Rencontre en Chaire et en os avec Mathieu Gallet, dir. adjoint au Cabinet du Ministre de la Culture et de la Communication

10 01 2010

Les membres de la Chaire Média ont eu le plaisir de rencontrer Mathieu Gallet, actuel directeur adjoint au cabinet du Ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand. À un peu plus de trente ans, Mathieu Gallet a déjà occupé un grand nombre de postes et eu l’opportunité de voir le monde des médias un peu sous toutes les coutures.

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Bordeaux, titulaire d’un DEA d’analyse économique des décisions publiques de la Sorbonne, il commence sa carrière en tant qu’adjoint au directeur du marketing et de la promotion internationale d’Erato Disques. Puis, il devient responsable de l’administration des ventes internationales de Pathé. En 2001, il rejoint Studio Canal en tant que contrôleur de gestion. Il accède quelques années plus tard, au poste de chargé de mission aux relations institutionnelles du Groupe Canal+.

En 2006, Mathieu Gallet quitte la maison des Guignols pour les plafonds dorés des cabinets de la République : conseiller technique au cabinet de François Loos alors ministre délégué à l’Industrie, puis conseiller technique au cabinet de Christine Albanel avant de rejoindre récemment le cabinet de l’actuel ministre de la Culture et de la Communication.

Au cours de l’échange avec les membres de la Chaire, Mathieu Gallet est revenu sur les différents dossiers dont il a eu la charge ces dernières années : réforme de la structure de France Télévisions, assouplissement des règles de diffusion de la publicité, modification des décrets Tasca concernant le financement de la production audiovisuelle, suppression de la publicité sur France Télévisions, Etats généraux de la Presse, numérisation des œuvres du patrimoine national…. Autant de grandes réformes ou chantiers jugés fondamentaux dans cette période de crise pour la plupart des médias traditionnels, et qu’il assure être sur une bonne voie. 80% des objectifs des Etats Généraux de la Presse seront bientôt atteints et même si de nombreuses évolutions doivent encore avoir lieu dans ce secteur, certaines mesures prises ont été efficaces et importantes, comme la création d’un statut d’éditeur de presse en ligne par décret le 29 octobre dernier. La réforme de France Télévisions est arrivée à un moment opportun, et la suppression de la publicité a paradoxalement permis de protéger le Groupe France Télévisions de la chute des recettes publicitaires en 2009. Certes les chaînes privées historiques ont souffert cette année, mais la taxation prévue pour compenser la suppression de la publicité sur les chaînes publiques a été allégée en 2009. De plus, avec la reprise du marché publicitaire, ces chaînes vont vite profiter des différents assouplissements des règles de la diffusion publicitaire, en transposition de la directive européenne SMA. Le chantier de la numérisation doit suivre son cours, avec toutes les précautions qui s’imposent pour négocier face à un acteur puissant comme Google. C’est l’objet des discussions récentes du Ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, avec les responsables de Google et du travail de la commission chargée de réfléchir à l’avenir de la numérisation des livres, présidée par Marc Tessier, qui rendra bientôt ses conclusions sur le sujet.

Ses réponses à l’interview en Chaire et en Os :  

Qu’est ce que vous aimez le plus dans les medias ?

Le rôle que les medias ont dans la transmission de valeurs dans notre société.

 

Qu’est ce que vous aimez le moins dans les medias ?

Le côté « vase clos » du secteur.

 

Quelles sont les qualités, capacités requises pour faire votre métier ?

Il faut une capacité d’écoute, d’adaptation, de synthèse, et il est nécessaire de savoir prioriser, hiérarchiser les choses.

Quel est l’enjeu principal dans les médias selon vous ?

C’est la numérisation, elle concerne à la fois les livres, la presse, les films, les oeuvres audiovisuelles, les oeuvres d’art (ex. la visite virtuelle de Versailles). Je pense que l’enjeu est là. On voit bien que parmi les principaux acteurs qui diffusent les contenus, les gros ne sont pas français. Valoriser les contenus d’une identité française, en langue française, issue de la culture française, est  donc important. Il faut que ces contenus soient numérisés, disponibles, accessibles et valorisés. Il faut qu’on puisse les repérer, qu’on les trouve facilement sur les réseaux numériques. Le ministre évoque parfois l’idée d’avoir besoin  « d’un guide », car aujourd’hui il y a beaucoup d’informations sur Internet. Mais il est nécessaire de réaliser qu’au fond, celui qui vous guide, qui vous accompagne dans votre recherche, est celui qui a le pouvoir au final. C’est pour cela que Google fait peur. L’apport de 750 millions d’euros issus du grand emprunt national pour conduire le chantier de la numérisation va nous donner les moyens de réussir dans cette tâche et d’assurer l’accès au patrimoine français sur les réseaux Internet.

Qu’aimeriez -vous dire à des étudiants qui voudraient faire votre métier ?

Il faut être soi-même, être curieux de tout, être totalement disponible aussi. C’est un métier qui est bien mais il y en a plein d’autres qui sont bien. Ce n’est pas un métier qui va à tout le monde mais c’est une aventure passionnante.

Auteur : Marie-Cécile Teissèdre


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Une réponse

27 05 2010
cluzan

mais quel est ce métier ?

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