. C’est qu’ainsi que s’est constitué le véritable barrage aux tentatives de nier la Shoah de la diminuer ou de la banaliser. La protection véritable qu’accorde la loi Gayssot et les sanctions qu’elle prévoit est celle dont bénéficient les survivants de la Shoah auxquels elle épargne une confrontation insupportable avec la haine anti juive sous sa forme la plus haïssable.

La loi Gayssot ne constitue pas une exception française au sein de l’Europe : plusieurs pays se sont dotés de dispositions similaires (Belgique l’Allemagne , l’Espagne , le Luxembourg, l’Autriche, la Suisse...). Et les négationnistes Ernst Zundel et David Irving sont actuellement emprisonnés en Allemagne et en Autriche.

Quant à la Commission européenne des droits de l’homme elle a rejeté à plusieurs reprises les recours formés par des auteurs négationnistes, notamment dans sa décision du 24 juin 1996, « Pierre Marais c. France » (n° 31159/96.) où elle a clairement affirmé que « La Commission estime que les dispositions pertinentes de la loi de 1881 et leur application en l’espèce visaient à préserver la paix au sein de la population française... La Commission estime que les écrits du requérant vont à l’encontre de valeurs fondamentales de la Convention, telle que l’exprime son préambule, à savoir la justice et la paix. Elle considère que le requérant tente de détourner l’article 10 (art. 10) de sa vocation en utilisant son droit à la liberté d’expression à des fins contraires au texte et à l’esprit de la Convention et qui, si elles étaient admises, contribueraient à la destruction des droits et libertés garantis par la Convention. ».

La loi sur le génocide arménien n’est pas de même nature que la loi Gayssot : elle n’est que déclarative et dispose en un article unique : « La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915 ». La France n’a pas été impliquée dans ce génocide qui s’est limité géographiquement à la seule Turquie. Alors pourquoi une telle loi ?

Le premier génocide du vingtième siècle fut le génocide arménien qui a causé la suppression systématique par les Turcs de dizaines de milliers de familles arménienne. Si ce génocide avait été suivi d’une œuvre de légitime justice comme la communauté internationale en a eu quelque temps la velléité, ce premier génocide n’aurait vraisemblablement pas été suivi d’un autre au cours de la seconde guerre mondiale.

En outre il existe en France une importante communauté de Français d’origine arménienne. L’histoire doit relier les hommes à leur pays mais aussi à leurs ancêtres, à leur mémoire. Enfin cette loi est aussi une marque de l’intérêt constant que la France n’a cessé de porter à l’Arménie.

Dans la continuité de sa résolution du 18 juin 1987 reconnaissant le génocide arménien, le Parlement européen a voté le 15 novembre 2000 une résolution sur le rapport concernant les progrès réalisés par la Turquie sur la voie de l’adhésion qui "invite le Gouvernement turc et la Grande Assemblée Nationale turque à accroître leur soutien à la minorité arménienne (...) notamment par la reconnaissance publique du génocide que cette minorité avait subi avant l’établissement d’un Etat moderne en Turquie". Le 17 novembre 2000, la Chambre des Députés du Parlement italien a adopté une résolution reprenant les termes de celle du Parlement européen.

La loi dite Taubira du 10 mai 2001 dispose que « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité »

Pourquoi cette loi est-elle nécessaire même si elle n’évoque que la traite et l’esclavage pratiqués par les puissances européennes ? Deux raisons : la France a été impliquée dans ce processus ; les territoires aujourd’hui d’outre mer font partie de la République française et les communautés dont les ancêtres ont souffert sont présentes sur le territoire nationale.

Il est nécessaire de commémorer ce que fut l’organisation de l’inhumaine « traite des nègres », considérés légalement et théologiquement comme « biens meubles » parce qu’ils étaient nés de couleur noire. Il faut se souvenir des rafles criminelles, des massacres de ceux qui résistaient et des inutiles, de la séparation des familles, des terribles conditions de voyage à fond de cale, de la sélection des aptes et des inaptes, du travail forcé les fers aux pieds, des sanctions et des mutilations, du viol légal des épouses noires, de l’enlèvement des enfants, de l’impossibilité de conserver sa langue originelle et sa culture. Fixer une date de commémoration nationale des souffrances dues à l’esclavage est souhaitable d’autant que l’esclavage perdure dans de nombreuses régions du monde et devrait être éradiqué.

L’article 4 de la loi du 23 février 2005 dispose que « Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre mer, notamment en Afrique du Nord » et « accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit »

La première partie de l’article 4 est inacceptable parce qu’il évoque le seul « rôle positif » de la présence française sans rappeler ce que furent les méfaits considérables de la colonisation et les agissements des grandes puissances européennes : la conquête militaire, les massacres, les exactions, la répression policière, l’exploitation économique, le temps du mépris et le temps du dépeçage. Tout le continent africain a été partagé entre quelques états européens : la France, l’Angleterre, la Belgique, l’Allemagne, les Pays Bas, l’Italie, l’Espagne et le Portugal qui s’arrogeaient les droits de surhommes blancs, glorieux d’avoir vaincu des peuplades hostiles et de leur avoir apporté une colonisation qu’ils n’avaient pas sollicitée.

