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La création des Boréades de Rameau à Aix-en-Provence

21 juillet 1982
04m 41s
Réf. 01075

Notice

Résumé :

A Aix-en-Provence en 1982, le chef d'orchestre John-Eliot Gardiner présente Les Boréades comme le chef d'œuvre testamentaire de Rameau. C'est la première fois que l'ouvrage est donné sur scène. Un extrait de la fin de l'acte IV dévoile quelques images de la production mise en scène par Jean-Louis Martinoty.

Date de diffusion :
21 juillet 1982
Source :

Éclairage

La dernière tragédie lyrique de Jean-Philippe Rameau (1683-1764) a connu un destin singulier. Après trente ans de succès dans le domaine de l'opéra, qu'il a abordé sur le tard en 1733 avec Hippolyte et Aricie puis a illustré avec des chefs d'œuvre parmi lesquels Castor et Pollux, Dardanus et Les Indes Galantes, Jean-Philippe Rameau compose en 1763-64 une nouvelle tragédie lyrique sur un livret très certainement écrit par Louis de Cahusac. Dans ces Boréades, on raconte la rébellion d'Alphise, reine de Bactriane refusant de se soumettre à la loi qui veut qu'elle épouse un descendant de Borée, dieu du vent du nord. Pour une raison inconnue, l'ouvrage bien qu'achevé et en cours de répétition, n'a finalement pas été créé comme prévu en 1764. Il faut dire que Rameau était entre-temps décédé. Et que la tragédie lyrique telle qu'il la pratiquait était alors un genre en voie de désuétude.

Rameau avait en effet repris cette forme inventée par Lully dans les années 1670 sans foncièrement remettre en question ses codes. C'est à l'intérieur de ces codes que le compositeur a effectué une forme de révolution esthétique, en maniant une harmonie très avant-gardiste et une orchestration très inventive. Toujours est-il que Les Boréades n'ont pas été créés au XVIIIe siècle, ni même au siècle suivant pendant lequel on a oublié l'opéra baroque français. Il a fallu attendre le tournant du siècle pour que certains titres de Rameau sortent des oubliettes, et la fin du XXe pour que Les Boréades retrouvent le chemin des scènes. La partition autographe dormait en effet sur une étagère de la Bibliothèque Nationale de France. C'est d'après cette source qu'une création en version de concert a eu lieu à la Maison de la Radio à Paris en 1964, puis qu'un autre concert a été donné par le chef anglais John-Eliot Gardiner à Londres en 1975.

Le même John-Eliot Gardiner est à l'origine de la création scénique de l'ouvrage au Festival d'Aix-en-Provence en 1982, dans une mise en scène de Jean-Louis Martinoty qui sera suivie du premier enregistrement mondial de l'œuvre. Cette dernière a d'emblée frappé les esprit par son invention et sa théâtralité. Mais la création aixoise est restée sans suite pendant de nombreuses années à cause d'un imbroglio juridique lié aux droits d'auteur de la partition. Lorsque cet obstacle a enfin été surmonté, les productions de ce chef d'œuvre crépusculaire se sont multipliées : Salzbourg en 1999, Paris et New York en 2003, Lyon et Zurich en 2004, Strasbourg en 2005.

Alain Perroux

Transcription

John-Eliot Gardiner
Tous les livres sur Rameau, quand ils arrivent à parler des Boréades , ils trouvent que c’est une œuvre un peu faible. Et au contraire, moi je trouve que c’est son chef-d’œuvre. C’est son dernier testament, et dans cet ouvrage, il a réussi, comme il n’a pas réussi dans les autres ouvrages.
Journaliste
Et depuis, vous aviez pu le diriger une fois ?
John-Eliot Gardiner
Oui, j’ai fait que, je crois, c’est le mondial, le premier mondial de cet ouvrage en concert à Londres, au Queen Elizabeth Hall en 1974.
Journaliste
Et enfin, vous le dirigez en opéra, en vrai opéra ici à Aix.
John-Eliot Gardiner
Oui, ça c’est la vraie première, ici.
Journaliste
Et alors, est-ce que vous êtes bien avec votre orchestre, avec les chanteurs, avec les danseurs ?
John-Eliot Gardiner
Oui, et pour la première fois que j’ai fait Les Boréades , j’ai un orchestre qui joue les instruments de l’époque, des instruments anciens. Et aussi, il y a cette équipe de danseurs américains qui dansent dans le style de l’époque, et ça, c’est très agréable.
DIDASCALIE
(Musique)