Economie de la contribution

Publié par Anonyme le 2 Février, 2012 - 17:34
 

Economie de la contribution

 
L’économie de la contribution se caractérise principalement par trois traits :
 
1) les acteurs économiques n’y sont plus séparés en producteurs d’un côté et consommateurs de l’autre ;
 
2) la valeur produite par les contributeurs n’y est pas intégralement monétarisable – elle constitue une externalité positive ;
 
3) c’est une économie des existences (productrice de savoir-vivre) autant qu’une économie des subsistances.
 
L’économie de la contribution prend place, en tant qu’économie générale, aux côtés de l’économie de marché, de l’économie publique et de l’économie du don : à la régulation par les prix, par la décision publique et par le principe de réciprocité, l’économie de la contribution substitue une régulation par l’interaction, quantitative et qualitative, des participations à l’intérieur d’une activité. Cependant, l’économie de la contribution n’exclue pas les autres manières de produire et d’échanger, mais se conjugue avec elles, accepte les règles du jeu de l’échange monétaire, se préoccupe des choix d’investissement et particulièrement de ceux qui conduisent à la production de biens publics, et fait du don une modalité possible de la participation.
 
Le contributeur n’est ni le consommateur, ni le contribuable, ni le codonateur. Là où l’économie de marché s’intéresse au producteur sous l’angle de la maximisation du profit, et au consommateur sous l’angle de l’ophélimité ou de la fonction d’utilité, là où l’économie publique s’occupe des fonctions de redistribution et de la prise en charge des défaillances du marché (market failures), là où l’économie du don apparaît encastrée dans une relation circulaire entre don et contre-don (donner-recevoir-rendre), l’économie de la contribution fait surgir la figure alternative du contributeur qui articule participation choisie à l’activité, création de valeur sociétale et intérêt au désintéressement.
 
La mobilisation des ressources s’effectue en tenant compte de quatre caractéristiques principales :
 
1) Le modèle productif, qui doit composer avec la finitude des ressources naturelles et le caractère cumulatif des ressources liées à l’activité cognitive. Cette dimension se traduit par une redéfinition du système de production et par l’encastrement de ce système de production dans un milieu psycho-techno-social.
 
2) Le rapport entre la fonction de contribution et la refonte des solidarités, au-delà du solidarisme assurantiel de l’Etat providence. Il importe ici d’articuler protection et création dans une solidarité dynamique, imposant ipso facto une révision du système de redistribution.
 
3) L’exigence d’établir un nouvel ordre de grandeur. Ce dernier pose la question de la mesure, et il suppose la mise au point d’une nouvelle base de calcul et de nouvelles normes comptables.
 
4) La territorialisation de la fonction de contribution qui implique une redéfinition des effets d’agglomération et une réévaluation des politiques publiques.
 
L’économie de la contribution repose sur un éco-système général de la production et de la circulation des richesses qui peut être décrite par une organologie générale1. Elle est à la source de la création collective et d’une mesure nouvelle de ses ordres de grandeur, à une époque où les technologies numériques se traduisent par une intensification des échanges informationnels.
 
Economie de la contribution (fonction et mesure).
 
La fonction de contribution est à l’économie de la contribution ce que les fonctions de production, d’offre et de demande incarnent, en tant qu’instruments, pour la théorie néoclassique : elle représente la manière dont les ressources sont allouées entre différents usages possibles, entre différentes activités, entre différents participants. Mais la nature de la fonction de contribution nous éloigne de l’économisme qui entoure les déterminations auto-révélatrices des courbes de préférence du consommateur et des courbes d’offre des producteurs de la théorie économique mainstream.
 
Pour les mêmes raisons, elle ne se confond pas avec les processus d’ajustement des quantités et des prix sur les différents marchés, et ne se réduit donc pas aux conditions de formation d’un équilibre général supposé – avant d’être un modèle calculable – des décisions privées.
 
La conjugaison en son sein d’activités marchandes et non marchandes la rend également irréductible à la seule conversion en un équivalent monétaire qui confère sa forme marchande à la dépense de travail du côté de la production et à la mesure du désir du côté de la consommation. La fonction de contribution nous introduit au contraire dans la construction d’une économie générale, où la mobilisation des ressources et des services productifs s’effectue en fonction d’objectifs décidés de manière délibérative, à l’aune donc du développement sociétal. Elle fait référence à la fois à une dimension microéconomique, en tant que modalité d’action des participants dans les organisations, et à une dimension macroéconomique, en tant que principe de politique économique orientée vers la création collective et la valeur sociétale, et partant, en tant que condition de bouclage du circuit économique.
 