Cet article a heurté à juste titre les descendants de ceux qui ont souffert de cette colonisation et qui l’ont considéré comme une provocation. Une réécriture de cet article est indispensable. C’est ce que j’ai indiqué dès le 24 décembre (Libération - Le Monde) tout en précisant qu’il ne serait pas équitable de refuser de prendre en considération certains aspects positifs de la présence française.

Fernand Braudel écrivait en 1963 dans « Le Monde actuel » :

« Ce legs, aussi important qu’il paraisse parfois serait de peu d’utilité et éminemment périssable si les héritiers n’avaient aussi acquis au cours de la pénible épreuve de la colonisation de quoi leur en permettre aujourd’hui l’utilisation rationnelle. L’enseignement, un certain niveau de la technique, de l’hygiène, de la médecine, de l’administration publique, sont les meilleurs biens légués par les colonisateurs, la contrepartie positive aux destructions opérées par le contact européen dans les vieilles habitudes tribales, familiales, sociales sur lesquels reposaient toute l’organisation et la culture »

Les manuels scolaires ont très longtemps vanté les mérités de la colonisation sans y déceler le moindre aspect négatif. Aujourd’hui le bilan de la colonisation tel que généralement exposé dans les manuels scolaires n’indique aucun des aspects positifs que rappelait Fernand Braudel. Il n’est pas raisonnable de passer en un demi-siècle d’un panégyrique de la colonisation à son dénigrement total.

Souvenons nous aussi du contexte social français à l’époque de la colonisation, de l’exploitation indigne du prolétariat : des enfants de dix ans travaillaient douze heures par jour, sans éducation, sans congés, sans couverture médicale.

Si deux mémoires antagonistes ne peuvent se concilier, si l’une refuse de reconnaître les méfaits et l’autre d’admettre les aspects positifs, peut-être est il plus raisonnable qu’un terme neutre soit adopté et que les manuels scolaires reconnaissent la place conséquente de l’histoire de la présence française dans les territoires autrefois d’outre mer en précisant que ces territoires ne correspondent plus à ceux d’aujourd’hui

Les reproches des historiens quant à l’intervention du politique et plus spécifiquement du législateur dans le champ de l’histoire ne sont pas fondés : l’histoire n’est pas le pré carré des historiens. L’idée qu’un peuple se fait de son histoire est un facteur considérable de son avenir et il est légitime que le Parlement, qui représente la nation, puisse intervenir occasionnellement afin de fixer des perspectives et des repères moraux. A cette fin les élus procèdent démocratiquement et publiquement avec leurs convictions politiques -ni plus, ni moins présentes que chez les historiens.

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Pour Dominique de Villepin il n’existe "aucun droit historique ou naturel à entrer dans l’UE"
  lundi 23 janvier 2006

Le Premier ministre français Dominique de Villepin a déclaré mercredi 18 janvier 2006 à Berlin qu’"il n’existe aucun droit naturel ou historique à entrer dans l’Union européenne", observant, en ce qui concerne l’adhésion de la Turquie, que l’issue "doit rester ouverte jusqu’au terme des négociations".

"Nous devons engager rapidement une réflexion sur la stratégie globale d’élargissement de l’Union, son rythme et ses conditions", a plaidé le chef du gouvernement français, qui s’exprimait sur l’avenir de l’Europe à l’Université Humboldt.

"L’Union n’a pas aujourd’hui vocation à s’étendre indéfiniment" et "la promesse de l’élargissement ne peut pas être le seul instrument de stabilisation des régions voisines de l’Europe", a-t-il dit en réponse à un argument souvent avancé par les partisans de l’élargissement.

M. de Villepin a estimé en revanche qu’il "est du devoir de l’Europe de proposer aux pays voisins des partenariats ambitieux et généraux, qui ne se limitent pas à de simples accords de libre échange".

Le Premier ministre a souhaité que la Bulgarie et la Roumanie "rejoignent le plus vite possible" l’Union européenne "sur la base des prochaines propositions de la Commission".

" En ce qui concerne la Turquie, l’ouverture des négociations d’adhésion est une décision politique majeure qui prend acte des changements géostratégiques de la région et des efforts de la Turquie. C’est un décision qui doit être maîtrisée à chaque étape : les citoyens européens devront être tenus informés régulièrement de l’évolution des négociations. C’est une décision qui doit être conditionnée au respect des critères fixés par la Conseil européen et à la capacité de l’Union : à cet égard, je me réjouis que le parlement européen ait réaffirmé qu’il ne pourrait y avoir d’autres élargissements tant que nos institutions n’auront pas été adaptées. C’est une décision enfin dont l’issue doit rester ouverte jusqu’au terme des négociations. En France, le dernier mot reviendra aux Français par voie de référendum.", a-t-il indiqué.

Discours de Dominique de Villepin à l’Université Humboldt (Berlin)

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

Je suis heureux de vous retrouver ici, à Berlin, ville symbole d’une Europe réconciliée et tournée vers l’avenir. C’est un honneur de m’exprimer dans cette université placée sous la figure tutélaire de Wilhelm, le philosophe mais aussi d’Alexandre de Humboldt, savant, mais aussi voyageur et diplomate qui, entre Berlin et Paris, incarne à lui seul un certain idéal européen.

