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Relever le défi 

La stratégie de Lisbonne pour la croissance  
et l’emploi 

 
 
 
 

Rapport du groupe de haut niveau 
présidé par M. Wim Kok 

 
 
 
 
 

Novembre 2004 

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Le contenu de ce rapport reflète uniquement le point de vue du groupe de haut niveau. 
 
Ce rapport est aussi disponible sur le site: 

http://europa.eu.int/comm/lisbon_strategy/index_fr.html 

 

Le groupe de haut niveau peut être contacté à l’adresse suivante: 
SG-KOK-GROUP/LISBON@cec.eu.int 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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via le serveur Europa (http://europa.eu.int). 
 
Une fiche bibliographique figure à la fin de l’ouvrage. 
 
Luxembourg: Office des publications officielles des Communautés européennes, 2004 
 
ISBN 92-894-7055-0 
 
© Communautés européennes, 2004 
Reproduction autorisée, moyennant mention de la source 
 

Printed in Belgium 

 

I

MPRIMÉ SUR PAPIER BLANCHI SANS CHLORE

 

 

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Table des matières 

Le groupe de haut niveau 

5

 

Résumé 

6

 

Chapitre I — Pourquoi la stratégie de Lisbonne? 

9

 

Introduction 

9

 

L'Europe dans un monde transformé 

11

 

Le tableau mitigé de l'après-Lisbonne 

12

 

Pourquoi il faut poursuivre la stratégie de Lisbonne 

13

 

Les défis externes — L'Union européenne entre deux feux 

14

 

Les défis internes — Le vieillissement de l'Europe 

15

 

Le défi de l'élargissement 

15

 

Les faits concernant la croissance, l'emploi et la productivité 

16

 

Agir de manière ciblée, agir ensemble, agir maintenant 

18

 

Chapitre II — Vaincre les blocages: libérer le potentiel 

21

 

Que faire? 

21

 

1.

 

Réaliser la société de la connaissance 

22

 

Pourquoi une société de la connaissance? 

22

 

Attirer et retenir les chercheurs de rang mondial 

23

 

Faire de la recherche et du développement une priorité 

24

 

Profiter pleinement des avantages des TIC 

25

 

Protéger la propriété intellectuelle pour promouvoir l'innovation 

26

 

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2.

 

Tenir nos engagements envers le marché intérieur 

27

 

Pourquoi le marché intérieur? 

27

 

S'engager en faveur d'une transposition plus rapide 

28

 

Éliminer les entraves à la libre circulation des services 

29

 

Identifier et éliminer les entraves à la concurrence 

29

 

Faire de la libre circulation des marchandises une réalité pour tous 

30

 

Libérer le dynamisme des marchés financiers 

30

 

Réduire les coûts des entreprises pour se conformer à la législation 

32

 

Des infrastructures de rang mondial pour le plus grand marché intérieur  

du monde 

32

 

3.

 

Créer un environnement favorable aux entrepreneurs 

33

 

Pourquoi créer un environnement favorable aux entrepreneurs? 

33

 

Améliorer la qualité de la législation 

33

 

Accroître le capital-risque disponible 

35

 

4.

 

Établir un marché du travail inclusif pour renforcer la cohésion sociale  36

 

Pourquoi établir un marché du travail fondé sur l’intégration? 

36

 

Renforcer la capacité d'adaptation des travailleurs et des entreprises 

38

 

Un investissement plus efficace dans le capital humain 

38

 

Les travailleurs âgés ont un rôle essentiel à jouer 

39

 

5.

 

Travailler à un avenir durable sur le plan environnemental 

40

 

Pourquoi l’environnement est-il source d’avantage concurrentiel  
pour l’Europe? 

40

 

Environnement et compétitivité: exploiter des possibilités avantageuses  

pour tous 

41

 

Travailler à un avenir durable 

43

 

Chapitre III — Faire fonctionner Lisbonne 

44

 

Promouvoir la cohérence et la compatibilité dans la mise en œuvre 

45

 

Amélioration du processus de réalisation concrète 

48

 

Communication 49

 

Conclusion 50

 

ANNEXES 

53

 

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Le groupe de haut niveau 

Mandat 

À sa réunion de Bruxelles, en mars 2004, le Conseil européen a invité la Commission à 
créer un groupe de haut niveau que présiderait M. Wim Kok et qui procéderait à une évalua-
tion indépendante destinée à l’examen à mi-parcours. Le groupe devrait remettre un rapport 
dans lequel il définirait des mesures qui, ensemble, constitueraient une stratégie cohérente 
propre à permettre aux économies européennes d’atteindre les objectifs de Lisbonne. Il se-
rait composé d’un petit nombre de personnes hautement qualifiées qui soient capables de 
rendre compte des points de vue de toutes les parties prenantes. Son rapport, destiné à être 
rendu public, devrait être soumis à la Commission pour le 1

er

 novembre 2004. 

Composition 

La task-force était composée de: 

  M. Wim Kok (président), ancien Premier ministre des Pays-Bas; 

  M. Romain Bausch, directeur général et président du comité exécutif de SES Global 

(Luxembourg); 

  M. Niall FitzGerald, président de Reuters, président du Dialogue commercial transa-

tlantique; 

  M. Antonio Gutiérrez Vegara, député au Parlement espagnol; 

  M. Will Hutton (rapporteur), directeur de la Work Foundation; 

  M

me

 Anne-Marie Idrac, présidente de la Régie autonome des transports parisiens 

(RATP); 

  M

me

 Wanja Lundby-Wedin, présidente de la Confédération des syndicats suédois (LÖ); 

  M. Thomas Mirow, ancien ministre de Hambourg, conseiller d’affaires senior; 

  M. Bedrich Moldan, président du Centre environnemental de l’université Charles de 

Prague; 

  M. Luigi Paganetto, professeur d’économie internationale à l’université Tor Vergata 

de Rome; 

  M. Dariusz Rosati, professeur d’économie, député au Parlement européen depuis 

juin 2004; 

  M. Veli Sundbäck, vice-président de Nokia (Finlande); 

  M. Friedrich Verzetnitsch, président de la fédération autrichienne des syndicats 

(ÖGB), membre du Parlement autrichien. 

Le groupe de haut niveau a mené ses travaux de mai à octobre 2004. Il s’est réuni à 
six reprises et a présenté son rapport à la Commission européenne le 3 novembre 
2004. Le secrétariat du groupe de haut niveau a été assuré par la Commission euro-
péenne. M. Sylvain Bisarre, directeur au secrétariat général, a assumé la charge de 
secrétaire avec l’aide de M. Jan-Host Schmidt, directeur à la direction générale des 
affaires économiques et financières, de M. Olivier Bailly et d’autres membres de l’unité 
«Coordination des politiques». M. Jeroen Slaats, conseiller politique au ministère néer-
landais des affaires étrangères, a exercé les fonctions de secrétaire privé de M. Kok. 
M. Paul Adamson a apporté une contribution d’ordre rédactionnel. 

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Résumé 

En mars 2000, les dirigeants européens ont donné pour engagement à l’Union euro-
péenne de devenir, d’ici à 2010, «l’économie de la connaissance la plus compétitive et 
la plus dynamique du monde, capable d’une croissance économique durable accom-
pagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande 
cohésion sociale, dans le respect de l’environnement». La «stratégie de Lisbonne» — 
ainsi qu’elle serait bientôt baptisée — se composait d’une série de réformes globales 
mais interdépendantes. L’idée était que les actions menées par l’un des États mem-
bres seraient d’autant plus efficaces que les autres États membres agiraient de 
concert. 

Les événements qui se sont produits dans le monde depuis 2000 n’ont certes pas été 
de nature à favoriser la réalisation des objectifs visés, mais il est clair que l’Union eu-
ropéenne et ses États membres ont ralenti, eux aussi, le mouvement, faute d’avoir fait 
montre de la diligence requise dans l’application d’une grande partie de la stratégie. 
Ces résultats décevants s’expliquent par un agenda surchargé, une coordination mé-
diocre et des priorités inconciliables. Il n’en reste pas moins que l’absence d’action 
politique résolue a posé un problème majeur. 

Il est devenu d’autant plus urgent d’appliquer la stratégie de Lisbonne que l’écart de 
croissance s’est creusé par rapport à l’Amérique du Nord et à l’Asie, alors que l’Europe 
doit relever les défis conjugués d’une croissance démographique faible et du vieillis-
sement de sa population. Le temps presse et l’heure n’est pas au contentement de soi. 
Il faut mieux travailler sur le terrain pour rattraper le temps perdu. 

Dans ce contexte, la réalisation des objectifs de Lisbonne en matière de croissance et 
d’emploi exige que nous agissions tous: c’est là une démarche qui exige l’engagement 
de chacun. Ainsi, les institutions européennes et les États membres doivent mener une 
action plus déterminée au travers d’un engagement politique renforcé, les citoyens 
européens doivent être associés plus largement et de manière plus approfondie au 
processus et il faut prendre conscience du fait que tous les citoyens bénéficieront 
d’une collaboration entre les pays européens. 

Chaque composante de la stratégie de Lisbonne reste nécessaire au succès de 
l’ensemble. Une amélioration de la croissance économique et un accroissement du 
taux d’emploi apportent les moyens de soutenir la cohésion sociale et de ménager 
l’environnement, deux facteurs qui, à leur tour, peuvent contribuer à une croissance 
plus forte et à un emploi en hausse. 

Si l’Europe peut accroître sa qualité de vie, elle doit accélérer la croissance de l’emploi 
et de la productivité via une large palette de réformes accompagnée d’un cadre 
macroéconomique aussi favorable que possible à la croissance, la demande, l’emploi. 
Aucune mesure isolée ne peut déboucher sur de tels résultats. Seules diverses initiati-
ves et modifications structurelles liées entre elles pourront, par une action conjointe à 
l’intérieur de l’Union, libérer le potentiel incontesté de celle-ci. Pour cela, il faut agir 
d’urgence dans cinq domaines politiques: 

 

la société de la connaissance:

 rendre l’Europe plus attrayante pour les cher-

cheurs et les scientifiques, faire de la recherche-développement une priorité de 
premier plan et promouvoir l’utilisation des technologies de l’information et de la 
communication (TIC); 

 

le marché intérieur:

 procéder à l’achèvement du marché intérieur, au profit de la 

libre circulation des marchandises et des capitaux, et s’atteler d’urgence à la mise 
en place d’un marché unique des services; 

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l’environnement des entreprises:

 alléger l’ensemble des charges administratives, 

améliorer la législation, faciliter la création rapide de nouvelles entreprises, créer un 
environnement plus favorable aux entreprises; 

 

le marché du travail:

 appliquer rapidement les recommandations de la task-force 

européenne sur l’emploi, élaborer des stratégies pour l’éducation et la formation 
tout au long de la vie et le vieillissement actif, soutenir les partenariats en faveur de 
la croissance et de l’emploi; 

 

l’environnement durable:

 diffuser les éco-innovations et acquérir une position 

prépondérante dans l’éco-industrie, poursuivre des politiques débouchant à plus 
long terme sur une amélioration durable de la productivité grâce à l’éco-efficacité. 

Différents États membres ont accompli des progrès dans un ou plusieurs de ces do-
maines politiques prioritaires, mais aucun n’a remporté de victoire définitive sur un front 
plus étendu. Pour atteindre ces objectifs, l’Europe doit intensifier considérablement ses 
efforts. 

Il s’agit pour chaque État membre d’élaborer des politiques qui seraient appuyées par 
des structures appropriées à l’échelon européen et qui répondraient à ses préoccupa-
tions spécifiques, puis de mener une action plus concertée et plus déterminée. La 
Commission européenne doit être prête à rendre compte avec clarté et précision des 
succès et des échecs nationaux. Les politiques nationales et communautaires — et les 
budgets qui leur sont alloués — doivent mieux tenir compte des priorités de Lisbonne. 

Pour veiller à ce que les États membres assument leurs responsabilités, il convient 
d’insuffler un élan nouveau dans trois directions: renforcement de la cohérence et de la 
concordance entre politiques et parties prenantes, amélioration du processus de réali-
sation par l’association des parlements et des partenaires sociaux et amélioration de la 
communication sur les objectifs et les résultats. 

En outre, le groupe de haut niveau propose: 

 que le 

Conseil européen

 pilote les efforts visant à faire avancer la stratégie de Lis-

bonne; 

 que les 

États membres

 élaborent des programmes nationaux et s’engagent ainsi à 

obtenir des résultats et qu’ils associent au processus les citoyens et les parties pre-
nantes; 

 que la 

Commission européenne

 examine les résultats obtenus et en rende compte 

et qu’elle facilite et soutienne, par ses politiques et ses actions, l’accomplissement 
de nouveaux progrès; 

 que le 

Parlement européen

 joue un rôle proactif dans la supervision des résultats 

obtenus; 

  et que les 

partenaires sociaux européens

 prennent leur responsabilité et partici-

pent activement à la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne. 

Pour atteindre les objectifs d’une croissance plus forte et d’un emploi accru et, ainsi, 
soutenir le modèle social européen, il faudra une orientation politique ferme, détermi-
née et convaincante. Les États membres et la Commission européenne doivent redou-
bler leurs efforts pour faire changer les choses. L’accent doit d’avantage être mis sur la 
participation des partenaires sociaux européens et sur l’adhésion des citoyens euro-
péens au changement. Un recentrage plus important est nécessaire afin d’expliquer les 
raisons pour lesquelles la stratégie de Lisbonne concerne chaque personne dans cha-
que foyer européen. 

L’Europe a bâti un modèle économique et social spécifique qui associe productivité, 
cohésion sociale et engagement croissant en faveur d’un environnement durable. Une 

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stratégie de Lisbonne recentrée sur la croissance et l’emploi, comme le suggère le 
présent rapport, offre à l’Europe de nouvelles perspectives pour ce modèle économi-
que et social. 

background image

Chapitre I — Pourquoi la stratégie de Lisbonne? 

Introduction 

Réunis à Lisbonne en mars 2000 à l’occasion du Conseil de printemps, les 
quinze chefs d’État ou de gouvernement des États membres de l’époque 
ont décidé que l’Union devait s’engager à relever le taux de croissance et 
d’emploi pour soutenir la cohésion sociale et l’environnement durable. 
L’économie américaine, s’appuyant sur l’émergence de la «nouvelle» éco-
nomie de la connaissance et sur sa suprématie dans le domaine des tech-
nologies de l’information et de la communication, commençait à prendre 
une sérieuse avance sur l’ensemble des économies européennes, hormis 
les toutes premières d’entre elles. Pour préserver son modèle social par-
ticulier et continuer à offrir à ses citoyens des perspectives, des emplois et 
une qualité de vie satisfaisante, l’Europe devait agir avec détermination, 
d’autant qu’un défi économique grandissant se profilait du côté de l’Asie et 
que la croissance démographique européenne connaissait un ralentisse-
ment. L’Union s’est fixé «un objectif stratégique pour la décennie à venir: 
devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dy-
namique du monde, capable d’une croissance économique durable accom-
pagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une 
plus grande cohésion sociale, dans le respect de l’environnement». 

L’idée était que les actions menées par un État membre seraient d’autant 
plus efficaces que ses partenaires au sein de l’Union agiraient de concert; 
une vague économique créée en commun porterait avec une puissance en-
core accrue chacun des navires de la flotte européenne. Plus l’Union parvi-
endrait à développer en tandem ses initiatives sur le plan de la connais-
sance et de l’ouverture des marchés, plus l’économie de chaque État 
membre serait forte et compétitive. Cette stratégie, qui prendrait bientôt le 
nom de la ville où elle avait été conçue, se composait d’une série de réfor-
mes globales et interdépendantes qui se renforçaient mutuellement. 

Les arguments en faveur de cette stratégie ne sont pas moins péremptoires 
aujourd’hui, bien au contraire. L’Europe doit innover pour son propre 
compte. La puissance de ses industries cognitives et sa capacité de diffuser 
ses connaissances dans l’ensemble de l’économie sont essentielles à sa 
réussite; c’est grâce à elles qu’elle pourra stimuler sa productivité — afin de 
compenser le ralentissement de sa croissance démographique — et de fi-
nancer son modèle social. La stratégie de Lisbonne doit être vue comme un 
moyen d’aider l’économie européenne à se départir de structures qui, pour 
l’essentiel, lui permettaient tout juste de rattraper son retard sur les meil-
leures économies mondiales, et ce au profit de structures qui lui octroieront 
une place prééminente sur le plan économique. 

Dès le début, le programme de réformes de Lisbonne a cherché à concilier 
le dynamisme économique propre à faire progresser les taux de croissance 
et d’emploi avec le souci traditionnel des Européens de promouvoir la co-
hésion sociale, l’équité et la protection de l’environnement. La stratégie de 
Lisbonne cherche à faire d’une augmentation des dépenses publiques et 
privées de recherche-développement l’élément central d’un effort concerté 
pour amplifier la création et la diffusion d’un capital scientifique, tech-
nologique et intellectuel. Elle a pour ambition d’encourager les échanges 

Un but 

stratégique 

Une série 

de réformes 

Assurer la 

transition de 

l’économie 

européenne 

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10 

commerciaux et la concurrence par la réalisation du marché unique et 
l’ouverture de secteurs jusqu’ici abrités et protégés. Elle vise à instaurer un 
climat plus favorable pour les entreprises et les affaires et à accroître la 
flexibilité et la capacité d’adaptation sur le marché du travail en relevant les 
niveaux d’éducation et de compétences, en appliquant au marché du travail 
des politiques dynamiques et en encourageant les systèmes européens de 
protection sociale à favoriser la croissance de l’emploi et de la productivité 
plutôt qu’à l’entraver. Enfin, la stratégie de Lisbonne aspire à une crois-
sance qui soit compatible avec un environnement durable. 

La réussite de l’économie de la connaissance était tenue pour l’élément clé 
qui permettrait à l’Europe de préserver sa cohésion sociale sans se refer-
mer sur elle-même. L’Union ne souhaitait pas entrer dans une situation de 
concurrence à la fois interne — en tant qu’union économique — et externe 
en se lançant dans une course à l’abaissement des salaires réels et des 
coûts non salariaux qui aurait affaibli les mécanismes nationaux de co-
hésion sociale, de partenariat sur le lieu de travail et de protection de 
l’environnement. Plus l’Europe pourrait préserver la productivité élevée, la 
haute valeur ajoutée et l’emploi fort qui caractérisaient son économie, mieux 
elle serait à même de créer la richesse et les emplois qui lui permettraient 
de tenir son engagement essentiel en faveur d’une ouverture des marchés 
et d’une Europe sociale et environnementale. 

On reproche parfois à la stratégie de Lisbonne d’être le fruit de l’optimisme 
euphorique suscité à la fin des années 90 par la vogue de l’économie de la 
connaissance, qui négligeait l’importance des atouts industriels traditionnels 
de l’économie européenne. Dans la mesure où l’on a pu considérer que la 
stratégie de Lisbonne accordait trop peu d’importance à l’industrie, cette cri-
tique est légitime. Il est vital que l’Europe conserve une base industrielle et 
manufacturière solide, élément essentiel d’une vision équilibrée de la crois-
sance économique. En effet, la croissance et la productivité industrielles re-
posent, depuis l’industrialisation, sur les progrès accomplis dans les tech-
nologies et les secteurs, et la stratégie de Lisbonne est fondée sur cette 
vérité bien établie. Inversement, une économie de la connaissance vig-
oureuse a forcément besoin d’un secteur manufacturier hautement tech-
nique qui soit solide et qui fabrique des produits à la pointe de la science et 
de la technologie. 

En raison de l’ampleur de ses ambitions, la stratégie de Lisbonne recouvrait 
divers domaines dans lesquels l’Union ne possédait aucune compétence 
institutionnelle et qui étaient du ressort exclusif des États membres. C’est 
pourquoi il était prévu de recourir à la fois à la «méthode communautaire» 
traditionnelle, en vertu de laquelle la Commission européenne propose une 
législation communautaire, et à un processus nouveau, appelé «méthode 
ouverte de coordination». Par ce processus, les États membres convien-
nent de coopérer volontairement dans les domaines relevant de leur com-
pétence exclusive et de faire usage des meilleures pratiques en vigueur sur 
le territoire communautaire en les adaptant éventuellement à leurs spécifici-
tés nationales. La Commission européenne a pour rôle de coordonner ce 
processus en s’assurant que chaque État membre est pleinement informé 
des progrès réalisés et des politiques appliquées par les autres, tout en veil-
lant à ce que les domaines relevant de sa compétence — dont le marché 
unique et la politique de concurrence — renforcent les objectifs de Lisbonne 
par l’application de la méthode communautaire. En outre, le suivi assuré par 
la Commission stimulerait et créerait la pression des pairs qui est néces-
saire à la réalisation de ces objectifs, dès lors que les résultats obtenus par 

Créer la richesse 

et les emplois 

Progrès dans 

les technologies 

et les secteurs 

Volonté de 

coordonner 

les politiques 

background image

11 

chaque État membre seraient rendus publics. La stratégie de Lisbonne ap-
porterait ainsi la croissance et les emplois tant attendus, tout en demandant 
aux États membres de coordonner volontairement leurs politiques. 