Les orientations micro-économiques de la fonction de contribution permettent d’enrichir l’analyse économique, en mettant en relief les liens avec l’innovation, la création d’activités nouvelles et les externalités
 
Économie de la contribution et internet.
 
D’essence hyperconsumériste, le concept d’économie créative, appuyé sur les travaux de John Howkins, doit être dépassé par celui (plus proche de ce qui a été appelé le « capitalisme cognitif »2) de sociétés de contribution et de territoires contributifs fondés sur les technologies culturelles collaboratives. Si internet rend possible l’économie dite contributive – typique du logiciel libre –, c’est parce qu’il est un milieu technique tel que les destinataires sont mis en principe en position de destinateurs : il est dialogique3. Le Web (2.0 ou 3.0) participe donc à une économie de la contribution en tant qu’il se constitue :
 
1) d’une infrastructure : ici, les systèmes de partage et de publication en ligne de connaissances (CMS, wikis) ;
 
2) de mécanismes de désirs : dans le système industriel classique, le désir moteur est celui de consommation – qui cependant se dégrade et se décompose tendanciellement et inéluctablement en pulsions4 –, tandis que dans le cas du Web 2.0, le désir s’agence autour de créations personnelles et de leur mise en ligne sur des espaces partagés (YouTube, Flickr, MySpace, Wikis en général) ;
 
3) de technologies numériques qui permettent et outillent l’évolution du modèle économique (de même que l’essor du tourisme fût rendu possible par les progrès des technologies du transport ; de même les technologies du Web permettent une appropriation des contenus en lecture/écriture).
Mais le succès très rapide d’internet ne sera véritablement un succès économique (au double sens du terme) que s’il fait l’objet d’une politique industrielle publique, au-delà des dynamiques spectaculaires issues des nouvelles entreprises industrielles apparues dans ce milieu contributif, que dominent actuellement moteurs de recherche et réseaux sociaux.
 
 
1 Sur cette notion, cf.
 
2 Cf. Christian Azaïs, Antonella Corsani, Patrick Dieuaide, eds., Vers un capitalisme cognitif. Entre mutations du travail et territoires, préface de Bernard Paulré, postface de Christan Palloix, L’Harmattan, 2001. Voir en particulier dans cet ouvrage Pascal Jollivet, « Les NTIC et l’affirmation du travail coopératif réticulaire », pp. 45-63. Cf. aussi Le capitalisme cognitif. La nouvelle grande transformation, Yann Moullier Boutang, Amsterdam, 2007.
 
3 Sur cette notion, cf. supra, Milieu (associé/dissocié).
 
4 Cf. infra, Désir/pulsion
 
 
 

   Le "sujet de discussion" que je voudrais créer "Economie de la contribution", n'entre ni dans le forum "A propos du site d'AI", ni dans celui qui est intitulé "Ecole et éducation".
   Il me semble que cette question est à introduire sous forme ou au sein d'un nouveau forum, ce que je ne peux (ou sais) pas faire.
   J'ai eu le plaisir d'entrer au théâtre de la colline, pour la première fois, le 31 janvier dernier, le plaisir d'entendre la conférence de Maurizio Lazzarato et de voir en chair et en os les corps de ces êtres dont je n'ai longtemps connu que les voix, puis dont j'ai distingué les silhouettes sur le petit écran de mon ordinateur. Après cette conférence, Bernard Stiegler a pris la parole et présenté Ars Industrialis comme un désir de constituer une "force de proposition" dont le fer de lance, la colonne vertébrale, serait l'économie de la contribution. On peut retrouver son propos dans la troisième vidéo consacrée à cette journée: "Economie du désir et désir en économie - débats", autour de la septième minute:
   Economie de la contribution :  dépassement de la logique d'opposition et d'articulation 'Production-Consommation'.
   Qu'est-ce que ce désir de dépassement nous invite à inventer ? Dans quelles formes et à qui (individus - institutions) proposer les inventions que nous aurons muries ?  Par quoi cette idée de la contribution se traduit-elle, peut-elle se traduire, concrêtement, ici et maintenant ?  Toutes ces questions méritent bien un forum à part entière, si j'ai bien compris l'esprit d'Ars industrialis !  ou du moins de former un sujet de discussion dans un forum consécutif à la conférence de Maurizio Lazzarato qui m'a semblé digne d'ouvrir bien d'autres sujets.
   Une question à propos de cette "Economie de la contribution" :  son domaine se limite-t-il à la production d'informations, toujours citée en exemple (internet, Wikipédia), ou concerne-t-il aussi les productions de ce qui nous nourrit, nous habille, nous loge et nous soigne ?
   Je suis impatient de voir s'ouvrir les chantiers que toutes ces questions appellent,    ...   et plein de gratitude pour les efforts de tous ceux qui nous ont amenés à ces questions.
   Francis.
  

ouverture d'un forum économie

bonjour,

il y a maintenant un nouveau forum consacré à l'économie en général, et intitulé "Economie de la contribution".