Encore ce matin en Conseil des ministres, le Président de la République, qui a reçu récemment Angela MERKEL, a insisté sur l’importance de la relation entre nos deux Etats et nos deux peuples, qui est au cœur de la construction européenne. Et il m’a redit tout le rôle que devaient jouer nos deux pays face aux défis actuels. Car oui, nous sommes dans un temps de grand changement, un temps de questions et d’interrogations. Je ne suis donc pas venu vous présenter une vision cartésienne et achevée de l’Europe, mais partager avec vous quelques questions et quelques convictions. Car aujourd’hui nous avons moins besoin d’esprit de système que de persévérance, d’humilité et d’imagination.

1. L’horizon européen est troublé

En moins de cinq ans, notre continent a connu trois chocs majeurs :

· La division des Etats lors de la crise irakienne, qui a mis en évidence les limites politiques de l’Europe face à une grande crise internationale.

· Le terrorisme islamiste, qui a frappé Madrid puis Londres et souligné notre vulnérabilité face à une menace nouvelle.

· Enfin le rejet du projet de Constitution par deux pays fondateurs, la France et les Pays-Bas. Ces chocs ont été ressentis d’autant plus durement que l’Europe a connu des changements profonds :

· Elle a été profondément secouée par la mondialisation : délocalisations rapides de certaines de nos industries, tendance à l’uniformisation de nos modes de vie, remise en cause de nos équilibres sociaux, voilà les défis auxquels nous faisons face. Nous vivions dans l’idée d’une coopération entre les nations et les peuples. Nous ne sommes pas sortis de l’ère de la concurrence entre les Etats.

· Et bien sûr l’Europe a dû assimiler un élargissement qui lui permettait de retrouver son unité, mais qui représentait également un véritable pari économique, social et culturel. Ici, à Berlin, chacun d’entre nous peut mesurer ce que représentent les années de réconciliation et de courage que nous venons de vivre. Tous ces changements et ces défis ont nourri des interrogations et des doutes :

· Des interrogations sur la place de l’Europe dans le monde : est-elle encore en mesure de jouer un rôle majeur face à des ensembles régionaux qui affirment chaque jour davantage leur puissance ? A-t-elle véritablement un caractère singulier et des valeurs propres à défendre ?

· Mais aussi des interrogations sur son fonctionnement : comment l’Europe peut-elle répondre aux attentes de citoyens qui pour la première fois semblent marquer leur scepticisme et leur doute face à la construction européenne ? Comment peut-elle garantir la légitimité de décisions qui semblent toujours plus complexes, et parfois même éloignées des préoccupations concrètes des peuples ?

· Et enfin des doutes sur un élargissement qui progresse à un rythme plus rapide que l’approfondissement, si bien que l’Europe donne le sentiment de croître sans avoir les moyens institutionnels d’agir et de décider. Ces questions sont communes à tous les peuples européens.

Mais elles se sont posées avec une acuité particulière en France :

· Nous défendons un modèle économique équilibré, qui repose à la fois sur une industrie compétitive, sur une agriculture moderne et sur le développement des services : l’impression a dominé que l’Europe ne nous protégeait pas suffisamment contre les conséquences de la mondialisation. Les délocalisations, les fermetures d’usine, les licenciements sont apparus comme une fatalité à laquelle l’Europe n’apportait pas assez de réponse.

· Nous avons aussi des exigences sociales, que les Français ont craint de voir fragilisées : je pense en particulier au niveau de protection des salariés, mais aussi aux services publics. Vous me permettrez de souligner ce dernier point : les services publics ne sont pas pour nous un mode de gestion des activités comme un autre. Ils représentent une garantie d’impartialité et de défense de l’intérêt général auquel nous sommes attachés. Ils ont évolué, nous ne cessons de les moderniser, mais ils restent une part essentielle de notre identité.

· Comme tous les peuples européens, nous sommes un peuple politique : rien n’est plus important à nos yeux que la légitimité démocratique des décisions qui engagent la vie de chacun. Or depuis plusieurs années, nombre de décisions européennes n’ont pas toujours été comprises. Qui décide, au nom de quels principes, avec quel objectif, voilà les questions récurrentes auxquelles il faudra désormais répondre.

· Enfin, la France est attachée à l’idée de nation : elle a une mémoire, elle a une histoire, dont elle a pu craindre qu’elles ne s’effacent dans un ensemble européen aux contours trop imprécis. Cette crainte particulière a cristallisé les doutes de notre pays et produit en grande partie le vote du 29 mai. La France n’a pas dit non à l’Europe. Elle a dit non à une Europe dont elle ne comprenait plus la vocation et où elle ne savait plus imaginer ni son rôle, ni sa place.

2. Pour retrouver un cap, nous avons aujourd’hui des choix à faire

Il y a d’abord le choix d’une ambition, à laquelle nous devons être fidèles :

· L’ambition politique européenne est immense : trouver l’équilibre entre des mémoires multiples et un devenir commun. En Europe, les racines de chacun doivent s’accorder avec la volonté de tous, les nations singulières entrer dans un projet politique partagé. Par un étrange paradoxe - ou ce que les philosophes allemands que vous étudiez appelleraient une ruse de l’histoire - l’un des plus vieux des continents a fait le choix d’une aventure politique d’une modernité sans précédent. Ce choix de l’invention et de l’audace est à l’origine de toute l’aventure européenne : il vaut ordre de mission pour les décennies à venir.