L'Europe dans un monde transformé 

Les quatre dernières années ne se sont pas prêtées à la réalisation des ob-
jectifs de Lisbonne, tant s’en faut. À peine l’encre de l’accord venait-elle de 
sécher que la bulle spéculative des marchés boursiers mondiaux implosait, 
provoquant, à l’épicentre, l’effondrement des valeurs surcotées 
d’entreprises en ligne et de sociétés de télécommunications américaines, 
dans un contexte de pratiques financières frauduleuses avérées. Le poten-
tiel de l’économie de la connaissance s’est alors heurté à un scepticisme 
grandissant. Les États-Unis ont connu deux années de ralentissement éco-
nomique et de récession, imités en cela par l’Europe. Il est beaucoup plus 
difficile d’augmenter le budget de la R & D, par exemple, dans un climat de 
stagnation de la production et de compression générale des finances pub-
liques et privées. 

Les attentats terroristes du 11 septembre 2001 et les événements qui ont 
suivi ont encore appesanti le climat international. Bien que, à Doha, les 
gouvernements se soient engagés à entreprendre un nouveau cycle de né-
gociations sur l’ouverture des échanges pour stimuler le commerce mondial, 
la traduction des intentions en mesures concrètes n’a cessé de se heurter à 
des difficultés. La conclusion d’accords commerciaux bilatéraux, plutôt que 
multilatéraux, s’est généralisée de manière préoccupante; les tensions entre 
l’Europe et les États-Unis ont engendré d’âpres différends commerciaux. Un 
nombre croissant d’incidents environnementaux inquiétants ont encore ren-
forcé le malaise suscité par l’influence des activités humaines sur le climat 
mondial. Les prix pétroliers ont récemment augmenté, conséquence d’une 
demande accrue et de l’insécurité des approvisionnements, deux facteurs 
qui ralentissent l’activité économique actuelle et qui entraînent une révision 
à la baisse des prévisions pour l’avenir immédiat. L’effet conjugué de tous 
ces facteurs a été l’affaiblissement de la confiance des entreprises et des 
consommateurs européens. 

Ces quatre dernières années, les résultats généraux de l’économie eu-
ropéenne ont été décevants. En Europe, la reprise économique a été plus 
faible qu’aux États-Unis et en Asie, ces deux dernières années, en raison 
de faiblesses structurelles persistantes, d’une part, et du faible taux de 
croissance de la demande publique et privée, d’autre part. Il est vrai que les 
déficits du secteur public en Europe ont augmenté lorsque les «stabi-
lisateurs automatiques» — hausse des prestations sociales et baisse des 
recettes fiscales — se sont déclenchés, mais cela n’a pas suffi à contrer le 
ralentissement cyclique de l’activité. La marge de manœuvre budgétaire de 
l’Europe était limitée par la faiblesse des positions budgétaires 
qu’accusaient certains États membres européens au moment d’entrer dans 
la période de faible conjoncture, alors qu’ils n’avaient pas suffisamment 
consolidé leurs finances pendant la reprise économique qui avait précédé. 
En conséquence, le fonctionnement du pacte de stabilité et de croissance 
n’a pu apporter un soutien suffisant aux politiques macroéconomiques por-
teuses de croissance qui auraient contrecarré davantage la composante 
«baisse» du cycle économique. 

Confiance des 

consommateurs 

et des entreprises 

européens 

Des résultats 

généralement 

décevants 

background image

12 

En conséquence, de nombreux États membres se sont retrouvés face à un 
problème épineux. Des faiblesses structurelles et une demande faible se 
sont soldées par des performances économiques nationales médiocres. 
Cette médiocrité a compliqué l’application de la stratégie de Lisbonne. Dans 
cette conjoncture de croissance faible, certains gouvernements ont eu plus 
de mal à tenir leurs engagements. Il faut dire aussi que de nombreux États 
membres n’ont pas pris assez au sérieux l’exécution et la concrétisation des 
mesures convenues. L’achèvement du marché unique, par exemple, n’a 
pas bénéficié de la priorité qui aurait dû lui revenir. En conséquence, 
l’Europe est trop éloignée des objectifs qu’elle doit atteindre. 

Le tableau mitigé de l'après-Lisbonne 

À Lisbonne et lors des Conseils européens de printemps qui ont suivi, une 
série d’objectifs ambitieux (

1

) ont été fixés pour soutenir le développement 

d’une économie européenne gagnante au niveau mondial. Cependant, à mi-
chemin de l’échéance de 2010, le tableau d’ensemble est très mitigé et il 
reste beaucoup à accomplir pour éviter que Lisbonne devienne synonyme 
d’objectifs manqués et de promesses non tenues. 

Toutefois, malgré les déceptions, Lisbonne ne présente pas le tableau irré-
médiablement sombre que certains aiment à dépeindre. Des progrès sig-
nificatifs ont été accomplis dans le domaine de l’emploi entre le milieu des 
années 90 et 2003. Les gouvernements européens ont pris des mesures 
qui se sont conjuguées pour tenter de lever les obstacles à l’emploi des tra-
vailleurs à bas salaires, renforcé leurs politiques actives du marché du tra-
vail et permis la croissance de l’emploi temporaire. Le taux d’emploi est 
passé de 62,5 % en 1999 à 64,3 % en 2003, chiffre qui, cependant, ne tient 
pas uniquement compte des emplois à temps plein. Sept États membres de 
l’UE-15 sont en passe d’atteindre l’objectif intermédiaire de 67 % d’ici à 
2005. Le taux d’emploi global de la main-d’œuvre féminine est passé à 
56 % en 2003. Certains pays ont réussi à conduire des politiques visant à 
accroître le taux d’emploi des travailleurs âgés, qui atteint à présent 41,7 %. 

En outre, des progrès sont visibles au-delà de l’emploi. Les États membres 
ont progressé du point de vue de la diffusion des TIC et de l’internet dans 
les écoles, les universités, les administrations et le commerce. La pénétra-
tion de l’internet dans les ménages, par exemple, a rapidement augmenté, 
douze États membres ayant atteint les objectifs. 

Dans un registre plus pessimiste, la création nette d’emplois s’est fortement 
ralentie ces dernières années et l’on voit se dessiner le risque que l’objectif 
d’un taux d’emploi de 70 % pour 2010 ne soit pas atteint. Il en va de même 
pour l’objectif de 50 % concernant les travailleurs âgés. En ce qui concerne 
l’objectif en matière de recherche et développement, seuls deux pays con-
sacrent actuellement plus de 3 % de leur PIB à la R & D; dans ces deux 
mêmes pays, les entreprises atteignent également l’objectif d’un inves-
tissement équivalant à 2 % du PIB dans la R & D. Les autres pays sont en 
retard sur les deux plans. Pour ce qui est de dispenser à tous les enseig-
nants une formation dans le domaine numérique, les progrès accomplis 
sont très décevants. Seuls cinq pays ont dépassé l’objectif en matière de 
transposition des directives de l’Union européenne sur le marché unique. 

                                            

(

1

)  Pour suivre l’état d’avancement de la stratégie de Lisbonne, la Commission et le Conseil ont arrêté une liste de 

quatorze indicateurs. Les résultats des États membres au regard de ces indicateurs sont présentés à l’annexe 1. 

Manque de 

sérieux dans 

l’exécution et la 

concrétisation 

Des progrès 

au-delà 

de l’emploi 

En retard sur les 

deux plans 

background image

13 

Dans le domaine de l’environnement, il n’a été qu’en partie possible de dis-
socier les performances économiques des effets nocifs sur l’environnement. 
Par exemple, en Europe, le volume du trafic augmente plus rapidement que 
le PIB et la congestion empire, tout comme les niveaux de pollution et de 
bruit, continuant ainsi d’endommager la nature. La plupart des pays eu-
ropéens restent en deçà de leurs objectifs de Kyoto en matière d’émissions 
de gaz à effet de serre, seuls trois pays enregistrant depuis 1999 des pro-
grès visibles dans la réduction de ces émissions. 

L’élargissement de l’Union européenne, pour bienvenu qu’il soit, a rendu 
plus difficile encore la réalisation des objectifs de Lisbonne à l’échelon eu-
ropéen. Les nouveaux États membres présentent généralement des taux 
d’emploi et des niveaux de productivité bien moindres; or, en partant d’une 
base inférieure, il est bien plus difficile d’atteindre les objectifs en matière de 
R & D, par exemple, que pour les 15 États membres de l’Union qui ont ini-
tialement adhéré à la stratégie de Lisbonne. 

Pourquoi il faut poursuivre la stratégie de Lisbonne 

À l’évidence, il n’y a pas matière à autosatisfaction. De trop nombreux ob-
jectifs seront nettement manqués. L’Europe a perdu du terrain, tant par rap-
port aux États-Unis qu’à l’Asie, et ses sociétés sont soumises à des ten-
sions. 

Cela signifie-t-il que nos ambitions ne sont pas les bonnes? La réponse est 
non. Il faut plus que jamais de l’ambition, que ce soit pour relever le défi de 
l’élargissement, celui du vieillissement de la population ou celui de 
l’intensification de la concurrence mondiale, sans parler de la nécessité 
d’abaisser les taux de chômage actuel. La stratégie de Lisbonne est-elle 
trop ambitieuse? Là encore, la réponse est non; même si chaque objectif 
devait être atteint dans les délais, l’Europe ne serait pas tirée d’affaire. Les 
régions et pays concurrents vont également de l’avant, menaçant la position 
de l’Europe dans le classement économique mondial. Dans cette économie 
mondiale, l’Europe doit trouver une place qui lui permettra néanmoins de 
défendre ses propres choix spécifiques quant au modèle social qu’elle sou-
haite, à juste titre, préserver. Qu’il s’agisse de l’espérance de vie, des taux 
de mortalité infantile, de l’inégalité des revenus ou de la pauvreté, l’Europe 
enregistre de bien meilleurs résultats que les États-Unis. L’objectif de Lis-
bonne consiste à préserver ces résultats dans un contexte marqué par des 
défis multiples et croissants. 

Faut-il repousser l’échéance de 2010? À nouveau, la réponse est non. 
L’échéance de 2010 est importante pour attirer l’attention et insister sur la 
nécessité d’une action urgente. La fixation d’un nouveau délai postérieur 
donnerait à tort l’impression que la situation est à présent moins urgente. Le 
défi permanent que représente l’échéance de 2010 est nécessaire pour sti-
muler les États membres à accomplir des efforts sérieux d’amélioration. En 
tout état de cause, il ne faut pas considérer la stratégie de Lisbonne comme 
une série d’objectifs isolés qui pourront être mis de côté après 2010, même 
si chaque objectif partiel a été atteint. Il s’agit d’un processus permanent qui 
vise à garantir l’avenir de l’Europe en tant qu’économie caractérisée par une 
productivité élevée, une haute valeur ajoutée, un emploi fort et une grande 
éco-efficacité. Ce processus ne prendra pas fin à une date précise; au con-
traire, il fera constamment l’objet de renouvellements, de réévaluations et 
de nouveaux engagements. Il est d’autant plus important que les dirigeants 

Des objectifs 

seront nettement 

manqués 

L’Europe doit 

trouver sa place 

De l’ambition, 

plus que jamais 

Pas de stratégie 

sans lendemain 

background image

14 

politiques montrent la détermination requise pour profiter maintenant de la 
fragile amélioration de la conjoncture économique et du regain de confiance 
des entreprises, afin de récupérer autant que possible le terrain perdu du-
rant ces quatre dernières années. 

La stratégie de Lisbonne n’est pas une tentative d’imitation des États-Unis, 
loin de là. Elle vise à réaliser la vision que l’Europe a de ce qu’elle veut être 
et de ce qu’elle veut conserver, compte tenu du renforcement de la concur-
rence mondiale, du vieillissement de la population et de l’élargissement. Elle 
nourrit une vaste ambition de solidarité avec ceux qui en ont besoin, main-
tenant et dans l’avenir. Pour réaliser cette ambition, l’Europe a besoin d’une 
croissance plus forte et d’un plus grand nombre de personnes en activité. 

Les défis externes — L'Union européenne entre deux feux 

La concurrence internationale s’intensifie et l’Europe doit relever un double 
défi lancé par l’Asie et les États-Unis. Le potentiel de croissance rapide de 
l’économie chinoise fera de ce pays non seulement un nouveau concurrent 
de l’Europe, mais aussi un vaste marché en expansion. Pour exploiter les 
possibilités qu’offre cette situation, l’Europe doit disposer d’une assise éco-
nomique adaptée, compte tenu du fait que, dans les prochaines décennies, 
la concurrence dans le domaine de la production de biens sera redoutable 
sur les plans national et international, en particulier dans les secteurs où les 
salaires sont élevés et les technologies stables. En effet, la Chine, qui 
s’industrialise grâce à un apport important et croissant d’investissements 
étrangers directs et grâce à son propre tissu scientifique, commence à être 
compétitive pour les biens à basse comme à haute valeur ajoutée. Bien que 
les salaires soient beaucoup moins élevés en Chine qu’en Europe, il est 
évident que la différence de qualité entre les produits chinois et ceux fabri-
qués dans l’Union est déjà faible ou nulle. 

Le défi indien est tout aussi réel, en particulier dans le secteur des services, 
où l’Inde est le grand bénéficiaire de la délocalisation ou de l’externalisation 
de certains services grâce à son énorme réservoir de main-d’œuvre formée, 
bon marché et anglophone. La présence collective de l’Asie dans le com-
merce mondial va s’affirmer. 

L’Europe doit développer le domaine propre dans lequel elle se spécialise, 
excelle et l’emporte sur ses concurrents, ce qui passe inévitablement par un 
engagement dans l’économie de la connaissance au sens le plus large du 
terme; cependant, elle doit ici faire face à la prédominance des États-Unis. 
Ceux-ci menacent de consolider leur première place. Les États-Unis comp-
tent 74 % des 300 premières sociétés du secteur des technologies de 
l’information et 46 % des 300 entreprises consacrant le plus de moyens fi-
nanciers à la R & D. La part mondiale de l’Union européenne dans les ex-
portations de produits de haute technologie est inférieure à celle des États-
Unis; la part de la fabrication de produits de haute technologie dans la va-
leur ajoutée totale, ainsi que les effectifs de ce secteur, sont également in-
férieurs. Dans une économie mondiale, l’Europe n’a d’autre choix que 
d’améliorer de manière radicale son économie de la connaissance et ses 
performances économiques si elle veut relever les défis posés par l’Asie et 
les États-Unis. 

Réaliser la vision 

de l’Europe 

Relever les défis 

de l’Asie et des 

États-Unis 

background image

15 

Les défis internes — Le vieillissement de l'Europe 

Deux dynamiques — la chute du taux de natalité et l’augmentation de 
l’espérance de vie — interagissent pour entraîner une transformation radi-
cale de la taille et de la pyramide des âges de la population européenne. 
Selon les projections, la population totale diminuera d’ici à 2020 (

2

). On es-

time que la population en âge de travailler (15-64 ans) sera inférieure de 
18 % à son niveau actuel en 2050, tandis que le nombre de personnes 
âgées de plus de 65 ans aura augmenté de 60 %. En conséquence, la pro-
portion moyenne de personnes retraitées par rapport aux personnes ac-
tuellement en âge de travailler en Europe doublera, passant de 24 % au-
jourd’hui à près de 50 % en 2050. Ce ratio de dépendance variera, en 2050, 
entre 36 % au Danemark et 61 % en Italie. 

Cette évolution est déjà en cours; en 2015, le ratio de dépendance moyen 
de l’Union atteindra 30 %. Les conséquences sont aggravées par le faible 
taux d’emploi des travailleurs âgés. Ces évolutions auront des répercus-
sions considérables sur l’économie européenne et sur sa capacité de fi-
nancer les systèmes européens de sécurité sociale. Le vieillissement de la 
population entraînera simultanément une augmentation des besoins en 
matière de retraites et de soins de santé et une diminution du nombre de 
personnes en âge de travailler, c’est-à-dire du nombre de personnes qui 
produisent la richesse nécessaire. 

Selon les projections de la Commission européenne (

3

), le vieillissement 

démographique aura, à lui seul, pour effet de faire baisser le taux de crois-
sance potentiel de l’Union du taux actuel de 2-2,25 % à environ 1,25 % d’ici 
à 2040. Globalement, cette diminution aurait pour effet de réduire le PIB par 
habitant de quelque 20 % par rapport à ce que l’on aurait pu escompter au-
trement. Dès 2015, le taux potentiel de croissance économique tombera à 
1,5 % environ si la main-d’œuvre potentielle continue d’être utilisée comme 
aujourd’hui. 

Le vieillissement entraînera également une augmentation des dépenses 
liées aux retraites et aux soins de santé qui variera de 4 à 8 % du PIB (

4

d’ici à 2050. Selon les projections, dès 2020, les dépenses au titre des re-
traites et des soins de santé augmenteront d’environ 2 % du PIB dans un 
grand nombre d’États membres et, en 2030, l’augmentation sera de 4 à 5 % 
du PIB. En outre, la baisse du taux de croissance économique aura une in-
cidence négative, perceptible dès 2010, sur les finances publiques. 

Le défi de l'élargissement 

L’élargissement a accentué les inégalités et les problèmes de cohésion 
dans l’Union. La population communautaire a augmenté de 20 % tandis que 
le PIB européen n’a augmenté que de 5 %, ce qui s’est traduit par une 
chute de la production par habitant de 12,5 % dans l’UE-25. De plus, les 
nouveaux États membres se caractérisent par d’importantes disparités ré-
gionales et par la concentration de la richesse dans un petit nombre de ré-
gions. Le nombre de personnes vivant dans des régions dont la production 

                                            

(

2

«Budgetary challenges posed by ageing populations», EPC/ECFIN/655/01 2001. 

(

3

«The EU Economy: 2002 review», 

European Economy 

n° 6/2002 p. 192. 

(

4

«The Impact of ageing populations on public finances», EPC/ECFIN/407/04 2003. 

Une évolution 

démographique 

spectaculaire 

en Europe 

background image

16 

par habitant est inférieure à 75 % de celle de l’Union est passé de 73 à 
123 millions. 

Parallèlement, comme cela a déjà été relevé plus haut, certains des objec-
tifs de Lisbonne seront encore plus difficiles à atteindre pour l’UE-25 que 
pour l’UE-15. Par exemple, l’élargissement a fait chuter le taux d’emploi 
moyen de l’UE-25 de près de 1,5 point de pourcentage. Le taux de chô-
mage de longue durée est de 4 % dans l’UE-25, contre 3,3 % dans l’UE-15. 
Certains objectifs environnementaux seront également plus difficiles à at-
teindre. Pour certains autres indicateurs (par exemple les dépenses de 
R & D en proportion du PIB), les nouveaux États membres devront nette-
ment intensifier leurs efforts. 

L’élément positif de l’élargissement est qu’il offre aux nouveaux États mem-
bres la perspective de réaliser des taux élevés de croissance du PIB et de 
la productivité à mesure qu’ils rattraperont la moyenne européenne, ce qui 
se traduira par la création d’une zone de dynamisme économique en Eu-
rope orientale. On observe déjà des signes de cette évolution. La crois-
sance de la production et de la productivité en Estonie, en Lituanie, en Let-
tonie, en Hongrie, en Pologne, en Slovénie, en Slovaquie et en République 
tchèque a été supérieure à celle des États-Unis durant les cinq dernières 
années. En remplaçant des technologies devenues obsolètes par des proc-
essus ultramodernes, ces pays vont sauter une génération du point de vue 
des capacités technologiques. Tout semble indiquer que la croissance de 
leur production et de leur productivité va se poursuivre. 

Néanmoins, leur fiscalité avantageuse et leurs salaires peu élevés attirent 
les investissements en provenance du reste de l’Union, ce qui risque d’être 
une source de frictions croissantes. À défaut de perspectives de conver-
gence, ces frictions augmenteront. À cet égard, il est essentiel d’atteindre 
les objectifs de Lisbonne visant à encourager la croissance et l’emploi dans 
toutes les parties de l’Union, si l’on veut garantir la cohésion interne de 
celle-ci dans l’avenir. 