Vous pouvez désormais y lancer un nouveau sujet de discussion.

cordialement,

JG.

économie/environnement

Bonjour,

J’ai visité votre site récemment, heureux d’apprendre qu’un groupe d’individu ont comme préocupation l’avenir de l’humanitée, et qui sont conscient que ce qui nous menace c’est la façon dont l’économie mondial est mené, façon que vous mentionnez dans votre manifeste et pour lequelle je suis d’accord pour l’essentiel.
Cependant, j’aimerais apporter ma contribution à la discussion sous un angle qui me semble vous échappez, un angle qui à mon avis est incontournable.
Avant, de façon simple, il faudrait comprendre ce qui a amené l’humanitée dans la situation actuelle.C’est à mon avis le tout simple et primitif instinct de conservation qui a poussé l’homme, dans le passé, à accumuler en période d’abondance pour compenser les périodes de disette. Aujourd’hui, technologies aidant, il est beaucoup plus facile d’accumuler et les disettes plus rares voir inexistantes du moins pour les sociétés favorisées par les technologies. La présence des sociétées défavorisées, créer par le même système capitaliste qui donne des surplus aux favorisés, exacerbe ce même instinct de conservation, inconsciemment bien sûr, on se retrouve donc face à un cercle vicieux.
Aujourd’hui, cet instinct est évidemment complètement dépravé, insatiable, et n’a plus de sens, mais à la base c’est le même phénomène sans plus.
Tant et aussi longtemps que nous ne prendront pas conscience collectivement que ce phénomène d’accumulation matériel se fait au détriment du fragile équilibre des écosystèmes qui sont indispensables, incontournables, pour le maintien de l’humain sur terre il sera difficile de proposer des scénarios viables à terme .Cependant de plus en plus d’individus font ce lien. De toute façon, ce sont les grands leaders de nos sociétés qui doivent s’éveiller au phénomène et quel seront les gestes de correction ? Sera-t-il trop tard ?
Il faut, avant d’élaborer des propositions, comprendre que l’Homme au même titre qu’un arbre est enraciné à la terre, qu’il ne peut s’y soustraire et ce d’aucune façon, du moins à ce jour. Toute proposition future sur l’économie devra impérativement prendre en considération ce fait. En clair, ce lien incontournable avec, entendons nous, une partie de l’environnement seulement, cette partie qui est le mince espace contenant les éléments en équilibre d’un écosystème permettant notre vie, doit être maintenu au-delà de toute autres considérations, ce que notre système capitaliste actuel ignore totallement.
Notre système capitaliste actuel, de model pyramidal je ne vous apprends rien ici, s’alimente des ressources de la planète, les tranformants, par la vente, en monnaie, en argent. Cet argent est aspiré vers le haut de la pyramide via le crédit à la consommation et la spéculation enrichissant les plus riches au haut de la pyramide et appauvrissant davantage le bas de la pyramide, conséquence, aujourd’hui, un milliard de personne souffre de la faim quotidiennement.

(1)

La dynamique de fonctionnement du capitalisme est, production- consommation- dépotoir à répétition au plus court terme possible, phénomène connu de tous. Si nous voulons avoir un système qui agit en équilibre avec notre environnement, l’endroit ou nous pouvons agir c’est au niveau de la consommation, non pas en l’élimlnant, impossible, mais en allongant la durée de vie de chaque chose produite et ce de façon mesurable. Chaque objets devrait avoir une durée de vie équivalente au temps que prend la nature à reproduire la matière première qui a servi à sa composition, dans un premier temps, de plus selon le cas, il faut prévoir également la compensation par l’environnement de l’énergie , via la capacité des écosystèmes sollicités, utilisées lors de la fabrication et de l’utilisation de l’objet en question , c’est le cas ici tout particulèrement pour l’automobile,mais cette règle devra s’appliquer à absolument tout.Du point de vue chimique et physique les éléments sont toujours en équilibre relatif, cependant l’homme et la biodiversitée qui l’accompagne vivent dans un équilibre spécifique qui lui ne peut être altéré.
Le positif du système capitaliste dans le contexte actuel c’est qu’iI a suscité, beaucoup, voir toute les grandes découvertes à ce jour, que ne ferait-on pas pour s’enrichir n’est-ce pas. La problématique est que ces techniques sont systématiquement acquisent, manipulées controlées pour ne pas nuire à la dynamique capitaliste, parce que durable dans le temps, c’est de bonne guerre, mais indéniablement les techniques qui nous permettraient de vivre en équilibre avec notre environnement, existent, nous n’avons qu’a prendre les moyens pour qu’elles soient utilisées.
Quelle serait les conséquences d’une telle prise de conscience collective et de son application?
D’abord à moyen terme la fabrication d’objet comme l’automobile diminuerait de façon drastique, faut savoir ici que la fabrication d’un véhicule pollue tout autant que toute sa durée d’utilisation.Ce raisonnement s’applique à tout objet quel qu’il soit. Le cycle du capitalisme est ainsi partiellement rompu du seul fait de l’allongement de la durée de vie des objets fabriqués.
Autre conséquence, si tout fonctionnait de cette façon, c’est la forte diminution des emploies reliés à la production (activitée polluante) et c’est le but.Les activitées compensatrices, dans un premier temps, serait reliées à la restauration, puis viendrait graduellement l’industrie de l’esprit.
Financement? Avant que ne se termine un monde, un autre est déjà né c’est ce que nous sommes entrain de vivre. Dans la transition dans laquelle nous sommes (note optimiste) l’époque qui se termine, qui a accumulé beaucoup, doit restaurer à l’intérieur de sa propre dynamique, donc utiliser ses propres capitaux prit à même l’environnement et les retourner à ce même environnement. Rien ne se créer, rien ne se perd, il faut savoir aménager au gré des priorités.
Quel serait le fonctionnement de ce nouveau monde?