· Mais nous ne réussirons que si nous nous appuyons sur des nations fortes et confiantes en elles-mêmes. Ce sont elles qui constituent le premier pilier démocratique de notre Union. Nous devons donc définir une nouvelle relation entre l’Europe et les nations qui la composent. Avec la fédération des Etats Nations, nous disposons sans doute du cadre le plus approprié pour avancer dans un partage raisonnable des souverainetés nationales.

Il y a aussi le choix des frontières, que nous avons trop longtemps repoussé :

· Il y a aujourd’hui trois critères essentiels à l’adhésion : l’appartenance européenne des pays candidats, la reprise des valeurs et des règles de l’Union, mais aussi la capacité d’absorption de l’Europe. Ce dernier critère permet d’affirmer que l’Union n’a pas aujourd’hui vocation à s’étendre indéfiniment. Regardons donc sereinement où nous en sommes aujourd’hui.

· Pour ce qui est de la Bulgarie et de la Roumanie, nous souhaitons qu’elles nous rejoignent le plus vite possible sur la base des prochaines recommandations de la Commission. Les Balkans ont toujours été à la charnière entre l’Orient et l’Occident. Ils ont toujours été un lieu de passage et de rencontre, mais aussi un lieu de tension et d’instabilité pour l’Europe. Le choix que nous avons fait et que nous devons maintenir, c’est que les Balkans entrent dans l’Union sous réserve du respect scrupuleux des conditions de l’adhésion. Pour les autres, chacun au rythme qui devra être le sien, la perspective de l’adhésion facilitera la stabilité et les réformes.

· En ce qui concerne la Turquie, l’ouverture des négociations d’adhésion est une décision politique majeure qui prend acte des changements géostratégiques de la région et des efforts de la Turquie. C’est un décision qui doit être maîtrisée à chaque étape : les citoyens européens devront être tenus informés régulièrement de l’évolution des négociations. C’est une décision qui doit être conditionnée au respect des critères fixés par la Conseil européen et à la capacité de l’Union : à cet égard, je me réjouis que le parlement européen ait réaffirmé qu’il ne pourrait y avoir d’autres élargissements tant que nos institutions n’auront pas été adaptées. C’est une décision enfin dont l’issue doit rester ouverte jusqu’au terme des négociations. En France, le dernier mot reviendra aux Français par voie de référendum.

· Plus généralement, nous devons engager rapidement une réflexion sur la stratégie globale d’élargissement de l’Union, son rythme et ses conditions. Il n’existe aucun droit naturel ou historique à entrer dans l’Union. Et la promesse de l’élargissement ne peut pas être le seul instrument de stabilisation des régions voisines de l’Europe. En revanche, il est de son devoir de proposer aux pays voisins des partenariats ambitieux et généreux, qui ne se limitent pas à de simples accords de libre échange.

Enfin il y a le choix d’une volonté. Car pour tous les citoyens européens, la question est bien : que peut et que veut faire l’Europe aujourd’hui et dans les années à venir ? Pour ma part, je veux vous faire part de trois convictions simples.

· Première conviction : il existe un devoir européen. Face aux crises régionales actuelles, aux risques de pandémie, aux menaces sur la paix et sur le droit, l’Europe ne peut pas attendre. Aucun autre Etat, aucun autre ensemble régional ne prendra cette responsabilité à notre place : la défense de l’environnement, l’engagement dans la crise nucléaire iranienne, l’aide aux populations les plus pauvres en Afrique et ailleurs, autant de défis sur lesquels l’Europe est en première ligne. Les enjeux sont immenses. C’est notre honneur d’y répondre. Et pour cela, nous devons nos appuyer sur des relations approfondies et renouvelées avec nos grands partenaires : les Etats-Unis bien sûr, mais aussi la Russie, la Chine, l’Inde ou le Brésil.

· Deuxième conviction : l’Europe a un modèle social et économique à défendre face à la mondialisation. Par-delà nos différences, il y a bien une spécificité européenne : l’importance accordée à la protection des salariés, l’équilibre entre dynamisme économique et solidarité, la défense de l’accès pour tous à la santé et à l’éducation. Ces valeurs, elles sont au cœur de nos traditions sociales, depuis les systèmes de sécurité sociale lancés par BISMARCK et développés par BEVERIDGE. A nous trouver le moyen de les adapter à un nouveau contexte économique. C’est comme cela que nous mettrons sur pied une véritable doctrine européenne de la mondialisation, que les autres peuples attendent.

· Enfin, troisième conviction : l’Europe doit mieux défendre les intérêts de ses citoyens et de ses entreprises. Oui, je suis partisan d’un véritable patriotisme économique européen : il ne s’agit pas de se replier derrière un protectionnisme dépassé. Il s’agit de rassembler nos forces et d’unir nos efforts pour aller dans le même sens et affirmer sans faiblesse nos intérêts dans le monde. La préférence européenne a un sens : elle nous rappelle à nos devoirs à l’égard de chacun de nos concitoyens.