Les faits concernant la croissance, l'emploi et la productivité 

Pour le dire tout net, l’économie européenne connaît une croissance moins 
rapide que celle des États-Unis et souffre depuis peu d’une hausse plus fai-
ble de la productivité. La période d’après-guerre pendant laquelle l’Europe a 
rattrapé les États-Unis sur le plan de la production par habitant a pris fin au 
milieu des années 70 (voir figure 1), l’écart s’étant globalement stabilisé par 
la suite. Toutefois, depuis 1996, la croissance annuelle moyenne de la pro-
duction européenne par habitant accuse un retard de 0,4 point de pourcent-
age par rapport à celle des États-Unis. Alors qu’elle obtenait un résultat 
honorable, l’Europe perd maintenant du terrain. 

Des objectifs 

encore plus 

difficiles 

à atteindre 

Rattraper 

la moyenne 

européenne 

background image

17 

Figure 1 — PIB de l'Union européenne par habitant en SPA (en prix constants 

1995) 

(US = 100) 

30

40

50

60

70

80

90

100

1950

1955

1960

1965

1970

1975

1980

1985

1990

1995

2000

2005

 

Source:

 Services de la Commission, 2004-2005: prévisions. 

Cette évolution défavorable du taux de croissance de la production par ha-
bitant est allée de pair avec un renversement du processus de rattrapage 
de la productivité européenne vis-à-vis des États-Unis. Pour la première fois 
depuis plusieurs décennies, la productivité de la main-d’œuvre de l’Union 
européenne a tendance à progresser moins que celle des États-Unis. Au 
cours de la période 1996-2003, le taux de croissance de la productivité de 
l’UE-15 (

5

) a été en moyenne de 1,4 %, contre 2,2 % aux États-Unis. 

 

Figure 2 — Croissance de la productivité horaire de la main-d'œuvre

 (moyenne 

mobile) 

 

Source:

 Commission européenne, base de données AMECO. 

Le fléchissement du taux de croissance de la productivité de la main-
d’œuvre de l’Union au milieu des années 90 peut être attribué dans des 
proportions plus ou moins égales à un investissement plus faible par salarié 
et à un ralentissement du rythme des avancées technologiques. Le premier 

                                            

(

5

Étant donné que les nouveaux États membres font généralement mieux sur ce plan, la croissance moyenne de la 

productivité de l’UE-25 a été légèrement supérieure au cours de la période considérée, mais elle est restée 
nettement inférieure à celle des États-Unis. 

Variation annuelle en %

0

 

1

 

2

 

3

 

4

 

5

 

6

 

1966

 

1971

 

1976

1981

1986

1991

1996

 

2001

US

EU

L’Europe ne 

rattrape plus 

son retard de 

productivité 

background image

18 

phénomène peut s’expliquer en partie par les succès récents de l’Union en 
matière de création d’emplois, mais on peut y opposer l’argument que ces 
nouveaux emplois ont tendance à être des emplois à faible productivité. 

Le second phénomène a été attribué aux raisons déjà invoquées pour ex-
pliquer que l’Europe n’atteint pas les objectifs de Lisbonne, à savoir 
l’insuffisance des investissements dans la R & D et l’éducation, la capacité 
médiocre de concrétiser les résultats de la recherche en produits et proces-
sus commercialisables, ainsi qu’une productivité inférieure des industries 
européennes productrices de TIC (y compris les équipements bureautiques 
et les semi-conducteurs) et des services européens utilisateurs de TIC 
(comme le commerce de gros et de détail ou les services financiers), en rai-
son d’une diffusion plus lente des TIC. En conséquence, la contribution des 
TIC à la croissance a été deux fois moins importante qu’aux États-Unis. Ce 
résultat tient également à la structure industrielle de l’Europe, qui repose sur 
un plus grand nombre d’industries de faible et de moyenne technologie, et à 
sa difficulté d’accéder aux secteurs offrant des perspectives de croissance 
de productivité élevée. 

Au cours de la dernière partie des années 90, l’Union a connu une augmen-
tation du nombre cumulé d’heures ouvrées annuelles en comparaison de la 
décennie précédente. Cette hausse s’expliquait essentiellement par une 
augmentation du nombre d’emplois créés, alors que la moyenne annuelle 
par personne des heures réellement effectuées continuait de baisser. De-
puis 1983, le nombre moyen d’heures de travail par personne a non seule-
ment diminué davantage qu’aux États-Unis et au Japon, mais il a également 
été sans cesse inférieur à celui de ces deux pays en raison d’un temps de 
travail hebdomadaire plus court et d’un nombre de jours de travail moins 
élevé. Pour apporter une contribution positive à la croissance de la produc-
tion par habitant, il est nécessaire de mieux utiliser la main-d’œuvre, à la 
fois en renforçant l’emploi et en augmentant le nombre d’heures de travail 
sur l’ensemble de la vie. 

En Europe, la récente progression de l’emploi commentée plus haut est al-
lée de pair avec un recul de la croissance de la productivité horaire; aux 
États-Unis, en revanche, la croissance de l’emploi s’est accompagnée d’une 
hausse de la productivité horaire. Si elle souhaite accroître son niveau de 
vie, l’Europe doit faire progresser plus rapidement l’emploi et la productivité 
en recourant à un large éventail de politiques de réforme, accompagnées 
d’un cadre macroéconomique soutenant la croissance, la demande et 
l’emploi. 

Agir de manière ciblée, agir ensemble, agir maintenant 

Ce qui est en jeu à moyen et à long terme, ce n’est rien moins que la vi-
abilité de la société bâtie par l’Europe. Les Européens ont fait des choix 
concernant la manière d’exprimer les valeurs qui leur sont communes: ils 
adhèrent au contrat social qui couvre le risque de chômage, la maladie et la 
vieillesse et qui offre des perspectives d’avenir à tous grâce à une éduca-
tion de qualité; ils sont également attachés aux institutions publiques, au 
domaine public et à l’intérêt public, ainsi qu’à l’idée qu’une économie de 
marché doit fonctionner de manière équitable et dans le respect de 
l’environnement. Ces valeurs s’expriment dans des systèmes de protection 
sociale, des institutions publiques et une réglementation qui ont un coût 
élevé dans un monde où des producteurs bon marché et très efficaces re-

Une meilleure 

utilisation de la 

main-d’œuvre 

Mettre l’accent 

sur la croissance 

et l’emploi 

background image

19 

mettent en question l’ordre établi. Si l’Europe ne parvient pas à s’adapter, à 
moderniser ses systèmes et à augmenter sa croissance et son emploi suff-
isamment vite, il lui sera impossible de continuer à assumer ces choix. En 
bref, l’Europe doit se concentrer sur la croissance et l’emploi pour réaliser 
les ambitions de Lisbonne. 

La stratégie de Lisbonne était et demeure la meilleure réponse de l’Europe 
à ces nombreux défis. Elle constitue un cadre d’objectifs ambitieux, qui in-
dique les grandes lignes des changements nécessaires pour soutenir une 
économie européenne qui soit véritablement innovante, qui opère à la 
pointe de la technologie et qui crée la croissance et les emplois dont 
l’Europe a besoin. Le groupe de haut niveau estime que la direction adop-
tée par la stratégie de Lisbonne est judicieuse et impérative, mais qu’il est 
nécessaire d’accélérer vivement sa mise en œuvre — et de se rendre 
mieux compte qu’il coûterait cher de ne pas le faire. 

Le problème, cependant, est que le champ d’action de la stratégie de Lis-
bonne est devenu trop vaste pour être perçu comme un ensemble intégré. 
Lisbonne traite de tout, et donc de rien. Tout le monde est responsable, et 
donc personne ne l’est. Le résultat final de la stratégie a parfois été perdu. 
Un programme de réformes ambitieux et vaste doit s’appuyer sur un cane-
vas clair, qui permette d’expliquer efficacement pourquoi il est nécessaire. 
Pour que chacun sache pourquoi les réformes sont accomplies et com-
prenne la légitimité et la nécessité de réformes parfois pénibles. Pour que 
chacun sache qui est responsable. 

Répétons-le: la stratégie de Lisbonne vise à faire de l’Europe une économie 
fondée sur la connaissance qui soit intégrée, compétitive, dynamique, et 
parmi les meilleures du monde. Elle entend ancrer l’engagement européen 
envers la cohésion sociale et l’environnement au cœur du processus de 
croissance et de création d’emplois, de manière à en faire des avantages 
concurrentiels pour l’Europe. Cet objectif ne pourra être atteint dans un con-
texte de stagnation ou de faible croissance de la demande. Le cadre 
macroéconomique élargi, la poursuite des politiques monétaire et budgé-
taire, doivent soutenir la croissance dans toute la mesure du possible. Dans 
ce contexte, le groupe de haut niveau appuie les propositions de réforme du 
pacte de stabilité et de croissance présentées il y a peu par la Commission 
européenne. Ces réformes introduiront la souplesse nécessaire pour mener 
des politiques économiques atténuant les effets du cycle économique, sans 
perdre de vue l’importance de la stabilité. Il est nécessaire de renforcer la 
position budgétaire des États dans la période actuelle de redressement 
fragile, afin qu’ils aient davantage de latitude pour atténuer tout ralentisse-
ment futur de l’économie par une augmentation des dépenses ou par des 
réductions d’impôts supportables. Il est nécessaire de donner aux entre-
prises la confiance nécessaire pour investir et innover, en sachant que 
l’objectif prioritaire est de soutenir le redressement actuel et, avec lui, les 
chances de mettre en œuvre de la stratégie de Lisbonne. 

La concrétisation de la stratégie de Lisbonne profitera à tous les États 
membres. Le principe sur lequel repose l’Union européenne est bien établi: 
l’union des Européens fait leur force. Le marché unique des biens et des 
services favorise des échanges qui profitent à chaque État membre. L’euro 
crée une union monétaire qui se caractérise par des taux d’intérêt bas, sta-
bles et prévisibles et une inflation faible, ce dont tous les États membres 
bénéficient. Aucun État européen ne peut, seul, améliorer l’environnement. 
Enfin, plus l’économie européenne est performante, plus les investisse-
ments affluent dans tous les États membres, les investisseurs voulant profi-

Il faut aller 

 plus vite 

L’engagement de 

l’Europe envers la 

cohésion sociale 

background image

20 

ter de l’amélioration du climat général que l’Europe offre aux entreprises. De 
la même manière, le développement d’une économie de la connaissance 
européenne a des effets positifs pour tous. 

Si l’on veut tirer le meilleur profit de la stratégie de Lisbonne, l’idéal est que 
tous les pays européens la mettent en œuvre collectivement. Pour faire en 
sorte que les avantages escomptés se concrétisent, les États membres doi-
vent prendre leurs responsabilités et s’approprier le processus. La Commis-
sion européenne doit être prête à désigner et à mettre en cause ceux qui 
échouent, et à louer ceux qui réussissent. L’enjeu est trop important pour 
respecter les sensibilités de ceux qui empêchent d’œuvrer pour le bien eu-
ropéen commun. De plus, les politiques communes de l’Union européenne, 
y compris ses budgets, doivent tenir compte des priorités de Lisbonne. Si 
l’Europe veut atteindre ses objectifs, elle doit agir à l’unisson et de manière 
ciblée; et elle doit agir maintenant.

 

Il faut agir 

maintenant 

background image

21 

Chapitre II — Vaincre les blocages: libérer le potentiel 

Que faire? 

Ce n’est pas d’un simple coup de baguette magique que l’Europe obtiendra 
une croissance plus élevée et les emplois dont elle a besoin d’urgence. Il 
existe en revanche une série d’initiatives et de changements structurels 
étroitement liés qui bénéficieront de l’effet de renforcement d’une mise en 
œuvre concomitante dans les différents États membres pour libérer, par 
une action générale puissante, le potentiel incontestable de l’économie eu-
ropéenne. Chaque élément de la stratégie de Lisbonne contribue au succès 
global. 

La situation de départ des États membres est bien sûr différente. Il est dès 
lors nécessaire de considérer les objectifs de Lisbonne par rapport aux con-
textes et aux enjeux nationaux et non comme l’ordre aveugle d’améliorer 
chaque indicateur économique, sans tenir compte des situations nationales. 
Sans cela, cette stratégie n’aurait aucun sens pour les citoyens des dif-
férents États membres. 

Il existe toutefois cinq grands domaines politiques prioritaires dans lesquels 
l’Union européenne et les différents États membres doivent progresser pour 
contribuer à assurer le dynamisme économique de chacun, d’une part, et la 
vigueur de l’ensemble de l’économie européenne, profitable à chaque État 
membre, d’autre part. La réalisation de la société de la connaissance, 
l’achèvement du marché intérieur et la promotion de la concurrence, y com-
pris dans les services et les services financiers, l’établissement d’un envi-
ronnement favorable aux entreprises, la création d’un marché du travail 
adaptable et fondé sur l’intégration ainsi que la promotion énergique de 
stratégies économiques rentables pour tous sont des éléments qui con-
courent tous à la croissance économique et à l’amélioration de la produc-
tivité. Et le groupe de haut niveau estime que tout cela s’inscrira, selon toute 
probabilité, dans le cadre de politiques macroéconomiques propices à la 
croissance. 

Les États membres ont peut-être des raisons d’être fiers de leurs résultats 
dans deux, voire dans trois de ces domaines politiques prioritaires. Aucun 
ne peut se targuer de bons résultats dans les cinq domaines; or, c’est indis-
pensable si l’on veut concrétiser les ambitions de Lisbonne (il ne s’agit en 
fait que d’offrir aux citoyens les possibilités et la qualité de vie auxquelles ils 
aspirent). Il faut donc faire en sorte que les dirigeants et les populations 
d’Europe soient intimement convaincus du bien-fondé des objectifs de Lis-
bonne, élaborer dans chaque État membre des politiques appuyées par un 
cadre approprié à l’échelon européen, adapté à l’État membre en question, 
puis agir de manière plus déterminée que jusqu’à présent. 

En conclusion, ce n’est pas en atteignant l’un ou l’autre de ces objectifs que 
l’on accroîtra la productivité et que l’on stimulera la croissance de l’Europe, 
mais en les réalisant tous et cela, bien entendu, d’une manière adaptée à la 
situation particulière des économies nationales. Et plus cette économie au 
sens large sera dynamique, plus il sera aisé de mettre en œuvre des réfor-
mes difficiles. La suite du présent chapitre contient des recommandations 

Chaque élément 

contribue 

au succès 

Cinq grands 

domaines 

politiques 

prioritaires 

Peut-être de bons 

résultats dans 

deux, voire dans 

trois domaines 

background image

22 

particulières qui permettront aux chefs de gouvernement de montrer leur 
engagement en faveur d’une stratégie de croissance et d’emploi. 

1.  Réaliser la société de la connaissance 

Les objectifs de la stratégie de Lisbonne sont les suivants: 

société de l’information:

 définir un cadre réglementaire pour les communications 

électroniques; encourager la diffusion des TIC; mettre en place des conditions favora-
bles au commerce électronique; aider l’Europe à conserver son avance dans les tech-
nologies des communications mobiles; 

recherche:

 créer un espace de la recherche et de l’innovation; accroître jusqu’à 3 % 

du PIB les dépenses consacrées à la recherche et au développement (R & D); rendre 
l’Europe plus attirante pour ses meilleurs cerveaux; promouvoir les nouvelles technolo-
gies; 

éducation et capital humain:

 réduire de moitié le nombre de jeunes en décrochage 

scolaire; adapter les systèmes d’éducation et de formation à la société de la connais-
sance; favoriser l’éducation et la formation tout au long de la vie pour tous; promouvoir 
et faciliter la mobilité. 

Pourquoi une société de la connaissance? 

Le Conseil européen de Lisbonne a reconnu à juste titre que le futur déve-
loppement économique de l’Europe dépendra de son aptitude à créer et dé-
velopper des secteurs de haute valeur, innovants et fondés sur la recher-
che, capables de se mesurer aux meilleurs du monde. 

Il n’est plus à démontrer que plus les dépenses consacrées à la recherche 
et au développement sont élevées, plus la croissance de productivité qui en 
résulte est forte. L’accroissement des dépenses consacrées à la recherche 
et au développement est une condition préalable à toute augmentation de la 
croissance de la productivité en Europe. Des études révèlent que jusqu’à 
40 % de la croissance de la productivité de la main-d’œuvre sont générés 
par des dépenses de R & D et que celles-ci ont d’importantes retombées 
dans d’autres domaines de l’économie, suivant la manière dont l’argent est 
dépensé. L’un des aspects les plus décevants de la stratégie de Lisbonne 
jusqu’à ce jour réside dans la faible compréhension de l’importance de la 
R & D et que, sur ce plan, l’on ait si peu progressé. 

Toutefois, le concept de société de la connaissance va plus loin qu’un sim-
ple engagement à investir davantage dans la R & D. Il englobe tous les as-
pects de l’économie contemporaine où la connaissance est au cœur de la 
valeur ajoutée — des industries de haute technologie et des TIC aux sec-
teurs manifestement créatifs tels que les médias et l’architecture, en pas-
sant par les services à forte intensité de connaissances. Selon les estima-
tions, jusqu’à 30 % de la population active travaillera à l’avenir directement 
à la production et à la diffusion des connaissances aussi bien dans les in-
dustries manufacturières que dans les services, dans le secteur financier ou 
les industries créatives. Un pourcentage élevé des autres travailleurs dev-
ront posséder la même capacité de réaction et les mêmes connaissances 
pour pouvoir profiter des nouvelles tendances. L’Europe peut donc 

Production et 

diffusion des 

connaissances 

background image

23 

s’appuyer à peu près partout sur son engagement ferme à créer la société 
de la connaissance, tremplin vers une première place mondiale. 

Les TIC offrent à l’ensemble des structures économiques la possibilité de 
créer une économie et une société des réseaux et la possibilité de restruc-
turer fondamentalement les processus d’entreprise. Elles permettent 
d’affiner chaque étape de la création de valeur. Celle-ci est moins la simple 
transformation d’intrants en produits que la mise en œuvre des nouvelles 
capacités et compétences générées par les TIC pour répondre aux besoins 
individuels et complexes des consommateurs — dans le cadre de relations 
entre entreprises ou entre entreprises et consommateurs. 

Les entreprises florissantes optent de plus en plus pour la mise en réseau; 
elles sont plus concentrées sur le consommateur et plus réactives. La va-
leur se crée de plus en plus au cours des processus de distribution, de fi-
nancement, de commercialisation et à travers les services, plutôt que pen-
dant la fabrication du produit initial — qui reste toutefois importante. Les 
connaissances et le potentiel des TIC imprègnent chaque élément de la 
chaîne économique, et pas seulement le cœur de la fabrication. 

Cependant, ni la société européenne de la connaissance en général ni son 
secteur TIC en particulier ne sont assez forts pour concrétiser cette vision. 
Qu’il s’agisse des demandes de brevets, du nombre de chercheurs scienti-
fiques, du classement des universités au niveau mondial, du nombre de prix 
Nobel ou des citations dans les revues scientifiques, l’Europe est toujours à 
la traîne des États-Unis. La possibilité de créer des normes mondiales n’est 
pas suffisamment exploitée. En Europe, le secteur des TIC représente 6 % 
du PIB contre 7,3 % aux États-Unis (

6

), et ces dernières années, les inves-

tissements européens en biens d’équipement TIC sont invariablement res-
tés inférieurs d’environ 1,6 % du PIB à ceux des États-Unis (

7

). 

Heureusement, l’Europe a également quelques points forts. Elle délivre à 
peu près deux fois plus de diplômes en sciences et en ingénierie que les 
États-Unis. Elle se distingue dans certains secteurs tels que l’aviation civile, 
les téléphones mobiles et l’ingénierie électrique. Une trop grande partie des 
avantages technologiques dont jouissent les Américains est concentrée sur 
le secteur de la défense et les secteurs connexes. Ce qu’il faut à présent, 
c’est reconnaître l’importance de la société de la connaissance pour l’avenir 
de l’Europe et être déterminé à la bâtir. 

Attirer et retenir les chercheurs de rang mondial 

L’Europe doit améliorer considérablement son pouvoir d’attraction à l’égard 
des chercheurs. Un trop grand nombre de jeunes scientifiques continuent à 
quitter l’Europe lorsqu’ils ont obtenu leur diplôme, notamment pour les 
États-Unis. Ceux des chercheurs les plus doués et les plus brillants du reste 
du monde qui choisissent de vivre et de travailler en Europe sont trop peu 
nombreux. 