(2)

Avant que naisse une économie relativement organisée l’être humain n’avait qu’a se servir dans la nature (chasse, ceuillette) ce qui est un acquis.Chaque individus était responsable de son propre approvisionnement. Dès que les échanges sont apparus et devenus plus sophistiqués via les échanges monétaires, l’homme a perdus ses acquis reliés directement au don de la nature (don au sens de proximité, d’accèssibilité). Ce don perdus aurait dû et aujourd’hui devient un droit.
Aujourd’hui, l’homme doit ‘’gagner sa vie’’ son droit qui est un don, a été perdus, il doit le retrouver .Se nourrir et s’abriter sont des droits non négociables, non échangeables, c’est ce dont doit tenir compte une future organisation de la société .La société doit redonner à l’homme son droit, don perdus, c’est un minimum, qui couvrirait les besoins de base, gîte et nourriture, sans conditions. Ce moyen fait partis d’une dynamique évidemment évolutive de redistribution de la richesse s’établissant au fur et à mesure, au gré d’une prise de conscience, d’une compréhension plus grande de ce qu’est vivre en équilibre avec son environnement.
Cela suppose une prise de conscience toutafaits inédites à ce jour et est un prérequis essentiel à la réussite de cette nouvelle économie, basé sur une recherche continuelle du maintien de l’équilibre des écosystèmes.Une société ou l’homme a réellement compris que sa vie est relié à la qualité de son environnement et non à la possession individuelle de biens. Il s’agit ici d’une véritable évolution, l’instinct de conservation existant toujours, elle ne disparaitra pas, impossible, mais elle sera réfléchit, orientée.
Ce n’est pas demain la veille, l’économie actuel n’a pas dit son dernier mot, probablement encore beaucoup de souffrance, de crise à venir avant que l’humanité ne réagisse. Espérons des actions avant que nous n’atteignons un point de non retour.
Finallement pour résumer mon propos, le lien avec la nature et le maintien de cette équilibre spécifique à l’Homme, devra transcender toute proposition soutenable.
En vrac.
Quel serait l’occupation des personnes dans un monde ou la production de biens devenus vraiment durables ? Certainement des journées de travail moins longues, fini ou presque le travail de nuit (économie d’énergie) plus d’activitée de l’esprit, etc, etc.
Probablement une répartition des populations, plus petite ville contrôlant parfaitement leurs rejets etc - - - - -
Également, certainement un retour à la terre pour plusieurs qui en auront le goût. Il est inconcevable dans notre société occidental actuelle que seulement 2% de la population est la responsabilité de nourrir les 98% restants.Compte tenu des surfaces exigées par unité de production, cette agriculture fait à coup d’herbicides et de pesticides avec des pratiques agricultural dégradante pour l’environnement n’a plus sa raison d’être, etc, - - - - - - -

(3)

Un ratio acceptable de gens s’occupant de l’agroalimentaire serait de 20 % soit une personne qui en nourrirait quatre autres, axé sur le bio, beaucoup moins contraignant car moins de surface à entretenir par individus etc,- - - - - Imaginé les effets sur la santé publique- - - - - -
Voilà, de façon brève une vision non pas axée sur une confiance virtuel, comme le système actuel, mais basé sur du concret, du quantifiable, du vérifiable, etc, etc,
Au plaisir d’en discuter.
Alain Audet

(4)

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