En faisant ces choix, nous ferons davantage que retrouver un cap : nous affirmerons une identité européenne. Car oui, l’Europe a des racines. Oui, il existe un humanisme européen. Oui, il existe des valeurs européennes : nous en sommes les porteurs et les dépositaires.

· La diversité de notre civilisation fait sa richesse : de l’antiquité grecque nous avons hérité l’attachement au rationalisme, de Rome une certaine vision de l’organisation politique et du droit ; de la renaissance et des Lumières, le goût de la tolérance, de l’innovation et de la découverte. Et je n’oublie pas cet espace dessiné par nos cathédrales, romanes, gothiques, baroques. Je n’oublie pas les universités qui, de Bologne à Paris, de Salamanque à Prague et à Uppsala, ont dessiné les contours de l’Europe. Monde religieux, monde séculier : les deux imbriqués, tissés dans la même étoffe, et pourtant distincts dans leurs pratiques et leurs prérogatives.

· L’apprentissage historique de l’Europe a été celui de la séparation du pouvoir spirituel et temporel. Contre la tentation de confondre les deux ordres dans un pouvoir absolu, chacun de nos pays a trouvé une voie pour séparer deux idéaux, celui de la Cité de Dieu et celui de la cité des hommes. C’est ce qui a permis aux autres religions que le christianisme, notamment le judaïsme et l’islam de trouver leur place. C’est ce qui permet aujourd’hui à chaque citoyen de pratiquer leur religion avec la même liberté et dans le respect de l’ordre public.

· L’Europe doit aussi être capable de regarder son histoire en face : notre mémoire portera à jamais le souvenir des tranchées de 1914-1918 et des camps de la mort. Que cela soit une incitation à nous tourner sans cesse vers le meilleur de l’esprit européen : la capacité à avancer toujours, animés par le doute et l’esprit critique, la volonté de s’ouvrir aux autres et de nouer des liens avec tous les continents. En 1934, lorsque Thomas Mann perd l’un de ses meilleurs amis, Sammi Fischer, qui était également son éditeur, il se rappelle une conversation qu’il avait eue avec lui sur une tierce personne : « Ce n’est pas un européen » lui avait dit Fischer. « Pas un européen ? » s’était étonné Thomas Mann. « Il ne comprend rien aux grandes idées humaines » lui avait répondu Fischer.

3. Forts de ces choix, nous avons aujourd’hui une chance européenne à saisir

Nous avons des atouts :

· L’Europe a toujours été capable de surmonter les crises qu’elle a connues. Lorsque le projet de communauté européenne de défense échoue en 1954, plus personne ne parie sur l’Europe : et pourtant elle se reconstruit sur une base économique. Lorsque le Royaume-Uni intègre la communauté européenne, beaucoup estiment que les ambitions politiques de l’Europe seront amoindries : et pourtant quelques années plus tard, sous l’impulsion de Tony BLAIR, le Royaume-Uni se retrouve avec la France à l’origine d’une avancée majeure dans le domaine de la défense européenne. Lorsque les pays du sud rejoignent la communauté européenne au début des années 80, chacun redoute un appauvrissement de l’ensemble des Etats membres : et pourtant l’Espagne, le Portugal, la Grèce participent aujourd’hui pleinement au dynamisme économique de l’Union.

· Ensuite nous venons de faire des avancées concrètes : nous avons réussi à nous mettre d’accord sur le budget de l’Union, en particulier sur le financement de l’élargissement. Les nouveaux pays membres font partie de la famille européenne. Les aider à s’y intégrer rapidement et pleinement est dans l’intérêt de tous. Et c’est bien cette conviction qui l’a emporté sur les considérations économiques et les contraintes budgétaires. Je sais que la présidence autrichienne est d’ores et déjà mobilisée autour de Wolfgang SCHUSSEL, pour organiser le rendez-vous essentiel du Conseil européen de juin prochain. Comme l’a souhaité le Président de la République, ce sera l’occasion d’avancer sur l’avenir de l’Europe et de ses institutions, ainsi que sur l’élargissement. La France fera tout pour que cette échéance se traduise par des avancées concrètes pour l’Europe.

· Enfin l’Europe continue de marquer des points : parce qu’elle a défendu ses intérêts de manière unie, elle accueille le centre de recherche ITER qui permet d’explorer le développement de l’énergie du futur. Il y a quelques semaines, nous avons lancé un projet essentiel pour l’indépendance et la force de notre continent : Galileo. Avec lui, l’Europe va disposer de son propre système de satellite de navigation. C’est la preuve que l’Europe peut marquer des points dans les domaines d’avenir.

Nous devons maintenant trouver le meilleur moyen d’avancer à Vingt-Cinq.

· Quel sera l’avenir du Traité ? Cette question nous concerne tous. Autant que le vote des Néerlandais et des Français, nous devons aussi prendre en compte le vote des 13 Etats qui ont déjà ratifié le texte. Je comprends Angela MERKEL qui ne souhaite pas renoncer à un traité que le Bundestag et le Bundesrat ont ratifié.