La mise au point d’un système de validation mutuelle des processus na-
tionaux d’assurance de la qualité et d’accréditation constituerait un pas im-
portant dans la bonne direction. Elle réduirait les obstacles administratifs à 
la mobilité au sein de l’UE, auxquels les chercheurs européens continuent 
de se heurter. Ces obstacles sont liés aux droits en matière de sécurité so-

                                            

(

6

The Economic Future of Europe,

 Olivier Blanchard, document de travail 04-04, MIT. 

(

7

)  Entre 1995 et 2001, les investissements en biens d'équipement TI s'élevaient à 1,6% du PIB de moins qu'aux 

États-Unis, Franceso Daveri, 

Why is There a Productivity Problem in the EU?

 Centre for European Policy Studies. 

La société 

européenne de 

la connaissance 

Trop de 

scientifiques 

quittent encore 

l’Europe 

background image

24 

ciale et à la reconnaissance des qualifications. Il faut aussi intensifier les ef-
forts pour faciliter l’entrée des chercheurs et des personnes à leur charge 
non originaires de l’Union par des procédures accélérées et simplifiées 
d’obtention de visas et de permis de travail. 

Il convient également d’examiner certaines questions financières si l’on veut 
renforcer l’attrait de l’Europe. Les États membres doivent résoudre de toute 
urgence le problème du financement des universités. Si l’Europe veut attirer 
en plus grand nombre les meilleurs chercheurs du monde, la question de 
l’amélioration de leur environnement de recherche et de leur rémunération 
doit être abordée sans délai. 

Les interactions créatives entre les universités, les scientifiques et les cher-
cheurs, d’une part, l’industrie et le commerce, d’autre part, qui stimulent le 
transfert de technologies et l’innovation, résultent forcément de la proximité 
géographique des universités et des entreprises. Il est d’ores et déjà am-
plement démontré, à travers le monde, que les pôles de haute technologie 
reposent sur ces interactions, mais les «idéopôles», par exemple Helsinki, 
Munich et Cambridge, vont encore plus loin. Ils bénéficient d’un grand nom-
bre d’autres facteurs favorables, en particulier des infrastructures de trans-
port et de communication modernes, des organismes financiers disposés à 
fournir le capital-risque nécessaire aux entrepreneurs et aux spécialistes en 
transfert de technologies, des autorités publiques qui facilitent les structures 
de réseau stimulant des interactions créatives; et ils offrent un environne-
ment attrayant aux travailleurs intellectuels. Les «idéopôles» s’affirment 
comme les villes au cœur de régions dynamiques, fondées sur la connais-
sance et en forte croissance. 

Recommandations clés 

L’UE doit attirer davantage de chercheurs parmi les plus doués et les plus 
brillants du monde en améliorant son pouvoir d’attraction. En conséquence, 
le Conseil européen du printemps 2005 devrait marquer son accord sur 
l’élaboration d’un plan d’action visant à réduire les obstacles administratifs à 
la mobilité, à destination et à l’intérieur de l’UE, auxquels se heurtent les 
scientifiques et chercheurs de rang mondial et les personnes à leur charge. 

Ce plan d’action devrait être mis en œuvre pour le printemps 2006. 

Des procédures accélérées d’obtention de visas et de permis de travail de-
vraient être adoptées pour les chercheurs et il faut améliorer la reconnais-
sance mutuelle des qualifications professionnelles.

 

Faire de la recherche et du développement une priorité 

Tout concourt à montrer que le renforcement de la R & D est une condition 
préalable essentielle si l’on veut que l’Europe devienne plus compétitive. Ce 
serait une grave erreur stratégique de ne pas tenir compte de cette évi-
dence. Or, il est préoccupant de voir que bon nombre d’États membres res-
tent exagérément optimistes et ils doivent davantage agir en fonction de 
l’urgence de ce problème. 

Pour accroître le niveau des dépenses de R & D, dans le domaine privé ou 
public, il faudra encore surmonter d’importants obstacles structurels. Il con-
vient d’encourager l’adoption de mesures d’incitation fiscales en faveur des 

Stimuler le 

transfert de 

technologies et 

l’innovation 

Renforcer le 

potentiel 

scientifique 

background image

25 

nouvelles petites et moyennes entreprises (PME) qui investissent dans la 
recherche. L’aide publique à la R & D devrait être augmentée à l’échelon de 
l’Union et sur le plan national, notamment sur les technologies clés qui fa-
vorisent la croissance économique. Cela permettrait de renforcer le poten-
tiel scientifique et pour accroître son effet de levier sur l’investissement privé 
dans la R & D. Les partenariats public-privé devraient être facilités et en-
couragés en tant que moyen de stimuler les investissements. Il convient de 
renforcer le potentiel scientifique européen en finançant et en coordonnant 
la recherche fondamentale à long terme, hiérarchisée en fonction de son 
intérêt scientifique, et cela, par la création d’un conseil européen de la re-
cherche. En même temps, les États membres et la Commission devraient 
examiner comment recourir aux marchés publics afin d’instituer un marché 
précurseur pour de nouveaux produits et services à haute intensité de re-
cherche et d’innovation. 

En outre, toutes les parties concernées au niveau national et de l’UE de-
vraient intensifier leurs efforts pour promouvoir les initiatives technologiques 
fondées sur des partenariats public-privé à l’échelle européenne. 

Recommandation clé 

Afin de stimuler l’excellence scientifique, le Parlement européen et le 
Conseil devraient approuver, avant la fin de 2005 (dans le cadre du sep-
tième programme-cadre en faveur de la recherche), l’instauration d’un 
conseil européen de la recherche (CER) autonome chargé de financer et de 
coordonner la recherche fondamentale à long terme au niveau européen. 

Profiter pleinement des avantages des TIC 

Pour assurer sa croissance économique future, l’UE a besoin d’une straté-
gie globale et holistique visant à stimuler la croissance du secteur des TIC 
et leur diffusion dans tous les secteurs de l’économie. L’objectif prioritaire 
est de mettre en œuvre le plan d’action 

e

Europe qui demande des mesures 

afin de promouvoir le commerce électronique, le E-gouvernement et le 

e

Learning. En outre, le cadre réglementaire pour les communications élec-

troniques adoptées en 2002 devrait être pleinement mis en œuvre et stric-
tement respecté, afin que la concurrence permette des baisses plus effica-
ces des prix pour les consommateurs et les entreprises. Pour réaliser cet 
objectif, il faut une coopération plus étroite entre la Commission eu-
ropéenne, les autorités nationales de la concurrence et les autorités de 
régulation nationales. 

La stratégie doit aussi se concentrer sur l’accroissement de l’accessibilité 
de la large bande, afin de porter celle-ci à au moins 50 % d’ici à 2010. Son 
exploitation tarde toujours à décoller et demeure fragmentaire dans un 
nombre trop élevé d’États membres. Il faut intensifier les efforts pour faire 
baisser les prix d’accès, renouveler les contenus pour stimuler la demande 
et accélérer le lancement des réseaux à large bande, en particulier dans les 
régions rurales. Ces efforts devraient se concentrer non seulement sur les 
réseaux à large bande fixes, mais aussi sur les réseaux sans fil (de troi-
sième génération et par satellites). Ces derniers offrent une connexion in-
ternet à haut débit financièrement intéressante qui permet de réduire la frac-
ture numérique et contribue ainsi à atteindre les objectifs de cohésion 
sociale et régionale. 

background image

26 

Enfin, l’Europe a besoin d’un cadre réglementaire qui stimule l’élaboration 
de normes pour favoriser le développement et la diffusion des nouvelles 
technologies à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE. 

Recommandation clé 

Les États membres devraient assurer un plus grand et meilleur suivi du plan 
d’action 

e

Europe 2005, afin d’obtenir tous les bénéfices des TIC. En particu-

lier, davantage de progrès sont nécessaires dans le domaine du E-
gouvernement. Les États membres doivent aussi accroître l’accessibilité 
aux réseaux à large bande à au moins 50 % d’ici à 2010. 

Protéger la propriété intellectuelle pour promouvoir l'innovation 

Les entreprises n’investiront dans l’innovation et la R & D que si elles sont 
sûres de pouvoir retirer des avantages de leur investissement. À cet égard, 
une condition préalable essentielle est un cadre juridique protégeant les 
droits de propriété intellectuelle, accessible aux PME et aux établissements 
de l’enseignement supérieur d’Europe à un prix peu élevé — ce qui n’est 
manifestement pas le cas actuellement. L’UE devrait adopter de toute ur-
gence la proposition concernant la brevetabilité des inventions mises en 
œuvre par ordinateur et, bien entendu, le brevet communautaire. 

Recommandation clé 

Il est temps que le Conseil adopte le brevet communautaire ou le refuse. Ce 
projet législatif d’une importance capitale devrait faire l’objet d’un accord 
avant le Conseil européen de printemps 2005 ou au cours de celui-ci. 
L’accord devra assurer que le brevet communautaire réduit effectivement la 
complexité de la protection de la propriété intellectuelle ainsi que 
l’investissement en temps et les coûts qu’elle implique. C’est pourquoi le 
groupe de haut niveau invite le Conseil européen à trouver une solution au 
problème linguistique en suspens. 

Élaboration de 

normes 

Retirer des 

avantages 

background image

27 

2.  Tenir nos engagements envers le marché intérieur 

Les objectifs de la stratégie de Lisbonne sont les suivants: 

assurer une transposition efficace du droit communautaire:

 accélérer la transposi-

tion de la législation communautaire (98,5 %); 

éliminer les entraves à la libre circulation des services dans l’Union; 

réaliser le marché intérieur des industries de réseau:

 libéraliser progressivement 

les marchés et les industries de réseau, et notamment le gaz et l’électricité (2007), les 
services postaux (2006), le transport ferroviaire (2008) et l’espace aérien;

 

réaliser le marché intérieur des services financiers 

(2005);

 

assurer une application juste et uniforme des règles relatives à la concurrence et 
aux aides d’État:

 réduire les aides d’État à 1 % du PIB, définir les nouvelles règles 

relatives aux fusions et aux offres publiques d’achat et actualiser les règles régissant 
les marchés publics. 

Pourquoi le marché intérieur? 

Faciliter la libre circulation des personnes, des biens, des services et des 
capitaux dans un espace sans frontières intérieures est un mécanisme es-
sentiel qui entraîne une croissance économique. Le marché intérieur permet 
aux entreprises et secteurs qui possèdent des atouts concurrentiels de tirer 
parti des avantages que leur procure leur spécialisation et de se dévelop-
per. Cela se transforme en une tendance qui se renforce d’elle-même. Les 
ressources sont exploitées par ceux qui en sont le plus capables, lesquels 
peuvent, à leur tour, réaliser des économies d’échelle, ce qui a pour effet de 
réduire les coûts et les prix. Il en résulte une augmentation générale des re-
venus réels, des bénéfices et de l’innovation. Une croissance économique 
durable est toujours allée de pair avec une ouverture des marchés et avec 
une forte croissance des échanges. 

Le fonctionnement du marché intérieur européen a favorisé cette double in-
teraction de la croissance des échanges et des économies nationales. Il est 
difficile de distinguer les effets du marché intérieur des autres facteurs, mais 
la Commission européenne estime (

8

) qu’après dix années d’existence de 

ce marché, le PIB européen est supérieur de 1,8 % à ce qu’il aurait été sans 
lui, et que 2,5 millions d’emplois supplémentaires ont été créés. Cette con-
tribution à la croissance équivaut presque à 10 % du taux de croissance po-
tentiel de l’UE sur une base annuelle. 

Toutefois, les effets s’atténuent, alors que les efforts visant à achever le 
marché intérieur des biens et à en créer un pour les services sont au point 
mort. Les échanges intracommunautaires de produits manufacturés diminu-
ent depuis 2001, et il en va de même pour les services. Un autre élément 
révélateur du caractère inachevé du marché intérieur réside dans les larges 
variations de prix à travers l’Union — la convergence des prix est loin 

                                            

(

8

SEC(2002) 1417, «The Internal Market — Ten Years without Frontiers». 

Un espace sans 

frontières 

intérieures 

background image

28 

d’atteindre celle que l’on observe aux États-Unis (

9

). Parallèlement, l’UE a 

perdu de son attrait en tant que place d’investissement. Les investisseurs 
étrangers continuent d’investir dans l’Union, mais davantage de capitaux 
sortent de l’UE qu’ils n’y entrent. Une meilleure intégration du marché ren-
drait l’UE plus attrayante aux yeux des investisseurs potentiels de l’Union et 
des pays tiers. 

Il est donc fondamental, dans l’intérêt des perspectives de croissance de 
l’Europe, de continuer à ouvrir les marchés européens des biens et des ser-
vices, et, inversement, de résister aux pressions protectionnistes; cepen-
dant, d’aucuns ont le sentiment que le programme du marché intérieur est 
une affaire du passé, et il ne bénéficie pas du degré de priorité qu’il mérite. 
Il s’agit là d’une erreur fatale sur le plan stratégique. Il reste une marge con-
sidérable pour renforcer encore l’intégration du marché et faire bénéficier 
les consommateurs et les entreprises de gains économiques plus impor-
tants. Avec l’investissement dans la R & D, l’achèvement du marché in-
térieur est le meilleur moyen de renforcer la productivité et l’innovation. 

S'engager en faveur d'une transposition plus rapide 

L’une des entraves les plus tenaces tient au fait qu’un trop grand nombre 
d’États membres ne tiennent pas les engagements qu’ils prennent au Con-
seil dans les délais convenus. Il n’est guère utile que les gouvernements se 
mettent d’accord sur des mesures à Bruxelles si, par la suite, ils ne font pas 
preuve du même engagement lorsqu’il s’agit de mettre ces mesures en œu-
vre au plan national. Bien que le Conseil européen ait demandé à plusieurs 
reprises que les retards excessifs ne bénéficient d’aucune tolérance, ce 
problème reste d’une ampleur considérable. Chaque fois qu’une directive 
est transposée avec retard par un État membre, c’est la compétitivité de 
l’ensemble de l’Union qui en pâtit; de telles situations sont inexcusables et 
ne peuvent plus être tolérées.

 

De plus, dans de trop nombreux cas, les dis-

positions de transposition ne sont pas conformes à la directive d’origine ou 
sont trop complexes. Cela réduit à néant les avantages attendus d’un en-
semble unique de règles et fait souvent peser des charges inutiles sur les 
entreprises. Dans ces deux cas, les récidivistes se reconnaîtront. 

Recommandations clés 

Au début de 2005, la Commission devrait établir la liste complète des textes 
relatifs au marché intérieur qui doivent encore être transposés dans chacun 
des 25 États membres, cette liste devant être annexée aux conclusions du 
Conseil européen de printemps. Cette liste devrait être établie par État 
membre, en commençant par celui qui accuse le plus grand arriéré. 

À la lumière de ce tableau d’affichage, le Conseil européen de printemps 
2005 devrait fixer une date ultime pour la transposition des textes. 

                                            

(

9

D'après le tableau d'affichage du marché intérieur, les différences de prix constatées dans les épiceries peuvent 

être jusqu'à 80 % plus élevées dans l'UE qu'aux États-Unis, la différence étant plus grande encore dans le cas 
des services de transport. La convergence des prix est un bon indicateur de l'intégration d'un marché. 

Poursuivre 

l’intégration du 

marché 

Faire preuve 

du même 

engagement 

background image

29 

Éliminer les entraves à la libre circulation des services 

Il est essentiel de lever les nombreux blocages, et pas uniquement dans le 
marché intérieur des biens. Le secteur européen des services représente 
70 % de l’activité économique de l’Union. La plupart des nouveaux emplois 
créés entre 1997 et 2002 l’ont été dans le secteur des services; pourtant, 
les services font l’objet de seulement 20 % des échanges en Europe. En 
raison principalement d’un grand nombre d’entraves juridiques et adminis-
tratives, l’Europe reste fragmentée en marchés nationaux séparés. Un 
grand nombre de ces marchés sont, de facto, inaccessibles aux concurrents 
potentiels établis ailleurs dans ce qui devrait être un marché unique. En 
conséquence, les prix sont trop élevés, la croissance de la productivité est 
trop faible et les échanges intracommunautaires de services sont moins im-
portants qu’il y a dix ans (

10

). Cette situation doit changer, et elle doit chan-

ger maintenant. Il va de soi qu’il faut accorder une attention particulière

 

aux 

préoccupations sociétales, car il serait

 

incompatible avec le modèle de Lis-

bonne de réaliser des progrès en matière de compétitivité en se livrant à un 
dumping social. Il convient d’assurer que la suppression des obstacles à la 
libre circulation des services se fasse dans l’intérêt des consommateurs.

 

Recommandation clé 

Le Parlement européen et le Conseil devraient se mettre d’accord sur une 
législation pour éliminer les entraves à la libre circulation des services pour 
la fin de l’année 2005. Il faudra ensuite que les États membres s’engagent 
clairement à faire en sorte que les règles nationales ne servent pas 
d’excuse pour entraver ou empêcher l’entrée des fournisseurs de services 
établis dans d’autres États membres; la Commission devrait se donner pour 
priorité de faire respecter cette exigence. 

Identifier et éliminer les entraves à la concurrence 

Même dans des secteurs censés être libéralisés, comme les réseaux de 
services collectifs, les opérateurs historiques continuent de dominer les 
marchés nationaux, limitant souvent les avantages pour les consomma-
teurs. Afin de favoriser une libéralisation accrue et d’ouvrir davantage de 
secteurs à la concurrence dans toute l’Union, la Commission européenne 
devrait procéder à des enquêtes à l’échelle des secteurs en vue de recen-
ser les entraves à la concurrence et, notamment, d’évaluer l’effet des aides 
d’État. Cela devrait permettre qu’il y ait une véritable concurrence, non seu-
lement en théorie mais aussi dans la pratique, surtout dans les cas où les 
règles locales ont pour effet d’empêcher les concurrents de pénétrer sur le 
marché national. 

Les incidences de la réglementation sur la concurrence et, en fin de 
compte, sur les consommateurs, devraient faire l’objet d’un examen systé-
matique, de manière à s’assurer qu’elles n’entravent pas inutilement 
l’activité économique. La Commission devrait ensuite, en coopération étroite 
avec les autorités nationales chargées de la concurrence et de la régulation, 
trouver des moyens efficaces et novateurs d’éliminer ces entraves. En pre-
mier lieu, il serait bon de se pencher sur les secteurs à haute valeur ajoutée 
et sur les services de distribution, qui sont essentiels pour la santé de 

                                            

(

10

)  COM(2003) 238, p. 10. 

Création d’un 

marché unique 

des services 

Les avantages 

pour les 

consommateurs 

background image

30 

l’économie européenne. Cette approche contribuera à créer un environne-
ment dans lequel les entreprises les plus compétitives récolteront les fruits 
de leur innovation et de leur efficacité, abaissant les prix et élargissant le 
choix du consommateur. 

Dans le secteur de l’énergie, une nouvelle législation fixant des objectifs 
clairs en matière de libéralisation des marchés de l’électricité et du gaz a 
été élaborée. Les États membres sont tenus d’ouvrir les marchés de 
l’électricité et du gaz pour tous les clients autres que les ménages pour juil-
let 2004 et pour tous les clients pour juillet 2007. Il est essentiel que tous les 
États membres s’acquittent pleinement de cette obligation. La mise en place 
de conditions vraiment égales pour tous dans les secteurs de l’électricité et 
du gaz permettra le recours à des innovations éco-efficaces dans ces mar-
chés nouvellement libéralisés et encouragera la réalisation 
d’investissements par les nouveaux venus. 

Faire de la libre circulation des marchandises une réalité pour tous 

La libre circulation des marchandises continue également de se heurter à 
un certain nombre d’obstacles, qui ne peuvent plus être tolérés. Elle reste 
entravée par diverses règles locales, souvent appliquées de manière arbi-
traire et en contradiction flagrante avec le principe de reconnaissance mu-
tuelle qui est la pierre angulaire du marché intérieur. De plus, même dans 
les domaines où les règles techniques ont été harmonisées, comme les ma-
tériaux de construction ou les machines, la lenteur de l’élaboration des nor-
mes techniques a abouti à ce que les entraves subsistent bien plus long-
temps que nécessaire. La Commission doit consacrer des ressources 
appropriées à l’identification et à la poursuite des infractions des États 
membres dans ce domaine. Elle devrait utiliser son rapport de synthèse 
pour informer chaque année le Conseil européen de printemps des obsta-
cles qui continuent d’entraver la libre circulation des marchandises dans 
chaque État membre, et traiter l’élimination de ces obstacles comme une 
priorité politique essentielle. Cela en vaut la peine, car le coût estimé de la 
non-application du principe de reconnaissance mutuelle est d’environ 
150 milliards d’euros. 

Libérer le dynamisme des marchés financiers 

Des marchés financiers dynamiques et hautement compétitifs ne sont pas 
seulement souhaitables en eux-mêmes: ils constituent également un moteur 
de croissance essentiel dans tous les autres secteurs de l’économie et doi-
vent servir de fondement aux efforts d’amélioration des performances éco-
nomiques de l’Union. Pour abaisser nettement les coûts à charge des en-
treprises et des consommateurs, un plan d’action pour les services 
financiers (PASF) a été présenté en 1999 sous la forme d’un ensemble de 
mesures législatives et non législatives visant à créer un marché européen 
des services financiers de gros, à créer et à ouvrir des marchés de détail et 
à mettre en place des règles prudentielles et de surveillance. 

Le PASF, qui doit être totalement mis en œuvre pour 2005, devrait être 
complété par des mesures visant à réduire les entraves touchant les systè-
mes de compensation et de règlement entre pays ainsi qu’à faciliter 
l’intégration des marchés financiers de détail, notamment en atténuant les 
restrictions qui empêchent un financement hypothécaire plus souple dans 
certains États membres. En outre, l’intégration réussie des marchés des 
services financiers requiert une convergence accrue des pratiques de sur-

Des obstacles 

subsistent 

Intégration 

réussie des 

services 

financiers 

background image

31 

veillance. Actuellement, la coexistence d’un trop grand nombre d’organes 
de surveillance en Europe n’est pas propice à une telle convergence. Toute-
fois, dans le cadre du PASF, les organismes de supervision nationaux ont 
engagé un processus de coordination approfondie. Le groupe de haut ni-
veau invite la Commission à évaluer les progrès réalisés dans le domaine 
des pratiques de surveillance dans les services financiers. Cette évaluation 
devrait être présentée au Conseil européen de printemps 2006 et devrait, le 
cas échéant, contenir des propositions visant à accélérer le processus de 
convergence. 

La compensation et le règlement des transactions constituent l’épine dor-
sale du système financier. Si les dispositifs de compensation et de règle-
ment sont généralement efficaces sur le plan national, leur interaction à 
l’échelle de l’Union ne l’est pas. En conséquence, une transaction transfron-
talière est d’une complexité inutile et peut entraîner un coût plusieurs fois 
supérieur à celui des services correspondants pour une transaction nation-
ale. Pour faciliter les échanges de valeurs mobilières sur le plan transfron-
talier, il est nécessaire de mettre au point un dispositif de compensation et 
de règlement intégré et efficace au niveau de l’Union. À son tour, ce dispo-
sitif donnerait un coup de fouet au processus d’intégration financière. 

Il est naturel, dans le prolongement du PASF, de faciliter l’intégration des 
marchés financiers de détail afin d’abaisser les coûts, d’accroître l’efficacité, 
de favoriser l’accès au crédit à des conditions plus compétitives et plus fa-
vorables aux consommateurs, et aussi d’aider les PME à obtenir plus aisé-
ment des moyens de financement. En particulier, la réduction des restric-
tions en matière de refinancement des crédits hypothécaires et 
l’amélioration des possibilités de financement d’une proportion plus impor-
tante du prix d’achat d’un bien immobilier grâce à des prêts hypothécaires 
plus importants et moins onéreux pourraient faciliter l’accès à la propriété, 
et également favoriser la consommation. Les frais de transaction relatifs au 
logement sont trop élevés dans la plupart des États membres. Des marchés 
du logement plus souples encourageraient la mobilité de la main-d’œuvre, 
contribueraient au développement et à l’efficacité du secteur des services 
financiers, donneraient une marge de manœuvre accrue aux acquéreurs de 
biens immobiliers et favoriseraient un accroissement des dépenses des 
consommateurs. 

Recommandations clés 

Il conviendrait que le Conseil adopte la législation restante concernant le 
PASF avant le printemps 2005. Les États membres devraient transposer les 
mesures PASF correspondantes dans leur droit national avant la fin de 
2005. 

La Commission devrait élaborer une stratégie visant à réduire les entraves 
à la compensation et au règlement transfrontaliers avant le Conseil euro-
péen de printemps 2005. 

La Commission devrait également, avant la fin de 2005, présenter une ana-
lyse et des suggestions d’action afin de faciliter l’intégration des marchés fi-
nanciers de détail. 

background image

32 

Réduire les coûts des entreprises pour se conformer à la législation 

L’intégration des marchés financiers requiert la mise en place d’un cadre 
européen moderne et efficace en matière de droit des sociétés et de gou-
vernance d’entreprise qui permette aux entreprises de s’organiser efficace-
ment à l’échelle européenne. L’harmonisation de l’assiette de l’impôt sur les 
sociétés dans l’ensemble de l’Union entraînerait un allègement important de 
la charge administrative pesant sur les entreprises qui mènent des activités 
dans plusieurs États membres; elle devrait faire l’objet d’un accord sans dé-
lai, suivant la proposition faite récemment par la Commission. Il conviendrait 
également d’adopter des mesures analogues visant spécifiquement à 
abaisser les coûts à supporter par les PME pour se conformer à la législa-
tion fiscale, et notamment de mettre en place un guichet unique auprès du-
quel les entreprises pourraient régler leurs obligations en matière de TVA 
pour toute l’Union. 

Des infrastructures de rang mondial pour le plus grand marché intérieur du monde 

La mise en place de conditions égales pour tous en Europe continue de se 
heurter à de nombreux obstacles liés aux infrastructures. De trop nom-
breuses entreprises sont effectivement dans l’incapacité d’accéder aux par-
ties du marché intérieur qui se trouvent de l’autre côté du continent. Pour 
d’autres, l’absence d’accès à des communications à large bande, parce que 
celles-ci coûtent trop cher ou n’existent pas du tout, constitue un désavan-
tage structurel tout aussi important par rapport à la concurrence établie ail-
leurs. 

Par suite de l’élargissement, il est devenu plus urgent que jamais de relier 
toutes les parties du marché intérieur européen. Nombre de nouveaux États 
membres ne se trouvent pas seulement à la périphérie du marché intérieur 
d’un point de vue géographique, ils ont aussi désespérément besoin de dé-
velopper et de moderniser leurs infrastructures. Il est nécessaire d’investir 
de manière plus ciblée dans les infrastructures tout en introduisant une con-
currence plus effective dans des domaines tels que les communications 
électroniques, l’énergie et les transports, afin de réduire les coûts pour les 
entreprises, quel que soit leur lieu d’établissement. Le programme de dé-
marrage rapide des projets d’infrastructure prioritaires, adopté par le Con-
seil européen en décembre 2003, devrait être mis en œuvre sans retard. 

Il est nécessaire 

de relier toutes 

les parties du 

marché intérieur 

background image

33 

3.  Créer un environnement favorable aux entrepreneurs 

Les objectifs de la stratégie de Lisbonne sont les suivants: 

mettre en place un environnement réglementaire propice à l’investissement, à 
l’innovation et à l’esprit d’entreprise:

 faciliter l’accès à un financement bon marché, 

améliorer la législation sur les faillites, prendre en considération les spécificités des 
PME (2000), améliorer le cadre industriel et encourager l’adoption d’une gouvernance 
d’entreprise responsable; 

réduire les coûts liés à la conduite des affaires et simplifier les formalités admi-
nistratives:

 concevoir une stratégie pour une meilleure réglementation à l’échelle tant 

européenne que nationale (2001), réduire le temps et les coûts nécessaires à la créa-
tion d’une entreprise. 

Pourquoi créer un environnement favorable aux entrepreneurs? 

Un accroissement des connaissances et un marché intérieur ouvert ne sti-
mulent pas automatiquement l’innovation, la compétitivité et la croissance. 
L’esprit d’entreprise est nécessaire pour concevoir de nouveaux produits et 
services et pour tirer parti des débouchés commerciaux afin de créer une 
valeur pour la clientèle. 

De plus en plus, ce sont les nouvelles entreprises et les PME qui constitu-
ent les principales sources de croissance et d’emplois nouveaux. L’esprit 
d’entreprise est donc une vocation extrêmement importante, mais il n’est 
pas suffisamment cultivé en Europe. Celle-ci n’est pas suffisamment attra-
yante en tant que lieu d’affaires. De trop nombreux obstacles se dressent 
devant les entrepreneurs, de sorte que l’Europe rate de nombreuses possi-
bilités de croissance et d’emploi. Beaucoup peut et doit être fait pour améli-
orer l’environnement des entreprises. 

Améliorer la qualité de la législation 

Un premier obstacle rencontré par les entrepreneurs réside dans le fardeau 
que la réglementation en place fait peser, d’une manière générale, sur les 
entreprises. Bien que les règles soient souvent mises en place avec les 
meilleures intentions du monde, on a de plus en plus le sentiment, surtout 
chez les fabricants, que l’on a atteint un seuil au-delà duquel les règles 
supplémentaires entraînent des coûts qui l’emportent sur les avantages 
éventuels. Il est nécessaire que les choses changent. La situation actuelle 
laisse trop peu de place à la prise de risque et exige trop d’attention et de 
moyens de la part de l’entrepreneur. Pour éliminer cet obstacle, il faut allé-
ger la réglementation, mais aussi et surtout prévoir des règles meilleures et 
plus intelligentes. 

Il faut trouver un équilibre entre réglementation et concurrence. En 
l’absence de droit des contrats, par exemple, les transactions ne seraient 
pas nombreuses. Il est évident qu’une déréglementation générale n’est pas 
la réponse au problème: nombre de règles visent à renforcer la confiance 
tant des entrepreneurs que des clients, et peuvent être à l’origine d’un avan-
tage concurrentiel. Toutefois, il est nécessaire que les décideurs soient bien 
informés des effets de leurs décisions sur la compétitivité. Le groupe de 

L’Europe a besoin 

d’esprit 

d’entreprise 

La charge 

réglementaire 

background image

34 

haut niveau estime dès lors qu’il convient de veiller avec la plus grande at-
tention à ce que des évaluations des mesures législatives importantes 
soient réalisées avant l’adoption définitive desdites mesures. 

Le Parlement européen, le Conseil et la Commission européenne ont adop-
té un accord interinstitutionnel intitulé «Mieux légiférer» en 2003. La Com-
mission s’est engagée à améliorer la qualité des propositions législatives 
ainsi qu’à consulter toutes les parties intéressées et à évaluer de manière 
approfondie les incidences socio-économiques et environnementales des 
mesures proposées. Tant le Parlement européen que le Conseil ont re-
connu que le processus de modification de la législation avait une influence 
sur sa qualité et ils se sont dès lors engagés à évaluer l’incidence de toute 
modification importante. En outre, l’initiative prise par l’Irlande, les Pays-
Bas, le Luxembourg et le Royaume-Uni souligne la nécessité de réduire la 
charge administrative pesant sur les entreprises. 

Recommandations clés 

La Commission devrait poursuivre le développement de son instrument 
d’analyse de l’incidence des propositions législatives, afin de mieux intégrer 
les objectifs de compétitivité et de développement durable. 

La Commission et les États membres devraient convenir d’une définition 
commune de la charge administrative avant le Conseil européen de prin-
temps 2005 ou lors de celui-ci. La Commission doit évaluer la charge admi-
nistrative cumulée qui pèse sur les entreprises et fixer un objectif 
d’allègement de celle-ci. De même, les États membres doivent procéder à 
une analyse de leur droit national et se fixer un objectif d’allègement de la 
charge administrative nationale. La Commission et les États membres de-
vraient indiquer, avant juillet 2005, dans quelle mesure et pour quand ils en-
tendent alléger la charge administrative dans des secteurs prioritaires. 

Dans leur travail d’allègement des charges administratives, la Commission 
et les États membres doivent prêter une attention particulière aux règles qui 
ont une incidence sur la création des entreprises. Bien que des progrès im-
portants aient été accomplis dans certains États membres, le temps, les ef-
forts et les coûts nécessaires à la création d’une entreprise doivent être ré-
duits davantage. Des améliorations sont possibles en ce qui concerne les 
multiples procédures, points de contact et d’information, formulaires, autori-
sations et permis requis, et sur le plan des coûts. 

Recommandation clé 

Les États membres doivent réduire nettement le temps, les efforts et les 
coûts afférents à la création d’une entreprise pour la fin de 2005. Ils de-
vraient se fixer pour objectif de progresser vers les résultats moyens obte-
nus actuellement en la matière par les trois États membres les plus perfor-
mants. Il est fortement recommandé de faciliter la création d’entreprises en 
instaurant un guichet unique. 

Incidence sur la 

création 

d’entreprises 

background image

35 

Accroître le capital-risque disponible 

Le peu de moyens de financement disponibles est une deuxième entrave à 
la création et au développement des entreprises en Europe. À l’heure ac-
tuelle, le financement des entreprises européennes se fonde trop sur le prêt 
et trop peu sur le capital-risque. En conséquence, les nouvelles entreprises 
et les PME éprouvent des difficultés particulières à obtenir des moyens de 
financement suffisants, car elles ne peuvent fournir les garanties exigées 
par les institutions financières traditionnelles. 

On peut affirmer sans risque que les conditions qui entourent les inves-
tissements en capital-risque doivent encore être améliorées. Il faudrait in-
citer davantage les acteurs qui investissent en Europe à s’engager dans 
une implication de longue durée dans de jeunes entreprises. Malgré le plan 
d’action sur le capital-investissement et les progrès accomplis dans d’autres 
initiatives, il subsiste d’importantes différences entre les États membres et 
les niveaux d’investissement en capital-risque restent deux fois plus impor-
tants aux États-Unis que dans l’Union. La mobilisation du capital est insuff-
isante; en outre, l’infrastructure permettant d’orienter davantage de capitaux 
vers les investissements possibles est trop peu développée. 

Les marchés des fonds propres et les moyens de financement restent frag-
mentés et n’atteignent pas la taille critique. En conséquence, le risque couru 
par les fonds et les investisseurs privés augmente inutilement en raison de 
l’absence de possibilités de sortie. Cela entraîne une diminution des inves-
tissements et fait rater à l’Europe de nombreuses occasions. Il faut donc 
renforcer l’ensemble de la chaîne visant à créer des perspectives valables 
et à faire en sorte que des investissements y soient consacrés, en reliant 
les fonds, les entreprises, l’industrie et les universités. 

Les institutions financières et publiques qui proposent différents instruments 
de financement soutenant un objectif politique spécifique, tels que des ai-
des, des subventions ou des prêts à des conditions préférentielles, pour-
raient mieux coopérer pour permettre aux entreprises de trouver plus faci-
lement un financement approprié et de tirer parti des possibilités qui leur 
sont offertes. L’engagement et les compétences de la Banque européenne 
d’investissement pourraient être mis à profit de manière plus systématique. 
L’analyse de la Commission concernant l’approfondissement de l’accès aux 
marchés des capitaux, préconisé par le groupe de haut niveau, devrait ap-
porter d’autres réponses concrètes quant aux mesures à prendre pour mo-
biliser le capital-risque nécessaire. Il est évident que la stimulation de la 
création de réseaux, y compris les pôles et idéopôles évoqués précédem-
ment, est cruciale et requiert l’attention des responsables politiques. 

Un troisième obstacle tient au fait que les entrepreneurs sont trop souvent 
montrés du doigt lorsqu’ils échouent. Toute entreprise comporte par défini-
tion un risque d’échec. Même s’il apparaît que les entrepreneurs qui ont 
échoué tirent les enseignements de leurs erreurs et obtiennent de meilleurs 
résultats dans leur entreprise suivante, ils se heurtent aux réticences de 
leurs clients et de leurs partenaires financiers. Les faillites non frauduleuses 
entraînent encore trop de conséquences juridiques et sociales graves. Si 
l’on veut favoriser une intensification des initiatives entrepreneuriales, un 
changement radical est nécessaire. 

Lorsqu’elle se sera attaquée avec détermination aux obstacles décrits plus 
haut, l’Europe pourra commencer à libérer son potentiel entrepreneurial et 
offrir à ses citoyens de nouvelles possibilités de se développer. Toutefois, 

De la difficulté 

d’obtenir des 

moyens de 

financement 

Orienter 

davantage les 

capitaux vers les 

investissements 

possibles 

Favoriser une 

intensification 

des initiatives 

entrepreneuriales 

background image

36 

un effort ponctuel ne suffira pas: une croissance réelle suppose une confi-
ance à long terme dans la stabilité du cadre. 

4.  Établir un marché du travail inclusif pour renforcer la cohésion so-
ciale 

Les objectifs de la stratégie de Lisbonne sont les suivants: 

augmenter le taux d’emploi:

 67 % (d’ici à 2005) et 70 % (d’ici à 2010) pour le taux 

d’emploi total, 57 % (d’ici à 2005) et 60 % (d’ici à 2010) pour le taux d’emploi des fem-
mes, 50 % pour les travailleurs âgés (d’ici à 2010). Augmentation progressive d’environ 
5 ans de l’âge moyen effectif auquel les personnes cessent de travailler; 

définir un programme pluriannuel

 concernant la capacité d’adaptation des entrepri-

ses, les négociations collectives, la modération salariale, l’accroissement de la produc-
tivité, l’éducation et la formation tout au long de la vie, les nouvelles technologies et 
l’organisation flexible du travail, d’ici à la fin de 2002; 

supprimer les freins à la participation des femmes au marché du travail,

 promou-

voir davantage l’égalité des chances; 

adapter le modèle social européen au passage à l’économie et à la société de la 
connaissance:

 faciliter la sécurité sociale dans le cadre des mouvements transfronta-

liers de citoyens, adopter la directive sur le travail intérimaire (2003), garantir la viabilité 
des régimes de pensions, introduire la méthode ouverte de coordination dans le do-
maine de la protection sociale; 

éradiquer la pauvreté:

 se mettre d’accord sur un programme en faveur de l’inclusion 

sociale (2001), intégrer la promotion de l’inclusion sociale dans les politiques nationa-
les et européennes, examiner les problèmes auxquels sont confrontés certains grou-
pes cibles spécifiques. 

Pourquoi établir un marché du travail fondé sur l’intégration? 

Des taux d’emploi élevés sont essentiels pour renforcer la cohésion sociale 
et éradiquer la pauvreté dans l’Union européenne. L’augmentation du nom-
bre de personnes ayant un emploi est la meilleure manière de préserver la 
viabilité sociale et financière des systèmes de protection sociale européens 
et d’assurer leur développement futur. 

Le vieillissement de la population et la mondialisation auront des incidences 
croissantes sur la viabilité de notre modèle social et plus particulièrement 
sur nos marchés du travail. Pour renforcer sa croissance et lui conférer un 
caractère plus durable, l’Europe (en d’autres termes, ses États membres) 
doit relever ces défis. Il est nécessaire, pour augmenter le taux d’emploi, de 
donner aux personnes et aux entreprises les moyens et les occasions de ti-
rer profit de ces évolutions. 

Trop souvent, on se borne à voir dans la demande de réformes supplémen-
taires une façon détournée de réclamer plus de flexibilité, ce qui impliquerait 
un affaiblissement des droits et des protections accordés aux travailleurs; 
cette perception des choses est erronée. Pour le groupe de haut niveau, la 
flexibilité est synonyme de souplesse, de capacité d’adaptation et de ca-

Augmenter le 

nombre d’actifs 

Possibilités 

à exploiter 

background image

37 

pacité d’insertion professionnelle, lesquelles reposent sur l’aptitude des tra-
vailleurs à acquérir en permanence de nouvelles compétences et à ra-
fraîchir leurs connaissances, et sur la capacité d’une combinaison de 
politiques actives du marché du travail ainsi que de mesures de formation et 
d’aide sociale de faciliter au maximum le passage d’un emploi à l’autre. Les 
réformes n’impliquent pas non plus que le dialogue social se voit dépossédé 
du rôle important qu’il joue sur le marché du travail européen. Ce dialogue 
est essentiel pour la productivité et la capacité d’adaptation au changement. 

La mise en œuvre de politiques sociales modernes et efficaces contribue de 
façon importante à la croissance durable de l’Europe, ce qui est essentiel 
pour assurer la viabilité financière du modèle social européen. Si les politi-
ques d’inclusion sociale sont importantes pour combattre la pauvreté, elles 
participent également à l’accroissement de la main-d’œuvre disponible. 
Pour garantir des régimes de pensions sûrs et viables, les réformes doivent 
viser à fournir les incitants adéquats, à la fois pour que les travailleurs res-
tent actifs plus longtemps et pour que les employeurs engagent et gardent à 
leur service des travailleurs âgés. Les systèmes de soins de santé jouent un 
rôle clé, non seulement dans la lutte contre les maladies et le risque de 
pauvreté, mais aussi dans la promotion de la cohésion sociale, de la pro-
ductivité de la main-d’œuvre, de l’emploi et donc, de la croissance écono-
mique. 