· Nombreuses sont les questions posées. Comment devons-nous avancer sur le plan institutionnel ? Jusqu’où devons-nous aller dans une ambition constitutionnelle éventuellement enrichie ? L’urgence, c’est que l’Europe puisse se doter des institutions qui lui permettront de fonctionner correctement à 25. En 2006, nous devons aller le plus loin possible dans la réflexion et prendre toutes les décisions nécessaires. Soyons exigeants, soyons ambitieux. Mais soyons pragmatiques, soucieux de défendre l’intérêt général européen. La France, sous l’autorité du Président de la République, prendra bien sûr toutes ses responsabilités dans ce domaine. Il nous faut naturellement prendre en compte les contraintes et les volontés des différents Etats, respecter les aspirations de nos peuples. Cela exige, vous l’imaginez, beaucoup de travail, mais aussi de l’imagination. Nous avons des rendez-vous importants au cours des prochains mois : le 23 janvier le Président de la République accueillera la Chancelière à Versailles, le 14 mars se tiendra à Berlin le Conseil franco-allemand avant les Conseils européens de mars et de juin. Et le travail se poursuivra en 2007 sous l’impulsion de la présidence allemande : la France et l’Allemagne ont joué un rôle décisif dans l’élaboration du projet de Constitution, préparé sous l’impulsion du Président Giscard d’Estaing. Cela restera le cas dans cette nouvelle étape.

· Quelle que soit la solution que nous retiendrons, elle devra respecter trois principes essentiels : Le premier principe c’est de préserver l’originalité des institutions communautaires, qui ont fait leurs preuves, après plus de 50 ans de fonctionnement. Cela implique en particulier que l’Europe n’intervienne que lorsqu’elle peut faire mieux que chacun des Etats seul dans tel ou tel domaine.

Le deuxième principe c’est de renforcer le rôle des Parlements nationaux : ils ne doivent pas devenir de simples chambres d’enregistrement pour les textes européens. Nous devons davantage les associer au débat. Le troisième principe, c’est d’accroître notre capacité à peser sur le jeu international. C’était tout le sens des avancées proposées par le projet de constitution, notamment avec la désignation d’un Ministre Européen des Affaires Etrangères. Dans le cadre des traités existants, donnons-nous les moyens d’une politique étrangère européenne plus forte. Choisissons des zones prioritaires pour son action, y compris dans le domaine de la défense : les Balkans, le Moyen-Orient par exemple. Mutualisons nos moyens, par exemple dans le domaine de la protection consulaire.

4. Pour avancer dans cette direction, nous pouvons nous appuyer sur le socle franco-allemand

Depuis le temps du chancelier ADENAUER et du général de GAULLE, depuis le traité de l’Elysée, la relation franco-allemande a toujours été au cœur des avancées européennes. A travers une politique dynamique d’échanges, soutenue par l’Office franco-allemand de la Jeunesse, la France et l’Allemagne ont contribué à faire naître une conscience européenne. Nos villes, nos écoles, nos universités, nos élus, nos entreprises, nos grandes institutions culturelles n’ont cessé de tisser des liens de plus en plus forts. A travers leur étroite collaboration, nos deux pays ont œuvré pour construire une Europe plus juste et plus unie. La relation franco-allemande a toujours joué un rôle moteur dans la construction européenne. Elle doit continuer à le jouer, dans l’esprit de communauté qui anime désormais nos deux peuples.

Mais dans une Europe élargie, nous devons aller plus loin. Nous devons renouer avec le pragmatisme et relever les grands défis à venir : c’est en donnant au projet Européen un visage concret, tangible accessible à tous que nous pourrons avancer. Ce projet doit être ouvert à tous. C’est comme cela que nous pourrons convaincre, associer et entraîner tous les autres Etats qui font aujourd’hui la richesse et la force de notre projet politique : je pense en particulier à tous les pays qui nous ont rejoint récemment et dont l’imagination et la détermination sont un atout pour l’Europe.

La France et l’Allemagne doivent donc être au coeur d’une véritable Europe des projets :

· Dans le domaine de la sécurité d’abord : la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni unissent déjà leurs efforts pour lutter contre les trafics, l’immigration clandestine et le terrorisme. C’est une première étape qui pourrait être étendue à d’autres pays, notamment la Pologne. Pourquoi ne pas aller plus loin, vers une vraie police européenne ? L’Allemagne et la France pourraient ainsi avancer les premières en créant une police franco-allemande des frontières. Des moyens identifiés de chaque côté seraient mobilisables sans délai en cas de crise, par exemple face à un afflux soudain d’immigrants irréguliers. Pour la définition d’une liste des pays sûrs, pour le regroupement familial, pour les reconduites à la frontière, pourquoi ne pas davantage partager nos expériences ?

· Dans le domaine universitaire : nous faisons déjà beaucoup, notamment à travers l’université franco-allemande. Mais il faut aller plus loin. En France, nous avons déjà réfléchi à de nouvelles formes de coopération scientifique. Choisissons de resserrer nos liens et de renforcer nos coopérations pour obtenir la taille critique dont nous avons besoin face aux autres grandes puissances. Pourquoi ne pas envisager, dans le cadre de l’université franco-allemande, de mettre en réseau nos capacités de recherche, pour créer un pôle franco-allemand de technologie ? Par ailleurs nous devons favoriser les échanges entre étudiants. Pourquoi ne pas se fixer comme objectif que tous les étudiants européens aient la possibilité d’effectuer une année d’études dans un autre pays de l’Union ? A plus court terme, pourquoi ne pas doubler le nombre des bourses Erasmus ?