La croissance européenne est également subordonnée à l’augmentation du 
nombre de personnes présentes sur le marché du travail, bien que le vieil-
lissement entraîne une diminution de la population active. Pour atteindre cet 
objectif stratégique, l’Europe doit investir dans une main-d’œuvre très quali-
fiée, s’engager de nouveau en faveur des réformes du marché du travail et 
s’adapter aux mutations démographiques. Les politiques de l’emploi et les 
marchés du travail européens sont plus souples et efficaces grâce aux ré-
formes menées dans de nombreux États membres ces dernières années. 
La forte croissance de l’emploi entre le milieu des années 90 et l’année 
2001 et la capacité de réaction aux ralentissements de l’activité économique 
manifestée ces dernières années sont des signes encourageants de pro-
grès. Par rapport aux quatre années antérieures, on comptait en 2003 plus 
de 6 millions de travailleurs supplémentaires, certes partiellement dû à une 
hausse des emplois à mi-temps et de basse qualité. Le chômage global et 
le chômage de longue durée étaient nettement inférieurs (respectivement 
de 30 % et de 40 %). Ces progrès sont loin d’être suffisants pour atteindre 
les objectifs de Lisbonne, mais ils démontrent sans conteste que les réfor-
mes étaient nécessaires et qu’elles portent leurs fruits. 

Si l’on veut faire du travail une véritable option pour tous, beaucoup reste à 
faire pour accroître la participation des femmes. Ainsi, il est nécessaire de 
supprimer les obstacles fiscaux au travail qui subsistent, de mener une ac-
tion vigoureuse pour agir sur les causes de l’écart de rémunération entre les 
femmes et les hommes et d’appliquer la législation antidiscriminatoire de 
manière plus stricte. Une meilleure conciliation de la vie familiale et de la vie 
professionnelle requiert également une offre de services de garde d’enfants 
et de soins aux personnes âgées de bonne qualité, accessibles et abord-
ables financièrement. 

La task-force européenne pour l’emploi a effectué un examen approfondi 
des marchés du travail européens en 2003. Des options et recommanda-
tions concrètes ont été présentées aux États membres, aux institutions et 
aux parties prenantes. Tous devraient maintenant se lancer dans la mise en 
œuvre pratique des priorités clés, en vue d’améliorer les performances eu-

Investir dans une 

main-d’œuvre 

très qualifiée 

background image

38 

ropéennes en matière d’emploi ainsi que la viabilité financière et sociale du 
modèle social. 

Recommandation clé 

Les États membres, en étroite coopération avec les partenaires sociaux, 
devraient rendre compte de la mise en œuvre des recommandations de la 
task-force européenne pour l’emploi qu’ils ont approuvées en mars 2004, y 
compris en ce qui concerne les performances en matière d’emploi et la via-
bilité des systèmes sociaux, afin que le Conseil de printemps de 2005 
puisse évaluer les progrès accomplis. Le Conseil «Affaires sociales» devrait 
coordonner cette évaluation. 

Renforcer la capacité d'adaptation des travailleurs et des entreprises 

Il est dans l’intérêt de la société tout entière que les économies européen-
nes soient plus aptes à anticiper et à absorber le changement et que le 
marché du travail fasse preuve d’une capacité d’adaptation accrue. Il faut 
encourager la création de nouvelles entreprises et l’accroissement de la ca-
pacité d’adaptation des travailleurs et des sociétés et maximiser la création 
d’emplois. 

Le défi pour le marché du travail consiste à trouver le juste équilibre entre la 
flexibilité et la sécurité. La recherche de cet équilibre est une responsabilité 
partagée par les salariés et les employeurs et par les partenaires sociaux et 
les gouvernements. Les parties concernées devraient unir leurs efforts pour 
permettre aux individus de rester sur le marché de l’emploi, en s’assurant 
qu’ils possèdent les compétences actualisées dont ils ont besoin et en cré-
ant les structures leur permettant de combiner au mieux leur travail et leurs 
responsabilités non professionnelles. Il s’agit de promouvoir de nouvelles 
formes de sécurité, en abandonnant le modèle restrictif d’emploi pour la vie 
au profit d’un nouveau modèle dont l’objectif consiste à développer la ca-
pacité des travailleurs à rester et à progresser sur le marché du travail. 

Un investissement plus efficace dans le capital humain 

Pour pouvoir être concurrentielle dans la société de la connaissance mon-
diale, l’Europe doit également investir davantage dans son bien le plus pré-
cieux: ses citoyens. La productivité et la compétitivité de l’économie eu-
ropéenne sont directement subordonnées à l’existence d’une main-d’œuvre 
bien formée, qualifiée et capable de s’adapter, qui est en mesure de sous-
crire au changement. Or, pour l’instant, les efforts déployés en Europe pour 
doter les individus des outils dont ils ont besoin pour s’adapter à un marché 
du travail en mutation sont loin d’être suffisants, qu’il s’agisse des travail-
leurs peu qualifiés ou hautement qualifiés ou des secteurs secondaire ou 
tertiaire. On ne fait pas assez non plus pour attirer et retenir les meilleurs 
cerveaux scientifiques du monde. 

Pour doter l’Europe de la main-d’œuvre hautement qualifiée, créative et 
mobile dont elle a besoin, il faut améliorer les systèmes d’éducation et de 
formation de façon à ce qu’elle dispose d’un nombre suffisant de jeunes di-
plômés possédant les qualifications requises pour occuper des postes dans 
des secteurs dynamiques, des secteurs de haute valeur et des niches sec-
torielles. Les États membres doivent élaborer des politiques ambitieuses 

Trouver l’équilibre 

entre flexibilité 

et sécurité 

L’éducation et la 

formation tout au 

long de la vie ne 
sont pas un luxe 

background image

39 

pour relever les niveaux d’instruction, notamment en réduisant de moitié le 
nombre de jeunes en décrochage scolaire en Europe, et pour mettre à la 
disposition de tous des plans d’éducation et de formation tout au long de la 
vie — et encourager tout le monde à y participer. Pour éviter que le vieillis-
sement de la population ait des conséquences désastreuses, il est essentiel 
de développer la participation des travailleurs âgés au marché du travail. 
C’est pourquoi l’éducation et la formation tout au long de la vie ne sont pas 
un luxe mais une nécessité: si l’on veut que les personnes âgées puissent 
rester actives, il faut les doter de compétences adaptées aux exigences de 
la société de la connaissance. 

Tous les acteurs (les autorités publiques, les individus et les entreprises) 
doivent assumer leur part de responsabilité pour accroître les niveaux et 
l’efficacité de l’investissement dans le capital humain. Des mesures 
d’incitation doivent être prises pour encourager les entreprises individuelles 
et les secteurs à investir dans la formation, de manière à aider les em-
ployeurs à offrir un accès adéquat à l’éducation et à la formation. 

Recommandation clé 

Les États membres, en étroite coopération avec les partenaires sociaux, 
devraient adopter, d’ici à 2005, des stratégies nationales pour l’éducation et 
la formation tout au long de la vie, afin de faire face à l’évolution technologi-
que rapide, d’augmenter la participation au marché du travail, de réduire le 
chômage et de permettre aux personnes de travailler plus longtemps. 

Les travailleurs âgés ont un rôle essentiel à jouer 

Pour soutenir la croissance économique, les États membres doivent attirer 
un plus grand nombre de personnes sur le marché du travail et veiller à ce 
qu’elles puissent s’y insérer durablement. À cet effet, il est essentiel 
d’accroître l’emploi en menant des politiques actives du marché du travail et 
d’essayer de prévenir, de supprimer ou de limiter les trappes à bas salaires 
en réformant de manière adéquate les systèmes d’imposition et de presta-
tions. 

Compte tenu de la diminution imminente de la population en âge de travail-
ler, les travailleurs âgés ont un rôle essentiel à jouer et une attention par-
ticulière doit leur être accordée. L’objectif fixé pour le taux d’emploi des tra-
vailleurs âgés de cinquante ans et plus (50 % d’ici à 2010) ne sera pas 
atteint, à moins que des mesures de grande envergure soient prises de 
toute urgence, notamment en faveur de l’éducation et de la formation tout 
au long de la vie et de l’amélioration de la santé et des conditions de travail. 

Recommandation clé 

Les États membres devraient élaborer une stratégie globale en matière de 
vieillissement actif d’ici à 2006. Une stratégie de vieillissement actif requiert 
un revirement radical sur les plans politique et culturel, en ce sens que la re-
traite anticipée doit être abandonnée au profit de trois grandes lignes 
d’action: l’offre d’incitants légaux et financiers appropriés pour que les tra-
vailleurs restent actifs plus longtemps et pour que les employeurs engagent 
et gardent à leur service des travailleurs âgés; l’accroissement de la partici-
pation à l’éducation et à la formation tout au long de la vie et à tout âge, no-

background image

40 

tamment chez les personnes peu qualifiées et les travailleurs âgés; et 
l’amélioration des conditions de travail et de la qualité de l’emploi. 

Il convient également de renforcer la mobilité dans toute l’Union, pour per-
mettre aux travailleurs de profiter des nouvelles possibilités offertes. Dans 
ce contexte, les États membres devraient sérieusement évaluer l’incidence 
des restrictions à la circulation des travailleurs des nouveaux États mem-
bres, telles qu’elles sont prévues durant les périodes transitoires. Sur cette 
base, ils devraient également déterminer si ces restrictions restent néces-
saires. 

Enfin, le vieillissement de la population dans les années et décennies à ve-
nir impose la réalisation d’une analyse proactive et l’élaboration de politi-
ques axées sur la manière et les moyens de répondre aux besoins futurs du 
marché du travail. Même si l’on exploite pleinement le potentiel du marché 
du travail, il sera nécessaire de faire appel de manière sélective à des tra-
vailleurs immigrés provenant de pays tiers pour faire face aux pénuries de 
main-d’œuvre européenne et pour compenser partiellement les con-
séquences négatives de la «fuite des cerveaux». Les États membres se-
raient bien avisés de se préparer suffisamment tôt et de manière approfon-
die à prendre ce genre de décision, car l’expérience nous apprend que 
l’intégration des migrants et des minorités ethniques dans la société 
d’accueil, et plus spécialement sur le marché du travail, requiert des efforts 
considérables et soutenus. 

5.  Travailler à un avenir durable sur le plan environnemental 

Les objectifs de la stratégie de Lisbonne sont les suivants: 

faire face au changement climatique:

 ratifier rapidement le protocole de Kyoto 

(2002), afficher des progrès dans la réalisation des objectifs de Kyoto (d’ici à 2005), 
atteindre l’objectif de 12 % des besoins en énergie primaire et de 21 % de la consom-
mation brute d’électricité couverts par les énergies renouvelables; 

dissocier la croissance économique de l’utilisation des ressources:

 faire face à 

l’augmentation des volumes de trafic, d’engorgement, de bruit et de pollution en inter-
nalisant complètement les coûts sociaux et environnementaux, élaborer un cadre 
communautaire pour la tarification de l’usage des infrastructures de transport (eurovi-
gnette), garantir une gestion durable des ressources naturelles et des déchets; 

définir un nouveau cadre réglementaire:

 adopter les directives sur la taxation de 

l’énergie (2002), la responsabilité environnementale (2004) et le sixième programme 
d’action pour l’environnement. 

Pourquoi l’environnement est-il source d’avantage concurrentiel 
pour l’Europe? 

Des politiques environnementales bien conçues favorisent l’innovation, 
créent de nouveaux marchés et renforcent la compétitivité par le biais d’une 
exploitation plus efficiente des ressources et de nouvelles possibilités 
d’investissement. En ce sens, elles peuvent contribuer à la réalisation des 
objectifs fondamentaux de la stratégie de Lisbonne visant à stimuler la 
croissance et à créer davantage d’emplois. 

background image

41 

En outre, les arguments qui militent en faveur d’une plus grande prise en 
compte de la dimension environnementale dans la stratégie sont renforcés 
par la nécessité de se pencher sérieusement sur les pressions exercées sur 
l’environnement en vue d’éviter qu’aujourd’hui comme demain, elles ne por-
tent préjudice à la santé, à la biodiversité, à la propriété et à l’activité éco-
nomique. L’absence d’action immédiate provoquerait des dommages plus 
importants, parfois irréversibles, dont la réparation entraînerait à terme des 
coûts plus élevés. 

Ainsi que cela a déjà été rappelé, la stratégie de Lisbonne traduit 
l’engagement européen à ancrer le respect de l’environnement au cœur du 
processus de croissance et de création d’emplois, de manière à en faire un 
avantage concurrentiel pour l’Europe. Le respect de l’environnement devrait 
en effet demeurer une composante importante de la stratégie, étant donné 
qu’il peut à la fois constituer une source d’avantage concurrentiel sur des 
marchés mondiaux et accroître la compétitivité. Toutefois, cette prise en 
compte conjuguée des aspects environnementaux et de l’amélioration de la 
compétitivité ne va pas nécessairement de soi; pour que ce soit le cas, il est 
nécessaire que le choix des instruments politiques soit judicieux et que les 
gouvernements parviennent à équilibrer soigneusement les incidences envi-
ronnementales, sociales et économiques, tant à court qu’à long terme. 

Environnement et compétitivité: exploiter des possibilités avantageuses pour tous 

En agissant la première et en se concentrant sur des technologies écono-
mes en ressources que d’autres pays finiront par devoir adopter, l’Europe 
prendra l’avantage. Les sociétés européennes sont déjà des numéros uns 
mondiaux pour certains produits et processus «propres», ce qui leur donne 
un avantage sur les nouveaux marchés où la croissance économique rapide 
accroît la pression sur l’environnement. 

À titre d’exemple, seuls trois Chinois sur mille possèdent actuellement, une 
voiture, mais, à mesure que le niveau de vie augmentera, la Chine pourrait 
devenir le plus grand marché automobile du monde. Dans le même temps, 
compte tenu de l’ampleur des problèmes de pollution atmosphérique et de 
l’accroissement de la demande de pétrole, le gouvernement chinois 
s’efforce de rattraper les normes européennes pour les émissions des véhi-
cules d’ici à 2010. Ces éléments, combinés aux revenus relativement peu 
élevés en Chine, inciteront les consommateurs à choisir des véhicules plus 
propres et consommant moins de carburant. Les fabricants de l’UE sont en 
bonne position pour répondre à cette demande (

11

). 

La promotion d’innovations éco-efficaces constitue clairement une possi-
bilité avantageuse pour tous qu’il convient d’exploiter pleinement en vue 
d’atteindre les objectifs de Lisbonne. Les innovations — qui débouchent sur 
une pollution moindre, des produits moins consommateurs de ressources 
naturelles et des ressources gérées plus efficacement — soutiennent la 
croissance et l’emploi, tout en offrant des possibilités de dissocier la crois-
sance économique de l’utilisation des ressources et de la pollution. Les ex-
emples d’innovations éco-efficaces sont nombreux, dans des secteurs très 
divers, allant de l’électronique à l’agriculture, en passant par l’énergie, les 
transports, l’industrie chimique et les soins de santé. Le plan d’action en 
faveur des écotechnologies (PAET) vise à promouvoir le développement et 

                                            

(

11

)  Voir le rapport du World Resources Institute: «Changing drivers: The impact of climate change on competitiveness 

and value creation in the automotive industry»; http://business.wri.org/pubs_description.cfm?PubID=3873 

Se pencher sur 

les pressions 

existantes 

Promouvoir 

les innovations 

éco-efficaces 

background image

42 

l’utilisation de ces technologies. Il a mis en évidence plusieurs obstacles sur 
le marché, qui doivent être surmontés si l’Europe veut exploiter pleinement 
le potentiel des innovations éco-efficaces. 

Premièrement, il y a lieu d’encourager les innovations éco-efficaces dans 
les grandes décisions d’investissement, notamment dans les secteurs de 
l’énergie et des transports. Il est essentiel d’établir un cadre réglementaire 
approprié pour permettre le recours aux éco-innovations sur les marchés. 
Actuellement, les prix sont faussés sur certains marchés, ce qui entraîne 
une mauvaise affectation des ressources et a des effets dissuasifs sur les 
investisseurs et les acheteurs. Les prix du marché doivent refléter les coûts 
réels des différents biens et services pour la société. Cela requiert une sup-
pression progressive des subventions ayant des effets préjudiciables sur 
l’environnement et une prise en compte graduelle des externalités dans les 
prix, compte tenu d’autres objectifs stratégiques tels que la compétitivité 
dans l’économie mondiale et les aspects sociaux. 

Deuxièmement, le problème de l’accès au financement est encore plus 
pressant pour les entreprises actives dans le domaine des éco-innovations. 
À l’heure actuelle, les retours sur investissements se font dans des délais 
plus longs, d’où des risques plus importants pour les investisseurs. Les 
Pays-Bas offrent un exemple de la manière dont les États membres peu-
vent résoudre ce problème, car ils favorisent les fonds d’investissement 
«verts», gérés par des banques commerciales, en accordant des réductions 
d’impôts aux particuliers qui investissent dans de tels fonds. Cela augmente 
le capital disponible pour les entreprises actives sur ce marché. 

Recommandations clés 

La Commission, le Conseil et les États membres devraient promouvoir le 
développement et la diffusion des éco-innovations et tirer parti de la supré-
matie actuelle de l’Europe sur des marchés clés de l’éco-industrie. 

La Commission devrait rendre compte de l’avancement global du plan 
d’action communautaire en faveur des écotechnologies (PAET) lorsqu’elle 
fera rapport au Conseil européen de printemps de 2005. Les États mem-
bres devraient établir une feuille de route pour la mise en œuvre du PAET, 
en mentionnant des mesures et des délais concrets, notamment en ce qui 
concerne ses volets «recherche» (plateformes technologiques, entre autres) 
et «soutien aux PME» (capital-risque), et en corrigeant les prix par la sup-
pression des subventions ayant des effets préjudiciables. 

Troisièmement, si des mesures fiscales peuvent s’avérer utiles, les gou-
vernements peuvent également soutenir l’innovation éco-efficace d’une 
autre manière. Ils peuvent stimuler les marchés des éco-innovations par 
l’écologisation des marchés publics. En faisant office de «clients de lance-
ment», les gouvernements peuvent favoriser les innovations éco-efficaces, 
en ce sens que d’autres acheteurs potentiels peuvent ainsi examiner le 
fonctionnement de ces nouvelles technologies. En outre, les marchés pub-
lics «verts» peuvent contribuer à la réduction des coûts, par la réalisation 
d’économies d’échelle. 

Établir un cadre 

réglementaire 

approprié 

Écologisation des 

marchés publics 

background image

43 

Recommandation clé 

Les autorités nationales et locales devraient mettre en place des plans 
d’action en faveur de l’écologisation des marchés publics d’ici à la fin de  
2006 

(

12

),

 en accordant la priorité aux technologies faisant appel à des éner-

gies renouvelables et aux nouveaux carburants. La Commission devrait fa-
ciliter la diffusion des bonnes pratiques auprès des États membres et des 
pouvoirs publics. 

Travailler à un avenir durable 

L’enjeu de la durabilité requiert que les différentes politiques adoptées à 
court terme cadrent bien avec les objectifs à long terme de l’Union eu-
ropéenne. Dans le contexte de la stratégie de Lisbonne, il est nécessaire 
d’assurer une cohérence entre les objectifs à court et à long terme, et donc 
de trouver un équilibre entre les politiques destinées à stimuler la crois-
sance et l’emploi, d’une part, et les objectifs environnementaux, d’autre part. 
D’aucuns craignent que des mesures environnementales visant à atteindre 
des objectifs de développement durable à longue échéance ne nuisent à la 
compétitivité de certains secteurs, si les nations concurrentes ne prennent 
pas des mesures similaires. Cette appréhension pourrait avoir pour effet de 
retarder l’action environnementale. L’enjeu, dans ce contexte, consiste à 
trouver le juste équilibre entre les considérations économiques, sociales et 
environnementales lors de l’élaboration et de l’adoption des choix politiques. 
L’Union et les États membres doivent continuer de mettre au point des ou-
tils d’évaluation de l’incidence qui leur permettent de prendre des décisions 
en toute connaissance de cause. Elles devraient prendre en considération 
tous les coûts et avantages, à court et à long terme, ainsi que la compéti-
tivité mondiale. C’est indispensable si l’Europe veut rester le numéro un 
mondial dans le domaine de l’environnement, eu égard à son incidence sur 
la croissance et l’emploi. 

L’Europe doit poursuivre l’objectif à long terme qui consiste à augmenter 
l’efficacité énergétique et l’efficacité des ressources. Les récentes hausses 
et fluctuations des prix du pétrole dues à des facteurs géopolitiques mettent 
en évidence la dépendance grandissante de l’Union à l’égard des importa-
tions de pétrole étranger (82 % en 2002). L’augmentation de l’efficacité 
énergétique et la poursuite du développement de sources d’énergie de sub-
stitution contribueront non seulement à réduire cette dépendance, mais 
pourraient aussi renforcer la compétitivité de l’Union en allégeant la facture 
énergétique. 

Les actions mentionnées ci-dessus peuvent être favorisées par 
l’amélioration continue de la panoplie des politiques environnementales, en 
vue de promouvoir une meilleure réglementation. Il convient de poursuivre 
la nouvelle approche de la politique environnementale adoptée par l’Union 
et les États membres au cours des dernières années. Celle-ci consiste à 
fixer des objectifs à long terme, tout en laissant le choix des moyens tech-
nologiques à utiliser pour les atteindre. 

                                            

(

12

)  Voir la communication sur la politique intégrée des produits (PIP), COM(2003) 302 final. 

Trouver le juste 

équilibre 

Augmenter 

l’efficacité 

énergétique 

background image

44 

Chapitre III — Faire fonctionner Lisbonne 

La stratégie de Lisbonne vise à favoriser la croissance et l’emploi en Europe 
et à inscrire l’engagement européen en faveur de la cohésion sociale et de 
l’environnement au cœur du processus de croissance — pour alimenter la 
croissance plutôt que l’affaiblir. L’intensification sensible des efforts dé-
ployés par l’Europe pour mettre en place son économie de la connaissance, 
l’achèvement du marché intérieur des biens et des services et l’instauration 
d’un climat réellement favorable aux entreprises et aux affaires con-
tribueront de manière importante à la réalisation de cet objectif, en même 
temps que l’approche préconisée par le groupe de haut niveau concernant 
le marché du travail et l’environnement. Cependant, la réalisation d’une 
croissance économique durable de ce type, même soutenue par des 
politiques monétaires et fiscales ciblées sur cet objectif, s’accompagne de 
choix et options difficiles. Les ressources doivent être réorientées et les dro-
its acquis remis en question. L’introduction de changements structurels 
n’est jamais chose aisée. Mais la résistance aux réformes ou le report de 
celles-ci n’offre toutefois pas de garantie de sécurité. C’est au contraire en 
adhérant au changement que les résultats sociaux et environnementaux 
appréciés des Européens peuvent être préservés, voire améliorés. 

Malheureusement, les progrès accomplis à ce jour sont insuffisants, et ce 
en grande partie faute d’engagement et de volonté politique. La condition 
préalable à la réussite réside dans une plus grande responsabilité politique. 
Dans le même temps, il importe d’assurer plus de cohérence et de con-
stance entre les moyens et les objectifs de Lisbonne, ainsi que de réviser et 
d’améliorer en profondeur les processus de mise en œuvre et de communi-
cation. Les réussites de l’Union européenne dans un passé récent — telles 
que le lancement du marché unique en 1992, l’introduction de la monnaie 
unique et l’élargissement — ont été possibles grâce à la collaboration 
étroite des institutions européennes et des États membres à ce qui a été 
perçu comme un projet noble dont la réalisation représentait une nécessité 
pour l’avenir de l’Europe. La stratégie de Lisbonne en faveur de la crois-
sance et de l’emploi est un projet d’égale importance. La Commission eu-
ropéenne et les États membres, de même que les partenaires sociaux et les 
autres parties concernées en Europe, doivent à présent démontrer leur vo-
lonté de mener à bien le processus de Lisbonne et assumer leurs respon-
sabilités en mettant en œuvre le programme de réformes adopté. Les gou-
vernements et la Commission européenne doivent absolument donner les 
impulsions politiques qui s’imposent. 

Adhérer au 

changement 

Manque 

d’engagement 

et de volonté 

politique 

background image

45 

Recommandations clés 

Le Conseil européen du printemps 2005 devrait redynamiser la stratégie de 
Lisbonne. Il devrait envoyer un message clair engageant les gouverne-
ments nationaux et les citoyens à participer à sa mise en œuvre. Le Conseil 
européen doit veiller avec constance à ce que suffisamment de temps et 
d’attention soient consacrés à l’évaluation des progrès accomplis sur la voie 
des objectifs de Lisbonne. 

Le groupe de haut niveau conseille à l’UE et aux États membres de se 
concentrer sur la croissance et l’emploi afin de soutenir la cohésion sociale 
et le développement durable. 

Le président de la Commission devrait axer son mandat sur la progression 
de la stratégie de Lisbonne. 

Promouvoir la cohérence et la compatibilité dans la mise en œuvre 

Il est patent que la progression de la stratégie de Lisbonne a souffert d’un 
manque de cohérence et de compatibilité, tant entre les participants 
qu’entre les politiques. La notion de cohérence et de compatibilité implique 
que les parties concernées partagent toutes le même objectif en connais-
sance de cause. Les politiques aux orientations contradictoires doivent être 
réalignées pour se renforcer mutuellement. Les objectifs d’une croissance 
plus soutenue et d’une augmentation de l’emploi ne peuvent être atteints 
qu’en assurant un alignement clair des participants, des politiques et des 
objectifs. 

Les États membres jouent forcément un rôle crucial dans la réalisation des 
objectifs de croissance et d’emploi — pas uniquement au niveau de leur 
propre pays, mais également parce que, dans un contexte européen, les 
bons résultats d’un État membre améliorent les performances des autres 
États membres, et vice versa. Comme l’a indiqué le groupe de haut niveau, 
une vague européenne permet de soulever chaque bateau européen. Le 
manque d’engagement, au niveau tant national qu’européen, fait que ces 
avantages n’ont pu être exploités, entraînant incohérences et incompatibili-
tés. L’Europe dans son ensemble ne peut plus se permettre de perdre des 
emplois et des possibilités de croissance. 

Jusqu’à ce jour, les parlements nationaux et les citoyens ont été insuff-
isamment associés au processus, de sorte que la pression exercée sur les 
gouvernements a été moindre que ce qu’elle aurait pu ou dû être. Il en va 
de même pour les partenaires sociaux et autres parties intéressées. Il est 
indispensable d’instaurer une coopération plus étroite entre les différents in-
tervenants, qui doivent s’engager à s’encourager et à se soutenir mutuelle-
ment. Tous ces éléments confirment la nécessité d’un partenariat pour la ré-
forme à mettre sur pied en tenant compte du contexte particulier de chaque 
État membre. 

Le rôle crucial 

des États 
membres 

Insuffisamment 

associés au 

processus 

background image

46 

Recommandation clé 

Le Conseil européen de printemps de 2005 devrait indiquer les progrès ré-
alisés sur le plan de la création des partenariats pour la réforme demandés 
au Conseil de printemps de 2004 afin de rassembler les citoyens, les parte-
naires sociaux, les parties intéressées et les autorités publiques autour des 
priorités essentielles de la croissance et de l’emploi. 

La transparence au sujet des progrès accomplis est aussi essentielle pour 
assurer la participation des parties concernées que le sont la volonté et 
l’engagement politiques pour faire avancer le programme. Une vue 
d’ensemble des mesures envisagées par les gouvernements est fondamen-
tale pour atteindre cette transparence. C’est la raison pour laquelle le 
groupe de haut niveau invite chaque État membre, sous la direction de son 
chef d’État ou de gouvernement, à établir un programme d’action national, 
comprenant des feuilles de route assorties d’étapes, qui décrit la façon dont 
il entend atteindre les objectifs de Lisbonne.

 

Cette approche permet 

d’atteindre trois objectifs: elle corrige l’absence de participation nationale à 
la stratégie de Lisbonne, elle contribue à garantir la cohérence et la com-
patibilité entre les mesures prises et elle associe la totalité des intervenants. 

Pour garantir la cohérence et la compatibilité entre les mesures nationales, 
les chefs d’État ou de gouvernement doivent montrer leur engagement en 
faveur de leur stratégie nationale spécifique. Un membre désigné de 
chaque gouvernement pourrait être chargé de faire progresser la mise en 
œuvre de la stratégie de Lisbonne au jour le jour. Les parlements nationaux 
doivent se montrer plus responsables de la stratégie de Lisbonne, en 
l’interprétant à l’intention de leur population nationale et en discutant de ce 
qu’il y a lieu de faire ou non, ouvrant ainsi largement la question. Pour tirer 
parti de l’expérience des partenaires sociaux et des autres intervenants — 
le partenariat pour la croissance et l’emploi — et les impliquer dans la mise 
en œuvre future, leur participation à la rédaction des programmes d’action 
nationaux est nécessaire. Afin de ne pas perdre la dynamique politique, ces 
stratégies devraient porter sur deux ans et être renouvelées en 2007.

 

Recommandation clé 

Au Conseil européen de printemps de 2005, les chefs d’État ou de gouver-
nement devraient s’engager à concrétiser les réformes convenues. Les 
gouvernements nationaux devraient présenter un programme d’action na-
tional avant la fin de 2005. Afin de mobiliser toutes les forces autour de cet 
objectif clé, ces programmes d’action nationaux devraient faire l’objet d’un 
débat avec les parlements nationaux et les partenaires sociaux. 

Les efforts de cohérence et de compatibilité doivent ensuite être déployés 
entre les États membres pour garantir leur poursuite et leur renforcement à 
l’échelle européenne. Les programmes d’action devraient être soumis à la 
Commission européenne, qui devrait effectuer une analyse précise des 
25 plans d’action et formuler des recommandations spécifiques concernant 
chacun d’eux dans son rapport de synthèse, qu’elle soumettra au Conseil 
européen du printemps 2006. Pour renforcer la cohérence et la compatibilité 
entre les niveaux national et européen, les programmes d’action nationaux 
devraient prendre en considération les principes européens communs de 

Volonté et 

engagement 

politiques 

L’établissement 

de programmes 

nationaux d’action 

Renforcement 

à l’échelle 

européenne 

background image

47 

politique économique et de l’emploi, consignés dans les grandes orienta-
tions de politique économique (GOPE) et les lignes directrices pour l’emploi. 
Cependant, il faudrait d’abord améliorer la cohérence et la compatibilité de 
ces deux instruments. À l’heure actuelle, ils sont perçus comme représen-
tant deux mondes distincts, alors qu’en réalité, ils portent tous deux sur des 
éléments essentiels de la croissance en Europe. Ils devraient, l’un comme 
l’autre, être adaptés et mieux alignés sur le processus de Lisbonne pour 
soutenir les objectifs de croissance et d’emploi et garantir une fécondation 
réciproque. 

Recommandation clé 

Le Conseil européen de printemps de 2005 devrait inviter le Conseil à adop-
ter, au plus tard pour juillet 2005, les GOPE et les lignes directrices pour 
l’emploi, qui doivent refléter fidèlement les objectifs ciblés de la croissance 
et de l’emploi. Ces lignes directrices devraient être adoptées pour une pé-
riode de quatre ans, comprenant deux cycles de programmes nationaux, 
afin d’assurer que les deux instruments soient aussi cohérents et compati-
bles — du point de vue interne — que possible. 

La cohérence entre les institutions de l’Union européenne constitue égale-
ment une nécessité. Par conséquent, il convient d’associer beaucoup plus 
étroitement le Parlement européen à ce processus. Celui-ci doit forcer la 
Commission européenne à rendre compte des progrès qu’elle réalise et de 
la façon dont elle s’acquitte de ses responsabilités. Cela requiert que le Par-
lement lui-même joue un rôle actif, car la méthode ouverte de coordination 
souvent appliquée dans la stratégie de Lisbonne ne lui confère pas de ma-
nière systématique un rôle à cet égard. Dès lors, le Parlement européen 
pourrait envisager la mise sur pied d’une commission permanente sur la 
stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi. 

Recommandation clé 

Le Parlement européen pourrait constituer une commission permanente sur 
la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi. 

La possibilité qu’a le Parlement de contraindre les acteurs clés à rendre des 
comptes devrait être pour la Commission européenne une incitation sup-
plémentaire à tenir ses engagements. Les intervenants européens, en par-
ticulier les partenaires sociaux, doivent offrir — par leur participation ac-
tive — un lien, et donc une continuité, entre les niveaux national et 
européen. Les partenaires sociaux devraient enrichir le débat sur la crois-
sance et l’emploi, assumer leur part de responsabilité et faire figurer la mise 
en œuvre de Lisbonne dans leur programme de travail commun. 

La cohérence à l’échelle européenne serait encore renforcée par une meil-
leure traduction des priorités de l’Union européenne dans son budget.

 

L’Union ne devrait pas se contenter de convaincre les États membres de 
mettre en œuvre la stratégie de Lisbonne; elle devrait également appuyer 
ses propos autant que possible par des incitants financiers. Dans le cadre 
du budget communautaire actuel, des sommes importantes sont déjà con-
sacrées — directement ou indirectement — à la croissance, à l’emploi et à 
la compétitivité. 

Cohérence entre 

les institutions 

de l’Union 

européenne 

background image

48 

Quelles que soient les décisions qui seront finalement prises concernant le 
niveau absolu des dépenses communautaires dans le prochain budget plu-
riannuel (les «perspectives financières»), le groupe de haut niveau pense 
que la structure du budget européen doit refléter les priorités de la stratégie 
de Lisbonne — tel devrait aussi être le cas des budgets nationaux. La re-
cherche-développement, les infrastructures, l’éducation et la formation con-
stituent des exemples de dépenses qui favorisent la compétitivité économi-
que. Le budget de l’UE devrait être remanié de manière à ce que les 
dépenses de l’Union reflètent la priorité accordée à la croissance et à 
l’emploi. Dans le cadre de cette refonte, il conviendrait en outre d’analyser 
les possibilités d’introduction d’incitants budgétaires ayant pour but 
d’encourager les États membres à réaliser les objectifs de Lisbonne. 

Recommandation clé 

Le budget de l’UE devrait, dans la mesure du possible, être remanié afin de 
refléter les priorités de Lisbonne. Un volet de cette refonte consisterait en 
une analyse des possibilités d’introduction d’incitants budgétaires ayant 
pour but d’encourager les États membres à réaliser les objectifs de Lis-
bonne. 

Amélioration du processus de réalisation concrète 

La méthode ouverte de coordination n’a pas tenu ses promesses, loin s’en 
faut. Si les États membres ne jouent pas le jeu de comparer leurs perform-
ances, rien ou presque ne peut avancer. Mais la méthode communautaire 
n’a pas non plus débouché sur les résultats escomptés. Les États membres 
accusent un retard dans la mise en œuvre des décisions prises et la trans-
position des directives, dans la plupart des États membres, se situe nette-
ment en deçà de l’objectif. Si les gouvernements ne s’engagent pas à as-
surer la mise en œuvre à l’échelon national, le problème demeure très 
sérieux. De plus, dans de trop nombreux cas, les dispositions de transposi-
tion ne sont pas conformes à la directive d’origine ou sont trop complexes, 
réduisant à néant les avantages attendus d’un ensemble unique de règles 
et faisant souvent peser des charges inutiles sur les entreprises. Il est clair 
que les deux méthodes dépendent, dans une large mesure, de la volonté 
politique. 

Les fondements de la méthode ouverte de coordination — la pression des 
pairs et la définition de niveaux de référence — constituent clairement des 
moyens visant à inciter les États membres à respecter leurs engagements 
en mesurant et comparant leurs performances respectives et en facilitant 
l’échange de bonnes pratiques. Le groupe de haut niveau propose une 
amélioration significative de ce processus, en faisant un meilleur usage des 
quatorze indicateurs et en améliorant la communication des résultats, de 
manière à accentuer les conséquences politiques de l’absence de réalisa-
tions. 

Plus d’une centaine d’indicateurs ont été associés au processus de Lis-
bonne, ce qui implique que chaque pays peut être numéro un selon l’un ou 
l’autre indicateur. Cela rend cet instrument inefficace. Les États membres 
ne sont pas poussés à améliorer leur situation. Une simplification est plus 
que nécessaire. La mise sur pied par le Conseil européen d’un cadre limité 
à quatorze objectifs et indicateurs offre l’occasion d’améliorer le fonction-
nement de l’instrument de pression des pairs. Le groupe de haut niveau 

Refléter 

 les priorités 

Respecter les 

engagements 

Un instrument 
trop inefficace 

background image

49 

considère que cette liste représente le meilleur compromis, car elle permet 
à la fois de conserver la simplicité de la stratégie de Lisbonne tout en tenant 
compte de son ambition et son exhaustivité. La Commission européenne 
devrait publier, à l’intention des chefs d’État ou de gouvernement ainsi que 
du grand public, des listes annuelles relatives à ces quatorze indicateurs 
clés de Lisbonne sous la forme de classements (de la 1

re

 à la 25

e

 place), 

soulignant les bonnes performances et stigmatisant les mauvais résultats. 
Ces quatorze indicateurs donnent la possibilité aux États membres, s’ils le 
souhaitent, de mettre encore davantage l’accent sur la dimension de crois-
sance et d’emploi de la stratégie de Lisbonne. 

Tous les États membres ne partent pas du même point, en particulier ceux 
qui viennent d’adhérer à l’Union. Pour ceux-ci, le message doit être plus 
nuancé et mieux ciblé et tenir compte de la réalité économique, à savoir 
qu’ils viennent de très loin. Même si l’objectif statistique reste éloigné, il fau-
drait les féliciter s’ils ont accompli des progrès significatifs. 

Recommandation clé 

Au Conseil européen de printemps, la Commission européenne devrait pré-
senter, de la manière la plus publique possible, un classement annuel des 
progrès accomplis par les États membres sur la voie de la réalisation des 
quatorze indicateurs et objectifs clés de Lisbonne. Les pays qui ont obtenu 
de bons résultats devraient être félicités, tandis que ceux dont les perfor-
mances sont médiocres devraient être blâmés. 

Communication 

Les défis auxquels l’Europe est confrontée, les raisons de l’évolution des 
politiques et l’importance d’une action concertée doivent être beaucoup 
mieux compris de la population européenne. Or, la compréhension néces-
site une communication claire et forte. L’importance de cet aspect pour la 
réussite du projet de Lisbonne ne peut être sous-estimée. Tous les acteurs 
concernés, dont les hommes politiques européens et nationaux, ont un rôle 
important à jouer pour faire passer le message. 

Le processus de comparaison des performances, qui se déroule de manière 
transparente, donne l’occasion de faire connaître à un public plus large la 
stratégie pour la croissance et l’emploi et les progrès réalisés sur cette voie

Les propositions formulées par le groupe de haut niveau — les programmes 
d’action nationaux, la participation plus active des États membres et des 
parlements, le rôle accru et soutenu des Conseils européens de printemps 
dans le contexte du suivi de Lisbonne — offriront de nombreuses possibili-
tés de débat et de discussion

Ces occasions doivent être saisies. La Com-

mission européenne devrait faire preuve de la même proactivité dans ses 
communications, en recourant aux méthodes les plus modernes dans ce 
domaine. Le groupe de haut niveau recommande de revoir les communica-
tions et la stratégie de communication de la Commission européenne de 
manière à atteindre le niveau de qualité le plus élevé possible.

 

Compréhension 

requiert 

communication 

Nombreuses 

possibilités 

de débat 

background image

50 

Recommandation clé 

Les communications et la stratégie de communication de la Commission eu-
ropéenne devraient être revues et, au besoin, réformées pour atteindre le 
niveau de qualité le plus élevé possible, avant le Conseil européen du prin-
temps 2005. 

Conclusion 

Les dirigeants européens doivent insuffler l’espoir que demain sera meilleur 
qu’aujourd’hui. L’Europe possède des atouts considérables sur le plan so-
cial et sur le plan économique, comme l’a relevé le groupe de haut niveau. 
Le programme de réformes esquissé dans le présent rapport est tout à fait 
réalisable et il se traduira par des améliorations. Il doit être bien compris et 
clairement expliqué avant d’être mis en œuvre. Sa concrétisation et les 
améliorations qui en découleront engageront l’Europe dans un cercle ver-
tueux de performance économique accrue, d’augmentation de la confiance 
et des attentes et de plus grande sécurité. 