· Dans le domaine économique : l’Europe doit redevenir l’un des moteurs de la croissance mondiale. La France et l’Allemagne ont fait le choix de maintenir une industrie forte à l’heure où certains pays se concentrent entièrement sur les services. Aujourd’hui nous devons conserver et moderniser nos atouts dans ce domaine. Concertons-nous sur nos priorités et sur les rapprochements possibles. Ce sera l’un des axes du prochain conseil franco-allemand. Cela implique également de créer un environnement favorable aux entreprises : c’est pourquoi nous souhaitons que le travail engagé sur une base harmonisée de l’impôt sur les sociétés puisse aboutir rapidement à des décisions concrètes, si possible sous présidence autrichienne, entre les Etats membres les plus déterminés. Cela implique aussi de rassembler davantage nos capacités afin de peser face à la concurrence internationale. Cela suppose enfin que les acteurs publics se mobilisent pour favoriser les projets les plus stratégiques. Surtout, nous devons nous concerter davantage, compte tenu des exigences de la nouvelle gouvernance économique et sociale. Nous avons une monnaie commune. Nous avons des liens commerciaux forts. Nous avons des intérêts communs. Nous faisons face aux mêmes défis : comment renouer avec une croissance plus dynamique ? Comment financer notre système de protection sociale ? Rencontrons-nous régulièrement pour mieux coordonner les choix que nous faisons.

· Dans le domaine de la santé : l’Europe doit se protéger face aux risques d’épidémie, notamment la grippe aviaire qui est arrivée à ses portes. Pour mettre en œuvre le principe de précaution et protéger nos concitoyens, nous devons être capables d’adopter rapidement des mesures de prévention reposant sur des avis scientifiques. C’est pourquoi je propose que l’Europe se dote d’une véritable force d’intervention « grippe aviaire » : des experts toujours disponibles, prêts à se rendre sans délai sur les nouveaux foyers, en liaison avec les organisations internationales compétentes, pour expertiser la menace et recommander les mesures propres à éviter la propagation. Commençons par établir une première réserve d’experts français et allemands : nous proposerons à nos partenaires européens de s’y associer.

Enfin, l’Europe doit relever deux défis essentiels pour son avenir :

· Le défi de l’après-pétrole. Les tensions récentes entre la Russie et l’Ukraine nous rappellent que nous devons plus que jamais garantir l’indépendance énergétique de l’Union. Nous devons avoir une vraie politique énergétique européenne. Concertons-nous sur les meilleurs instruments d’une telle politique. Nous présenterons prochainement un memorandum sur l’énergie, conformément à ce qu’avait annoncé le Président de la République à Hampton Court.

· Le défi de la recherche : notre objectif doit être de devenir le premier espace de recherche et d’innovation au monde. Nous devons proposer de nouvelles solutions pour trouver des ressources complémentaires destinées à la recherche, à l’innovation ou au développement, par exemple par le moyen d’un emprunt de la Banque européenne d’investissement. Une facilité de 10 milliards d’euros a été décidée en décembre. Mettons-la en œuvre le plus rapidement possible. Dans les domaines d’avenir comme le numérique, l’Europe doit anticiper les grands enjeux. C’est pourquoi le projet de bibliothèque numérique européenne, constitue un chantier majeur pour préserver l’indépendance de notre continent. Misons sur une numérisation qui se fera dans la diversité de nos langues. Dans ce nouveau contexte, il est de bon sens de penser que la mise en ligne des œuvres de Victor Hugo doit être faite par les Français, celles de Goethe par les Allemands et celles de Cervantès par les Espagnols.

Je propose que nous nous retrouvions afin de définir les projets que la France et l’Allemagne pourraient lancer ensemble pour les proposer ensuite à leurs partenaires.

Mesdames, Messieurs

Le moteur de l’Europe a toujours été l’audace : qu’il s’agisse de la réconciliation franco-allemande, de la construction d’une forme politique nouvelle et inédite, ou encore de la mise en place d’une monnaie unique, l’Europe n’a cessé d’inventer, d’imaginer et de recomposer la réalité. Elle a su le faire grâce à ce mélange de pragmatisme et d’utopie qui a toujours caractérisé le projet européen.

Malgré les obstacles auxquels elle est aujourd’hui confrontée, l’histoire européenne n’est pas terminée. Tout simplement parce l’idéal dont nous sommes les porteurs est plus que jamais d’actualité. Dans un monde en plein bouleversement, nous avons la chance d’avoir des valeurs, des repères, des exigences que nous portons depuis plusieurs siècles :

· L’exigence de solidarité, dans un monde où les écarts entre riches et pauvre se creusent et deviennent facteur d’insécurité.

· L’exigence d’équilibre entre croissance économique et justice sociale.

· L’exigence du droit international et du multilatéralisme, comme seul fondement possible des relations entre les Etats.