Des réformes telles que l’ouverture des marchés, la modernisation de la po-
litique sociale, des systèmes des pensions et des soins de santé, la promo-
tion de la capacité d’adaptation du marché du travail, voire des systèmes 
d’éducation, ont un impact immédiat sur la vie quotidienne des citoyens. La 
plupart de ces changements sont positifs, en dépit de l’image que l’on en 
donne généralement. À titre d’exemple, une concurrence accrue donne un 
plus grand pouvoir de décision au consommateur, le renforcement des 
structures d’accueil des enfants et des personnes âgées facilite la vie des 
personnes qui en ont la charge, généralement des femmes, tandis que 
l’accès à l’éducation et la formation tout au long de la vie offrent aux travail-
leurs des possibilités de mobilité, de perfectionnement personnel et de plus 
vastes perspectives. Cependant, il importe que le programme soit perçu 
comme un ensemble complet pour que chacune de ses composantes 
puisse démontrer qu’elle peut produire des effets et contribuer à 
l’amélioration générale. Dans le cas contraire, la probabilité d’entrer dans un 
cercle vertueux de performance et de confiance accrues sera nettement 
plus faible. 

La nécessité d’engager des réformes doit être expliquée, en particulier aux 
citoyens qui n’ont pas conscience de l’urgence et de la gravité de la situa-
tion. La «compétitivité» n’est pas qu’un simple indicateur économique, sou-
vent inintelligible pour l’homme de la rue; elle permet de diagnostiquer l’état 
de santé économique d’un pays ou d’une région. Dans les circonstances 
actuelles, le message à faire passer clairement doit être le suivant: si nous 
voulons préserver et améliorer notre modèle social, nous devons nous 
adapter; il n’est pas trop tard pour changer. En tout état de cause, le statu 
quo n’est pas une option valable. L’implication et la mobilisation des ci-
toyens dans le processus offrent deux avantages qui se renforcent mu-
tuellement: rechercher l’adhésion de la population en lui donnant les élé-
ments du débat et tirer parti de cette adhésion pour inciter les 
gouvernements à s’atteler à la réalisation de ces objectifs. 

Le groupe de haut niveau ne demande pas de mesures intempestives; les 
réformes doivent être équilibrées, bien pensées et conçues de manière ju-
dicieuse. De même, il conviendrait de renforcer et de moderniser l’approche 
typiquement européenne de l’organisation économique et sociétale, de ma-

Impact immédiat 

sur la vie 

quotidienne 

des citoyens 

Il n’est pas trop 

tard pour changer 

Pas de mesures 

intempestives 

background image

51 

nière à sceller les valeurs européennes fondamentales chères au cœur de 
tous les Européens. Le défi consiste à respecter les promesses et les en-
gagements pris, ce qui impliquera des changements significatifs. 

La promotion de la croissance et de l’emploi en Europe constitue le pro-
chain grand projet européen. Son exécution nécessitera une volonté et un 
engagement sans faille de la classe politique, ainsi que des partenaires so-
ciaux, dont le groupe de haut niveau souhaite soutenir la mission. Néan-
moins, le privilège d’exprimer son point de vue et de participer au processus 
va de pair avec une responsabilité, que nous exhortons chacun à accepter. 
Les citoyens européens le méritent bien. 

Les mesures que nous proposons requièrent, dans notre système démoc-
ratique européen, une détermination politique de chaque instant. En fin de 
compte, une grande partie de la stratégie de Lisbonne dépend des progrès 
accomplis dans les capitales nationales. Aucune procédure ou méthode eu-
ropéenne ne peut rien changer à cette simple vérité. Les gouvernements, et 
en particulier leurs dirigeants, ne peuvent esquiver leurs responsabilités 
fondamentales. Il en va de la prospérité future du modèle européen. 

Participation 

et responsabilité 

Détermination 

politique de 

chaque instant 

background image

 

background image

 

ANNEXES 

background image

 

54 

Performanc

e relative des anciens 

États membres selon les indicateurs structurels figurant sur la liste restreinte 

Niveaux (

1

)  

 

AT 

BE 

DE 

DK 

ES 

FI 

FR 

EL 

IE 

IT 

LU 

NL 

PT 

SE 

UK  

EU-25

EU-15

 

US  

O

bjectif 

2005 

O

bjectif 

2010 

PIB par tête  

(SPA, EU-15 = 1

00) 

2003 

111,4 

106,6 98,8 112,9

87,3 

100,6

103,8

73,0 

121,7

97,8 194,6

109,9

68,3 

105,6

108,9

 

91,2 

100,0

 

140,3

 

  

  

Productivité du travail par 

salar

ié  

(SPA, EU-15 = 1

00) 

2003 

96,4 118,4 

94,3 

97,8 

94,8 

98,6 113,7

90,3 119,7

103,6 

132,2

95,2 

63,5 

96,5 101,9

 

93,1 

100,0

 

121,6

 

  

  

Taux 

d'emploi 

(%

(²) 

2003 

69,2 59,6 

65,0 

75,1 

59,7 67,7 63,2 57,8 65,4 56,1 

62,7 73,5 67,2 

72,9 71,8 

 

62,9 

64,4 

 

71,2 

 67,0 

70

,0 

Taux d'emploi 

de

femmes

 (%)

 (²

2003 

62,8 51,8 

59,0 

70,5 

46,0 65,7 57,2 43,8 55,8 42,7 

52,0 65,8 60,6 

71,5 65,3 

 

55,1 

56,0 

 

65,7 

 57,0 

60,0 

Taux 

d'emploi de

s travail-

leurs âgés (%) 

2003 

30,4 28,1 

39,5 

60,2 

40,8 49,6 36,8 42,1 49,0 30,3 

30,0 44,8 51,1 

68,6 55,5 

 

40,2 

41,7 

 

59,9 

 

  

50,0 

Niveau d’instruction  

(20-24

) (

%

2003 

83,8 81,3 

72,5 

74,4 

63,4 85,2 80,9 81,7 85,7 69,9 

69,8 73,3 47,7 

85,6 78,2 

 

76,7 

73,8 

 

  

 

  

  

Dépenses en rec

herche-

développement  

(% du PIB

2003 

2,2 2,2 

2,5 

2,5 

1,0 3,4 2,2 0,6 1,2 1,1 

1,7 1,9 0,9 

4,3 1,9 

 

1,9 

2,0 

 

2,8 

 

  

3,0 

Investissement d

es en-

treprises (% PIB

2003 

20,3 17,9 

16,3 

18,2 

22,1 15,3 15,9 21,8 19,7 16,5 

15,0 16,5 19,1 

12,6 14,6 

 

16,8 

16,7 

 

  

 

  

  

Niveaux de pri

 

comparatifs  

(EU-15 = 10

0)  

2002 

102 99 

104 

131 

82 123 

100 80 118 95 

100 

102 

74 

117 

108 

 

96 

100 

 

113 

 

  

  

Risque 

de 

pauvr

eté 

(%

2003 

12,0 13,0 

11,0 

10,0 

19,0 11,0 15,0 20,0 21,0 19,0 

12,0 11,0 20,0 

9,0 

17,0 

 

15,0 

15,0 

 

  

 

  

  

Taux 

de chômag

e de 

longue durée 

(%

2003 

1,1 3,7 

4,6 

1,1 

3,9 2,3 3,5 5,1 1,5 4,9 

0,9 1,0 2,2 

1,0 1,1 

 

4,0 

3,3 

 

  

 

  

  

Dispersion des taux 

d’emploi régionaux 

2003 

3,1 

7,7 

6,0 

— 

8,9 

6,1 

5,0 

3,6 

— 

17,0 

— 

2,4 

3,9 

4,3 

6,0 

 

13,0 

12,0 

 

  

 

  

  

Émission

s de gaz à effet 

de serre (

année 

de  

référence = 10

0) 

 

2002 

108,5 

102,1 

81,1 

99,2 

139,4

106,8

98,1 

126,5

128,9

109 

84,9 

100,6

141 

96,3 

85,1  

91,0 

97,1  113,1

 

  

92,0 

Intensité énergéti

que de 

l’économie  

2002 

146 214 

165 123 

229 272 187 258 164 184 

198 202 

254 

224 212 

 

210 

191 

 

330 

 

  

  

 Volumes transportés  

2002 

120 

100 

102 

85 

137 

95 

96 

127 

133 

103 

110 

97 

126 

90 

86 

 

101 

102 

 

91 

 

  

  

Source:

 Eurostat

, sauf indication contraire. Pour 

u

ne définition précis

e et des notes explicatives su

r les indicateurs ainsi que sur d

es valeurs particulières, se reporte

r à:

  

 

http://euro

pa.eu.i

nt/comm/euros

ta

t/structuralindicators  

(

1

) Niveau

x pou

l’année indiquée ou la

 dernière 

an

née disponible.  

(

2

) Emploi au

x Ét

ats-Unis: source OCDE. 

background image

 

55

Amélioration relative des performances des anciens États membres suivant les indicateurs structure

ls figurant  

sur la liste restreinte 

Évolution (

1

)  

 

AT 

BE 

DE 

DK 

ES 

FI 

FR 

EL 

IE 

IT 

LU 

NL 

PT 

SE 

UK  

EU-25

EU-15

  

US 

PIB par tête  

(SPA, EU-15 = 1

00) 

1999–2003 

1,2 1,2 0,8 1,1 2,1 2,3 1,4 

3,9 

4,8 1,1 

2,9 

0,5 0,4 

1,9 

2,1 

 

1,5 

1,4 

  

1,2 

Productivité du travail par 

salar

ié  

(SPA, EU-15 = 1

00) 

1999–2003 

1,1 0,8 0,7 1,7 0,6 1,4 0,6 

3,9 

3,6 

– 

0,4 

– 

0,1 

0,1 0,2 

1,2 

1,7 

 

1,0 

0,7 

  

1,9 

Taux 

d'emploi (

%

) (

²) 

1999–2003 

0,2 

0,1 

– 0,1 

– 0,2 

1,5 

0,3 

0,6 

0,6 

0,5 

0,9 

0,3 

0,4 

– 0,1 

0,3 

0,2 

 

0,3 

0,5 

  

– 0,7 

Taux 

d'emploi de

s femmes 

(%) (²

1999–2003 

0,8 

0,4 

0,4 

– 

0,1 

1,9 

0,6 

0,8 0,8 0,9 

1,1 0,9 0,9 

0,3 0,5 0,3 

 

0,6 0,8 

  

– 

0,5 

Taux 

d'emploi de

s travail-

leurs âgés (%) 

1999–2003 

0,2 0,9 0,4 1,4 1,5 2,7 2,0 

0,8 

1,3 0,7 

0,9 

2,1 0,2 

1,2 

1,5 

 

1,0 

1,2 

  

0,5 

Niveau d’instruction  

(20-24

) (

%

1999–2003 

– 0,2 

1,3 

– 0,5 

0,3 

– 0,4 

– 0,4 

0,2 

0,6 

0,9 

0,9 

– 0,4 

0,3 

1,9 

– 0,2 

0,7 

 

0,5 

0,3 

  

  

Dépenses en rec

herche-

développement  

(% du PIB

1999–2003 

0,07 0,11 0,02 0,14 0,05 0,05 0,00 

– 

0,02 

– 

0,02 

0,04 

  

– 

0,07

0,05 

0,31 

0,01 

 

0,03 

0,02 

  

0,03 

Investissement d

es entr

e-

prises (% PIB) 

1999–2003 

– 0,02

– 0,28

– 0,83

0,02 

0,33 

– 0,38

– 0,07

0,65 

– 0,33 

– 0,03

– 1,10

– 0,75

– 1,00

– 0,38

– 0,30

 

– 0,25

– 0,30

  

  

Niveaux de pri

 

comparatifs  

(EU-15 = 10

0)  

1999–2002 

0,4 

– 

1,8 

0,0 2,5 0,4 1,2 

– 

1,7 

– 

1,2 

4,9 1,3 

0,5 

0,4 0,8 

– 

1,0 

0,1 

 

0,2 

0,0 

  

4,4 

Risque de pauvr

eté (%

1999–2003 

0,0 

0,0 

0,0 

– 0,5 

0,0 

0,0 

0,0 

– 0,5 

1,0 

0,5 

– 0,5 

0,0 

– 0,5 

0,0 

– 1,0 

 

0,0 

0,0 

  

  

Taux 

de chômag

e de 

longue durée 

(%

1999–2003 

0,0 

– 0,3 

0,1 

0,0 

– 0,5 

– 0,2 

– 0,2 

– 0,3 

– 0,2 

– 0,5 

0,1 

– 0,1 

0,1 

– 0,2 

– 0,2 

 

0,0 

– 0,2 

  

  

Dispersion des taux 

d’emploi régionaux 

1999–2003 

0,2 

– 0,1 

0,2 

—  

– 0,5 

– 0,2 

– 0,5 

– 0,4 

— 

– 0,1 

— 

0,0 

0,3 

– 0,2 

– 0,3 

 

– 0,1 

– 0,5 

  

  

Émission

s de gaz à effet 

de serre (

année 

de  

référence = 10

0) 

 

1999–2002 

1,9 

0,4 

– 0,1 

– 2,0 

3,4 

2,0 

– 0,6 

3,6 

1,6 

0,9 

4,6 

0,2 

1,2 

– 0,2 

– 0,6 

 

0,1 

0,3 

  

0,4 

Intensité énergéti

que de 

l’économie  

1999–2002 

0,7 

– 10,0

– 1,3 

– 3,0 

0,7 

– 1,3 

– 1,7 

– 1,7 

– 5,7 

– 3,3 

1,7 

0,0 

2,3 

– 4,7 

– 7,3 

 

– 2,7 

– 2,3 

  

– 4,0 

 Volumes transportés  

1999–2002 

3,0 

7,0 

– 0,6 

– 2,8 

8,6 

– 0,9 

– 2,8 

– 5,0 

3,9 

0,6 

7,1 

– 2,7 

3,2 

– 0,3 

– 2,5 

 

– 0,1 

0,0 

  

– 0,8 

Source:

 Eurost

at, sauf indication contraire. 

Pour

 une d

éfinition précise et des notes 

explic

atives sur

 les indicateurs ainsi que sur d

es valeurs particulières, se reporte

r à:

 

http://euro

pa.eu.i

nt/comm/euros

ta

t/structuralindicators  

(

1

) Évolution pou

r la période indiq

uée ou pou

la p

ériode disponible la plus proche. 

Taux de croissance annuel mo

yen en %

 du PIB 

par tête 

et pro

du

ctivité du travail. 

Variation mo

ye

n

ne en points d

e

 

pourcentage 

pou

r les autres indicateurs. 

(

2

) Emploi au

x Ét

ats-Unis: source OCDE.  

background image

 

56 

Performanc

es relatives des nouveaux États membres suivant les indicateurs structurels figurant  

sur la liste restreinte 

Niveaux (

1

)

 

  

CY

 

CZ 

EE 

HU 

LT 

LV 

MT 

PL 

SI 

SK  

EU-25

EU-15

 

US  

O

bjectif 

2005 

O

bjectif 

2010 

PIB par tête  

(SPA, EU-15 = 1

00) 

200

3

76,3 66,5 

42,5 55,6 

41,9 38,8 

68,1 42,2 

70,6 46,8 

 

91,2 

100,0 

 

140,3

 

  

  

Productivité du travail 

par salarié  

(SPA, EU-15 = 1

00) 

200

3

77,1 61,3 

43,1 62,8 

44,4 40,1 

82,3 49,6 

70,0 54,1 

 

93,1 

100,0 

 

121,6

 

  

  

Taux 

d'emploi (

%

) (

²) 

200

3

69,2 64,7 

62,9 57,0 

61,1 61,8 

54,2 51,2 

62,6 57,7 

 

62,9 

64,4 

 

71,2 

 

67,0 

70,0 

Taux d'emploi 

de

femmes

 (%)

 (²

200

3

60,4 56,3 

59,0 50,9 

58,4 57,9 

33,6 46,0 

57,6 52,2 

 

55,1 

56,0 

 

65,7 

 

57,0 

60,0 

Taux d'emploi 

de

travailleurs âgés (%) 

200

3

50,4 42,3 

52,3 28,9 

44,7 44,1 

32,5 26,9 

23,5 24,6 

 

40,2 

41,7 

 

59,9 

 

  

50,0 

Niveau d’instruction  

(20-24

) (

%

200

3

82,2 92,0 

81,4 85,0 

82,1 74,0 

43,0 88,8 

90,7 94,1 

 

76,7 

73,8 

 

  

 

  

  

Dépenses en rec

herche-

développement  

(% du PIB

200

3

0,3 1,2 

0,8 1,0 

0,7 0,4 

  

0,6 

1,5 0,6 

 

1,9 

2,0 

 

2,8 

 

  

3,0 

Investissement d

es 

entreprises (% PI

B) 

200

3

14,1 22,4 

25,0 19,8 

17,8 22,9 

  

14,9 

21,1 23,2 

 

16,8 

16,7 

 

  

 

  

  

Niveaux de pri

 

comparatifs  

(EU-15 = 10

0)  

200

2

83 53 

61 55 

51 54 

72 58 

73 44 

 

96 

100 

 

113 

 

  

  

Risque de pauvr

eté (%

200

3

16,0 

8,0 

18,0 10,0 

17,0 16,0 

15,0 15,0 

11,0 21,0 

 

15,0 

15,0 

 

  

 

  

  

Taux 

de chômag

e de 

longue durée 

(%

200

3

1,1 3,8 

4,6 2,4 

6,1 4,3 

3,5 

10,7 

3,4 

11,1 

 

4,0 

3,3 

 

  

 

  

  

Dispersion des taux 

d’emploi régionaux 

200

3

— 

5,8 

— 

8,5 

— 

— 

— 

7,2 

— 

7,6 

 

13,0 

12,0 

 

  

 

  

  

Émission

s de gaz à effet 

de serre (

année 

de  

référence = 10

0) 

 

200

2

150 

74,3 44,8 

69 

39,8 

36,9 

128,5

67,7 98,7 

71,8 

 

91,0 

97,1 

 

113,1

 

  

92,0 

Intensité énergéti

que de 

l’économie  

200

2

280 921 

1156 

564 

1273 

759 

264 650 

343 964 

 

210 

191 

 

330 

 

  

  

 Volumes transportés  

200

2

93 

100 

177 

91 

119 

123 

  

70 

92 

62 

 

101 

102 

 

91 

 

  

  

    

Source:

 Euros

tat, sauf indication contraire. Pou

une définition pré

cis

e et des notes explicatives su

r les indicateurs ainsi que sur d

es valeurs particulières, se reporte

r à:

  

 

http://euro

pa.eu.i

nt/comm/euros

ta

t/structuralindicators  

   (

1

Niveaux po

ur l’année indiquée ou 

la derniè

re

 année disponible.  

   (

2

) Emploi au

États-Unis: source OCDE. 

background image

 

57

Tableau UE 15 — Rapport de dépendance des personnes âgées 

  

  

2000 2005 2010 2015 2020 

2025 2030 2035 2040 2045 2050 

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

BE 

26 26 27 30 33 

37 42 45 46 46 45 

DK 

22 23 27 29 32 

34 38 39 40 38 36 

DE 

24 28 30 31 34 

38 44 50 50 49 49 

EL 

26 28 29 31 33 

35 38 43 47 52 54 

ES 

25 26 27 29 31 

34 39 45 52 58 60 

FR 

24 25 25 29 33 

36 40 43 45 45 46 

IE 

17 17 17 20 22 

25 27 29 33 37 40 

IT 

27 29 31 34 37 

40 46 53 59 62 61 

LU 

21 23 24 26 28 

32 36 40 41 40 38 

NL 

20 21 22 26 30 

33 38 42 44 42 41 

AT 

23 25 27 30 32 

37 45 52 54 54 54 

PT 

23 25 25 27 29 

31 33 37 41 45 46 

FI 

22 23 25 31 36 

39 43 44 43 43 44 

SE 

27 27 29 33 35 

37 40 41 42 42 42 

UK 

24 24 24 27 29 

32 37 41 43 42 42 

EU 

24 26 27 30 32 

36 41 45 48 49 49 

 

    NB:

 Population de 65 ans et pl

us en pourcenta

ge de la populati

on de 15 à 6

4 an

s. 

 

    Source:

 Com

m

ission, ca

lcul b

asé sur le scénario central d’Eurostat. 

 

background image

 

background image

 

 

Commission européenne

 

  

Relever le défi

 

La stratégie de Lisbonne pour la croissance et l’emploi

 

  

Luxembourg: Office des publications officielles des Communautés européennes

 

  

2004 — 60 p. — 21 x 29,7 cm

 

  

ISBN 92-894-7055-0

 

 

background image

             

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