· L’exigence du respect des peuples et des identités, qui s’affirment de plus en plus, à mesure que la mondialisation tend à uniformiser les cultures.

Une conscience universelle est en train de naître : vous le savez mieux que quiconque, vous qui partagez avec la jeunesse du monde entier les mêmes inquiétudes sur l’avenir de notre planète, mais aussi les mêmes aspirations à la paix, au dialogue et à la justice. Ces aspirations, l’Europe a une responsabilité particulière pour les défendre et les faire vivre. Car elles sont au cœur du rêve européen qui vit en chacun de nous. A nous de savoir nous rassembler pour franchir une nouvelle étape dans la construction européenne. Pas une étape de plus, car il s‘agit bien aujourd’hui de réconcilier le projet européen avec les attentes de nos concitoyens. A nous de construire, comme le dit l’un de vos grands intellectuels, Peter SLOTERDIJK "une Europe capable de saisir les possibilités que lui offre le monde à cet instant près, une Europe qui croit son imagination politique en mesure d’accomplir ce geste historique et fondateur". A nous de mettre notre expérience et notre conscience européenne au service de l’humanité.

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CULTURE
Sarkis expose en Alsace
  lundi 23 janvier 2006

Sarkis, plasticien d’origine arménienne, revient en Alsace pour une exposition sous le signe d’une trinité de lieux : le FRAC et la chapelle Saint-Quirin à Sélestat, ainsi que le musée d’Unterlinden à Colmar.

Sarkis réalise, pour la première fois devant le retable d’Issenheim, une installation combinant vidéos et peinture. L’oeuvre présentée en face du retable "est l’aboutissement accompli d’années de recherches et le point sublime d’une longue quête". Ainsi, il propose une nouvelle lecture de cette oeuvre emblématique de la Renaissance allemande peinte par Grünewald au début du XVIe siècle.

Sarkis a fragmenté le corps du Christ en 6 parties (le tronc, les hanches, les pieds, chacune des deux mains et la tête) devenus 6 films présentés simultanément dans une structure en tilleul, la même essence que celle utilisée pour le retable. Il a déposé une empreinte de son index chargée d’aquarelle jaune sur le support préparé à l’endroit où se projetaient les images des plaies, des échardes et des traces de coups. Loin d’une interprétation religieuse, il vient en somme panser les plaies du corps meurtri et nous donner à voir non pas une nouvelle image, mais une image de peinture, déchargée et guérie de ses symboliques qui l’étouffaient jusqu’alors.

En outre, Sarkis a reprit certains clichés du Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) comme point de départ de son intervention. Le C2RMF est impliqué dans une opération d’étude et d’analyse du retable à travers des campagnes photographiques et radiographiques. Cette opération va permettre de révéler les matériaux et les méthodes de travail de Grünewald afin d’éclairer son processus de création.

(sources FRAC Alsace, musée d’Unterlinden)

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FRANCE
Charles Aznavour guest star de la cérémonie des vœux du maire de Mantes-la-jolie
  lundi 23 janvier 2006

Il y a quelques semaines, en pleine crise des banlieues, Aznavour avait répété à la radio et à la télé tout le bien qu’il pensait de Mantes-la-Jolie et du Val-Fourré en particulier. « Un quartier charmant, avec une jolie mosquée et des rues propres », était l’un des commentaires. Ravie, la « ville paisible où les volontés se sont unies pour faire reculer mal vivre, violence et insécurité, (...) où les chasseurs de gros titres ne viennent plus » (selon Michel Vialay, le maire), a contacté Jean-Rachid, son beau-fils, pour remettre au chanteur d’origine arménienne le titre d’ambassadeur d’honneur. « Il aime bien les médailles, il viendra », a répondu le comique auteur d’un one-man-show (« Itinéraire d’un enfant de quartier »).

Il est venu, et après les discours de Michel Vialay, Maire de Mantes-la-Jolie et de Pierre Bédier, le président du conseil général et député de Mantes. Sa petite-fille n’a pas tardé à le rejoindre, offrant une image attendrissante à la salle et aux photographes. « Elle est un quart suédoise, un quart arménienne et trois quarts maghrébine, c’est un joli métissage », a confié Charles Aznavour.

Son lien avec Mantes est un joli conte. Sa fille, Katia, a rencontré Jean-Rachid sur les Champs-Élysées. Il lui a ramené un portable qu’elle venait de se faire voler. Avec eux, deux familles se sont unies, celle du jeune homme d’origine algérienne, dont les parents vivent au Val-Fourré, et celle de Katia, avec son père star international. « J’ai découvert Mantes grâce à eux et je crois qu’ils nous ont bien intégrés », a poursuivi le chanteur.

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COMMUNIQUE DE PRESSE DU COLLECTIF VAN
29 janvier 2001/29 janvier 2006 :5 ans après la loi de 2001, où en est-on de la protection des citoyens ?
Il appartient au Parlement de défendre les citoyens contre le racisme, l’antisémitisme


COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA LICRA
Colonisation : Mettre fin à la confusion des genres
La LICRA soutient la loi reconnaissant le génocide des Arméniens










































































Résultats records du Phonéthon Européen 2005 du Fonds Arménien :
976 000 € ont été recueillis en promesses de dons

















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